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"La démocratie en Europe est en danger" : la mise en garde de la présidente de la Moldavie

31 décembre 2025 à 17:56

Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont entretenus autour d’un déjeuner à Palm Beach (Floride), dimanche 28 décembre. Devant un parterre de journalistes, les deux chefs d’Etat se félicitent d’un accord "presque conclu à 95 %". Washington applaudit de "nombreux progrès" et Kiev se réjouit d’une "très bonne rencontre". Car le président des Etats-Unis persiste et signe : il mettra très prochainement fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Pourtant, les présages réels de cette paix ne se manifestent pas. Dans un entretien mardi 30 décembre accordé au Telegraph, la présidente de la Moldavie, Maia Sandu, tranche : "Vladimir Poutine n’a aucun intérêt à faire la paix avec l’Ukraine."

Dans les colonnes du quotidien britannique, la cheffe d’Etat voisine de l’Ukraine alerte sur l’ambition moscovite de semer le chaos en Europe, à coups d’ingérences électorales.

Le Kremlin a bien besoin d’une pause. Après quatre ans de guerre, l’industrie militaire du pays est à bout de souffle. En décembre 2024, Moscou a annoncé allouer environ 126 milliards de dollars à la défense nationale, soit plus d’un tiers des dépenses publiques en 2025. Un record depuis la fin de la guerre froide.

Aussi, un accord de paix asymétrique ne pourrait garantir une paix durable. Au contraire, Maia Sandu y perçoit une occasion pour la Russie de reprendre son souffle avant de frapper de plus belle, et ce en l’espace de quelques mois. Et une telle issue ne mettrait pas que l’Ukraine en péril mais aussi les autres États post-soviétiques, et par ricochet, le reste de l’Europe, assure la Moldave. "Je crois que le président Trump veut la paix, et nous l’apprécions beaucoup", a-t-elle déclaré au Telegraph. Et la présidente de regretter : "Je ne crois simplement pas qu’il y ait aujourd’hui suffisamment de pression sur la Russie pour les amener à accepter de mettre fin à la guerre en Ukraine."

"Plus de 700 opérations d’influence"

Et lorsqu’il est question des capacités de Vladimir Poutine à ébranler l’Europe, Maia Sandu a acquis une expertise de terrain. En septembre, se tenaient les élections législatives moldaves, échéance dans laquelle le Kremlin a investi quelque 115 millions d’euros. Selon Ksenia Iliuk, cofondatrice de LetsData, entreprise ukrainienne spécialisée dans le renseignement sur les opérations informationnelles, "plus de 700 opérations d’influence ont été détectées à l’approche de l’élection, dont beaucoup visaient à discréditer personnellement Maia Sandu", rapportait à l’époque le média en ligne Politico.

Le but de cette ingérence ? Renverser le parti pro-européen, au pouvoir depuis 2021, de la cheffe d’Etat moldave. Raté : son mouvement, le PAS a rassemblé 50,03 % des voix, contre 24,26 % pour le Bloc électoral patriotique, pro-Kremlin. Malgré cet échec, la tentative russe a été décrite par des "diplomates occidentaux chevronnés […] comme l’attaque la plus soutenue contre un processus démocratique qu’ils aient jamais observée" selon le Telegraph.

Moscou ne relâche pas pour autant sa pression. Sur les 14 derniers mois, le Kremlin a orchestré deux autres ingérences en Moldavie : un référendum entérinant la volonté de la Moldavie d’adhérer à l’Union européenne ainsi que la (ré) élection présidentielle de Maia Sandu.

"La cible, c’est l’Europe"

Et la Moldave d'avertir : les ambitions de Vladimir Poutine dépassent largement son pays, "il veut contrôler le continent". Un projet qu’elle n’imagine pas seulement par la force armée mais aussi par une campagne massive d’ingérences électorales.

Dans les colonnes du Telegraph, Maia Sandu décrit son pays comme un "terrain d’essai" où Moscou a testé la mise en pratique de ses capacités à structurer une guerre électronique et des campagnes de désinformation, le tout pour influencer les électeurs. La présidente perçoit un avenir sombre pour le continent : "La cible, c’est l’Europe […] qui devrait s’inspirer des pays qui sont en première ligne dans la lutte pour la démocratie."

Et à l’approche de plusieurs scrutins européens, la présidente met en garde : "La démocratie sur le continent est en danger." Si l'élection présidentielle française se tient en 2027, notre pays n’est pas le seul à voir le rassemblement national, populiste et proche du Kremlin caracoler dangereusement en tête des sondages. Les Allemands, qui se rendront aux urnes en 2029, se confrontent à l’ascension fulgurante de l’AfD, accusé d’espionnage pour Moscou.

© COSTAS BALTAS / Anadolu via AFP

La présidente de la Moldavie, Maia Sandu, à Athènes, en Grèce, le 15 décembre 2025.

Donald Trump – Elon Musk : comment J.D. Vance a désamorcé la bombe Musk

31 décembre 2025 à 17:26

Entre Elon Musk et Donald Trump, on le sait, la relation battait de l’aile après les déboires du premier à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE). Mais en réalité, ce sont les actions d’un proche d’Elon Musk, Jared Isaacman, qui ont mis le feu aux poudres, raconte cette semaine le Washington Post. Nommé à la tête de la Nasa en janvier sur proposition du patron de Tesla, ce dernier s’est trouvé au coeur d’une controverse au mois de mai. Un rapport gouvernemental a révélé qu’il avait fait des dons conséquents à plusieurs élus démocrates. De quoi horripiler le président américain, qui a immédiatement suspendu Isaacman de ses fonctions.

La même semaine, Elon Musk, qui venait de démissionner du DOGE, ne digère pas la mise à l’écart de son allié de la Nasa - qui finance l’entreprise d’exploration spatiale de Musk Space X. Il multiplie alors les reproches envers le président américain sur les réseaux sociaux, fustigeant d’une part sa loi fiscale (dite "One Big Beautiful Bill"), lançant de l’autre la piste d’une implication de Donald Trump dans le dossier Epstein. Et annonce même créer son propre parti, en concurrence directe, donc, avec le parti républicain (GOP). Ce dernier élément alarme aussitôt le vice-président américain J.D. Vance, inquiet de voir les républicains perdre la majorité aux midterms de 2026.

Médiation sur plusieurs mois et par personnes interposées

Ni une ni deux, J.D. Vance s’improvise alors comme médiateur entre le président américain et son ex-soutien financier. Une opération de réconciliation qui va prendre plusieurs mois, et impliquer plusieurs proches d’Elon Musk, pour parvenir à ses fins, relate le Washington Post, qui a interrogé plus d’une dizaine de personnes familières de la relation entre les deux hommes.

Au fil des mois, les conseillers de Trump et Vance arrivent à la conclusion suivante : le soutien d’Elon Musk implique des exigences plus élevées que celles habituellement fixées par les donateurs riches. Le patron de Tesla étant parfois désireux de capter l’attention des médias — et d’orienter la politique selon sa propre vision du monde. "Il aime ce rôle de faiseur de rois", explique au Washington Post un proche du milliardaire. De son côté, Elon Musk accepte de rester éloigné de la politique et de laisser la place à ses alliés. Il ose même une audacieuse comparaison : "Le Bouddha est-il nécessaire au bouddhisme ? N’était-il pas plus fort après sa disparition ?".

Opération réconciliation réussie ?

L’opération rabibochage menée par J.D. Vance se solde finalement par une réussite, du moins en apparence : Jared Isaacman retrouve ses fonctions à la tête de la Nasa et Elon Musk sera même invité à la Maison-Blanche en novembre pour un dîner avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane. Mais un autre événement, tout à fait extérieur à J.D. Vance, contribue également à l’abandon par Elon Musk de son projet de troisième parti : l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk. Assassinat à la suite duquel le milliardaire aurait décidé d’injecter ses fonds dans des groupes conservateurs existants plutôt que de fonder son propre parti.

Le jeu s’est calmé entre les deux hommes, et J.D. Vance y est pour beaucoup. Mais à en croire plusieurs proches de Trump et Musk, la trêve reste toutefois fragile. Et pourrait avoir des impacts sur la suite de la carrière de Vance, qui loin d’être un médiateur désintéressé, compte bien sûr le soutien de Musk s’il officialisait sa candidature à la prochaine présidentielle…

© afp.com/Kevin Dietsch

Elon Musk et le président Donald Trump, dans le bureau Ovale à Washington le 30 mai 2025.

Finlande : un navire parti de Russie saisi par la police après des dégâts à un câble sous-marin

31 décembre 2025 à 16:03

La police finlandaise a annoncé, ce mercredi 31 décembre, avoir saisi un navire soupçonné d'avoir endommagé, dans le golfe de Finlande, un câble de télécommunications sous-marin reliant Helsinki à Tallinn, la capitale estonienne.

La police n'a divulgué aucun détail sur l'origine du navire, mais la chaîne de télévision publique finlandaise Yle, citant le site spécialisé MarineTraffic, a déclaré qu'il s'agissait du Fitburg, un cargo de 132 mètres de long battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, parti de Saint-Pétersbourg, en Russie, pour Haïfa, en Israël. Le bateau est soupçonné d'être "responsable des dégâts causés au câble", qui appartient au groupe finlandais de télécoms Elisa et se situe dans la zone économique exclusive estonienne, a indiqué la police dans un communiqué.

Elisa a déclaré dans un communiqué que les dommages causés au câble n'avaient "en aucune façon affecté le fonctionnement" de ses services. Le golfe de Finlande, qui fait partie de la mer Baltique, est bordé par l'Estonie, la Finlande et la Russie. Ces dernières années, des infrastructures énergétiques et de communication, dont des câbles et pipelines sous-marins, ont été endommagées en mer Baltique. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022, de nombreux experts et responsables politiques considèrent le sabotage présumé de câbles comme un élément de la "guerre hybride" menée par la Russie contre les pays occidentaux.

Tôt mercredi matin, le groupe de télécoms avait détecté une anomalie sur son câble et l'avait signalée aux autorités finlandaises. Un patrouilleur et un hélicoptère des garde-côtes finlandais ont localisé le navire suspect dans la zone économique exclusive de la Finlande. Sa chaîne d'ancre était à l'eau, a précisé la police. Les garde-côtes ont ordonné au navire de s'arrêter et de relever son ancre, puis de se déplacer et de mouiller dans les eaux territoriales finlandaises.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires"

La police finlandaise a annoncé enquêter sur l'incident pour "dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications". Elle a précisé coopérer avec plusieurs autorités nationales et internationales, notamment estoniennes.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires de toutes sortes et nous y répondons en conséquence", a déclaré le président finlandais Alexander Stubb dans un communiqué publié mercredi sur X.

Le procureur général adjoint Jukka Rappe a déclaré à Yle avoir ordonné une enquête préliminaire sur l'affaire, qui sera menée par le Bureau national d'enquête finlandais. "Le cargo est soupçonné d'avoir sectionné le câble de données dans des circonstances dans lesquelles il apparaît désormais évident qu'il y a également l'éventualité d'un acte criminel", a-t-il estimé, sans toutefois exclure la possibilité d'un accident.

© Mikkel Berg Pedersen / Ritzau Scanpix / AFP)

Image d'illustration.

"Les terroristes méritent la mort" : en Israël, le retour de la peine capitale fait débat

31 décembre 2025 à 16:00

Le 8 janvier 2017, Chir Hadjadj visite Jérusalem avec ses camarades d'un cours d'officiers de l'armée israélienne. Vers 13h15, la soldate de 23 ans sort du car stationné sur la promenade Hass, un célèbre promontoire offrant un panorama époustouflant sur la ville sainte. A cet instant, un Palestinien du village voisin de Jabel Moukaber surgit au volant un camion. Il fauche Chir et trois autres soldats avant d'être abattu. "Si cet homme savait qu'il risquait la peine de mort, il aurait peut-être hésité avant de tuer ma fille", soupire Meirav Hadjadj, la mère de Chir. Depuis, elle milite avec son mari pour la restauration de la peine de mort en Israël. Proche d'Itamar Ben-Gvir, ministre de la police et chef du parti d'extrême droite Puissance Juive, le couple vient d'obtenir une victoire : le 10 novembre dernier, la Knesset a voté pour le rétablissement de la peine capitale en Israël.

Le texte, qui doit encore franchir deux lectures devant le Parlement, imposera aux magistrats d'appliquer automatiquement la peine de mort aux auteurs d'attentats terroristes contre des Israéliens "dans le but de nuire à la renaissance du peuple juif sur sa terre".

Pour les Hadjadj, ce vote du Parlement découle directement du traumatisme des massacres du 7 octobre 2023. "Avant le 7-Octobre, les gens nous prenaient pour des illuminés", raconte Meirav. "Maintenant ils nous comprennent parce que chaque personne dans ce pays connaît au moins une victime de ces massacres. Et les gens comprennent que pour arrêter ou au moins ralentir le terrorisme, la peine de mort reste la seule solution", estime-t-elle.

L'exception Eichman

Prévue lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, la peine capitale est abolie en 1954 après avoir été appliquée une seule fois – à tort, la victime ayant été innocentée par la suite. En 1961, un tribunal de Jérusalem condamne exceptionnellement à mort le criminel nazi Adolf Eichman dans le cadre d'une loi spéciale sur les crimes contre l'humanité. "A cette époque, même les rescapés de la Shoah se montraient divisés sur la peine de mort, indique Hannah Yablonka, une historienne spécialiste du procès Eichman. Beaucoup estimaient que tuer Eichman bafouait le principe de proportionnalité au regard de l'immensité de son crime. Et aussi que cela ne ramènerait pas les six millions de victimes juives du nazisme." Le Premier ministre de l'époque, David Ben Gourion, penche pour l'application de la peine de la mort en invoquant le procès de Nuremberg à l'issue duquel douze hauts dignitaires du régime nazi ont été condamnés à mort. Eichman sera pendu le 1er juin 1962.

Depuis, le débat sur la peine de mort ressurgit régulièrement, notamment lors de vagues d'attentats terroristes. La Knesset la plus à droite de l'histoire du pays a donc décidé de franchir le pas en votant un texte transpartisan. Le parti russophone d'Avigdor Lieberman, opposant à Benyamin Netanyahou, a voté pour. En revanche, les partis orthodoxes, membres de la coalition, ont voté contre au nom de principes religieux. Le 9 décembre, une commission de la Knesset a examiné les modalités d'exécution : pendaison, chaise électrique ou injection létale. "Nous envoyons un message très clair : les terroristes méritent la mort", s'est réjoui Itamar Ben-Gvir devant la commission. Il arborait un pin's représentant une corde de pendaison.

Tirer sans sommation

Le rétablissement de la peine de mort s'inscrit dans une radicalisation de la répression de la lutte armée palestinienne, en témoigne la modification des règles d'engagement lors de confrontations entre des soldats de Tsahal et des combattants palestiniens. Strictement encadrées avant le 7-Octobre, elles ont été assouplies par une hiérarchie militaire régulièrement accusée de mettre en danger les soldats pour ne pas risquer d'enfreindre les lois internationales de la guerre. Désormais, à la moindre menace, les soldats peuvent tirer, quitte à exposer leur armée à la vindicte. Fin novembre, des images montrant des soldats israéliens abattant deux combattants palestiniens levant les mains en l'air ont déclenché un tollé. L'ONU a dénoncé une "apparente exécution sommaire" et ordonné une enquête.

"Aujourd'hui, la priorité, c'est de se défendre. On doit d'abord tirer. Après, on voit si vraiment il y a eu une exagération", assume Meïr Ben Hayoun, porte-parole francophone de Puissance Juive. Selon lui, l'assouplissement des règles d'engagement résulte également du traumatisme du 7-Octobre. "Ce jour-là, des pilotes d'hélicoptères ont vu des dizaines de pick-up du Hamas s'introduire en Israël et ils n'ont pas voulu tirer. Tout simplement parce que les conseillers juridiques de l'armée ne leur ont pas donné le feu vert. Aujourd'hui, ce serait impensable. Nous avons changé d'ère", constate-t-il.

Ce changement de paradigme effraie les organisations de défense des droits de l'Homme, vent debout contre la loi sur la peine de mort et la modification des règles d'engagement. "De nombreuses études montrent que la peine de mort ne dissuade pas les auteurs d'attentats. Cette loi ne répond pas à une exigence sécuritaire. Elle étanche la soif de vengeance de ce gouvernement et d'une partie de la population", déplore Noa Sattah, directrice du centre israélien pour les droits civiques. Elle envisage un recours devant la Cour suprême en cas d'adoption définitive du texte.

© AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir (à droite), se rendent sur les lieux d'une fusillade dans la partie est de Jérusalem annexée par Israël, le 8 septembre 2025.

Résidence de Vladimir Poutine : pourquoi le scénario d’une attaque ukrainienne est peu crédible

31 décembre 2025 à 12:19

La Russie n’en démord pas. Selon Moscou, des dizaines de drones ukrainiens auraient attaqué cette semaine une résidence de Vladimir Poutine. Info ou intox ? Ce que l’on sait, à ce stade, c’est que la Russie n’avait fourni jusqu’à ce matin aucune preuve de cette attaque présumée. Et que parmi tous les habitants de la région en question interrogés par la presse, aucun n’a été témoin d’activité de drones à ce moment-là.

Un manque de preuves qui n’a pas empêché plusieurs alliés de Moscou de lui réitérer aussitôt tout leur soutien. A commencer par les présidents kazakh et ouzbek, ou encore les Premiers ministres indien et pakistanais, "profondément préoccupés" par cette "menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité".

48 heures sans aucune preuve

Vladimir Poutine s’est également empressé de téléphoner à Donald Trump, pour l’informer de l’attaque présumée et indiquer que la Russie réexaminait sa position sur les négociations en conséquence. Le président américain a indiqué avoir cru Vladimir Poutine sur parole… avant de reconnaître que l’attaque n’avait peut-être pas eu lieu. Mais en semant le doute, le président russe participe quand même à amadouer son homologue américain, qui aurait même déclaré : "Dieu merci, nous n’avons pas fourni de missiles Tomahawk à Zelensky !", à en croire le conseiller diplomatique du Kremlin.

Au micro de CNN mardi, le président ukrainien a de son côté fait état de ses échanges avec les Américains. "Ils ont examiné les détails et nous comprenons qu’il s’agit d’une fausse information. Et, bien sûr, nos partenaires peuvent toujours utiliser leurs outils technologiques pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une fausse information", a fait valoir Volodymyr Zelensky. "La Russie n’a fourni aucune preuve de cette attaque. Et ils n’en auront pas. Parce qu’il n’y en a pas. Aucune attaque de ce genre n’a eu lieu", a renchéri sur X son ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha.

Dans la même veine, une source proche du président français Emmanuel Macron a déclaré qu’"il n’existe aucune preuve solide permettant de corroborer les graves accusations portées par les autorités russes, même après avoir recoupé les informations avec nos partenaires". Mercredi sur X, la cheffe de la diplomatie européenne a elle aussi haussé le ton : "L’affirmation de la Russie selon laquelle l’Ukraine aurait récemment pris pour cible des sites gouvernementaux clés en Russie est une diversion délibérée", a déclaré Kaja Kallas, ajoutant que "Moscou cherche à faire dérailler les progrès réels vers la paix réalisés par l’Ukraine et ses partenaires occidentaux".

Pour répondre aux accusations d’allégations infondées, Moscou a publié ce jour une vidéo sur Telegram, montrant un appareil qui aurait été abattu lors de cette attaque, ainsi qu'un soldat au visage dissimulé se tenant près des débris d'un drone. L'armée russe a également divulgué une carte montrant la trajectoire des engins lancés lors de cette attaque présumée, ainsi que le témoignage d'un homme présenté comme un habitant d'un village proche de la résidence du président russe. Des éléments qui n’ont pour l’instant pas pu être authentifiés.

Durcir la position russe

S’agit-il alors d’une vraie attaque, comme l’assure la Russie, ou d’un prétexte pour légitimer de futures frappes russes contre l’Ukraine ? L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) basé à Washington penche clairement pour la seconde hypothèse. "Les circonstances de cette frappe présumée ne correspondent pas au schéma des preuves observées lorsque les forces ukrainiennes mènent des frappes en Russie", avance-t-il auprès de CNN, notant l’absence de déclarations des autorités russes locales et régionales.

Le média russe indépendant Agentstvo a même noté mardi que le chef du district de Valdaï avait tenu une allocution télévisée en direct lundi à 17 heures, heure locale, au cours de laquelle il n’a mentionné aucune attaque. L’Agentstvo a déclaré qu’elle n’avait pas non plus pu trouver de rapports faisant état d’attaques de drones sur les réseaux sociaux publics de la ville de Valdaï, qui compte 14 000 habitants et se situe à 20 kilomètres de la résidence.

Sans parler du manque de cohérence entre les déclarations officielles russes, lesquelles divergent tant sur le nombre de vecteurs que sur les régions visées. Lundi, dès 7h45, le ministère de la Défense évoquait une attaque de drones sur la région de Novgorod, puis sur celle de Briansk, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, intervenant deux heures plus tard, évoquait pour sa part la résidence présidentielle de Valdaï comme seule cible.

Selon l’expert militaire Iouri Fiodorov, cité par Le Monde, "Décidé à empêcher Trump d’adopter des sanctions contre la Russie, Poutine doit lui présenter une explication plausible pour ne pas risquer d’entrer en conflit avec lui. D’où cette provocation". La presse russe ne s’en cache pas : "Moscou a désormais les mains libres", titrait mardi le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.

© Mikhail METZEL / POOL / AFP

Vladimir Poutine, au Kremlin, le mardi 30 décembre 2025.
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