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"Purge" des ambassades américaines : le coup de balai brutal de Donald Trump

26 décembre 2025 à 17:00

De simples coups de téléphone, comme une illustration supplémentaire des méthodes brutales de Donald Trump. Ce lundi 22 décembre, le président américain a ordonné à près de 30 ambassadeurs en poste dans le monde entier, nommés par Joe Biden, de rentrer aux États-Unis dans les prochaines semaines, une mesure qui risque de créer un important manque au sein du corps diplomatique américain, révèle le New York Times.

L’administration américaine leur a demandé de quitter leur fonction sous une quinzaine de jours, d’ici la mi-janvier 2026, afin d’aligner le corps diplomatique aux nouvelles priorités de politique étrangère américaines. Une trentaine de pays sont concernés, majoritairement en Afrique, selon The Associated Press (AP). "Les personnes concernées indiquent avoir été informées brutalement, généralement par téléphone, sans aucune explication, a déclaré Nikki Gamer, porte-parole de l’American Foreign Service Association, le syndicat représentant les diplomates de carrière. Cette méthode est tout à fait inhabituelle."

Les candidats au poste d’ambassadeur sont nommés par le président et approuvés par le Sénat, et se répartissent en deux catégories : les diplomates de carrière et les personnes nommées pour des raisons politiques. Ces dernières sont souvent des donateurs ou des proches du président, et sont censées présenter leur démission au début d’une nouvelle administration, comme ce fut le cas lorsque Donald Trump a pris ses fonctions en janvier. Mais les diplomates de carrière, eux, restent souvent en poste pendant plusieurs années au sein d’une nouvelle administration, d’où la surprise de l’annonce. "Notre syndicat peut affirmer avec certitude qu’une telle révocation massive n’a jamais eu lieu depuis la création du Service extérieur tel que nous le connaissons", a d’ailleurs précisé Nikki Gamer auprès du New York Times.

Le moral des diplomates en berne

Interrogé par l’AFP, le département d’Etat n’a pas confirmé le détail de ces renvois ni quels pays étaient concernés, mais a indiqué qu'"il s’agit d’un processus standard dans toute administration". "Un ambassadeur est un représentant personnel du président" et ce dernier "est en droit de s’assurer qu’il dispose dans ces pays de personnes qui font avancer le programme 'Amérique d’abord'", a déclaré un haut responsable du département d’État sous couvert d’anonymat, tandis que Donald Trump n’a pas encore désigné de candidats pour les postes d’ambassadeurs vacants en Afrique subsaharienne. En général, dans cette configuration, le chef de mission adjoint, souvent diplomate de carrière lui aussi, assure l’intérim.

Pour plusieurs observateurs, ces rappels massifs risquent d’affecter davantage le moral des diplomates de carrière travaillant sous l’autorité du secrétaire d’État Marco Rubio. Plus tôt ce mois-ci, le syndicat de la profession a publié les résultats d’un sondage auprès de ses membres, révélant que 98 % des répondants estimaient que le moral au travail avait chuté depuis le début du second mandat de Donald Trump, en raison notamment des coupes budgétaires. Avec Marco Rubio, le président américain a en effet supervisé le renvoi de centaines de personnels au sein du département d’Etat, réorganisé autour des priorités de l’administration, et supprimé l’Agence américaine pour le développement (USAID). Au total, 1 300 suppressions de postes ont eu lieu, dont 264 diplomates à travers le monde, remplacés par des fidèles du président.

© afp.com/Jim WATSON

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s'entretient avec le président Donald Trump, auquel il vient de remettre une note manuscrite évoquant les négociations sur Gaza, le 8 octobre 2025 pendant une réunion à la Maison-Blanche

Ukraine : Volodymyr Zelensky va rencontrer Donald Trump dimanche en Floride

26 décembre 2025 à 17:37

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi 26 décembre, qu’il prévoyait de rencontrer dimanche le président américain Donald Trump pour discuter avec lui des garanties territoriales et de sécurité de l’Ukraine. Kiev a révélé il y a trois jours la nouvelle mouture du plan américain visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, négociée depuis des semaines entre Washington et Kiev. De son côté, Moscou a refusé d’en commenter les détails, mais la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a déclaré que les progrès vers la fin de la guerre étaient "lents mais réguliers".

Les infos à retenir

⇒ Volodymyr Zelensky va rencontrer Donald Trump dimanche

⇒ Vladimir Poutine pourrait être ouvert à un échange de territoires en Ukraine

⇒ Des drones russes endommagent trois bateaux dans le sud de l’Ukraine

Volodymyr Zelensky et Donald Trump se rencontreront dimanche

Volodymyr Zelensky et Donald Trump doivent se rencontrer dimanche en Floride pour discuter des efforts en vue de mettre fin à l’invasion russe, a annoncé Kiev vendredi. "Cette rencontre est prévue pour dimanche", a déclaré un conseiller du président ukrainien.

"En ce qui concerne les questions sensibles, nous discutons à la fois du Donbass et de la centrale nucléaire de Zaporijia. Nous discutons certainement d'autres questions", a précisé à des journalistes sur l'application de messagerie WhatsApp, Volodymyr Zelensky. "Cette réunion a pour mais précis de finaliser autant que possible tous les détails", a-t-il ajouté. Le chef d'Etat ukrainien a également déclaré qu'il ne pouvait pas dire si un accord serait signé à l'issue de cette réunion mais que l'Ukraine y était prête.

Le président ukrainien avait révélé mercredi la nouvelle mouture du plan américain visant à mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, négociée depuis des semaines entre Washington et Kiev. Ce texte prévoit un gel du front aux lignes actuelles tout en n’offrant aucune solution immédiate sur l’épineuse question des territoires occupés par la Russie, qui représentent plus de 19 % de l’Ukraine.

Contrairement à la version originale de ce document, rédigée par les Américains, la nouvelle mouture laisse de côté deux exigences majeures de Moscou : un retrait des forces ukrainiennes des territoires du Donbass encore sous leur contrôle et un engagement juridiquement contraignant de Kiev à ne pas adhérer à l’Otan. Pour cette raison, un accord de Moscou à cette nouvelle version semble improbable.

La Russie accuse l'Ukraine de vouloir "torpiller" les négociations sur le plan américain

La Russie a accusé ce vendredi l'Ukraine de vouloir "torpiller" les pourparlers sur le plan américain pour mettre fin à la guerre, constatant que le nouveau texte présenté cette semaine par Kiev était "radicalement différent" de ce que Moscou avait négocié avec les Américains.

"C'est de notre travail et de la volonté politique de l'autre partie que dépendra notre capacité à faire le dernier effort et à parvenir à un accord. Surtout dans un contexte où Kiev et ses sponsors, notamment au sein de l'Union européenne, qui ne sont pas favorables à un accord, ont redoublé d'efforts pour le torpiller", a déclaré à la télévision le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Vladimir Poutine pourrait être ouvert à un échange de territoires en Ukraine, rapporte Kommersant

Vladimir Poutine a déclaré à quelques-uns des plus importants hommes d’affaires russes qu’il pourrait accepter d’échanger certains des territoires contrôlés par ses forces en Ukraine, mais qu’il voulait l’intégralité du Donbass, a rapporté le journal russe Kommersant. "Vladimir Poutine a affirmé que le côté russe était toujours prêt à faire les concessions qu’il avait faites à Anchorage. En d’autres termes, que 'le Donbass est à nous'", écrit le média.

Le chef du Kremlin avait rencontré son homologue américain Donald Trump en août à Anchorage, en Alaska, pour le premier sommet USA-Russie depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Pas d’appel prévu "pour l’instant" entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine, selon l’Elysée

Il n’y a pas eu d’échange récent entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine et il n’y a pas "pour l’instant" d’entretien prévu, a fait savoir ce vendredi l’Elysée alors que Paris et Moscou, dont les relations sont au plus bas, ont récemment manifesté publiquement leur intérêt d’un contact direct au sommet. "Il n’y a pas eu d’échange" entre les présidents français et russe, "il n’y a pas pour l’instant de projet d’appel" entre eux et "il n’y a pas de projet de voyage d’Emmanuel Macron à Moscou", a indiqué l’Elysée.

La semaine dernière, le Kremlin avait fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à parler à Emmanuel Macron, répondant à des déclarations en ce sens du président français. L’Elysée avait jugé cela "bienvenu" et dit que ses équipes aviseraient "dans les prochains jours sur la meilleure manière de procéder", insistant sur le fait que cela devait se faire "en toute transparence" avec Kiev et les partenaires européens.

Des drones russes endommagent trois bateaux dans le sud de l’Ukraine

Des drones russes ont endommagé trois navires au cours de la nuit de jeudi à vendredi dans des ports des régions d’Odessa et de Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, a déclaré le vice-Premier ministre ukrainien. Ces attaques n’ont pas fait de victimes mais elles ont entraîné des coupures d’électricité et aussi endommagé des entrepôts civils dans la région d’Odessa, a ajouté Oleksiy Kouleba sur la messagerie Telegram.

Les autorités ukrainiennes accusent la Russie, qui multiplie les attaques aériennes dans la région d’Odessa, de vouloir priver l’Ukraine d’un accès à la mer Noire. Oleksiy Kouleba a aussi fait état d’une attaque de drones russes contre la gare de Kovel, dans le nord-ouest de l’Ukraine, à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec la Pologne. "Une locomotive et un wagon de transport de marchandises ont été endommagés", a-t-il affirmé.

© Handout / UKRAINIAN PRESIDENTIAL OFFICE / AFP

Volodymyr Zelensky, ici photographié le 23 décembre 2025 à Kiev (Ukraine), vient de dévoiler la dernière mouture du plan de paix américain pour mettre fin à la guerre de son pays face à la Russie.

Premier sous-marin nucléaire, plus de missiles... Les ambitions de la Corée du Nord pour 2026

26 décembre 2025 à 14:58

A l’aube de 2026, la Corée du Nord montre ses muscles face à sa rivale du sud. Jeudi 25 décembre, les médias d’Etat ont publié des photographies montrant ce qui s’apparente à une coque de sous-marin à propulsion nucléaire en grande partie achevée, alors que le dirigeant Kim Jong-un a fustigé les efforts de la Corée du Sud pour acquérir une technologie similaire.

Selon l’Agence centrale de presse coréenne, Kim Jong-un s’était rendu dans un chantier naval en compagnie de hauts fonctionnaires et de sa fille, sa potentielle successeure, pour inspecter la construction de cet engin qui ferait 8 700 tonnes. L’agence n’a pas précisé quand la visite a eu lieu.

Comme les sous-marins sont généralement construits de l’intérieur vers l’extérieur, la diffusion de ces clichés suggère néanmoins que de nombreux composants essentiels, y compris le moteur et éventuellement le réacteur, sont déjà en place, a déclaré Moon Keun-sik, expert en sous-marins à l’Université Hanyang de Séoul, cité par Euronews. "Montrer le navire dans son intégralité semble indiquer que la plupart des équipements ont déjà été installés et qu’il est sur le point d’être mis à l’eau", a-t-il expliqué, ajoutant que le sous-marin nord-coréen pourrait éventuellement être testé en mer d’ici quelques mois. Mais une telle technologie serait une évolution inquiétante pour les voisins de la Corée du Nord, dans la mesure où le lancement de missiles depuis l’eau serait difficile à détecter à l’avance.

Une technologie stratégique

Pour Kim Jong-un, la construction de ce sous-marin, souhaité depuis 2021, est hautement stratégique. Par le passé, ce dernier avait en effet qualifié les efforts de la Corée du Sud pour acquérir une technologie similaire, soutenus par le président américain Donald Trump, d'"acte offensif" qui viole gravement la sécurité et la souveraineté maritime du Nord. Dès lors, l’achèvement de son sous-marin à propulsion nucléaire constituerait selon lui un changement "historique" dans le renforcement de sa dissuasion nucléaire, alors que la Corée du Nord a également dévoilé un nouveau destroyer naval, que Kim Jong-un a salué comme une étape majeure vers l’élargissement de la portée opérationnelle et des capacités de frappe préemptive des forces nucléaires du pays.

Ce vendredi, le dirigeant nord-coréen a en outre ordonné l'"expansion" et la modernisation de la production de missiles du pays l’année prochaine, ainsi que la construction de nouvelles usines pour répondre à la demande croissante, ont annoncé les médias d’Etat. Le secteur de la production de missiles et d’obus est d’une importance capitale pour renforcer la dissuasion militaire", a-t-il précisé. D’après les analystes, son but est d’améliorer ses capacités de frappe de précision, défier les Etats-Unis et la Corée du Sud, et tester des armes avant d’éventuellement les exporter vers la Russie.

Un partenariat avec la Russie ?

Certains affirment aussi que l’alignement de la Corée du Nord sur la Russie – avec l’envoi de milliers de soldats et d’équipements militaires pour soutenir la guerre du président Vladimir Poutine en Ukraine – aurait pu l’aider à recevoir des technologies en retour, pour l’appuyer notamment dans la construction de son sous-marin.

Dans tous les cas, le Parti des travailleurs de Corée, au pouvoir en Corée du Nord, devrait tenir son premier congrès en cinq ans au début de l’année 2026, au cours duquel les décideurs politiques discuteront des plans de développement économique et militaire pour les cinq prochaines années. Du côté de la Corée du Sud, le président Lee Jae Myung a appelé les États-Unis à soutenir les efforts de son pays pour acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire lors d’un sommet avec Donald Trump en octobre, tout en réaffirmant son engagement à augmenter les dépenses de défense.

© afp.com/STR

Cette photo non datée, publiée par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA le 26 décembre 2025, montre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un (c) en visite dans une usine de production de missiles et d'obus

Au Nigeria, les Etats-Unis mènent des frappes meurtrières contre l’Etat islamique

26 décembre 2025 à 14:39

Il a promis de nouvelles attaques, si les chrétiens continuaient à être tués au Nigeria. Jeudi 25 décembre, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé avoir mené de "nombreuses" frappes meurtrières contre l’organisation Etat islamique (EI) dans le nord-ouest du pays africain, en proie à une recrudescence de violence depuis plusieurs années.

"J’avais précédemment prévenu ces terroristes que s’ils n’arrêtaient pas le massacre de chrétiens, ils allaient le payer cher, et ce soir, ils ont payé", a déclaré Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, ajoutant que le "ministère de la guerre a réalisé de nombreuses frappes parfaites" le jour de Noël. Le commandement américain en Afrique a précisé sur X qu’il avait frappé "à la demande des autorités nigérianes, […] tuant plusieurs terroristes de l’Etat islamique" dans l’Etat de Sokoto. Le chef du Pentagone, Pete Hegseth, s’est dit "reconnaissant pour le soutien et la coopération du gouvernement nigérian", saluant l’action de son ministère.

Le ministère des Affaires étrangères du Nigeria a confirmé vendredi les frappes américaines. "Les autorités nigérianes restent engagées dans une coopération de sécurité structurée avec des partenaires internationaux, dont les Etats-Unis d’Amérique, afin de lutter contre la menace persistante du terrorisme et de l’extrémisme violent", a-t-il assuré dans un communiqué.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles frappes, le ministre des Affaires étrangères Yusuf Tuggar a répondu à la chaîne de télévision locale ChannelsTV : "c'est un processus en cours, et nous travaillons avec les États-Unis. Nous collaborons également avec d'autres pays". "C'est le Nigeria qui a fourni les renseignements" à Washington, a déclaré Yusuf Tuggar précisant qu'il était au téléphone avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio.

Une première intervention militaire

Ces assauts marquent la première intervention militaire américaine sous la présidence de Donald Trump dans le pays le plus peuplé d’Afrique. Divisé de manière à peu près égale entre le sud à majorité chrétienne et le nord à majorité musulmane, le Nigeria est le théâtre de nombreux conflits qui tuent aussi bien des chrétiens que des musulmans, souvent sans distinction. Le gouvernement nigérian et des analystes indépendants refusent de parler de persécution religieuse, un argument longtemps utilisé par la droite chrétienne aux Etats-Unis, en Europe et par des séparatistes nigérians qui conservent une influence à Washington.

Cette année, les États-Unis ont réinscrit le Nigeria sur la liste des pays "particulièrement préoccupants" en matière de liberté de culte et ont diminué l’octroi de visas aux Nigérians. Affirmant que les chrétiens s’y trouvaient sous une "menace existentielle" de l’ordre du "génocide", Donald Trump avait menacé le mois dernier de recourir à l’option armée.

Car le pays est confronté à un conflit djihadiste de longue date dans le nord-est, ainsi qu’à des gangs armés de "bandits" qui pillent des villages et enlèvent des personnes contre rançon dans le nord-ouest. Dans le centre du pays, des éleveurs principalement musulmans et des agriculteurs chrétiens pour la plupart s’affrontent souvent, bien que la violence soit liée à des contentieux sur les terres et les ressources plus qu’à la religion.

L'ONU a également mis en garde contre une "recrudescence des enlèvements de masse", impliquant régulièrement des centaines d’écoliers. D’autres personnes ont été ciblées dans des lieux de culte lors d’enlèvements distincts. Le phénomène des enlèvements contre rançon s’est "consolidé en une industrie structurée et à but lucratif" qui a récolté environ 1,66 million de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, selon un récent rapport de SBM Intelligence, un cabinet de conseil établi à Lagos.

© afp.com/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Le président américain Donald Trump lors d'appels téléphoniques avec des militaires américains, depuis Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 24 décembre 2025
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