↩ Accueil

Vue normale

Au Canada, l’idée d’une invasion américaine n’est plus exclue par l’armée

21 janvier 2026 à 12:22

Face aux menaces de plus en plus pressantes et à l’imprévisibilité de Donald Trump, les Forces armées canadiennes ont modélisé un scénario hypothétique d’invasion militaire américaine… ainsi que la possible réponse militaire du Canada, révèle le journal canadien The Globe and Mail. Une première en un siècle.

Le Canada, membre fondateur de l’Otan et partenaire des États-Unis pour la défense aérienne continentale, explore ce scénario alors que Donald Trump a évoqué à plusieurs reprises l’idée que le pays puisse devenir le 51e État des Etats-Unis. Selon des responsables américains cités par la chaîne NBC, le locataire de la Maison-Blanche s'est récemment montré de plus préoccupé par la vulnérabilité du Canada face aux adversaires des États-Unis dans l’Arctique, notamment la Russie et la Chine, critiquant en privé le faible niveau de dépenses de défense d'Ottawa. Des propos qui s’inscrivent dans sa stratégie plus large de consolidation de l’hémisphère occidental.

Techniques non conventionnelles inspirées d’Afghanistan

Le modèle développé par l’armée canadienne, conceptuel et théorique, ne constitue pas un plan militaire opérationnel, précise bien le Globe and Mail, mais permet plutôt d’évaluer les risques et d’explorer les stratégies. Les responsables militaires envisagent ainsi une attaque venant du sud, avec des forces américaines capables de surmonter rapidement les positions stratégiques canadiennes sur terre et en mer, en l'espace d'une semaine, voire en deux jours seulement. Selon le journal, le Canada ne possède pas les effectifs ni l’équipement nécessaires pour repousser une invasion classique. Le modèle prévoit donc une guerre non conventionnelle, où des groupes armés irréguliers ou des civils organisés utiliseraient embuscades, sabotages, frappes de drones et attaques éclair.

Selon le haut fonctionnaire canadien qui s’exprime anonymement dans les pages du quotidien, "le modèle inclut les tactiques utilisées par les moudjahidines afghans dans leurs attaques éclair contre les soldats russes durant la guerre soviéto-afghane (1979-1989)". Des tactiques qui ont déjà été reprises par les Talibans contre les forces américaines et alliées, y compris les Canadiens, en Afghanistan. L’objectif : infliger de lourdes pertes aux forces occupantes américaines.

Identifier les signes annonciateurs

Le modèle généré par l’armée canadienne identifie sur le papier les signes avant coureur d’un tel scénario, et propose un plan pratique de préparation. L’hypothèse part ainsi du principe que le Canada aurait au maximum trois mois pour se préparer à une invasion terrestre et maritime. La rupture des accords de défense aérienne de NORAD serait le premier signe que les ordres d’attaque ont été donnés. La création d’une force de réserve volontaire de plus de 400 000 personnes serait alors déclenchée pour soutenir l’armée régulière.

Malgré ce scénario, les experts estiment globalement qu’une invasion américaine du Canada reste hautement improbable… Mais aussi que le renforcement militaire est crucial. Gaëlle Rivard Piché, de la Conference of Defence Associations, affirme ainsi qu’une "signalisation claire à notre voisin du sud que nous voulons et que nous sommes capables de nous défendre jouera un rôle de dissuasion". Aisha Ahmad, politologue à l’Université de Toronto, ajoute quant à elle que "plus le Canada pourra adopter cette approche de défense intérieure, moins il est probable que tous ces scénarios horribles se produisent". Les experts recommandent ainsi de renforcer la présence militaire dans le nord et près de la frontière américaine, et de prévoir des tactiques d’insurrection adaptées à la défense d’un territoire vaste face à un adversaire technologiquement supérieur.

Selon The Globe and Mail, les alliés européens, le Royaume-Uni, la France, le Japon et la Corée du Sud pourraient être sollicités pour défendre la souveraineté canadienne si la menace devenait sérieuse. Dans les pages du Globe and Mail, le major-général retraité David Fraser prévient les Etats-Unis : "si vous vous en prenez au Canada, vous allez avoir le monde entier sur le dos, encore plus qu’avec le Groenland. Les gens se soucient de ce qui arrive au Canada, contrairement au Venezuela".

© MAXPPP

Un soldat canadien lors d'un exercice militaire en Lettonie, le 27 septembre 2020.

Jeremy Corbyn - Jean-Luc Mélenchon : les dégâts du populisme de gauche, par Catherine Fieschi

21 janvier 2026 à 12:00

Levons d’emblée toute ambiguïté. Il ne s’agit évidemment pas d’établir une symétrie morale ou politique entre extrême droite et extrême gauche. La première est aujourd’hui aux portes du pouvoir – ou déjà installée – dans plusieurs pays européens, souvent adossée à l’écosystème idéologique du trumpisme. Ce n’est pas le cas de la seconde. Mais celle-ci participe pleinement à la dynamique de polarisation affective et narrative qui fragilise nos démocraties libérales. N’en déplaise aux âmes sensibles : il n’existe pas de "bon" populisme.

A ce titre, le Royaume-Uni constitue un cas d’école. Brexit ou non, le pays demeure profondément européen dans ses pathologies politiques. Certes, l’Italie a payé cher l’amateurisme idéologique du mouvement Cinq Etoiles. Mais s’il fallait décerner une palme d’or du populisme de gauche autodestructeur, Londres l’emporterait sans peine.

Le visage de cette débâcle a un visage : Jeremy Corbyn, 76 ans aujourd’hui, ancien leader du Parti travailliste entre 2015 et 2020 – qu’il l’a depuis exclu. Son nom restera celui du principal artisan de l’affaiblissement durable du Labour. Certes, les travaillistes sont revenus au pouvoir. Mais sur un mode essentiellement défensif, encore embarrassés des ambiguïtés idéologiques et des fractures organisationnelles héritées de la séquence corbyniste. Eurosceptique de longue date, Corbyn s’est soigneusement tenu à l’écart de la bataille référendaire sur l’Union européenne, contribuant par inertie idéologique – plus que par calcul stratégique – à la victoire du Leave. A cela s’est ajoutée la tolérance, parfois la rationalisation, d’un antisémitisme diffus qui a plongé le parti dans une crise morale profonde. Le tout sous les acclamations d’une base militante jeune, fervente et étonnamment indulgente.

La comparaison avec Jean-Luc Mélenchon s’impose presque mécaniquement. Tous deux ont rompu avec la social-démocratie pour bâtir des formations intégralement structurées autour de leur personne. Tous deux ont fait d’une allégeance profondément sectaire (plutôt qu’intelligemment pluraliste) aux populations musulmanes le cœur de leur programme. Mais Mélenchon demeure un autoritaire plus talentueux. Il a pour lui une formation politique solide, passée par le lambertisme – courant trotskyste notoirement obsédé par le contrôle organisationnel, la discipline militante et la conquête des appareils. On en retrouve les traces : verrouillage interne, culte du chef, purges symboliques et mépris affiché pour toute délibération collective authentique.

N’est pas trotskyste qui veut

Corbyn partage la même allergie à la démocratie interne et la même conviction d’être un guide éclairé. Mais sans les qualités requises pour ce rôle. Indécis chronique, médiocre intellectuellement, piètre orateur et plutôt paresseux, il incarne une version molle, presque dépressive du populisme de gauche. N’est pas trotskyste qui veut : pour faire ce métier, il faut être aussi impitoyable que mégalomane.

La création récente de son nouveau parti, cofondé avec la députée Zarah Sultana, relève dès lors de la farce politique. A peine annoncé, le mouvement est miné par des querelles internes entre ses deux figures fondatrices — Corbyn allant jusqu’à démentir la création du parti en réaction à l’annonce de Sultana, affirmant ne pas l’avoir "autorisée". S’ensuivent des désaccords publics sur la gouvernance et les modalités de décision.

Clou du spectacle : Zarah Sultana boycottant la conférence de lancement… de son propre parti (si, si). Le tout accompagné d’une communication tonitruante mêlant proclamations propalestiniennes et dénonciations d’un pouvoir masculin oppressif – incarné, ironie suprême, par son propre cofondateur. A cela s’ajoutent désormais des soupçons d’irrégularités financières liés à la gestion opaque des cotisations.

Faut-il s’en amuser ? Non, les dégâts sont réels. Chaque aventure populiste avortée laisse un électorat un peu plus désabusé, des institutions un peu plus fragilisées et un champ politique toujours plus polarisé. Le populisme de gauche ne conquiert peut-être pas le pouvoir. Mais il tend à rendre chaque alternative démocratique crédible un peu plus improbable.

Catherine Fieschi est chercheuse au centre Robert Schuman de l’Institut universitaire européen (IUE) de Florence

© PRESS ASSOCIATION IMAGES/MAXPPP

L'ancien leader travailliste Jeremy Corbyn, le 30 novembre 2025 à Liverpool.

"L’Europe va devoir adopter les méthodes brutales de Trump" : l'escalade avec les Etats-Unis vue de l'étranger

21 janvier 2026 à 10:16

L’Europe attendait l’attaque, sans vraiment savoir d’où viendrait le premier coup. L’annonce par le président américain de nouveaux droits de douane si l’Europe refuse de lui céder le Groenland, samedi 17 janvier, marque le retour de la guerre commerciale, désormais motivée par l’une des obsessions de Donald Trump. Quelques jours plus tôt, les alliés de l’Otan avaient envoyé leurs troupes pour un "exercice militaire" au Groenland, démonstration de force symbolique dont l’efficacité avait été critiquée. Au final, le premier mouvement de Donald Trump n’est pas militaire. Mais il provoque la sidération aux quatre coins du globe. Pour la presse internationale, qui commente largement cette escalade inédite, il sous-entend tout de même le risque d’un affrontement violent.

En Espagne, El País s’insurge de ce tournant historique des Etats-Unis. Alors que l'Otan a été bâtie pour se protéger des agressions extérieures, "les barbares sont à l’intérieur" écrit le journal, jugeant que l’allié américain remet en cause l’architecture de sécurité européenne construite depuis la Seconde Guerre mondiale. Le dossier groenlandais franchit "toutes les lignes rouges", estime le quotidien, et révèle l’échec de la stratégie d’apaisement menée jusqu’ici par l’Union européenne.

En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung souligne qu’au lieu d’isoler le Danemark, l’initiative du président américain a transformé le dossier en "affaire européenne", tandis que le quotidien italien Corriere della Sera met en garde contre des droits de douane cumulés allant jusqu’à 35-40 %, des niveaux jugés incompatibles avec les marges de l’industrie européenne qui pourrait perdre durablement des parts de marché.

Au nord, on semble regretter d’avoir montré les dents : en Finlande, le Helsingin Sanomat souligne le caractère disproportionné des mesures américaines, rappelant que les pays européens visés par les droits de douane de Donald Trump n’ont envoyé au Groenland que des contingents très limités, parfois de quelques soldats seulement. Le quotidien met en garde contre une "spirale dangereuse", estimant que l’imposition de sanctions économiques entre pays alliés pourrait créer des tensions inédites au sein de l’Otan.

Le dilemme impossible

Pour le Wall Street Journal, l’Europe se retrouve désormais face à un allié historique devenu menace : "L’effondrement de la confiance dans les États-Unis au cours de l’année écoulée, tant parmi le public européen que chez ses dirigeants, force le continent à réexaminer sa dépendance — de la sécurité au commerce — envers l’Amérique sous une administration Trump imprévisible", décrypte le journal.

Le New York Times va plus loin, en racontant le basculement de l’Europe dans une crise stratégique majeure ayant débuté au moment ou Donald Trump, avec un message publié sur les réseaux sociaux, a "anéanti des mois de progrès dans les négociations commerciales" et placé l’Europe sur une "trajectoire de collision" avec Washington. Avec "peu de marge de manœuvre ou de négociation", les Européens découvrent les limites de leur dépendance militaire à Washington et envisagent, à contrecœur, l’arme ultime de la riposte commerciale. Comme le résume crûment un expert, l’Europe est désormais sommée de choisir : "Soit nous menons une guerre commerciale, soit nous risquons une vraie guerre", avertit Jacob Funk Kirkegaard.

Concrètement, les 27 disposent d’une arme de poids pour répondre à la menace américaine. "Le 'bazooka commercial' européen pourrait être utilisé pour imposer des restrictions aux grandes entreprises technologiques américaines ou à d’autres prestataires de services très présents sur le continent", écrit le NYT. Mais son activation ferait brutalement monter les tensions transatlantiques. "L’Europe a passé l’année écoulée à éviter une telle escalade, et ce pour une raison précise : le continent demeure fortement dépendant des États-Unis pour la protection de l’Otan et pour le soutien face à la Russie dans la guerre en Ukraine". L’Europe sera ainsi condamnée à défendre sa souveraineté politique tout en ménageant un allié instable.

L'épreuve révèle les divisions européennes

C’est précisément ce dilemme impossible qui fait remonter brutalement les divisions profondes de l’Europe. Plus qu’un affront diplomatique, la menace de Donald Trump "confronte l’Union européenne à une épreuve de résistance : celle de savoir si elle est capable de répondre comme une force unie lorsque sa souveraineté est mise en cause" écrit l’agence Bloomberg. Entre partisans du dialogue et tenants de la fermeté, les Européens doutent désormais du socle même de la relation transatlantique. "Soit nous restons unis, soit nous serons divisés. Si nous sommes divisés, c’est la fin d’une époque. Quatre-vingts ans d’atlantisme touchent réellement à leur fin", a averti le Premier ministre belge Bart De Wever, avant d’ajouter qu’il ne considérait plus les Etats-Unis comme un allié.

Dans un entretien accordé au quotidien polonais Gazeta Wyborcza, un ancien chef de la sécurité nationale polonaise estime que l’ordre international mis en place après 1945 est "en train de s’effondrer". Selon lui, "tant qu’il existe une chance de sauver l’Otan, il faut le faire". Pour d’autres, la tentation de temporiser face à Trump ne ferait qu’aggraver la crise : "L’apaisement est toujours un signe de faiblesse. L’Europe ne peut pas se permettre d’être faible — ni face à ses ennemis, ni face à ses alliés", a notamment tranché le Premier ministre polonais Donald Tusk, résumant l’angoisse d’un continent pris entre la peur de l’escalade et celle de sa propre désintégration.

L’Europe doit se résoudre aux "méthodes brutales"

Face à la folie trumpienne, la BBC souligne que l’approche "softly-softly" (l'approche douce, en français) envers Donald Trump a tout d’un coup "dépassé sa date de péremption". Pour la chaîne nationale britannique, les Européens prennent conscience qu’ils doivent désormais combiner dialogue et riposte économique crédible pour préserver leur autorité et leur crédibilité. "Trump force les Européens à se forger une colonne vertébrale", conclut Niclas Poitiers, économiste au think tank Bruegel auprès de la BBC.

Depuis les Etats-Unis, CNN juge également que la crise du Groenland force l’Europe à envisager une posture beaucoup plus ferme face aux États-Unis et à dépasser les méthodes diplomatiques habituelles. "L’Europe devra peut-être adopter les méthodes brutales de Trump pour sauver le Groenland", titre le média progressiste américain. Celui-ci encourage l’Europe à répliquer, seule solution pour espérer ne pas vivre de chantage constant sous le reste du règne Trump. "Donald Trump semble ne respecter que ceux qui lui résistent. L’Union européenne ne manque pas d’armes, à condition qu’elle décide enfin de les utiliser".

© REUTERS

Avec Donald Trump au pouvoir, l'Europe se retrouve confrontée à un allié historique devenu menace.

"Le Mage du Kremlin" : quand L’Express interviewait le vrai idéologue de Vladimir Poutine

21 janvier 2026 à 07:00

Ceci n’est pas une critique cinématographique. Toutefois, L’Express vous recommande vivement d’aller voir Le Mage du Kremlin, en salle ce mercredi. Adapté du formidable roman éponyme de Giuliano da Empoli, le long-métrage réalisé par Olivier Assayas retrace la conquête du pouvoir russe par Vladimir Poutine (incarné par Jude Law), et racontée par son éminence grise, "le Mage" (Paul Dano).

Les lecteurs de L’Express connaissent bien ce personnage féru de rap et de rock gothique, longtemps surnommé le "Machiavel russe". De son vrai nom Vladislav Sourkov, ce conseiller de l’ombre nous avait accordé en mars dernier un entretien exclusif. Une prise de parole rare - la seule, en fait, depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, en février 2022 -, qui met en lumière, de façon très crue, les ambitions dévorantes de Moscou. "Nous nous étendrons dans toutes les directions, aussi loin que Dieu le voudra et que nous en aurons la force", assène, dans cette interview, celui qui, dans les années 2000, a largement contribué à créer le "poutinisme" et ses fameux concepts de verticale du pouvoir et de démocratie souveraine - un euphémisme pour désigner un système autoritaire -, avant de tomber en disgrâce en 2020.

Il se révèle prophétique

Volontiers cynique – "à l’avenir, il faudra à l’Europe de la volonté et une généreuse dose de bon vieil autoritarisme" -, Sourkov se révèle parfois prophétique, alors même que Donald Trump, tout juste revenu au pouvoir, n’a pas encore lancé sa croisade antieuropéenne. "Les europoutinistes et les eurotrumpistes se renforcent", se félicite-t-il. Ils pourront peut-être "revitaliser l’Europe". Le président américain ne dirait pas mieux, alors que les réseaux Maga ("Make America great again") s’activent pour prendre pied sur notre continent et y soutenir les mouvements d’extrême droite, notamment en France, cible privilégiée à l’approche de la présidentielle de 2027. Des ingérences qui, d’une certaine manière, en rappellent d’autres, venues de l’est cette fois…

Dans les deux cas, la même volonté d’écraser cette Europe qui se veut garante de la démocratie et de l’État de droit. "Il est évident qu’idéologiquement, Trump est plus proche de Poutine que de Macron", conclut Sourkov qui, aujourd'hui, apprécie certainement à sa juste valeur l’indulgence coupable du président américain pour Vladimir Poutine et sa guerre totale. Et son acharnement brutal sur les Européens, dont même lui n'aurait sans doute jamais osé rêver.

© EPA/MAXPPP

Vladislav Sourkov, vice-Premier ministre russe et chef de cabinet du gouvernement, participe à une réunion sur la mise en œuvre des décrets présidentiels présidée par le président russe Vladimir Poutine au Kremlin à Moscou, en Russie.

Liban : la mystérieuse intermédiaire derrière les explosions de bipeurs du Hezbollah

21 janvier 2026 à 06:00

Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.

Il est 15h30 au Liban, ce mardi 17 septembre 2024. A la caisse d’une boutique, dans la rue, sur le marché, dans des appartements : au même moment, des milliers de bipeurs explosent à travers tout le pays. La panique règne et les hôpitaux sont rapidement surchargés. Les blessés qui affluent sont principalement touchés aux mains, au ventre ou en haut de la cuisse.

Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants, et 2 750 blessés. Les victimes appartiennent en majorité au Hezbollah, une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise.

Très vite, les cadres du mouvement accusent Israël. Car l’Etat hébreu est de longue date en guerre contre le Hezbollah, et le conflit s’est accentué depuis les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, allié de l’organisation libanaise. Une organisation qui communique désormais essentiellement par bipeurs, jugés plus sûrs et plus difficiles à pirater que les téléphones.

Quelques semaines plus tard, en novembre, Israël reconnaît avoir autorisé l’attaque, qui lui a permis d’éliminer mais aussi d’identifier un grand nombre de membres du Hezbollah. Le Mossad, le service secret israélien, serait derrière ce coup inédit et aurait installé des explosifs dans les petits boîtiers. Leur déclenchement aurait été précédé d’un signal sonore envoyé simultanément sur les terminaux afin que les cibles se saisissent de leur appareil.

L’opération fait basculer le Proche-Orient : elle démontre également une organisation impressionnante, menée sans doute sur plusieurs années. Au cœur de cette affaire, on trouve un personnage clé, une Italo-Hongroise rapidement identifiée. Mais est-elle une espionne, liée au Mossad, ou un simple intermédiaire ?

Dans cet épisode de "Nid d'espions", Etienne Girard et Charlotte Baris vous racontent le parcours de Cristiana Barsony-Arcidiacono.

RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS

Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.

Cet épisode a été écrit et présenté par Charlotte Baris et Etienne Girard, monté et réalisé par Jules Krot.

Crédits : NBC News, NYTimes, AP, The Economic Times

Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent

Visuel : Alice Lagarde

Comment écouter un podcast ? Suivez le guide.

Pour aller plus loin :

"Le Mossad a des années-lumière d'avance..." : entretien décapant avec l'ex-espion de la CIA Robert Baer

Mossad - DGSE, nos révélations : entre rendez-vous secrets à Paris et informateurs à Gaza

"C'est un nid d'espions" : le Lutetia, ce palace parisien devenu un QG discret du Mossad

© REUTERS

Des partisans du Hezbollah brandissent des portraits de leur ancien chef, Hassan Nasrallah, et de son dirigeant actuel, Naïm Qassem, lors d'un rassemblement à Beyrouth, au Liban, le 27 septembre 2025.
❌