Sanctions contre l'Iran : jusqu’où peut aller l'Union européenne ?
Face au massacre à huis clos en Iran, qui a fait plusieurs milliers de morts depuis le 28 décembre, l’Union européenne ne peut rester les bras croisés. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis qu’elle allait proposer rapidement aux Vingt-Sept de nouvelles sanctions. Mais jusqu'où doit aller l’UE ?
Fin août, Paris, Londres et Berlin ont déjà activé le "snapback", rétablissant toutes les sanctions de l'ONU pour non-respect par Téhéran de ses engagements nucléaires. Alors que la répression de la République islamique ne connaît plus de limites, Bruxelles doit maintenant élargir sa "liste noire" de 230 Iraniens déjà visés pour leurs violations alarmantes des droits humains et de son programme balistique.
Un risque de rupture des canaux diplomatiques
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, qui a récemment interdit aux diplomates iraniens d'entrer dans leurs bureaux de Strasbourg, milite activement pour l’inscription des Gardiens de la révolution au rang d’organisation terroriste, comme les Etats-Unis en 2019. Une mesure qui serait sans précédent pour l’UE envers l'institution militaire d’un État souverain. Cette option, qui asphyxierait financièrement encore un peu plus le bras armé iranien mais nécessiterait un processus juridique rigoureux, est loin de faire consensus au sein des Etats membres.
Si l’UE déploie cette arme, elle acterait alors sa rupture avec la République islamique qui fermerait tous ses canaux diplomatiques en guise de représailles. Et laisserait le peuple iranien, qui fait preuve d’un courage inouï, encore un peu plus seul face à l’implacable oppression.

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