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Guerre en Ukraine : cette nouvelle opération ingénieuse de Kiev pour piéger des espions russes

2 janvier 2026 à 17:31

Kiev continue de faire preuve d’imagination pour combattre les forces russes. Nommé ce vendredi 2 janvier comme nouveau chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Kyrylo Boudanov, jusqu’alors directeur du renseignement militaire ukrainien (GUR), a annoncé jeudi, avant sa promotion, que ses services avaient simulé la mort d’un chef militaire russe anti-Poutine pour piéger plusieurs espions russes. Le combattant en question, Denis Kapoustine, est à la tête du Corps des volontaires russes (RDK), composé de membres aux idéologies variées, combattant en faveur de l’Ukraine. "Bienvenue à la vie", lui a lancé Kyrylo Boudanov, lors d’un échange sur une vidéo publiée sur la messagerie cryptée Telegram.

De l’argent et des informations

Concrètement, quel est le principe de cette opération ? Le 27 décembre, le RDK indique que leur leader a été tué au combat. "Tous les détails seront annoncés ultérieurement, dès que les circonstances de l’incident auront été établies", communique ainsi le groupe sur Telegram. "Nous te vengerons, Denis." Ce nationaliste russe anti-Poutine, connu pour ses positions d’extrême droite, voire néonazies, aurait alors été abattu dans la nuit précédente par un drone sur le front près de Zaporijia, au sud-est de l’Ukraine. Mais cette mort n’était en réalité qu’une mise en scène, orchestrée depuis plusieurs semaines par les services secrets ukrainiens.

Pour Kiev, l’objectif de la mission était clair : faire croire au décès de Denis Kapoustine pour duper Moscou, puis en profiter pour obtenir des informations sur les espions russes… et quelques liquidités. En effet, si la mort de chef militaire était si stratégique, c’est avant tout parce que le Kremlin avait mis à prix la tête du combattant anti-Poutine. Ainsi, 500 000 dollars étaient promis par la Russie à toute personne qui parviendrait à l’assassiner. Une somme qui, grâce à la réussite de cette mission, a directement été versée aux forces ukrainiennes. "Je suis heureux que l’argent destiné à votre assassinat ait servi à soutenir notre combat", s’est félicité Kyrylo Boudanov, lors de l’annonce de cette simulation.

Denis Kapoustine, une figure russe extrémiste

D’autre part, l’autre enjeu côté ukrainien était de faire croire Moscou à ce meurtre afin d’identifier des espions au sein des services secrets russes. Une mission réussie, d’après le GUR. Comme relevé par le média russe indépendant Meduza, le renseignement ukrainien a d’ailleurs publié ce vendredi des vidéos fabriquées de toutes pièces et envoyées à la partie russe pour prouver la prétendue mort du chef militaire. Denis Kapoustine, lui, se dit prêt à reprendre les armes dès que possible. "Mon absence temporaire n’a pas affecté la qualité ni le succès de l’exécution des missions de combat", a-t-il assuré. "Je suis prêt à retourner sur le terrain et à reprendre le commandement de l’unité RDK."

S’il défend l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, ce militant extrémiste est une personnalité sulfureuse dans le pays. Figure du milieu hooligan et amateur de sports de combat comme le MMA, il promeut une vision ultranationaliste de la Russie. En 2019, une enquête de Der Spiegel avait révélé que ce dernier avait vécu une dizaine d’années en Allemagne. Le ministère de l’Intérieur du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie indiquait alors au journal que Denis Kapoustine avait "contribué de manière significative à la professionnalisation de la scène néonazie des arts martiaux" outre-Rhin. En 2023, le chercheur Adrien Nonjon, spécialiste de l’Ukraine et de l’extrême droite post-soviétique, décrivait ainsi à L’Express cet homme comme "un néonazi businessman, avant-tout guidé par ses propres intérêts, notamment financiers".

© REUTERS

Le chef militaire russe anti-Poutine et d'extrême-droite Denis Kapoustine lors d'une conférence de presse à Kiev (Ukraine), le 21 mars 2024.

"Ma santé est parfaite" : la contre-attaque de Donald Trump après les rumeurs sur sa forme physique

2 janvier 2026 à 16:04

Début novembre, conférence de presse à la Maison-Blanche. Autour de Donald Trump, assis derrière son bureau, plusieurs experts prennent la parole. Le sujet du jour ? Un accord destiné à faire diminuer le tarif des médicaments anti-obésité aux États-Unis. Depuis le retour au pouvoir du milliardaire républicain, ce genre de scène est plutôt classique. Mais cette fois, un élément a davantage attiré l’attention des caméras présentes dans la pièce : le président américain est surpris à plusieurs reprises en train de somnoler lors des déclarations de ses interlocuteurs. Donald Trump en pleine sieste ? La Maison-Blanche dénonce immédiatement une "manipulation". Un mois plus tard, la scène se répète, cette fois lors d’une réunion avec ses ministres. Ces épisodes font en tout cas émerger de nouveaux doutes sur la santé du dirigeant, âgé de 79 ans.

Donald Trump "parfaitement apte à exercer ses fonctions"

En ce début d’année 2026, Donald Trump, lui, n’en démord pas : avec un brin de mauvaise foi, il assure avoir simplement les yeux fermés sur ces vidéos. "C’est très relaxant pour moi", assure-t-il auprès du Wall Street Journal. "Parfois, ils me prennent en photo en train de cligner des yeux." Des propos cités dans un long article du quotidien économique publié jeudi 1er janvier, qui revient en détail sur les rumeurs autour de la santé du président américain. Ces derniers mois, alors que Donald Trump a pu paraître plus fatigué en public, le sujet a donné lieu à de nombreux commentaires, voire des théories complotistes.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes se sont même interrogés – sans preuve – sur la capacité physique du républicain à terminer son second mandat. Donald Trump préfère balayer ces affirmations d’un revers de main. "Ma santé est parfaite", expose-t-il, tout en regrettant d’évoquer ce sujet "pour la 25ᵉ fois". Ses médecins, de leur côté, se veulent tout aussi rassurants. Le Wall Street Journal a ainsi pu consulter les résultats positifs d’examens passés par le dirigeant conservateur. D’après ces tests, son âge cardiaque serait en réalité semblable à celui d’une personne de seulement 65 ans. Sean Barbarella, le principal praticien en charge du président, promet ainsi que ce dernier est en "excellente santé et parfaitement apte à exercer ses fonctions de commandant en chef".

Recommandations pas toujours suivies

Les rumeurs autour de la forme de Donald Trump sont néanmoins prises très au sérieux par son équipe. La problématique revêt un important caractère symbolique : jouant de son image d’homme puissant, le conservateur a régulièrement moqué les problèmes de santé connus par son prédécesseur Joe Biden. Le démocrate, surnommé "Sleepy Joe" ("Joe le dormeur") par Donald Trump, subissait constamment ses quolibets en raison de sa fatigue apparente. L'argumentaire pourrait aujourd’hui se retourner contre lui. Ses petits sommes piqués face caméra font désormais eux aussi l’objet de railleries en ligne, y compris de la part des démocrates. Sur son compte X, le service de presse du gouverneur de Californie Gavin Newsom – maintes fois renommé "Gavin Newscum" ("scum" signifiant "ordure" en anglais) par Donald Trump – n’a pas manqué l’occasion de baptiser le républicain comme "Dozy Don" ("Don le somnolent").

Pour l’intéressé, il est donc crucial de déminer les différents questionnements sur ses aptitudes physiques à diriger les États-Unis. Cependant, certaines des déclarations de Donald Trump au Wall Street Journal laissent en tout cas penser que le président américain ne se soucie pas vraiment de son état de santé. Plus préoccupant : il assume de ne pas respecter certaines des recommandations des médecins qui le suivent. Il assume ainsi de prendre de l’aspirine à hauteur de 325 mg par jour d’aspirine, soit une dose quotidienne bien supérieure à celle souhaitée par les spécialistes qui l’accompagnent. "Ils préféreraient que je prenne la dose plus faible [d’aspirine]", lance Donald Trump. "Je prends une plus forte […] depuis des années, et ça cause des hématomes."

Des hématomes, qui, justement, ont aussi fait l’objet de multiples allégations ces derniers mois. En août, les observateurs avaient en effet remarqué des ecchymoses bleues sur la main du républicain, lors d’une rencontre avec le Premier ministre sud-coréen dans le bureau Ovale. De quoi alimenter, là encore, toutes sortes d’hypothèses fantaisistes sur l’origine de ces bleus. Plus tôt dans l’année, Sean Barbarella avait indiqué que ces marques étaient "compatibles avec une irritation mineure des tissus mous due à des poignées de main fréquentes et à l’utilisation d’aspirine, prise dans le cadre d’un régime standard de prévention cardiovasculaire". Mais pourquoi donc Donald Trump refuse-t-il de réduire sa quantité d’aspirine ingérée chaque jour ? "Je suis un peu superstitieux", dit-il, en ajoutant qu’il prend ce traitement depuis 25 ans.

Remise en cause de la parole médicale

Dans la même veine, Donald Trump s’est vu prescrire le port de chaussettes de contention par les médecins, après un léger gonflement des jambes dont il a souffert l’été dernier. Une habitude que le locataire de la Maison-Blanche a adoptée… seulement un temps. Il ne porte aujourd’hui plus ces chaussettes. "Je ne les aimais pas", justifie-t-il sans plus d’explications. Autre regret exprimé par le président américain : le passage d’un scanner cardiovasculaire et abdominal, mi-octobre. "Avec le recul, c’est dommage que j’aie fait cet examen, car cela leur a donné des arguments", déplore-t-il, en référence aux spéculations liées à la réalisation de ces tests. "J’aurais été bien mieux loti s’ils ne l’avaient pas fait, car le simple fait que je l’aie passé a suscité des interrogations : 'Tiens, il y a un problème ?' Or, tout va bien."

Plus que sur des éléments factuels, Donald Trump s’appuie sur la conviction qu’il dispose d'"une très bonne génétique", avec des parents restés en forme jusque tard dans la vie. L’ensemble de ces paroles, agrémentées d’un soupçon de remise en cause de la parole médicale, fait écho aux positions parfois ambiguës du républicain vis-à-vis du consensus scientifique sur les problématiques sanitaires. Avant son entrée en fonction à Washington, la nomination du vaccinosceptique Robert Kennedy Jr. en tant que secrétaire à la Santé avait déjà donné le ton de la future politique fédérale en la matière. En septembre, Donald Trump avait lui-même créé la polémique en déconseillant aux femmes enceintes de prendre du paracétamol pour limiter les risques d’autisme de leurs enfants – un lien qui n’est pas établi par la science.

© REUTERS

Le président américain Donald Trump, lors d'une réunion à Washington, le 2 décembre 2025.

Volodymyr Zelensky nomme Kyrylo Boudanov chef du renseignement militaire, pour diriger le cabinet présidentiel

2 janvier 2026 à 14:41

Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi avoir choisi le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Boudanov pour le poste de directeur de cabinet de la présidence, laissé vacant par la démission d'Andriy Yermak le 28 novembre. Kyrylo Boudanov , 39 ans, dirigeait le renseignement militaire (GUR) depuis août 2020. Depuis le début de la guerre contre l'Ukraine, le 24 février 2022, il a notamment présidé aux échanges de prisonniers de guerre entre les deux pays et a participé à plusieurs opérations spéciales. Il a été fait "Héros de l'Ukraine", le plus haut titre honorifique attribué par le gouvernement ukrainien.

I had a meeting with Kyrylo Budanov and offered him the role of the Head of the Office of the President of Ukraine. At this time, Ukraine needs greater focus on security issues, the development of the Defense and Security Forces of Ukraine, as well as on the diplomatic track of… pic.twitter.com/SCs6Oj2Rb7

— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 2, 2026

L'officier a fait savoir qu'il avait accepté la proposition de Volodymyr Zelensky. "A l'heure actuelle, l'Ukraine doit se concentrer davantage sur les questions de sécurité, le développement des forces de défense et de sécurité ukrainiennes, ainsi que sur la voie diplomatique des négociations, et le cabinet du président aura pour mission principale de mener à bien ces tâches de notre Etat", a écrit le président ukrainien sur X. "Le cabinet du président aura pour mission principale de mener à bien ces missions, a-t-il poursuivi. Kyrylo possède une expertise pointue dans ces domaines et les compétences nécessaires pour obtenir des résultats concrets."

Le directeur de cabinet de Volodymyr Zelensky, négociateur en chef pour la partie ukrainienne et proche du chef de l'Etat, avait été contraint à la démission dans le cadre d'une enquête sur un scandale de corruption impliquant les plus hautes autorités de l'Etat. Un scandale qui a politiquement fragilisé le président ukrainien.

© via REUTERS

Le chef des renseignements militaires ukrainiens, Kyrylo Budanov, rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, alors que la Russie attaque l'Ukraine, à Kiev, en Ukraine, sur cette photo diffusée le 2 janvier 2026. Service de presse présidentiel ukrainien/Document fourni par REUTERS

Iran : Donald Trump menace d'une intervention américaine si Téhéran réprime violemment les manifestations

2 janvier 2026 à 12:43

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir pour défendre les manifestants en Iran en cas de répression violente des autorités de Téhéran. "Nous sommes prêts à intervenir", a déclaré le président américain dans un message publié sur Truth Social. Les États-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin dernier, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.

Cette prise de position américaine intervient alors que plusieurs personnes ont été tuées jeudi en Iran lors de troubles liés aux plus importantes manifestations depuis trois ans, déclenchées par une inflation exponentielle - 42,5 % en décembre. Le mouvement de protestation a été déclenché par des commerçants, qui ont défilé dimanche dans les rues de Téhéran pour dénoncer la plaie de l'inflation et sa gestion par le gouvernement.

"Déstabilisation de la région"

Dans plusieurs provinces du pays, les manifestations ont pris une tournure violente. Un responsable local de l'ouest de l'Iran, où plusieurs décès ont été signalés, a averti que toute agitation ou tout rassemblement illégal seraient traités "de manière décisive et sans indulgence", selon des propos rapportés par les médias officiels. Les médias affiliés à l'État et les groupes de défense des droits humains ont fait état d'au moins six morts depuis mercredi, dont un homme qui, selon les autorités, était membre du Bassidj, milice affiliée aux Gardiens de la révolution. Le groupe Hengaw, une ONG de défense des droits humains kurde basée en Norvège, a déclaré que 29 manifestants avaient été arrêtés lors de la dernière vague de manifestations, dont 14 Kurdes, sept Lors (minorité apparentée aux Persans), sept femmes et deux enfants.

Répondant aux commentaires de Donald Trump, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a averti qu'une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures iraniennes équivaudrait à déstabiliser toute la région. L'Iran soutient des groupes armés au Liban, en Irak et au Yémen.

La flambée des prix est attisée par l'effondrement de la monnaie nationale. Le rial chute sous l'effet des sanctions occidentales contre l'économie iranienne et a perdu près de la moitié de sa valeur en un an. Il a atteint mardi un plus bas record de 1 400 000 rials par dollar, d'après des chiffres agrégés par des plateformes en ligne.

S'exprimant jeudi, avant les propos de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que les défaillances des autorités étaient à l'origine de la crise. "Nous sommes responsables... Ne cherchez pas à blâmer les États-Unis ou qui que ce soit d'autre. Nous devons servir correctement afin que les gens soient satisfaits de nous... C'est à nous de trouver une solution à ces problèmes", a-t-il déclaré.

© via REUTERS

Des passants devant des magasins fermés à la suite de manifestations contre la chute de la valeur de la monnaie, dans le Grand Bazar de Téhéran, Téhéran, Iran, 30 décembre 2025. Majid Asgaripour/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale)

"Pays frère" : le président vénézuélien Maduro tend la main aux États-Unis et laisse entrevoir des discussions sérieuses

2 janvier 2026 à 12:15

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a tendu la main au président américain Donald Trump, proposant des discussions sérieuses sur la lutte contre le trafic de drogue et offrant aux entreprises américaines un accès facile au pétrole vénézuélien. Nicolas Maduro a déclaré que le Venezuela était un "pays frère" des États-Unis et un gouvernement ami. Il a souligné que lors de leur dernier entretien en novembre, le président américain avait reconnu son autorité en l'appelant "Monsieur le Président".

Le dirigeant vénézuélien, au pouvoir depuis de nombreuses années, s'est exprimé dans une interview filmée la veille du Nouvel An et diffusée sur la télévision d'Etat vénézuélienne le soir du jour de l'An. Dans l'émission, Nicolas Maduro et son intervieweur traversent une zone militarisée de la capitale, Caracas. On y voit le président au volant d'une voiture, le journaliste étant assis à ses côtés et son épouse, Cilia Flores, à l'arrière – un geste que les commentateurs ont interprété comme une tentative d'afficher sa confiance face aux craintes d'une frappe américaine, malgré la réduction de ses apparitions publiques ces dernières semaines.

Changement de ton

Ces déclarations marquent un changement de ton dans la position de Maduro à l'égard des États-Unis depuis le déploiement militaire massif de ces derniers dans le sud des Caraïbes. Donald Trump a accusé Nicolas Maduro, qu'il qualifie d'"illégitime", de diriger un narco-État et a menacé de le destituer. Nicolas Maduro affirme que les États-Unis cherchent à l'évincer pour prendre le contrôle des vastes réserves de pétrole et des gisements de terres rares du Venezuela.

Lors d'un événement organisé peu avant Noël, Nicolas Maduro a exhorté Donald Trump à se concentrer sur les problèmes intérieurs, déclarant : "Honnêtement, si je lui reparle, je lui dirai que chacun devrait s'occuper de ses affaires intérieures." Dans ses dernières déclarations, Nicolas Maduro a déclaré à son interlocuteur : "Au peuple des États-Unis, je dis ce que j'ai toujours dit : le Venezuela est un pays frère… un gouvernement ami."

"Nous devons commencer à parler sérieusement, en nous basant sur les faits. Le gouvernement américain le sait, car nous l'avons répété à maintes reprises à ses interlocuteurs : s'il souhaite discuter sérieusement de l'accord de lutte contre le trafic de drogue, nous sommes prêts à le faire. S'il veut le pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accepter des investissements américains comme ceux de Chevron, quand, où et comment il le souhaite."

© via REUTERS

Nicolas Maduro, à La Guaira, au Venezuela, le 28 décembre 2025.

Condamnation de Marine Le Pen : des magistrats français dans le viseur de l'administration Trump

2 janvier 2026 à 11:40

Des juges français dans le collimateur de Washington. Dans une enquête, le magazine allemand Der Spiegel révèle que l'administration Trump aurait envisagé de mettre en place de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires de pays européens, responsables selon le département d'État américain d'alimenter une "censure" qui serait à l'œuvre sur le continent. Parmi ses cibles ? Les trois magistrats qui ont fait condamner en première instance l'ex-candidate à l'élection présidentielle du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Quatre ans de prison, dont deux fermes aménagés sous bracelet, ainsi que cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, avaient été prononcés contre elle lors du délibéré le 31 mars dernier. Son procès en appel dans cette affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national doit se tenir à Paris à partir du 13 janvier prochain. Alors que Donald Trump avait appelé à "libérer" Marine Le Pen après sa condamnation, les États-Unis auraient donc réfléchi à punir les juges français ayant mené les débats lors de l'audience.

Des responsables allemands aussi ciblés

Cette décision américaine, qui n'est pas encore actée, marquerait une nouvelle étape d'une défiance grandissante entre Washington et ses alliés du Vieux continent. Outre ses désaccords avec les Européens en matière géopolitique, notamment sur le dossier ukrainien, l'administration républicaine n'a cessé ces derniers mois d'afficher un certain mépris à l'égard des responsables des différents pays alliés de la zone. "La liberté d’expression est en déclin" en Europe, avait ainsi déploré le vice-président américain, J.D. Vance, lors de son discours à la conférence de Munich (Allemagne), en février dernier. Lors de cette prise de parole, il avait par exemple dénoncé la réglementation européenne en matière de numérique ou le traitement réservé selon lui à certains partis d'extrême droite.

Durant ce discours, J.D. Vance avait plus particulièrement fait allusion à la logique du "pare-feu" mise en place en Allemagne contre le parti nationaliste allemand AfD. Les formations politiques traditionnelles, y compris la CDU/CSU de l'actuel chancelier Friedrich Merz, se refusent ainsi à trouver des accords avec l'AfD. Or, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le mouvement populiste allemand multiplie les contacts avec la sphère MAGA ("Make America Great Again", du nom du slogan phare du président américain). Plusieurs hauts responsables américains, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, s'étaient insurgés au printemps lorsque l'Office fédéral de protection de la Constitution, une branche des services secrets allemands, avait classifié l'AfD comme un "parti d'extrême droite".

Aujourd'hui suspendue en raison d'une plainte déposée par le parti allemand, cette qualification aurait également pu déboucher sur des sanctions américaines. En effet, toujours d'après Der Spiegel, le département d'État américain aurait ainsi réfléchi à prononcer des interdictions de séjour aux États-Unis contre les responsables des services secrets allemands à l'origine de la classification de l'AfD comme une formation d'extrême droite. Dans son article, l'hebdomadaire mentionne même l'option d'hypothétiques sanctions financières à l'égard de ces hauts fonctionnaires. Contacté par le journal à la fois sur ce dossier, mais aussi sur celui concernant Marine Le Pen, le département d'État n'a ni confirmé, ni nié avoir la volonté d'entreprendre ce genre de sanctions.

Sanctions américaines contre Thierry Breton

Les États-Unis attendraient-ils l'issue des prochaines étapes judiciaires en France et en Allemagne pour mettre à exécution de telles mesures ? C'est un scénario à ne pas écarter. Ces derniers mois, le pouvoir américain a montré qu'il était prêt à passer à l'acte pour défendre sa vision du monde. Ainsi, le 23 décembre, Washington a ainsi interdit de séjour cinq personnalités européennes promouvant la régulation de la tech ou la lutte contre la désinformation et la haine en ligne dans des organisations basées au Royaume-Uni et en Allemagne. Le Français Thierry Breton, ex-commissaire européen à l'initiative du Digital Services Act (DSA), fait également partie de ces figures ciblées par les États-Unis, au prétexte qu'il aurait contribué à construire "un complexe industriel mondial de la censure" avec cette réglementation.

Au Brésil, Alexandre de Moraes, le juge le Cour suprême chargé de la procédure judiciaire visant Jair Bolsonaro avait aussi été concerné cet été par des sanctions américaines. L'administration Trump estimait alors que sa position lui avait permis de "cibler des opposants politiques", tel que l'ex-président d'extrême droite. En première instance, l'ex-dirigeant avait été condamné à 27 ans de prison pour "tentative de coup d'État", mais était resté soutenu par Donald Trump durant tout son procès.

Une peine finalement rapportée à un peu plus de 2 ans à rester derrière les barreaux, après le vote d'une loi par les parlementaires brésiliens avant Noël. Ce texte semble en tout cas avoir contenté le président américain et ses soutiens : avant même que cette réduction de peine ne soit définitivement votée, Washington avait déjà retiré Alexandre de Moraes de sa liste des personnalités sous sanctions.

© REUTERS/Evelyn Hockstein/File Photo

Donald Trump à la Maison-Blanche, le 19 décembre 2025.

Chaman, cocaïne et procès pour viols : en Norvège, la famille royale la plus scandaleuse d'Europe

2 janvier 2026 à 08:45

Bonne nouvelle pour les Britanniques : en matière de scandales, leur famille royale se trouve sur le point d’être détrônée. Oubliez Harry et Meghan, le couple sulfureux de 2026 se nomme Durek Verret et Märtha Louise de Norvège. La princesse de 54 ans, fille du roi Harald V, a eu la brillante idée de se marier, il y a deux ans, avec un chaman californien et d’ouvrir grand les coulisses de leurs noces aux caméras de Netflix. Le documentaire sorti en septembre 2025, intitulé Rebel Royals : l’improbable romance, ressemble davantage à un règlement de comptes royaux qu’à un conte de fées. "Clairement, ce documentaire a bien plus embarrassé les Norvégiens qu’il ne les a éclairés", souffle Tove Taalesen, ancienne employée de la Couronne, désormais écrivaine.

Au sein du paisible royaume scandinave, Durek Verret et la princesse Märtha Louise constituent une source inépuisable de scandales. Lui se dit "à moitié reptilien", sixième génération d’une lignée de chamans, ancien mannequin new-yorkais toxicomane. Il a été accusé d’avoir abusé sexuellement de certains de ses clients, affirme que "le cancer est un choix" et, pendant la pandémie, vendait des "médaillons magiques" pour guérir du Covid-19… La princesse n’est pas en reste, elle qui a commencé sa carrière en ouvrant un centre pour communiquer avec les anges.

Après un millénaire de discrétion, tous les projecteurs se braquent aujourd’hui sur la monarchie norvégienne. Chaque jour ou presque, la famille royale fait la une des journaux : le roi a été accusé de racisme par son gendre, la princesse Mette-Marit espère une transplantation pulmonaire, une des petites-filles du roi Harald V s’éclate dans l’émission Danse avec les stars… "J’écris des polars et j’ai développé une imagination débordante, mais jamais je n’aurais pu concevoir tous les événements qui secouent la famille royale depuis deux ans, assure Tove Taalesen, auteure de Dronningen (Panta, 2020), un thriller au cœur du palais royal d’Oslo. Le job d’expert de la royauté n’a jamais été aussi passionnant !"

Le procès qui va secouer la monarchie

C’est toutefois une affaire sordide qui fait trembler l’institution millénaire en ce début de 2026. Dans la glaciale Oslo, où le mercure affiche -15°C, les médias norvégiens sont en ébullition. "Je n’ai jamais rien vu de tel", témoigne Caroline Vagle, malgré sa longue carrière de "reporter royale" pour le magazine Se og Hør.

190 journalistes accrédités, sept semaines d’audience : à partir du 3 février, la Norvège va vivre au rythme du procès de Marius Borg Høiby, 28 ans. Le fils de la princesse héritière Mette-Marit se retrouve poursuivi pour quatre viols, plusieurs cas de violences conjugales, une agression contre un fonctionnaire ou encore des menaces de mort. Trente-deux chefs d’accusation au total, pour lesquels il risque jusqu’à seize ans de prison. "Peu importe le verdict, ce procès pèsera lourd sur la réputation de la famille royale, explique Caroline Vagle. Bien qu’il n’ait pas de rôle officiel au sein de la Couronne, Marius en est inséparable aux yeux du public : son procès fait tanguer l’image de stabilité et de confiance sur laquelle s’est bâtie la monarchie norvégienne." Circonstance aggravante, un des viols se serait déroulé sur le domaine royal de Skaugum, où vivait le jeune homme.

Marius Borg Hoiby
Marius Borg Hoiby

Depuis sa première arrestation, en août 2024, les médias norvégiens multiplient les révélations sur "l’affaire Marius". Les enquêteurs ont saisi des centaines de milliers de fichiers sur ses téléphones et ordinateurs, qui révéleraient un véritable modus operandi de prédateur sexuel : le fils de la princesse héritière aurait abusé de ses partenaires dans leur sommeil, filmant à chaque fois ses agressions.

Pour enfoncer le clou, un livre choc paru en octobre, Hvite striper, sorte får ("Rayures blanches, moutons noirs"), détaille la vie tumultueuse de Marius Borg Høiby, sa violence, sa toxicomanie et ses liens avec des réseaux de trafic de cocaïne. "En Norvège, personne ne vit au-dessus des lois, même s’il est proche de la famille royale, souligne Tove Taalesen, qui a connu Marius enfant, lors de son arrivée au palais. Les Norvégiens attendent de la justice une indépendance totale vis-à-vis de la politique ou d’éventuelles pressions de la Couronne, ce procès sera un véritable test pour nos institutions."

La famille royale reste populaire

La monarchie se trouve-t-elle en danger pour autant ? Historiquement populaire en Norvège, sa cote varie au gré des scandales. En 2017, 81 % des Norvégiens se disaient en faveur de la royauté, avant de toucher le fond en septembre 2024, juste après l’arrestation de Marius Borg Høiby, avec seulement 62 % d’opinions favorables. Récemment, les sondages remontent autour de 70 % de popularité. "Mais il y aura d’autres scandales dans les années qui viennent, nous prédit Eva Grinde, chroniqueuse au Dagens Næringsliv. L’institution royale est, par nature, bourrée de paradoxes et devient de plus en plus difficile à défendre."

Chaque année, le palais coûte près de 26 millions d’euros à l’Etat norvégien, et les affaires donnent des ailes au mouvement républicain. "La monarchie reste toutefois un symbole d’unité et de continuité pour notre pays, tout en jouant un rôle diplomatique important, soutient Caroline Vagle. Pour de nombreux Norvégiens, la famille royale représente la stabilité au-dessus des partis politiques et le roi Harald joue le rôle de grand-père de la nation."

Ces dernières semaines, la Couronne met en avant une carte maîtresse avant le procès de Marius : sa demi-sœur, la princesse Ingrid Alexandra, qui sera un jour la première reine de Norvège (une réforme de 1990 permet à la fille aînée d’hériter du trône). Etudiante en Australie après avoir effectué son service militaire, la jeune femme de 21 ans a profité de son passage dans le royaume pour visiter maisons de retraite, casernes de pompiers ou encore assister à la remise du prix Nobel de la Paix. "C’est une jeune femme magnifique, grande, très populaire, et qui apprécie de remplir ses devoirs royaux, raconte Tove Taalesen. Elle incarne l’espoir de la famille royale !" God save the future Queen ?

© Marius Gulliksrud/ STELLA Pictur

Le roi Harald et la reine Sonja, entourés de la famille royale norvégienne, le 17 mai 2025 à Oslo.
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