Bételgeuse va-t-elle bientôt devenir une supernova ? Les astronomes ont enfin une réponse



xAI vient de réaliser un nouveau tour de table qui permet à l’entreprise spécialisée dans l’IA d’Elon Musk de disposer de 20 milliards de dollars supplémentaires pour financer ses développements. Une partie de cette manne devrait servir les pharaoniques projets d’infrastructure de l’entreprise, qui vient par exemple de signer l’acquisition de turbines à gaz destinées à leur fournir près de 2 GW d’énergie supplémentaires.
Grok a beau dérailler à pleins tubes, entre saillies négationnistes et deepfakes douteux, l’entreprise d’IA générative pilotée par Elon Musk semble n’avoir pas perdu la confiance des investisseurs. Elle vient en effet d’annoncer la conclusion de sa série E, soit son cinquième tour de financement après l’amorçage, sur une note positive : xAI affirme en effet avoir réuni 20 milliards de dollars, alors que son objectif initial se situait plutôt à 15 milliards de dollars.
La plupart des investisseurs historiques de xAI remettent au pot. Le tour de table associe ainsi plusieurs fonds états-uniens (Valor Equity Partners, Stepstone Group, Fidelity Management & Research Company), mais aussi des industriels du secteur (dont NVIDIA et Cisco) et des financeurs venus du Moyen-Orient, Qatar Investment Authority et le fonds émirati MGX, par ailleurs premier financeur du projet Campus IA en Île-de-France (voir notre reportage).
Ce nouvel apport d’argent frais intervient sept mois après la série D, réalisée en juin 2025 sur un montant d’environ 5 milliards de dollars. Précédemment, xAI avait levé 6 milliards de dollars en décembre 2024 et, déjà, 6 milliards en mai de la même année. Chaque opération de ce type est en principe l’occasion pour l’entreprise de renégocier à la hausse sa valeur, mais xAI ne précise pas la capitalisation retenue pour ce nouveau tour de table.
Le Financial Times affirmait pour sa part en novembre dernier que xAI raisonnait sur une valeur de l’ordre de 230 milliards de dollars au moment où l’entreprise cherchait à lever 15 milliards de dollars.
Notons qu’outre ces levées de fonds, réalisées en capital, xAI recourt également dans des proportions importantes à la dette bancaire : la série D bouclée en juin 2025 a par exemple été accompagnée d’un emprunt de 5 milliards de dollars, destiné notamment à la poursuite du financement de Colossus, le gigantesque datacenter de xAI installé à Memphis (Tennessee).
Le renforcement continu des infrastructures de calcul fait partie des principaux objectifs annoncés par l’entreprise, qui se félicite d’avoir accru, à fin 2025, son « avantage décisif en matière de calcul grâce aux plus grands supercalculateurs d’IA au monde, Colossus I et II ». Elle revendique à cette date un parc installé de plus d’un million de GPU H100 (NVIDIA) ou équivalents.
« Ce financement accélérera le développement de notre infrastructure de pointe », affirme xAI dans son communiqué du 6 janvier. Le même jour, Elon Musk a confirmé, sur son réseau social, l’information selon laquelle l’entreprise venait de boucler l’acquisition de cinq gigantesques turbines dédiées à l’alimentation au gaz naturel de ses centres de données.
« xAI a acheté cinq turbines à gaz naturel de 380 MW supplémentaires à Doosan Enerbility de Corée du Sud. Les deux premières unités sont programmées pour une livraison fin 2026. Elles alimenteront un cluster additionnel équivalent à plus de 600 000 GB200 NVL72 », a affirmé le compte X SemiAnalysis, auquel Musk a sobrement répondu « True » (vrai), soulignant à quel point l’approvisionnement en énergie devient un enjeu crucial pour les grands noms de l’IA, dont les besoins dépassent souvent l’offre disponible en local.
Dans son communiqué, xAI salue les progrès continus effectués par ses modèles Grok. Après la version 4 sortie en juillet 2025 (non sans quelques heurts médiatiques), l’entreprise révèle que la prochaine génération en est au stade de l’entraînement, ce qui laisse supposer que le lancement de Grok 5 est imminent.
xAI affirme à ce niveau se concentrer « sur le lancement de nouveaux produits innovants destinés aux consommateurs et aux entreprises qui exploitent la puissance de Grok, Colossus et X pour transformer notre façon de vivre, de travailler et de jouer ».
Le réseau social X (racheté par xAI à Elon Musk en mars 2025) constitue en effet aujourd’hui la principale vitrine commerciale de Grok et donc de xAI. Les modèles maison y sont implémentés sous forme de chatbot, avec un onglet dédié, et une mise en œuvre immédiate des dernières fonctionnalités, à l’image de Grok Imagine, famille de modèles de génération d’images et de vidéos ultra-rapides qui « offrent des capacités de pointe en matière de compréhension, d’édition et de génération multimodales » selon l’entreprise.
L’approche volontairement permissive de xAI en matière de modération participe grandement à la popularité de Grok sur X. La vague récente de demandes relatives à des photos de femmes dénudées ou à des détournements de photos illustrant des personnalités permet de confirmer la qualité des traitements opérés par Grok Imagine, mais les scandales récurrents, l’élargissement de l’enquête en France ou les critiques récentes de la ministre britannique Liz Kendall n’entravent-elles pas le succès commercial de xAI et donc le retour sur investissement attendu par les fonds qui financent l’entreprise ?
La question se pose d’autant plus que xAI ne communique aucun élément relatif à son chiffre d’affaires. L’entreprise dispose d’importants débouchés au travers des autres entreprises gérées par Elon Musk (au premier rang desquelles Tesla et SpaceX), mais elle aurait du mal à signer d’autres grands clients dans le monde professionnel, remarquait The Information le 15 décembre dernier. En dépit de quelques références prestigieuses telles que Morgan Stanley ou Palantir, les contrats se limiteraient souvent à des projets pilotes, là où OpenAI, Google, Microsoft ou Anthropic parviennent à boucler des déploiements à grande échelle.
Fin décembre, xAI a tout de même remporté un contrat à forte valeur symbolique auprès du Pentagone et des installations militaires états-uniennes.
En attendant, xAI revendique 600 millions d’utilisateurs actifs mensuels au travers des applications X et Grok. L’entreprise est encore loin des statistiques affichées par OpenAI, qui parle de son côté de 800 millions d’utilisateurs actifs par semaine, mais sa valorisation atteint déjà près de la moitié de celle de son principal concurrent (500 milliards de dollars estimés pour OpenAI avant une possible entrée en bourse).
Comparer les lois, les chiffres, les phénomènes de société, les politiques publiques... Chaque semaine, L'Express explore les pratiques de nos voisins européens afin de trouver les meilleures inspirations sur notre continent et nourrir ainsi le débat en France.
Comment l’Etat peut-il faire des économies sans augmenter les impôts ? Partout en Europe, la question se pose, avec un secteur dans le viseur : l’audiovisuel public. Alors que des coupes budgétaires sont attendues en 2026 aux Pays-Bas, en Allemagne ou encore en France, plusieurs voix s’élèvent en faveur d’une privatisation de Radio France et de France Télévision, en particulier au sein de Reconquête et du RN qui reprochent au service public d’être tout à la fois dispendieux et partial - une commission d'enquête sur sa "neutralité", son "fonctionnement" et son "financement" a notamment été ouverte fin novembre au Palais Bourbon à la demande du groupe UDR d'Eric Ciotti, allié des frontistes.
Une double charge qui s’entend dans plusieurs des 24 langues du Vieux Continent, et ce depuis quelques années déjà. Des projets de privatisation ont même été amorcés, mais aucun n’a abouti. "Même lorsque la privatisation a été présentée comme une solution évidente, en particulier dans les années 1980 et 1990, l’expérience a montré ses limites, décrypte Jo Bardoel, chercheur associé à l’Amsterdam School of Communication Research. Les responsables politiques ont constaté qu’en laissant l’information, l’actualité politique ou la culture aux acteurs commerciaux, la quantité et la qualité des contenus d’intérêt général diminuaient." Il n'en reste pas moins que certains de nos voisins ont entrepris d'importantes réformes. Preuve qu'entre maintien du statu quo et privatisation, d'autres voies existent. Tour d’horizon européen.
Outre-Manche, une consultation a été lancée début décembre sur le devenir du mastodonte BBC qui continue à dominer le marché de l’audiovisuel malgré une récente crise précipitée par un montage à charge contre Donald Trump qui a conduit à la démission de son directeur général, Tim Davie. Pour l’essentiel, le débat ouvert fin 2025 s’articule sur le maintien ou non de la redevance, qui demeure jusqu’à présent l’unique source de financement du service public dont le budget tutoie les 6,7 milliards de livres sterling.
Plusieurs alternatives sont à l’étude, à l’instar de l’ouverture aux annonceurs - selon le modèle de Channel 4, financée par la pub ; mais aussi des pistes plus originales, comme un abonnement premium, ou la mise en place de contenus payants. L’exécutif travailliste a, en revanche, déjà écarté le remplacement de la redevance par un financement via le budget de l’Etat, qui accroîtrait la dépendance de la BBC au politique en soumettant son financement aux arbitrages budgétaires annuels. Mais c’est seulement à l’issue de cette consultation, le 10 mars prochain, que le gouvernement présentera sa vision globale pour l’avenir de l’historique BBC.
Pas de grande consultation dans la botte de l’Europe, en dépit des nombreuses contestations de l’audiovisuel public transalpin, lui aussi financée pour l’essentiel par une redevance, la Canone. Dès son arrivée au pouvoir, Giorgia Meloni a été accusée par l’opposition de vouloir prendre le contrôle de la RAI dont les 8 chaînes de télévision et les trois stations de radios se partagent une enveloppe de quelque 2,8 millions d’euros et détiennent près de 40 % des parts d’audiences. Certains reprochent même au service public d'avoir muté en "Télé Meloni" depuis l'arrivée à sa tête de de Giampaolo Rossi, placé par la patronne de Fratelli d'Italia. Une nomination rendue possible par une réforme de Matteo Renzi qui, en 2015, a donné au gouvernement un rôle central dans la désignation du directeur général de la RAI. À l'époque, l’objectif était de tordre le cou à la vieille lottizzazione (une pratique jugée très politisée, consistant à répartir les postes de direction entre les partis politiques) et ainsi, de rendre l’audiovisuel public plus indépendant du politique. Loupé !
Avec 43 % de parts de marché TV, et une radio écoutée chaque semaine par 92 % de la population adulte, l’audiovisuel public finlandais, Yle, compte parmi les plus populaires du Vieux continent. Des performances remarquables, qui se cumulent à un modèle économique unique en Europe. En 2013, plutôt que de remplacer la redevance par un financement adossé au budget de l’État, comme le fera la France en 2022, la Finlande a opté pour un impôt progressif prélevé sur les revenus et bénéfices des entreprises, et directement affecté à son service public, dont le budget gravite autour de 550 millions d’euros. Un mode de financement qui a permis de collecter en 2024 548 millions d’euros, et surtout, qui protège la radio-télévision publique finlandaise d’éventuelles coupes budgétaires, son budget n'étant pas renégocié chaque année lors du vote de la loi de finances.

En 2018, un petit séisme a secoué l’audiovisuel public de la plus directe des démocraties européennes. Une initiative citoyenne visant à supprimer la redevance audiovisuelle et à interdire toute aide publique structurelle au secteur a recueilli les 100 000 signatures requises pour être soumise à un référendum. L’enjeu du scrutin était de taille car l'adoption du texte condamnait l’audiovisuel public sinon à la privatisation, à puiser ses recettes auprès des annonceurs ou des consommateurs via un système d’abonnements payants. Mais à cette logique commerciale, les Helvètes ont préféré le maintien de la SSR et de son financement public ; 72 % d’entre eux (le taux de participation était de 54 %) se sont prononcés contre l’initiative. L’audiovisuel public a néanmoins subi quelques secousses : la réduction progressive de la redevance audiovisuelle a contraint la SRG/SSR a engagé un plan de restructuration. 900 emplois devraient être supprimés d’ici 2029.
C’est probablement à Bratislava que la remise en cause de l’audiovisuel public a pris la tournure la plus radicale. En 2024, le leader d’extrême droite Roberto Fico, de retour au pouvoir à la tête d’une coalition de partis nationalistes et pro-russes, réussit à faire voter au Parlement la dissolution de la RTVS. Le radiodiffuseur public historique est remplacé par une nouvelle entité, la STVR, au sein de laquelle la majorité au pouvoir détient un rôle clé dans les nominations. Avant la réforme, la direction du service public était désignée directement par le Parlement, ce qui laissait théoriquement la place à des équilibres, voire à des compromis entre forces politiques. Depuis, ce mécanisme a été remplacé par un conseil composé de membres désignés par le gouvernement et par un Parlement dominé par sa majorité. De nombreuses manifestations ont émaillé le pays pour empêcher cette reprise en main par le politique sur l’audiovisuel public. En vain.

© IP3 PRESS/MAXPPP
Comparer les lois, les chiffres, les phénomènes de société, les politiques publiques... Chaque semaine, L'Express explore les pratiques de nos voisins européens afin de trouver les meilleures inspirations sur notre continent et nourrir ainsi le débat en France.
Comment l’Etat peut-il faire des économies sans augmenter les impôts ? Partout en Europe, la question se pose, avec un secteur dans le viseur : l’audiovisuel public. Alors que des coupes budgétaires sont attendues en 2026 aux Pays-Bas, en Allemagne ou encore en France, plusieurs voix s’élèvent en faveur d’une privatisation de Radio France et de France Télévision, en particulier au sein de Reconquête et du RN qui reprochent au service public d’être tout à la fois dispendieux et partial - une commission d'enquête sur sa "neutralité", son "fonctionnement" et son "financement" a notamment été ouverte fin novembre au Palais Bourbon à la demande du groupe UDR d'Eric Ciotti, allié des frontistes.
Une double charge qui s’entend dans plusieurs des 24 langues du Vieux Continent, et ce depuis quelques années déjà. Des projets de privatisation ont même été amorcés, mais aucun n’a abouti. "Même lorsque la privatisation a été présentée comme une solution évidente, en particulier dans les années 1980 et 1990, l’expérience a montré ses limites, décrypte Jo Bardoel, chercheur associé à l’Amsterdam School of Communication Research. Les responsables politiques ont constaté qu’en laissant l’information, l’actualité politique ou la culture aux acteurs commerciaux, la quantité et la qualité des contenus d’intérêt général diminuaient." Il n'en reste pas moins que certains de nos voisins ont entrepris d'importantes réformes. Preuve qu'entre maintien du statu quo et privatisation, d'autres voies existent. Tour d’horizon européen.
Outre-Manche, une consultation a été lancée début décembre sur le devenir du mastodonte BBC qui continue à dominer le marché de l’audiovisuel malgré une récente crise précipitée par un montage à charge contre Donald Trump qui a conduit à la démission de son directeur général, Tim Davie. Pour l’essentiel, le débat ouvert fin 2025 s’articule sur le maintien ou non de la redevance, qui demeure jusqu’à présent l’unique source de financement du service public dont le budget tutoie les 6,7 milliards de livres sterling.
Plusieurs alternatives sont à l’étude, à l’instar de l’ouverture aux annonceurs - selon le modèle de Channel 4, financée par la pub ; mais aussi des pistes plus originales, comme un abonnement premium, ou la mise en place de contenus payants. L’exécutif travailliste a, en revanche, déjà écarté le remplacement de la redevance par un financement via le budget de l’Etat, qui accroîtrait la dépendance de la BBC au politique en soumettant son financement aux arbitrages budgétaires annuels. Mais c’est seulement à l’issue de cette consultation, le 10 mars prochain, que le gouvernement présentera sa vision globale pour l’avenir de l’historique BBC.
Pas de grande consultation dans la botte de l’Europe, en dépit des nombreuses contestations de l’audiovisuel public transalpin, lui aussi financée pour l’essentiel par une redevance, la Canone. Dès son arrivée au pouvoir, Giorgia Meloni a été accusée par l’opposition de vouloir prendre le contrôle de la RAI dont les 8 chaînes de télévision et les trois stations de radios se partagent une enveloppe de quelque 2,8 millions d’euros et détiennent près de 40 % des parts d’audiences. Certains reprochent même au service public d'avoir muté en "Télé Meloni" depuis l'arrivée à sa tête de de Giampaolo Rossi, placé par la patronne de Fratelli d'Italia. Une nomination rendue possible par une réforme de Matteo Renzi qui, en 2015, a donné au gouvernement un rôle central dans la désignation du directeur général de la RAI. À l'époque, l’objectif était de tordre le cou à la vieille lottizzazione (une pratique jugée très politisée, consistant à répartir les postes de direction entre les partis politiques) et ainsi, de rendre l’audiovisuel public plus indépendant du politique. Loupé !
Avec 43 % de parts de marché TV, et une radio écoutée chaque semaine par 92 % de la population adulte, l’audiovisuel public finlandais, Yle, compte parmi les plus populaires du Vieux continent. Des performances remarquables, qui se cumulent à un modèle économique unique en Europe. En 2013, plutôt que de remplacer la redevance par un financement adossé au budget de l’État, comme le fera la France en 2022, la Finlande a opté pour un impôt progressif prélevé sur les revenus et bénéfices des entreprises, et directement affecté à son service public, dont le budget gravite autour de 550 millions d’euros. Un mode de financement qui a permis de collecter en 2024 548 millions d’euros, et surtout, qui protège la radio-télévision publique finlandaise d’éventuelles coupes budgétaires, son budget n'étant pas renégocié chaque année lors du vote de la loi de finances.

En 2018, un petit séisme a secoué l’audiovisuel public de la plus directe des démocraties européennes. Une initiative citoyenne visant à supprimer la redevance audiovisuelle et à interdire toute aide publique structurelle au secteur a recueilli les 100 000 signatures requises pour être soumise à un référendum. L’enjeu du scrutin était de taille car l'adoption du texte condamnait l’audiovisuel public sinon à la privatisation, à puiser ses recettes auprès des annonceurs ou des consommateurs via un système d’abonnements payants. Mais à cette logique commerciale, les Helvètes ont préféré le maintien de la SSR et de son financement public ; 72 % d’entre eux (le taux de participation était de 54 %) se sont prononcés contre l’initiative. L’audiovisuel public a néanmoins subi quelques secousses : la réduction progressive de la redevance audiovisuelle a contraint la SRG/SSR a engagé un plan de restructuration. 900 emplois devraient être supprimés d’ici 2029.
C’est probablement à Bratislava que la remise en cause de l’audiovisuel public a pris la tournure la plus radicale. En 2024, le leader d’extrême droite Roberto Fico, de retour au pouvoir à la tête d’une coalition de partis nationalistes et pro-russes, réussit à faire voter au Parlement la dissolution de la RTVS. Le radiodiffuseur public historique est remplacé par une nouvelle entité, la STVR, au sein de laquelle la majorité au pouvoir détient un rôle clé dans les nominations. Avant la réforme, la direction du service public était désignée directement par le Parlement, ce qui laissait théoriquement la place à des équilibres, voire à des compromis entre forces politiques. Depuis, ce mécanisme a été remplacé par un conseil composé de membres désignés par le gouvernement et par un Parlement dominé par sa majorité. De nombreuses manifestations ont émaillé le pays pour empêcher cette reprise en main par le politique sur l’audiovisuel public. En vain.

© IP3 PRESS/MAXPPP

Lego lancera début mars les premiers sets d’une nouvelle collection baptisée Smart Play, articulée autour d’une brique intelligente, d’un tag et d’une figurine capables d’interactions croisées. Le groupe présente ce trio Smart Brique, Smart Tag et Smart Minifigurine comme une évolution majeure dans la façon de jouer avec ses kits de construction. Le tout sans écran, ni IA.
Dévoilée lundi à l’occasion du CES de Las Vegas, la gamme Lego Smart Play ne serait rien de moins que la « plus grande innovation » depuis l’introduction des mini-figurines, en 1978. Au-delà des superlatifs chers au marketing, l’annonce repose effectivement sur une nouveauté inédite chez le fabricant danois : l’intégration de fonctions connectées au niveau d’une brique de taille standard, la classique 2×4.
Dotée d’un système électronique (un ASIC développé en interne) et d’une batterie rechargeable par induction (sur une base dédiée), cette Smart Brick fonctionne en adéquation avec deux éléments satellites : de petites tuiles (2×2 tenons) baptisées Smart Tags et des mini-figurines, elles aussi qualifiées de « smart ». Et ce sont les interactions entre ces trois éléments qui sont censées offrir une dimension supplémentaire aux jeux Lego.
« La technologie permet ainsi aux créations des constructeurs de devenir interactives, en réagissant aux actions par des sons et des comportements appropriés, pour une expérience de jeu véritablement réactive », promet le fabricant.
En pratique ? Dissimulée au sein d’une construction Lego (par exemple, un véhicule), la Smart Brick met à profit sa panoplie de capteurs (accéléromètres, micro, détecteur de lumière) pour déclencher son haut-parleur et ses éclairages en fonction de ses interactions avec les tuiles et les mini-figurines situées à proximité.

Dans cette logique, ce sont les tags et les mini-figurines qui amènent le contexte. Le tag va par exemple permettre de définir si la construction en cours est une voiture, un vaisseau spatial ou un hélicoptère, tandis que la figurine servira à déclencher des réactions liées au contexte de jeu :
« Lorsqu’elle est placée au-dessus ou à proximité d’un Smart Tag, la Smart Brique devient ce que le Smart Tag lui demande. Cela signifie qu’elle peut être tour à tour un hélicoptère puis une voiture. Mais elle peut aussi détecter la présence de Smart Minifigurines pour donner vie à vos histoires d’une manière inédite. La Smart Brique génère les sons, les humeurs et les réactions uniques de chaque Smart Minifigurine. »
Outre les nombreux kits dédiés à l’apprentissage de la programmation, les amateurs de Lego ont certainement en tête l’expérience des figurines Mario « connectées », qui offraient une dimension interactive, mais sortaient des standards de construction de la marque. Ici, pas de personnage alimenté par des piles LR6 : les éléments Smart Play ont vocation à prendre place au cœur des sets traditionnels, et c’est via des constructions emblématiques de l’univers Star Wars que le groupe danois va tester le marché.

Les trois premiers produits compatibles Smart Play sortiront ainsi début mars avec un Tie Fighter (set 75421, 473 pièces, figurine Dark Vador, 70 euros), un X-Wing (set 75423, 584 pièces, figurines Luke Skywalker et Princesse Leia, 90 euros) et une scène baptisée Throne Room Duel & A-Wing (set 75427, 962 pièces, deux briques, trois figurines et cinq tags, 160 euros).
Les possibilités en matière d’interactions sont censées s’enrichir au fur et à mesure que le nombre de composants Smart augmente. Lego affirme en effet que chaque élément est capable de se positionner dans l’espace par rapport à ses homologues. « Cela signifie que ces éléments peuvent réagir à la présence des autres, savoir dans quelle position il se trouvent, si on les fait tourner, balancer, si on les lance… tout ! », promet le groupe dans un article dédié à la genèse du projet.
Pour ce faire, Lego indique avoir mis au point un protocole baptisé BrickNet, basé sur le Bluetooth, adossé à un système de positionnement magnétique propriétaire, le Neighbour Position Measurement (NPM). La combinaison des deux doit par exemple permettre de déclencher des interactions différentes selon que la figurine de Luke ou celle de Leia est installée au cockpit du X-Wing. C’est également elle qui servira à détecter si le vaisseau est posé, en mouvement, ou situé à proximité d’un autre set équipé en Smart Play.
Lego, qui revendique neuf ans de R&D et 25 brevets déposés, laisse en effet entendre que son environnement Smart Play a vocation à s’enrichir de nouveaux appareils et donc de nouvelles possibilités d’interactions.
Les services en ligne de la Poste sont inaccessibles jeudi 1ᵉʳ janvier. Le groupe public a d’abord évoqué une cyberattaque sur son site laposte.fr, avant de revenir à un simple message d’indisponibilité. Ce nouvel incident intervient après une semaine de Noël déjà marquée par plusieurs jours d’interruption de service.
Programmés à minuit sur ses réseaux sociaux, les vœux de nouvelle année du groupe La Poste sonnent sans doute de façon un peu ironique aux oreilles des équipes chargées de veiller à la bonne marche des services informatiques du groupe. Jeudi matin, les principaux services en ligne de la Poste sont en effet tombés en carafe, à commencer par le site laposte.fr.
« Notre site est indisponible. Nos équipes mettent tout en œuvre afin de rétablir la situation au plus vite. Nous vous présentons nos excuses pour la gêne occasionnée », indiquait ce dernier vers 11h30.


Vers 8 heures jeudi matin, il affichait cependant un message évoquant une attaque informatique, indique par exemple BFM. « Le site laposte.fr et l’ensemble des systèmes d’information de La Poste fait actuellement face à une cyberattaque », était-il écrit. Le message change de nouveau ce midi : « La Poste subit actuellement une nouvelle attaque informatique qui empêche le fonctionnement des services en ligne de laposte.fr ».
La Poste, qui n’a pour l’instant pas communiqué sur ses réseaux sociaux, a simplement confirmé à l’AFP enquêter sur l’incident en cours, sans plus de précision.
« Nous vous informons qu’un incident est survenu ce matin à partir de 3h30, affectant l’ensemble de nos solutions connectées. Toutes nos équipes sont pleinement mobilisées pour rétablir le service dans les meilleurs délais. Nous vous remercions pour votre compréhension et vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée », informe une page dédiée au statut des services Colissimo.
L’hypothèse d’une nouvelle attaque par déni de service distribué (DDoS, pour distributed denial of service) semble à ce stade la plus probable : la Poste a en effet déjà subi une offensive de la sorte la semaine de Noël.
Débutée le 22 décembre, l’attaque avait provoqué une interruption de deux jours des principaux sites de la Poste, et des dysfonctionnements prononcés pendant deux jours supplémentaires. Le 26 décembre, le groupe indiquait toujours subir les assauts des pirates.
L’attaque déclenchée le 22 décembre avait été revendiquée le lendemain par le groupe Noname057, qui célèbre d’habitude plus rapidement ses succès. En ce 1ᵉʳ janvier, les canaux Telegram qui se revendiquent de Noname057 mentionnent une série d’attaques DDoS dirigées sur les sites Web de plusieurs collectivités allemandes et certains sont effectivement, d’après nos constatations, hors service jeudi vers midi. À cette heure, ils n’évoquaient cependant pas la Poste.
Meta a annoncé lundi 29 décembre l’acquisition de la startup d’origine chinoise Manus, basée à Singapour depuis le mois de juin et spécialisée dans le développement d’agents IA, théoriquement capables de prendre en charge des missions complexes de façon autonome. « Nous continuerons d’exploiter et de commercialiser le service Manus, en plus de l’intégrer à nos produits », affirme Meta.
La maison-mère de Facebook évoque une intégration des agents de Manus à travers ses « produits grand public et professionnels, y compris dans Meta AI », mais ne donne aucune autre précision à ce stade.
Manus présente son service comme un « agent d’IA général autonome », doté d’un environnement complet (ordinateur virtuel avec accès à Internet, stockage persistant, capacité à installer ou exécuter des logiciels, etc.) et donc conçu pour réaliser de A à Z les tâches qui lui sont confiées.
La startup propose notamment de mettre cet agent à profit pour la construction de sites Web ou d’applications, à l’instar de Lovable. Elle propose également des scénarios d’usage liés à l’analyse de données ou à l’automatisation de certains processus tels que le recrutement, la prospection commerciale, etc.

À la différence de Meta, qui peine à mettre sur le marché des produits IA finalisés et ne cesse de restructurer ses équipes, Manus semble déjà susciter une certaine traction. L’entreprise, qui a lancé commercialement son offre début 2025, affirme avoir dépassé 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents en seulement huit mois, un décollage qu’elle compare à celui de Lovable. Elle facture l’accès à son service sur abonnement, à partir de 20 dollars par mois, avec un nombre limité de jetons disponibles.
Meta aurait, d’après le Wall Street Journal, mis plus de deux milliards de dollars sur la table pour s’emparer de Manus.
La startup avait émergé sur la scène médiatique en mars dernier. Encore installée en Chine, elle avait bénéficié du coup de projecteur de la télévision d’État, ce qui avait été interprété, à l’époque, comme une volonté de Pékin de souligner la vivacité de la scène chinoise en matière d’IA. Quelques jours plus tôt, Manus avait annoncé un partenariat stratégique avec Alibaba autour de ses modèles open source Qwen.
Avec 214 776 632 actions, NVIDIA figure désormais au rang des grands actionnaires institutionnels d’Intel. Les deux entreprises viennent en effet de boucler l’accord annoncé en septembre dernier, selon lequel NVIDIA s’engageait à acquérir près de 4 % de son concurrent en échange de 5 milliards de dollars.
Intel a confirmé le bon déroulé de l’opération, par l’intermédiaire d’une déclaration formelle enregistrée le 29 décembre par la SEC, le gendarme de la bourse aux États-Unis. L’opération avait reçu le feu vert de la FTC, en charge de la concurrence, le 18 décembre.
D’après ces documents, la transaction prend la forme d’un « placement privé », qui s’est donc conclu hors marché. L’engagement de NVIDIA portait sur un prix unitaire de 23,28 dollars par action, soit un montant légèrement supérieur à celui négocié par l’administration Trump pour formaliser son entrée au capital de la firme de Santa-Clara.
Le lien qui unit désormais les deux entreprises ne se limite pas à cette participation capitalistique. L’accord annoncé en septembre prévoit en effet que les deux groupes fassent converger certains de leurs produits et technologies, aussi bien sur le marché grand public que dans le monde du datacenter. Il est notamment question de CPU Intel intégrant une partie graphique fournie par NVIDIA, ou de la compatibilité à venir des puces Intel avec la technologie d’interconnexion NVLink.




