Les films projetés aux agents de la DGSE, les industriels de défense furieux contre Macron
La CIA noyaute l'entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris... Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l'espionnage, c'est lui qui s'intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.
La DGSE fait son cinéma
On peut être espion, cinéphile et même avoir de l’auto-dérision. Cet automne, la DGSE a fait diffuser trois films pour ses agents dans le cadre de son "ciné-club". D’abord L’Armée des Ombres, de Jean-Pierre Melville, le récit de la lutte clandestine de quatre résistants dans la France occupée. Puis Les Patriotes, d’Eric Rochant, souvent projeté aux nouvelles recrues du service secret. Et enfin, plus étonnant, Opération Corned-beef, la comédie de Jean-Marie Poiré dans laquelle un agent de la DGSE, joué par Jean Reno, doit gérer l’irruption en pleine mission de sa compagne, chargée… de séduire sa cible.
Macron va parler dissuasion nucléaire…
Emmanuel Macron devrait prononcer "bientôt" un grand discours doctrinal sur la dissuasion nucléaire. La date évoquée est le 24 février. Au cours de chaque quinquennat, les présidents français s’expriment sur le sujet ; Emmanuel Macron l’avait ainsi fait le 7 février 2020 à l’École de guerre. Cette année, il insistera sur la dimension européenne des intérêts vitaux de la France et pourrait introduire la notion d'"épaulement conventionnel européen" à nos forces nucléaires.
… et fâche les industriels de la défense
Les "vœux aux armées" du président de la République, le 15 janvier à Istres, sont restés en travers de la gorge des industriels du secteur. Reconnaissant que, contrairement à ses promesses de 2022, la France n’était pas en "économie de guerre", le chef de l’Etat a réclamé que l’industrie "s’adapte davantage", rappelant que les armées n’étaient pas "un client captif". En privé, les entreprises font valoir l’absence de nouvelles commandes et le chaos budgétaire. "L’économie de guerre ? Pour nous, c’est terminé. On a compris que ça n’avançait pas", entend-on.
Et notre revue de presse vue d'Europe...
Conquête. Selon plusieurs experts britanniques, Vladimir Poutine pourrait tenter d’envahir l’Estonie via la ville frontalière de Narva en cas d’accord de paix favorable en Ukraine. Et ce dès 2026. (The Sun, Londres, 18 janvier)
Cyber-espion. Un Suédois de 33 ans a été arrêté pour espionnage au profit de la Russie. Ce consultant informatique, ancien prestataire de l’armée, s’occupait de la cybersécurité de plusieurs médias suédois, dont Dagens Nyether, le premier quotidien du pays. (Dagens Nyether, Stockholm, 15 janvier).
Cobayes. Le renseignement serbe et son homologue russe du FSB ont mené des essais conjoints sur des chiens, en 2025. Ces expériences avaient pour but de tester un canon à son, une arme utilisée pour le contrôle des foules. Une alliance qui documente le rapprochement entre les deux pays. (Politico, Bruxelles, 15 janvier)
Méga-ambassade. Plusieurs élus conservateurs s’inquiètent d’une pièce secrète installée dans la future "méga-ambassade" chinoise à Londres, dont le Telegraph révèle les plans. Elle se situe à proximité du réseau de câbles à fibre optique londonien, rendant possible un espionnage technique des données de la City. (The Daily Telegraph, Londres, 12 janvier)
Maître-espion Marius Lazurca, conseiller présidentiel à la sécurité nationale, est pressenti pour devenir directeur d’un des deux services secrets roumains. Il a étudié la littérature comparée et l’histoire pendant neuf ans à Paris IV-Sorbonne, jusqu’à y soutenir une thèse sur "l'anthropologie du corps dans le monde romain sous le Haut-Empire", en 2003. (Adevarul, Bucarest, 19 janvier)

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