Enlèvement de Nicolas Maduro : pourquoi le raid américain aurait pu virer au fiasco
L’opération spéciale a été présentée par Donald Trump comme un succès retentissant. Une mission "parfaitement exécutée". Pourtant, le raid américain visant à capturer le président Nicolas Maduro à Caracas le 3 janvier dernier a frôlé la catastrophe à plusieurs reprises, pointe le New York Times dans un long récit publié le 7 janvier, basé sur les dires de "responsables américains actuels et anciens, qui ont parlé sous couvert d’anonymat". La mission, nommée "Absolute Resolve" impliquait plus de 150 aéronefs lancés depuis 20 bases différentes, reposant sur une coordination complexe.
Les hélicoptères de l’armée américaine ont survolé Caracas aux premières heures du samedi 3 janvier, glissant à basse altitude au-dessus de la capitale vénézuélienne pour atteindre le complexe fortifié de Nicolas Maduro. Selon le NYT, les appareils sont alors rapidement pris sous le feu vénézuélien. Le premier hélicoptère de l’assaut, "un gigantesque MH-47 Chinook à double rotor" est endommagé, son pilote et planificateur de la mission est "touché trois fois à la jambe".
L'hélicoptère principal presque abattu
À ce moment, "le succès de l’opération est en jeu" juge le NYT, qui décrit une mission dont l’échec d’un seul élément aurait pu créer des risques catastrophiques pour tous les soldats impliqués. Et de convoquer le souvenir "mortel du Black Hawk abattu à Mogadiscio, en Somalie, en 1993, qui avait déclenché une bataille féroce au cours de laquelle 18 soldats américains étaient morts et 73 blessés".
Le chinook endommagé, pourtant, se stabilise avec l’aide du copilote, et maintient sa capacité à voler. Il parvient à déposer des troupes américaines à l’intérieur du complexe privé du président, avant de retourner en sécurité sur le navire de guerre Iwo Jima stationné au large des côtes vénézuéliennes.
En tout à 2h01 du matin, plus de 80 commandos ont été déployés à Caracas au fil des atterrissages. Dans le complexe, les opérateurs du 160e Régiment d’aviation des opérations spéciales essuient d’intenses échanges de tirs avec la garde privée du président Maduro, avant de parvenir à faire sauter la porte de sa chambre pour le faire prisonnier, lui et sa compagne.
72 Vénézuéliens et Cubains tués
Le chef de vol, que le Pentagone n’a pas identifié pour des raisons de sécurité, a subi de graves blessures, mais se rétablit dans un hôpital du Texas avec un autre soldat, a indiqué l’armée mardi. Cinq autres militaires ont été traités pour blessures et libérés. Les responsables militaires ont qualifié les actions du chef de vol cette nuit-là d’"héroïques". "C’était l’une des démonstrations les plus impressionnantes, efficaces et puissantes de la force et de la compétence militaire américaines de l’histoire américaine", a proclamé Donald Trump après le retour de toutes les troupes.
Du côté vénézuélien, les victimes ont été nombreuses : selon les responsables vénézuéliens, environ 40 Vénézuéliens et 32 Cubains ont été abattus par les forces américaines.

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