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Allemagne : les relations de plus en plus étroites de l'AfD avec le camp Maga de Donald Trump

22 décembre 2025 à 17:38

Une proximité qui grandit. En Allemagne, les responsables du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) accroissent leurs liens avec le camp conservateur de Donald Trump aux Etats-Unis. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le milliardaire républicain et ses soutiens perçoivent la formation allemande, critiquée outre-Rhin pour ses positions xénophobes, comme un potentiel allié en Europe. Au moment où la plupart des dirigeants du Vieux Continent sont frontalement visés par le président américain, qui les considère comme "faibles", l'AfD est à l'inverse publiquement flatté par les responsables de la sphère Maga ("Make America Great Again").

Invitation de l'AfD à un gala des jeunes républicains à New York

Dernier rapprochement en date : la participation de plusieurs élus du parti allemand à un gala d'un club de jeunes du Parti républicain organisé mi-décembre à New York (Etats-Unis). Markus Frohnmaier, proche de la dirigeante de l'AfD, Alice Weidel, a été célébré pendant cette soirée. Invité d'honneur de l'événement, il a même été invité à s'exprimer pour l'occasion à la tribune. "Notre club continue d'exiger un nouvel ordre bourgeois dans votre pays, dans lequel une AfD triomphante est ce que craignent le plus les gardiens de l'ordre libéral défaillant", est-il mentionné sur le carton d'invitation de la soirée, relayé par Politico. Au total, une vingtaine de représentants de la formation allemande étaient également présents lors de ce rassemblement.

Si l'invitation peut paraître anecdotique, elle témoigne en réalité des connexions toujours plus étroites entre ces personnalités politiques de part et d'autre de l'Atlantique. Markus Frohnmaier est d'ailleurs le porte-parole de l'AfD en matière de politique internationale. Lors du gala, il a assuré que sa présence visait à "montrer qu'il existe encore des partenaires en Allemagne" pour les Etats-Unis. "Mes amis américains, l'alliance entre patriotes américains et allemands est le cauchemar des élites libérales", a-t-il exhorté, devant des dizaines de jeunes supporters de Donald Trump.

Rhétorique anti-immigration

Cette rhétorique, qui rappelle l'idéologie mise en avant par l'administration républicaine à l'égard de ses adversaires démocrates, est aussi entretenue par les proches du président américain. Ces dernières semaines, plusieurs responsables du département d'Etat ont ainsi rencontré des représentants de l'AfD, rapporte Bloomberg. Un rendez-vous entre Alice Weidel et un important diplomate américain aurait également eu lieu au début de l'automne, selon la même source. "Conformément à la pratique courante, les missions diplomatiques américaines dialoguent régulièrement avec des représentants d'un large éventail de partis et de personnalités politiques", a réagi auprès du média économique le département d'Etat.

Pour le camp Trump, l'idéologie nationaliste de l'AfD semble compatible avec sa vision des relations internationales, récemment détaillée dans sa "stratégie de défense nationale". Ce document multiplie les critiques acerbes contre les Européens, notamment à propos du contrôle de leurs frontières. Le texte défend ainsi l'idée d'un prétendu "effacement civilisationnel" si les dirigeants du continent ne prennent pas de nouvelles mesures importantes pour limiter l'immigration. Or, ce thème est justement l'un des sujets phares de l'AfD en Allemagne, qui a fait de la lutte contre les étrangers en situation irrégulière un cheval de bataille.

Un "pare-feu" toujours en place en Allemagne

Mi-février, lors de la conférence de Munich, le vice-président J.D. Vance avait justement lancé une lourde charge contre les responsables européens, les appelant à rompre le "cordon sanitaire" avec ce genre de formations politiques populistes de droite. Il s'était d'ailleurs entretenu avec Alice Weidel lors de ce déplacement en Allemagne. En mai, la qualification de l'AfD par les services secrets allemands comme une organisation "extrémiste de droite" avait fait bondir le numéro 2 américain. "L'AfD est le parti le plus populaire d'Allemagne, et de loin le plus représentatif de l'Allemagne de l'Est", avait-il dénoncé sur le réseau social X. "Aujourd'hui, les bureaucrates tentent de le détruire." Cette dénomination avait finalement été suspendue après une plainte du parti.

Dans le pays, les dirigeants des partis traditionnels, y compris la CDU de Friedrich Merz, continuent de défendre la règle du "Brandmauer" ("pare-feu") pour éviter toute dédiabolisation de l'AfD. "Nous ne travaillons pas avec un parti hostile aux étrangers, antisémite, qui abrite des extrémistes de droite et des criminels dans ses rangs, qui flirte avec la Russie et veut se retirer de l’Otan et de l’Union européenne", avait déclaré le chancelier allemand en janvier dernier, alors qu'il n'avait pas encore accédé au pouvoir. Dans les urnes, la formation a en tout cas réalisé un score historique aux élections fédérales de février dernier, réunissant 20,8 % des voix. Un résultat qui fait d'elle la seconde force politique allemande, derrière la CDU-CSU, mais devant les sociaux-démocrates du SPD.

© afp.com/Tobias SCHWARZ

Alice Weidel, cheffe de file du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) au Bundestag, le 13 mars 2025 à Berlin

Guerre en Ukraine : le retour du dialogue avec Vladimir Poutine ou les illusions d'Emmanuel Macron

22 décembre 2025 à 14:45

Emmanuel Macron a-t-il été jaloux des téléspectateurs qui posent des questions pendant des heures au président russe lors de sa conférence de presse de fin d'année, le 19 décembre ? Sans doute pas, tant ses conversations passées avec Vladimir Poutine étaient éprouvantes, ce dernier déroulant d'interminables monologues sur les origines historiques de la guerre en Ukraine.

Revigoré par l'accord européen qui a débloqué 90 milliards d'euros pour l'Ukraine, le chef de l'Etat français, tant critiqué pour avoir maintenu des échanges stériles avec Poutine jusqu'en septembre 2022, plus de six mois après le début de l'invasion, estime désormais qu'il va "redevenir utile de parler" à Poutine.

Le chef du Kremlin martèle que la Russie n'a pas commencé la guerre

La raison ? Il juge peu efficace que les Européens discutent entre eux, et que des émissaires américains aillent ensuite de leur côté négocier avec Poutine. A juste titre. D'autant que ces tractations se font sur la base d'un plan largement inspiré par le Kremlin. De fait, malgré des discussions à Miami entre Russes et Américains et la visite de Jared Kushner (le gendre de Trump) et de Steve Witkoff (son envoyé spécial) à Moscou, les discussions ne progressent pas significativement.

Moscou a assuré en retour ce week-end être "prêt au dialogue" avec son homologue français. Mais pour quoi faire ? D'abord, Poutine semble considérer les Etats-Unis comme seul interlocuteur légitime. Ensuite, il n'est pas certain que la France parvienne à représenter une position unie des Européens. Enfin et surtout, il y a fort à parier que Poutine ne bougera pas d’un pouce. Lors de l'émission sus-citée, il a répété que la Russie n’avait "pas commencé" la guerre (un message régulièrement repris par Donald Trump). Et son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, a fustigé la proposition des Européens de créer une "force multinationale" pour défendre l'Ukraine.

Peu soucieux de la démocratie dans son pays, Poutine se dit en revanche prêt à cesser momentanément ses frappes en profondeur pour que des élections se tiennent en Ukraine. Dans l’espoir irréaliste de faire émerger un candidat pro russe ? Bon courage à Macron s’il reparle à Poutine. Le risque serait qu'il se décrédibilise à nouveau. En attendant, face à un interlocuteur intransigeant qui ne respecte que la force, le plus utile est de continuer à armer l’Ukraine et d'investir davantage dans la Défense de l'Europe.

© Michel Euler / POOL / AFP

Emmanuel Macron échange avec Vladimir Poutine en juin 2022.

Construction d'un porte-avions de nouvelle génération : comment va-t-il être financé ?

22 décembre 2025 à 14:33

L'officialisation d'un projet évoqué de longue date. Devant plusieurs dizaines de soldats français en poste aux Emirats arabes unis, Emmanuel Macron a confirmé, dimanche 21 décembre, le début de la construction d'un nouveau porte-avions de nouvelle génération (PANG). L'objectif ? Remplacer d'ici à 2038 l'actuel navire Charles de Gaulle, mis en service il y a plus de vingt ans, en 2001. "La décision de lancer en réalisation ce très grand programme a été prise cette semaine", a ajouté le président français face aux militaires. Le projet, envisagé depuis le premier mandat de chef de l'Etat, a en effet été entériné en comité ministériel d'investissement il y a quelques jours.

Projet anticipé par les lois de programmation militaire

En dépit d'un budget 2026 toujours bloqué au Parlement, l'exécutif s'efforce d'afficher sa forte volonté d'investissement en matière de défense. Après l'annonce de la création d'un service militaire volontaire (SMV) dès la rentrée prochaine, le lancement des opérations de fabrication de ce nouveau porte-avions s'inscrit dans cette logique. Un enjeu d'autant plus stratégique que plusieurs puissances (Chine, Inde, Etats-Unis...) prévoient d'augmenter leur flotte de navires de ce type dans les prochaines années, dans un contexte de tension mondiale accrue. "A l’heure des prédateurs, nous devons être forts pour être craints", a ainsi justifié Emmanuel Macron dimanche. Une déclaration qui fait écho à l'engagement de la France d'augmenter ses dépenses militaires et de sécurité à hauteur de 5 % du PIB d'ici à 2035, comme promis lors du dernier sommet de l'Otan à La Haye (Pays-Bas) en juin dernier.

Toutefois, au-delà de la nécessité d'accroître ses capacités de défense, la France fait aussi face à des comptes publics dans le rouge ces dernières années. Avec un autre cap dessiné par le Premier ministre, Sébastien Lecornu : le maintien du déficit de l'Etat sous les 5 % du PIB en 2026. Un tel projet de porte-avions, forcément coûteux, est-il compatible avec cette marge de manœuvre réduite au niveau budgétaire ? Lors de son discours, le président de la République a rappelé que ce chantier avait déjà été prévu les deux lois de programmation militaire (LPM) votées par les députés et sénateurs depuis son accession à l'Elysée.

Un coût de plus de 10 milliards d'euros

Dans le détail, la LPM 2019-2025 a d'abord financé plusieurs études et programmes visant à préparer la succession du Charles de Gaulle, explorant un large panel de pistes possibles pour remplacer l'emblématique navire français. Votée en 2023, la seconde loi de programmation militaire – qui prévoit une enveloppe totale de 413,3 milliards d'euros de budget pour l'armée française sur la période de 2024 à 2030 - planifie cette construction. Coût estimé des travaux : plus de 10 milliards d'euros. Une "autorisation d'engagement" a été adoptée par le Parlement en ce sens dans le budget de l'Etat 2025, voté l'hiver dernier. Depuis, NavalGroup et les Chantiers de l'Atlantique ont été chargés de mener les opérations.

Au total, 800 fournisseurs devraient être mobilisés pour développer ce nouveau porte-avions. Dans ces circonstances budgétaires malgré tout incertaines, Emmanuel Macron s'est dit "garant" des engagements de l'Etat vis-à-vis de ces entreprises. Néanmoins, les dépenses de l'exécutif devraient pour le moment rester limitées. Comme relevé par Le Monde, si plus de 7 milliards d'euros de contrats ont été anticipés dans le cadre du PLF 2025, la plupart des sommes dues par l'Etat ne devraient être réglées qu'après 2027. Ainsi, à peine plus de 320 millions d'euros ne seraient déjà payés par les pouvoirs publics d'ici à cette échéance.

Plusieurs interrogations demeurent toutefois sur plusieurs pans du financement de ce porte-avions. "L'enjeu est de maintenir l'effort financier sur la durée, c'est un projet qui pourra difficilement s'accommoder de changements de portage budgétaire", soulignait mi-novembre, auprès de l'AFP, une source proche du dossier. Aujourd'hui Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait d'ailleurs souligné lors des débats parlementaires sur la LPM 2024-2030 le coût important de la construction d'un porte-avions en France. "On se paie notre autonomie française", avait-il déclaré, alors en tant que ministre des Armées, lors d'une audition au Sénat. "Forcément, si on achetait américain, ça coûterait moins cher. Il faut aussi mettre les pieds dans le plat."

Une "surmarche" budgétaire en attente du PLF

De manière plus spécifique, le financement d'un troisième rail de catapulte sur ce PANG – contre seulement deux aujourd'hui disponibles sur le Charles de Gaulle – pose aussi question. Cité par l'AFP, le député (Renaissance) et rapporteur du budget de la Marine à l'Assemblée nationale, Yannick Chenevard, indique que cette nouveauté serait aujourd'hui financée par une partie des 3,5 milliards d'euros rajoutés par Emmanuel Macron au budget des armées l'an prochain. Or, cette enveloppe, annoncée en juillet dernier par le président et intégrée depuis au projet de loi de finances 2026, n'a toujours pas été approuvée par les parlementaires. Une autre rallonge de 3 milliards d'euros, cette fois planifiée pour 2027, devra attendre l'examen d'un autre texte de loi dans les prochains mois pour être totalement actée.

Cette "surmarche" budgétaire prévue pour 2026 par le gouvernement ne devrait cependant pas susciter une trop importante opposition en cas d'accord sur le reste du budget. Le 10 décembre dernier, Sébastien Lecornu a fait approuver le "principe d’une augmentation du budget" de défense pour l'année prochaine. Une volonté validée largement par les députés lors du vote (411 voix pour, 88 contre, 22 abstentions). Mais ce scrutin, sans aucune valeur contraignante, ne se substitue pas à l'adoption d'un PLF en tant que tel. Une issue désormais espérée par le gouvernement en début d'année prochaine, faute de compromis en commission mixte paritaire entre députés et sénateurs.

© Ludovic MARIN / AFP

Le président français Emmanuel Macron s'adresse aux militaires français de la base de la ville militaire de Zayed (Émirats arabes unis), le 21 décembre 2025.

Donald Trump rêve toujours du Groenland : Jeff Landry nommé envoyé spécial des Etats-Unis

22 décembre 2025 à 12:10

Le Danemark a annoncé lundi 22 décembre la convocation prochaine de l'ambassadeur des Etats-Unis à Copenhague après que le président Donald Trump a annoncé la nomination d'un envoyé spécial pour le Groenland, territoire autonome danois qu'il a menacé d'annexer. "Je suis profondément indigné par cette nomination et par cette déclaration, que je trouve totalement inacceptables", a déclaré le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen à la chaîne TV2 Danemark. Il a ajouté que son ministère allait convoquer l'ambassadeur américain dans les prochains jours "pour obtenir des explications".

Le Groenland, pour "la sécurité des Etats-Unis"

La nomination d'un envoyé spécial "confirme l'intérêt américain persistant pour le Groenland", avait déclaré auparavant Lars Løkke Rasmussen dans un communiqué envoyé par courriel à l'AFP. "Toutefois, nous insistons pour que chacun, y compris les Etats-Unis, fasse preuve de respect envers l'intégrité territoriale du Royaume du Danemark", avait-il ajouté.

Le président Donald Trump a annoncé dimanche la nomination du gouverneur de Louisiane, le républicain Jeff Landry, au poste d'envoyé spécial des Etats-Unis au Groenland, vaste territoire autonome danois que convoite Washington. "Je suis heureux d'annoncer que je nomme le GRAND gouverneur de Louisiane, Jeff Landry, au poste d'envoyé spécial des Etats-Unis au Groenland", a affirmé Trump sur son réseau Truth Social. "Jeff comprend à quel point le Groenland est essentiel à notre sécurité nationale, et il défendra avec force les intérêts de notre pays pour la sûreté, la sécurité et la survie de nos alliés, et, en fait, du monde entier. Félicitations, Jeff !", a écrit Donald Trump.

Après son élection, le président américain avait expliqué avoir "besoin" du Groenland, notamment pour la sécurité des Etats-Unis, répétant à plusieurs reprises son souhait de s'en emparer. Le Groenland, 57 000 habitants, soutenu par sa puissance de tutelle, a rétorqué ne pas être à vendre et décider seul de son avenir.

85 % des Groenlandais s'y disent opposés

Dans un message publié dimanche sur son compte X, Jeff Landry a remercié Trump. "C'est un honneur de vous servir bénévolement pour faire du Groenland une partie des Etats-Unis", a-t-il écrit avant de préciser que sa nomination "n'affecte en rien" ses fonctions de gouverneur de la Louisiane. Jeff Landry avait salué en début d'année l'intention de Trump d'annexer le Groenland. "Le président Donald Trump a tout à fait raison !", avait-il écrit sur X le 10 janvier. "Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les Etats-Unis. Ce serait formidable pour eux, formidable pour nous ! Faisons-le !", avait-il insisté.

En janvier dernier, 85 % des Groenlandais s'étaient dit opposés à une future appartenance aux Etats-Unis, d'après un sondage publié dans le quotidien groenlandais Sermitsiaq. Seuls 6 % y étaient favorables.

Pour Donald Trump, l'attrait du Groenland tient à sa richesse en minéraux et à sa position stratégique à la croisée des océans Atlantique nord et Arctique. Fin mars, le vice-président américain, J.D. Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant une visite dans l'immense île arctique sans y avoir été invité. Face à l'ire déclenchée au Groenland, au Danemark et à travers l'Europe, il avait limité son déplacement à la base aérienne américaine de Pituffik, la plus septentrionale des Etats-Unis. Il avait profité de son séjour pour critiquer l'inaction supposée du Danemark au Groenland. Fin août, la télévision danoise avait révélé qu'au moins trois Américains, liés au président Donald Trump, avaient mené des opérations d'influence à travers l'île polaire.

© afp.com/Ida Marie Odgaard, -

Le drapeau du Groenland à Sisimiut, le 2 juillet 2024

Un général de l'état-major russe tué dans une explosion à Moscou

22 décembre 2025 à 09:05

Un général de l'état-major russe a été tué lundi 22 décembre dans l'explosion d'une voiture à Moscou, nouvel assassinat présumé d'un haut gradé qui intervient au lendemain de discussions aux Etats-Unis sur le plan américain ambitionnant de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Depuis le début de l'assaut russe contre l'Ukraine en février 2022, plusieurs généraux russes, des responsables locaux et des personnalités publiques soutenant le conflit ont été tués dans des explosions sur le territoire russe ou en Ukraine occupée. Ces assassinats ont parfois été revendiqués par Kiev.

Lundi matin, le lieutenant-général Fanil Sarvarov, chef du département de la formation opérationnelle au sein de l'état-major russe, a été tué par l'explosion d'un engin déposé sous une voiture dans le sud de Moscou, a indiqué le Comité d'enquête russe. Les enquêteurs ont indiqué étudier plusieurs pistes, dont une implication des services spéciaux ukrainiens. Une enquête pour "meurtre" et "trafic d'explosifs" a été ouverte. Des journalistes de l'AFP ont vu des experts travaillant autour de la carcasse d'une voiture blanche éventrée, garée sur un parking. "Les vitres ont tremblé. On a senti que c'était une explosion", a raconté Grigori, machiniste retraité de 70 ans qui habite à proximité. "C'est le coût de la guerre".

Une série d'assassinats en Russie

Âgé de 56 ans, selon les médias russes, Fanil Sarvarov était un militaire de carrière né dans l'Oural et diplômé de plusieurs instituts militaires. Il a participé à la guerre en Tchétchénie dans les années 1990 et 2000, à l'intervention russe en Syrie en 2015-2016, et à la guerre en Ukraine depuis 2022.

L'Ukraine n'a pas commenté dans l'immédiat l'assassinat de ce général. L'armée russe en compte plusieurs centaines. En avril, un autre général, Iaroslav Moskalik, chef adjoint de la direction générale opérationnelle de l'état-major russe, avait été tué d'une manière similaire, dans l'explosion d'une voiture près de Moscou. Et en décembre 2024, le commandant des forces russes de défense radiologique, chimique et biologique, Igor Kirillov, avait perdu la vie dans l'explosion d'une trottinette électrique piégée déposée devant l'entrée d'un immeuble, également dans la capitale. Cet assassinat avait été revendiqué par les services de sécurité ukrainiens (SBU).

Depuis 2022, plusieurs responsables locaux installés par Moscou dans les territoires ukrainiens occupés, ainsi que des soutiens idéologiques du conflit, ont également été tués par des bombes. En août 2022, Daria Douguina, fille de l'idéologue ultranationaliste Alexandre Douguine, avait ainsi péri dans l'explosion d'une voiture. En avril 2023, un blogueur militaire russe, Maxime Fomine, avait perdu la vie dans la détonation d'une statuette piégée qui lui a été offerte sur scène dans un café de Saint-Pétersbourg.

Un assassinat en pleine séquence diplomatique

L'assassinat de lundi intervient en pleine séquence diplomatique visant à mettre fin à près de quatre ans de combats entre Kiev et Moscou. Des réunions distinctes ont eu lieu entre émissaires ukrainien et russe avec les Américains en Floride (sud-est des Etats-Unis), à propos du plan de fin du conflit présenté par Washington il y a près d'un mois. Si ce nouveau cycle de pourparlers n'a pas conduit à une percée significative, les parties se sont montrées positives, les Etats-Unis et l'Ukraine saluant des échanges "productifs et constructifs".

Le président russe Vladimir Poutine avait affirmé vendredi que "la balle est dans le camp" de Kiev et de ses alliés européens après que Moscou a accepté des "compromis" dans ses discussions avec les Américains. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti lundi des informations de l'agence de presse Reuters citant des responsables anonymes du renseignement américain, qui ont prêté à Moscou l'intention de conquérir toute l'Ukraine et de s'en prendre à l'Europe. "C'est le genre de situation où les services de renseignement produisent des raisonnements, des enquêtes et des conclusions erronés. Cela ne correspond absolument pas à la réalité", a déclaré Dmitri Peskov.

La directrice du renseignement national américain, Tulsi Gabbard, avait elle aussi démenti les affirmations de Reuters sur X dimanche. "La vérité est que les 'services de renseignement américains' estiment que la Russie n'a même pas la capacité de conquérir et d'occuper l'Ukraine, sans parler d''envahir et d'occuper' l'Europe", a-t-elle souligné.

Sur le terrain, l'armée russe a de nouveau frappé lundi la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, où des infrastructures électriques ont été touchées, selon l'opérateur privé DTEK. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de vouloir "semer le chaos" au sein de la population en plein hiver. Cette région portuaire a été bombardée à plusieurs reprises par Moscou ces dernières semaines, en réponse à des attaques ukrainiennes sur des pétroliers liés à la Russie en mer Noire et en Méditerranée.

© afp.com/Natalia KOLESNIKOVA

Une des tours du Kremlin (au 1er plan) à Moscou, le 1er février 2022
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