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Affaire Epstein : éléments censurés, personnes impliquées, réactions... Ce qu'il faut savoir des nouveaux documents dévoilés

20 décembre 2025 à 17:44

Sous la contrainte, le ministère américain de la Justice a commencé vendredi 19 décembre à rendre public des milliers de documents issus de l’enquête sur le criminel sexuel Jeffrey Epstein, connu pour ses liens avec des personnalités puissantes, en particulier Donald Trump, et dont la publication était très attendue aux Etats-Unis.

Sur les 2,8 gigabits de fichiers mis en ligne à ce stade, on retrouve des documents judiciaires, des enregistrements d’interrogatoires ou encore des itinéraires de vol. Plusieurs célébrités, dont l’ancien président américain Bill Clinton et le chanteur Michael Jackson, apparaissent sur des images. L’Express fait le point sur ce que l’on sait jusqu’à présent.

Des éléments restent cachés

Quelque 3 965 fichiers ont été mis en ligne sur le site du ministère de la Justice américain, répartis en quatre bases de données. La plupart des fichiers publiés sont des PDF contenant des photographies. Figurent également des documents judiciaires liés au procès de l’ancienne compagne de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell - condamnée dans cette affaire - et des vidéos de la cellule de Jeffrey Epstein le jour de son suicide en 2019, survenu avant son procès pour trafic de mineurs. Une grande partie du contenu des fichiers est cependant caviardée, c’est-à-dire masqué voire supprimé, comme un document intitulé "Masseuses" et contenant une liste de 254 noms, tous cachés. Par ailleurs, certains visages apparaissant sur des photos et semblant appartenir à des jeunes femmes ont été dissimulés. Un fichier contenant des dizaines d’images biffées montre des personnes nues ou légèrement vêtues, tandis que sur d’autres photos se tiennent Jeffrey Epstein et ses compagnons, visages masqués, avec des armes à feu.

Le ministère de la Justice a déclaré avoir besoin de plus de temps pour examiner les documents et supprimer les informations susceptibles d’identifier les victimes, avant de pouvoir divulguer d’autres dossiers. Le ministère a également retenu plus de 500 images qualifiées de matériel pédopornographique. D’autres documents seront publiés au cours des deux prochaines semaines, a assuré le numéro deux du ministère de la Justice, Todd Blanche.

Quelles personnalités impliquées ?

Parmi les photos et documents dévoilés vendredi, Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell ne sont pas les seuls à apparaître. Sur l’une d’elles, Epstein pose par exemple avec le chanteur Michael Jackson, tandis que son ex-compagne est photographiée aux côtés de l'homme d'affaires Dean Kamen ou du magicien David Copperfield. Dans un autre document qui contient un annuaire dont seuls les noms sont visibles, apparaissent le nom des acteurs Alec Baldwin et Dustin Hoffman, du milliardaire Rupert Murdoch, ainsi que de plusieurs membres de la famille Kennedy. Le nom de Donald Trump est également répertorié, encerclé à la main, lui qui fréquentait Jeffrey Epstein dans les années 1990 et 2000 alors qu’ils étaient voisins à Palm Beach, en Floride. De son côté, Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises avoir rompu tout contact avec le criminel bien avant sa première arrestation en 2006.

L’ancien président démocrate Bill Clinton, déjà présent sur des images du dossier publiées précédemment, apparaît également sur plusieurs photos. On le voit notamment dans un jacuzzi, aux côtés d’une personne dont le visage est caché par un rectangle noir ou encore, souriant, allongé dans une baignoire, les bras derrière la tête. Angel Ureñasur, porte-parole de l’ancien président a déclaré sur X que Bill Clinton avait rompu tout contact avec Jeffrey Epstein bien avant que ses crimes ne soient révélés. "Ils peuvent diffuser autant de photos vieilles de plus de vingt ans qu’ils le souhaitent, mais il ne s’agit pas de Bill Clinton", a-t-il ajouté. "Bill Clinton se détend, sans aucun souci. Il ne se doutait de rien…", a quant à lui écrit sur X Steven Cheung, le directeur de sa communication. D’autres images montrent par ailleurs Jeffrey Epstein en compagnie de l’acteur Kevin Spacey, du rockeur Mick Jagger, de la chanteuse Diana Ross ou encore de l’ex-prince britannique Andrew ainsi que son ex-femme Sarah Ferguson.

"Sentiment de déception"

"Un sentiment de déception régnait des deux côtés de l’échiquier politique", observe le magazine The Times. "Cette publication soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses", poursuit le titre. Marina Lacerda, l’une des femmes qui affirment avoir survécu à des agressions sexuelles de la part de Jeffrey Epstein, a exprimé sa frustration face aux omissions et à la publication incomplète des documents. "Publiez simplement les fichiers", a-t-elle dit. "Et arrêtez de caviarder les noms qui n’ont pas besoin de l’être".

Du côté de l'opposition, le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer n’a pas tardé à critiquer la démarche, rappelant que la loi impose au gouvernement de publier "TOUS les documents" dès vendredi et l’a accusé de "tout faire pour cacher la vérité". Le co-auteur de la loi sur la transparence des dossiers Epstein, le démocrate Ro Khanna, a publié une vidéo sur X faisant valoir que la publication du ministère de la Justice "n’est pas conforme" à la loi, ajoutant qu’il examinerait des options telles que la destitution, l’outrage ou le renvoi à des poursuites.

The law Congress passed calls for the complete release of the Epstein files so that there can be full transparency. This set of heavily redacted documents released by the Department of Justice today is just a fraction of the whole body of evidence.⁰⁰Simply releasing a mountain…

— Chuck Schumer (@SenSchumer) December 20, 2025

Et The Times de rappeler que les démocrates ne sont pas les seuls à réclamer des comptes. "Au sein de la base électorale de Trump, les militants MAGA [Make America Great Again, Rendre sa grandeur à l’Amérique]" souhaitent eux aussi "la transparence" et ont averti "qu’ils ne se contenteraient pas d’une seule version expurgée". L’élu républicain Thomas Massie, ancien allié de Donald Trump, a aussi critiqué la diffusion des documents par le ministère de la Justice, affirmant sur X que la ministre Pam Bondi et son numéro deux Todd Blanche avaient "grossièrement" omis de se "conformer à la loi" ordonnant la publication du dossier Epstein.

© afp.com/Mandel NGAN

Des photos montrant l'ancien président américain Bill Clinton, le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger ou encore le président du groupe Virgin Richard Branson publiées parmi les documents de l'enquête sur l'affaire Jeffrey Epstein le 19 décembre 2025

En attaquant les pétroliers de la flotte fantôme, l'Ukraine veut atteindre l'économie de guerre russe

20 décembre 2025 à 16:14

Petit à petit, la guerre menée par la Russie s’étend au-delà du territoire terrestre ukrainien. Au cours des dernières semaines, l’Ukraine a affirmé avoir frappé au moins quatre navires pétroliers de la flotte fantôme russe naviguant en mer. De quoi confirmer la montée en puissance de l’Ukraine en dehors au-delà de la ligne de front.

La dernière attaque revendiqué par les services de sécurité ukrainiens (SBU) date de ce jeudi 18 décembre. En pleine mer Méditerranée au large de la Crète - territoire neutre donc - à plus de 2 000 kilomètres de l’Ukraine, un tanker russe a été touché par des drones aériens. Le SBU a diffusé un montage vidéo de 35 secondes exposant le déroulé de l’attaque. Les images en noir et blanc montrent ainsi un ou plusieurs drones larguant des bombes sur le pont d'un navire russe nommé "Qendil".

Un coup dans la machine de financement russe

Selon le service de sécurité ukrainien, le bâtiment était "vide et ne présentait pas de risques environnementaux", constituant "une cible légitime selon le droit international" pour que "l’ennemi [russe] comprenne que l’Ukraine ne s’arrêtera pas et le combattra partout dans le monde, où qu’il se trouve". Dans les semaines précédentes, trois autres navires de la flotte fantômes russe ont également été touchés par des drones de mer en mer Noire. Ces attaques sont les premières contre les pétroliers russes, souligne le quotidien américain The New York Times.

Alors que l’Occident tente de réduire les profits pétroliers qui alimentent l'économie de guerre russe via des sanctions internationales, la Russie a développé une flotte dite "fantôme" pour contourner ces sanctions. Il s’agit d’un réseau clandestin de centaines de pétroliers et gaziers délabrés, qui circulent fréquemment dans les eaux européennes, et qui transportent secrètement du carburant vers des pays comme l’Inde et la Chine. En perturbant ce trafic par ses frappes sur des navires appartenant à cette flotte, l'Ukraine cherche à atteindre directement le financement militaire russe et gagner un avantage en amont des pourparlers de paix en cours, initiés par le président américain Donald Trump.

Nouveau front

Cette attaque confirme la montée en puissance des capacités de combat naval des forces armées ukrainiennes, et en particulier du SBU, relève le quotidien Le Monde. Trois jours plus tôt, le 15 décembre, les mêmes services de sécurité ukrainiens, avaient créé la surprise en frappant un sous-marin russe dans le port de Novorossiïsk.

Ces attaques marquent l'ouverture d’un nouveau front dans le conflit. Pendant les premières années du conflit, l’administration Biden avait mis en garde l’Ukraine contre le fait de frapper l’industrie pétrolière russe par crainte d'une escalade du conflit à l'échelle internationale. Kiev envoie ainsi plusieurs signaux : à la Russie d'abord, lui faisant montre de la montée en puissance des capacités de combat des forces armées ukrainiennes, en particulier du SBU. Aux dirigeants européens ensuite, pour les appeler à renforcer l'application des sanctions, sous peine de voir s'aggraver les problèmes sur les voies maritimes, comme l'affirme le New York Times.

L’Ukraine "poursuivra une politique décisive", a déclaré auprès du journal américain Andrii Klymenko, qui dirige un groupe de surveillance de la flotte fantôme pour l’Institut d’études stratégiques de la mer Noire, un groupe de réflexion ukrainien. Il a ajouté : "C’est-à-dire que nous frapperons tous ceux qui se rendront à Novorossiysk ou dans d’autres ports russes pour le pétrole - avant qu’ils n’obtiennent le pétrole."

Les attaques ont fait monter en flèche les taux d’assurance pour tous les pétroliers naviguant dans la région. Ils ont également suscité des craintes dans des pays comme la Turquie quant à l’expansion de la guerre dans les eaux voisines, suscitant des inquiétudes concernant d’éventuels dommages environnementaux.

© Getty Images via AFP

Le pétrolier Kairos, un navire battant pavillon gambien qui ferait partie de la flotte fantôme russe, reste ancré le 8 décembre 2025 à Ahtopol, en Bulgarie

Le gouvernement Trump publie une partie de l'explosif dossier Epstein

20 décembre 2025 à 09:43

Le ministère américain de la Justice a rendu publique vendredi une partie de documents, pour beaucoup caviardés, issus de l'enquête sur le criminel sexuel décédé Jeffrey Epstein, connu pour ses liens avec des personnalités puissantes, en particulier Donald Trump.

Ces publications doivent contribuer à faire la lumière sur les relations de l'influent et richissime financier, mort en prison à l'été 2019, avec les milieux des affaires, du spectacle, de la politique et aussi avec la justice.

Une loi adoptée par le Congrès en novembre imposait au gouvernement américain de publier l'intégralité des documents non classifiés en sa possession d'ici au 19 décembre. Mais le processus prendra plusieurs semaines, a indiqué Todd Blanche, le numéro deux du ministère de la Justice.

Par ailleurs, de larges passages sont dissimulés, dont une liste de 254 "masseuses" aux noms caviardés "pour protéger la victime", ou les 119 pages d'un document judiciaire émanant d'un tribunal de New York, biffées sans explication.

A l'origine de la loi contraignant à divulguer ce dossier, les élus démocrate Ro Khanna et républicain Thomas Massie ont regretté que le ministère n'ait "pas respecté" ce qui était requis. Dans une vidéo sur X, Ro Khanna déplore aussi l'absence du projet d'acte d'accusation après l'arrestation de M. Epstein en 2019, qui, selon lui, met en cause "d'autres hommes riches et puissants". "Ce n'est rien d'autre qu'une opération de camouflage pour protéger Donald Trump de son passé peu reluisant", a tonné le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, accusant le gouvernement de "tout faire pour cacher la vérité".

Interrogé par la presse, avant un discours fleuve lors d'un meeting en Caroline du Nord (est), le président américain, dont le nom apparaît peu dans les quelque 4 000 fichiers d'abord publiés, n'a fait aucun commentaire.

Clinton dans un jacuzzi

On trouve aussi une plainte déposée auprès du FBI en 1996 par une femme ayant travaillé pour Jeffrey Epstein, qui dénonçait son intérêt pour la "pornographie enfantine". Des dizaines d'images censurées montrent des personnes dévêtues, ainsi que le financier et d'autres individus avec des armes à feu.

Des photos représentent Epstein avec des superstars telles que Michael Jackson et Mick Jagger. Sa proximité avec nombre de personnalités était toutefois connue, notamment avec l'ancien président démocrate Bill Clinton (1993-2001), qui apparaît sur plusieurs clichés. On le voit dans ce qui semble être un jacuzzi, une partie de l'image masquée par un rectangle noir "ajouté pour protéger une victime", a raillé un porte-parole du ministère de la Justice, Gates McGavick, sur X.

L'entourage de Donald Trump cherche à "se protéger de ce qui vient, ou de ce qu'ils tenteront de dissimuler à jamais", a réagi le chef adjoint du cabinet de Bill Clinton, Angel Ureña, ajoutant que l'ex-dirigeant de 79 ans "ne savait rien et a rompu tout contact avec Epstein avant que ses crimes ne soient révélés".

"Canular"

Donald Trump avait promis la transparence lors de sa campagne en 2024 mais, après son élection, il n'a pas tenu sa promesse, qualifiant l'affaire de "canular" instrumentalisé par l'opposition démocrate, au grand dam de sa base "MAGA", obsédée par ce scandale. Le président a finalement reculé sous la pression du Congrès et promulgué la loi contraignant son administration à publier les documents.

Figure de la jet-set new-yorkaise, Jeffrey Epstein est accusé d'avoir exploité sexuellement plus d'un millier de jeunes femmes, dont des mineures. Cette affaire a éclaboussé plusieurs célébrités, à l'instar d'Andrew, frère du souverain britannique Charles III, qui se dit innocent des accusations de l'Américano-australienne Virginia Giuffre, laquelle s'est suicidée en avril dernier.

La mort de Jeffrey Epstein, le 10 août 2019 à l'âge de 66 ans et avant son procès, a été considérée par les autorités comme causée par un suicide mais a alimenté d'innombrables théories selon lesquelles il aurait été assassiné pour l'empêcher d'impliquer des personnalités. Un temps proche de lui, Donald Trump a toujours démenti avoir eu connaissance de son comportement criminel et assure avoir rompu bien avant qu'il ne soit inquiété par la justice.

L'ancienne compagne et complice d'Epstein, la Britannique Ghislaine Maxwell, 63 ans, qui purge une peine de 20 ans de prison aux Etats-Unis, est l'unique personne condamnée dans cette affaire et Todd Blanche a prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à de nouvelles inculpations.

© afp.com/Mandel NGAN

Des documents intégralement caviardées publiés parmi les dossiers de l'enquête sur l'affaire Jeffrey Epstein le 19 décembre 2025

Les Etats-Unis affirment avoir frappé "plus de 70 cibles" en Syrie en "représailles"

20 décembre 2025 à 09:07

Au moins cinq membres du groupe Etat islamique ont été tués en Syrie dans les frappes menées par les Etats-Unis, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), après une attaque qui a coûté la vie à deux militaires américains et un interprète. Figure parmi eux "le chef d'une cellule" chargée des drones dans la zone, a précisé à l'AFP le responsable de l'ONG Rami Abdel Rahman, ajoutant qu'ils avaient été tués dans la province de Deir Ezzor (est).

Les Etats-Unis ont annoncé vendredi avoir frappé "plus de 70 cibles" dans plusieurs zones de Syrie, Donald Trump parlant de "très lourdes représailles" après l'attaque contre ses soldats le 13 décembre. "Nous frappons très fort contre des bastions de l'EI", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, peu après l'annonce par le Pentagone du début d'une opération "massive". Une source sécuritaire a indiqué à l'AFP que les frappes avaient visé des cellules de l'EI dans les régions de Homs, Deir Ezzor et Raqa.

"Idées islamistes extrémistes"

L'attaque qui a tué trois Américains il y a une semaine dans la région désertique de Palmyre a été menée par un membre des forces de sécurité syriennes qu'elles avaient prévu de limoger en raison de ses "idées islamistes extrémistes", selon les autorités. Washington l'a imputée au groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui ne l'a pas revendiquée.

C'est la première fois qu'un tel événement est rapporté en Syrie depuis la prise du pouvoir il y a un an par Ahmad al-Charaa, qui a rompu avec son passé djihadiste et s'est rapproché des Etats-unis. L'EI avait contrôlé la région de Palmyre avant d'être défait en Syrie par une coalition internationale en 2019.

© afp.com/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Donald Trump lors du retour des dépouilles des deux soldats américains tués en Syrie, le 17 décembre 2025 sur une base militaire du Delaware
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