Pétrolier russe saisi par les Etats-Unis : les contours d'une course-poursuite dans l'Atlantique
Une énième tension diplomatique, entre Washington et Moscou, prend des allures de bataille navale au milieu de l'océan Atlantique. Les Etats-Unis ont intercepté ce mercredi 7 janvier au large de l'Islande un pétrolier battant pavillon russe, et escorté à distance par un sous-marin russe, après une traque de plus de deux semaines dans l'Atlantique. Cette opération intervient dans le cadre de leurs efforts pour entraver les exportations de pétrole du Venezuela par la mer, ont déclaré des responsables américains.
Si les Etats-Unis ont multiplié les interventions contre des pétroliers depuis le début de leur blocus maritime du Venezuela, bloquant de nombreux tankers chargés de brut au large de ce pays d'Amérique latine depuis le mois dernier, il semble qu'il s'agisse de la première interception américaine d'un navire battant pavillon russe. Ce pétrolier sous sanctions américaines, appelé initialement Bella-1 et désormais enregistré sous le nom de Marinera, avait échappé le mois dernier au blocus américain dans les Caraïbes et son équipage avait refusé de laisser les garde-côtes américains monter à son bord. Le commandement de l'armée américaine en Europe a déclaré dans un message sur X que ce pétrolier avait été intercepté dans l'Atlantique Nord pour violation des sanctions américaines.
"Le blocus du pétrole vénézuélien illicite et sanctionné reste PLEINEMENT EFFECTIF, partout dans le monde", a écrit le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, en commentaire de cette publication sur X.
YOU CAN RUN, BUT YOU CAN'T HIDE 🔥
— The White House (@WhiteHouse) January 7, 2026
In predawn operations this morning, the U.S. Coast Guard boarded two "Ghost Fleet" Tankers in the North Atlantic Sea and in international waters near the Caribbean. Both vessels were either last docked in Venezuela or en route to it. pic.twitter.com/4ftu01lqIg
L'opération a été conduite par l'US Coast Guard et l'armée américaine au large de l'Islande, ont indiqué deux responsables américains ayant requis l'anonymat. Des bâtiments de la marine militaire russe, dont un sous-marin, naviguaient dans les parages au moment de l'intervention, ont-ils ajouté, sans préciser à quelle distance. Aucun affrontement entre forces américaines et russes n'a été signalé. Le média russe RT a cité une source anonyme selon laquelle un hélicoptère avait déposé sur le pont du Marinera ce qui semble être des militaires américains.
Une première tentative d'interception
Le ministère russe des Transports a dénoncé une violation du droit maritime et a dit avoir perdu contact avec le Marinera. "Aucun pays n'a le droit de recourir à la force contre des navires dûment enregistrés auprès des juridictions d'autres Etats", a-t-il dit dans un communiqué. On ignore vers quelle destination le pétrolier va désormais être emmené mais, selon plusieurs sources, il devrait entrer dans les eaux territoriales britanniques.
Les garde-côtes américains avaient tenté une première fois d'intercepter le Bella-1 le mois dernier mais l'équipage avait refusé de les laisser monter à bord. Il s'est depuis enregistré sous pavillon russe.
Un autre pétrolier saisi
L'armée américaine a annoncé que l'US Coast Guard avait intercepté ce mercredi un autre pétrolier sous sanctions, le supertanker M Sophia battant pavillon du Panama, dans les eaux proches de l'Amérique latine. Il a quitté le littoral du Venezuela début janvier au sein d'une flotte transportant du pétrole vénézuélien à destination de la Chine de manière clandestine, avec les transpondeurs éteints, selon des données maritimes et des sources.
Le président américain Donald Trump a décidé d'étouffer les exportations de pétrole du Venezuela par la mer dans le cadre de sa campagne contre les autorités en place à Caracas. Ces nouvelles interceptions de pétroliers interviennent quelques jours après la capture par les forces spéciales américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro, accusé de "narcoterrorisme" par Washington,lors d'un raid à Caracas le week-end dernier. Donald Trump exige des autorités vénézuéliennes qu'elles permettent aux compagnies pétrolières américaines d'exploiter les réserves du Venezuela, considérées comme les plus importantes au monde. Les responsables vénézuéliens accusent les Etats-Unis de vouloir piller le pétrole de leur pays.

© Hakon Rimmereid via REUTERS