Vexé par Emmanuel Macron, Donald Trump menace de taxer les vins et champagnes français
Donald Trump a de nouveau recours au chantage. Le président américain a menacé dans la soirée du lundi 19 janvier d'imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et les champagnes français, une mesure qu'il a dit destinée à convaincre son homologue français Emmanuel Macron de rejoindre le "Conseil de la paix" dont il est à l'initiative.
Interrogé par des journalistes à Washington sur le vraisemblable refus d'Emmanuel Macron d'intégrer le "Conseil de la paix", comme indiqué lundi par l'entourage du président français, Donald Trump a répondu : "Il a dit ça ? Et bien, personne ne veut de lui, parce qu'il va bientôt quitter ses fonctions". "Je vais imposer des droits de douane de 200 % sur ses vins et champagnes, et il rejoindra (le Conseil de la paix), mais il n'a pas à le faire", a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.
La France avait fait savoir lundi qu'elle n'entendait pas donner suite à l'invitation des Etats-Unis à rejoindre un "Conseil de la paix" pour la bande de Gaza. "Comme de nombreux pays, la France a été invitée à rejoindre le 'Board of Peace' et examine avec ses partenaires le cadre juridique proposé avec ses partenaires", avait indiqué l'entourage d'Emmanuel Macron. "A ce stade, elle n'entend pas donner une suite favorable."
Ce mardi, l'entourage du président a dénoncé des menaces tarifaires "inacceptables" et "inefficaces" pour "influencer la politique étrangère" du pays. Sur TF1, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a jugé qu'il s'agissait d'une "déclaration hostile à l'égard de la France et de la viticulture française". "C'est brutal, c'est fait pour faire plier, c'est un outil de chantage", a-t-elle dénoncé, appelant à une réponse au niveau de l'Europe.
SMS
La réaction de Donald Trump survient alors que le président américain a déjà menacé au cours du week-end d'instaurer des surtaxes douanières contre plusieurs pays européens, dont la France, pour l'opposition affichée par ceux-ci à sa volonté d'annexer le Groenland.
Quelques heures après ses nouvelles déclarations, le locataire de la Maison-Blanche a partagé sur son réseau Truth Social une capture d'écran d'un SMS envoyé par Emmanuel Macron. Dans son message, le président français confie à son homologue qu'il ne comprend pas ce qu'il fait au Groenland, et lui propose d'organiser une rencontre du G7 à Paris jeudi après-midi, après le Forum de Davos en Suisse. Le chef de l'Etat français ajoute qu'il pourrait inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes à participer en marge de la réunion, et invite Donald Trump à dîner avec lui jeudi soir.
Trump posts what appears to be a private text message sent to him by Macron pic.twitter.com/f2zmrKuDrn
— Aaron Rupar (@atrupar) January 20, 2026
La capture d'écran ne montre pas la réponse du milliardaire, si réponse il y a eu. Une source proche d'Emmanuel Macron a confirmé à Reuters que le message partagé était authentique, ajoutant : "Cela démontre que le président français défend la même ligne en public qu'en privé".
Vladimir Poutine invité au Conseil de la paix
Donald Trump avait initialement proposé la création d'un Conseil de la paix lorsqu'il a annoncé en septembre dernier son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza. Mais une invitation adressée aux dirigeants du monde la semaine dernière esquisse un rôle plus large visant à résoudre les conflits à l'échelle mondiale. Selon un document consulté par Reuters, un projet de charte envoyé à une soixantaine de pays par l'administration américaine prévoit que les membres contribuent à hauteur d'un milliard de dollars en espèces s'ils souhaitent que leur adhésion dure plus de trois ans.
Les gouvernements ont réagi avec prudence à ce projet qui, selon les diplomates, pourrait nuire au travail des Nations Unies. A ce stade, seuls le Maroc, la Hongrie, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan ont répondu favorablement à l'invitation américaine. Lundi, Donald Trump a également déclaré avoir invité le président russe Vladimir Poutine à siéger à ce Conseil de la paix. "Il a été invité", a-t-il affirmé, confirmant des déclarations faites dans la journée par le Kremlin.
Concernant le Groenland, le président républicain a répété sa volonté d'acquérir le territoire danois : "Il nous le faut. Il faut que ce soit fait", a-t-il déclaré, assurant que le Danemark ne pouvait pas le protéger. "Ce sont des gens formidables. Je connais les dirigeants, ce sont des gens très bien, mais ils n’y vont même pas", a-t-il ajouté.

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