Le BlueSCSI passe à l'Ultra Wide SCSI grâce à la puce du Raspberry Pico 2
Si vous avez un vieux Macintosh, il a probablement un disque dur SCSI, car Apple a poussé cette technologie plus performante que l'IDE dans une bonne partie de ses machines. Mais si vous avez un vieux Macintosh, vous savez aussi que les disques durs SCSI sont bruyants, ne sont plus produits et se remplacent difficilement. C'est pour régler ce problème que le BlueSCSI a été créé il y a quelques années : c'est un adaptateur qui permet de brancher une carte (micro)SD à la place d'un disque dur SCSI. La v2, équipée d'un Raspberry Pi Pico, avait déjà nettement amélioré les performances de la première version. Mais ses créateurs viennent d'annoncer le BlueSCSI Ultra, encore plus rapide.

BlueSCSI v2 : un Raspberry Pi Pico pour remplacer le disque SCSI d'un vieux Mac
La nouvelle version a été repensée, et elle n'intègre pas un Raspberry Pi Pico 2, mais bien la puce RP2350B qui anime la carte. Elle intègre deux cœurs ARM à 150 MHz et 520 ko de RAM, couplés ici à 16 Mo de mémoire flash. Les nouvelles versions de la carte intègrent la prise en charge de l'audio — si vous décidez d'émuler un lecteur de CD-ROM SCSI —, de l'Ethernet (à travers un pilote pour un adaptateur SCSI vers Ethernet de l'époque1) et (surtout) la prise en charge de deux normes SCSI.
La première est l'Ultra SCSI. La version classique utilise ce qu'on appelle le Fast SCSI, ou SCSI-2. Cette norme parallèle permet des débits de l'ordre de 10 Mo/s au mieux. La nouvelle version, en Ultra SCSI, permet le double (20 Mo/s) tout en gardant le même connecteur à 50 broches (et un bus 8 bits). Une version Ultra Wide SCSI, avec un connecteur 68 broches, est aussi de la partie. Elle double les débits avec un bus 16 bits, soit 40 Mo/s. La carte est aussi prévue avec un connecteur SCA. Rarement vu dans les Macintsoh, il est utilisé dans certains ordinateurs. Les trois cartes sont attendues pour 60 $ (Ultra SCSI), 75 $ (Utra Wide SCSI) et 85 $ (Ultra Wide SCSI en SCA). Une différence qui vient du prix du connecteur.

Selon la page officielle, les performances pratiques sont aussi nettement meilleures. La première version était très lente, avec des débits de l'ordre de 1 Mo/s (moins qu'un disque dur). La v2, elle, pouvait monter à plus de 8 Mo/s dans de bonnes conditions selon nos essais. La version Ultra est annoncée avec des débits nettement plus élevés : jusqu'à 30 Mo/s en lecture avec la version Ultra Wide SCSI, et 15 Mo/s en écriture, ce qui est assez correct pour l'époque. Bien évidemment, la version Ultra SCSI en 8 bits sera limitée à 20 Mo/s au mieux.
Le seul défaut de la nouvelle génération vient de l'alimentation. Alors que les cartes BlueSCSI v1 et v2 peuvent être alimentées directement par le bus SCSI, ce n'est pas le cas des nouveaux modèles. Une alimentation externe est nécessaire, et elle passe soit par une prise Molex (courante sur les disques durs), soit par un connecteur Berg. Plus compact, il est rare dans les Macintosh : il est habituellement utilisé pour les lecteurs de disquettes de PC2, mais des adaptateurs Molex existent.
Dans tous les cas, le projet BlueSCSI est un bon exemple de l'intérêt de l'open source pour le matériel : une partie des améliorations viennent d'un projet concurrent, le ZuluSCSI. Enfin, il faut noter que les nouvelles cartes prennent en charge le panneau avant créé pour le projet PicoIDE. Ce petit boîtier prend la place d'un lecteur de disquettes (par exemple) et propose un écran et quelques boutons pour simplifier la gestion des différentes images disque.

Et croyez-en notre expérience : un Macintosh avec une carte BlueSCSI est bien plus agréable (et discret) qu'avec un vieux disque dur. Même si vous aurez probablement ensuite le réflexe de vous demander comment vous débarrasser du bruit du ventilateur de l'alimentation.