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Reçu — 30 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

Désarmement du Hamas, liens sulfureux avec le Qatar, impérialisme turc... Israël inquiet de la prise de distance de Donald Trump

30 décembre 2025 à 21:48
ANALYSE - C’est un Netanyahou plutôt requinqué qui repart en Israël après son lunch de travail à Mar-a-Lago, mais la forte relation du président américain avec Israël n’empêche pas des inquiétudes sur l’évaluation de la situation géostratégique moyen-orientale.

© JOE RAEDLE / Getty Images via AFP

Derrière l’unité affichée, difficile de ne pas remarquer les inquiétudes des Israéliens sur les sujets de désaccords croissants avec Washington.

Yémen : tout comprendre aux tensions croissantes entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

30 décembre 2025 à 18:34

Ce mardi 30 décembre, l’Arabie saoudite a frappé le port de d’Al-Mukalla, dans le sud du Yémen, accusant les Emirats arabes unis de fournir des armes aux séparatistes yéménites du Conseil de transition du Sud (STC). Un bombardement symptomatique des tensions entre Ryad et Abou Dhabi qui pèsent sur leur voisin de la péninsule arabique, en proie à un conflit à la fois, civil, religieux et régional depuis 11 ans. Le 21 septembre 2014, les rebelles houthistes - chiites zaydites - ont pris Sanaa, la capitale, marquant ainsi le début de leur coup d’Etat au Yémen. La milice, classée comme "terroriste" par les Etats-Unis, est épaulée par l’Iran dans son offensive. Quant au gouvernement, sunnite, il est reconnu par l'ONU et bénéficie depuis du soutien d’une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. Mais depuis le mois de décembre, un nouveau front s’est ouvert. L’offensive est appuyée par les Emirats arabes unis.

A distance, Ryad et Abou Dhabi s’affrontent, chacun dans l’objectif d’imposer sa vision pour l’avenir politique du pays. L’Express décrypte la situation en trois points.

Que se passe-t-il au Yémen ?

Aux premières heures de la matinée, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé des frappes sur le port d’Al-Mukalla, capitale de la province de l’Hadramout récemment conquise par les séparatistes du STC. La cible était une cargaison chargée d'"une grande quantité d’armes et de véhicules de combat" séparatistes yéménites, soutenus par Abou Dhabi, selon l’agence officielle saoudienne SPA, qui précise que cette "opération militaire limitée" n’a fait aucune victime.

Et ce bombardement n’est pas la première riposte militaire du mois. Menacé par cette progression du STC dans son pays, le gouvernement yéménite a demandé à Ryad de prendre "mesures militaires" afin de "protéger les civils innocents dans la province de Hadramout et d’aider les forces armées à ramener le calme", selon l’agence de presse officielle du pays, Saba. Requête à laquelle l’allié a répondu le 28 décembre, indique la chaîne - proche des séparatistes - Aden Independent.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les Emirats d’être derrière la récente avancée de l’organisation dissidente. Et jugé que les actions d’Abou Dhabi étaient "extrêmement dangereuses" et constituaient "une menace pour la sécurité" de l’Arabie saoudite et de la région.

Une source proche de l’armée saoudienne a indiqué que la coalition avait été "contrainte d’agir, les efforts diplomatiques ayant été ignorés". Mais "la diplomatie reste une option pour empêcher toute nouvelle escalade", a-t-elle ajouté. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, traditionnellement de proches alliés, avaient initialement uni leurs forces contre les Houthis au sein de la coalition au Yémen. En 2015, Abou Dhabi s’est engagé militairement pour défendre le gouvernement yéménite et ses troupes sont parvenues à libérer Aden, alors aux mains des Houthis. Après cette victoire, Mohammed Ben Zayed, président émirati hostile aux printemps arabes, a alors décidé de miser sur le STC, plutôt que sur les loyalistes pro- gouvernement, à ses yeux trop proches des Frères musulmans.

Qui sont les séparatistes soutenus par Abou Dhabi ?

Pendant le mois de décembre, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud, qui est pourtant membre du gouvernement - avec qui il lutte contre les Houthis - s’est emparé de vastes portions du pays, sans rencontrer de grande résistance. Le territoire saisi constituait l’ancienne République populaire du Sud, qui avait déclaré son indépendance en 1967 jusqu’à la réunification du pays 23 ans plus tard. Désormais, les partisans du STC appellent l’organisation à y rétablir un Etat.

Cette zone qui comprend les provinces de l’Est du Yémen - l’Hadramaout et Al-Mahra - permet aux dissidents de prendre le contrôle de sites pétroliers, de l’ensemble de la frontière avec Oman ainsi que de 600 kilomètres de celle avec l’Arabie saoudite. De plus, les dissidents n’ont pas dissimulé leur volonté de déloger des régions conquises par un chef tribal proche de Ryad.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait averti courant décembre que les avancées du STC augmentaient le risque d’une "plus grande escalade" dans le pays, déjà frappé par l’une des pires crises humanitaires au monde, selon son organisation.

Comment ont réagi les Emirats arabes unis ?

Dans les minutes qui ont suivi le bombardement, le ministère émirati des Affaires étrangères a démenti les accusations saoudiennes. Dans un communiqué, il assure que "la cargaison en question ne comprenait aucune arme, et les véhicules déchargés n’étaient destinés à aucun acteur yéménite", mais aux forces émiraties opérant au Yémen. Et le pays le certifie : l’arrivée de cette cargaison avait été coordonnée avec Ryad. Quant à son implication dans la montée des tensions, Abou Dhabi nie en bloc, il n’a jamais été question d'"attiser le conflit au Yémen".

Toutefois, deux heures après la frappe, les Emirats arabes unis ont annoncé retirer leurs "équipes antiterroristes" du Yémen… Après que l’Arabie saoudite a fixé un délai de 24 heures pour leur départ. Mais le pays l’assure, cette décision relève "de sa propre initiative". Rien avoir avec l’ultimatum donc, le seul enjeu est de veiller "à la sécurité de son personnel et en coordination avec les partenaires concernés".

Mais les tensions risquent de ne pas retomber de sitôt, car les séparatistes yéménites refusent de reculer. "Il n’est pas question de se retirer. Il est déraisonnable de demander au propriétaire d’une terre de la quitter. La situation exige de rester et de se renforcer", a déclaré à l’AFP Anwar Al-Tamimi, porte-parole du STC.

© afp.com/Saleh Al-OBEIDI

De membres de tribus manifestent leur soutien au mouvement séparatiste sudiste à Aden, dans le sud du Yémen, le 14 décembre 2025

Manifestations en Iran : le régime des mollahs face au réveil de la rue

30 décembre 2025 à 17:15

Vers un soulèvement d’ampleur importante ? Des manifestations ont éclaté depuis plusieurs jours en Iran, sur fond de tensions sociales et de mécontentement grandissant à l’égard du régime iranien, très affaibli ces derniers mois. La contestation s’est amorcée dimanche 28 décembre, au moment où plusieurs commerçants, notamment à Téhéran, ont décidé de fermer boutique. La raison ? Des conditions dégradées pour leur activité marchande, en raison de l’incertitude du contexte économique dans le pays. Selon l’agence semi-officielle ILNA, détenue par un syndicat contrôlé par le gouvernement, ces professionnels "réclament une intervention immédiate du gouvernement pour enrayer les fluctuations du taux de change et définir une stratégie économique claire".

Crise économique

En cause, selon les vendeurs et acheteurs ? La dégringolade sans fin du taux du rial, la devise du pays, vis-à-vis du dollar américain. Ce week-end, la monnaie iranienne a ainsi atteint son plus bas historique, d’après le taux informel en vigueur sur le marché noir. Un dollar s’échange désormais contre 1,4 million de rials. Concrètement, cette dépréciation crée une volatilité importante de la monnaie, rendant difficilement lisible l’évolution des prix des produits en vente. Sous l’effet de l’inflation, ces tarifs sont souvent tirés vers le haut. Dans ces conditions, "de nombreux commerçants ont préféré suspendre leurs transactions pour éviter d’éventuelles pertes", a indiqué une autre agence de presse proche du gouvernement, Irna.

Ce mardi, la mobilisation s’est étendue au-delà du milieu marchand. Des étudiants d’universités disséminées dans tout le pays ont rejoint le mouvement. En plus de la capitale, des manifestations ont été constatées dans les villes d’Ispahan, Chiraz, Mashhad, ou encore Hemedan. Vérifiées par une agence spécialisée associée au groupe du Wall Street Journal, plusieurs vidéos montrent des protestataires défiler dans les rues, criant parfois quelques slogans, comme le mot "azadi" ("liberté" en farsi). L’une d’entre elles, citée par le prestigieux quotidien économique américain, affiche des manifestants sur l’île de Qeshm Island, au bord du golfe Persique, scandant la formule "mort au dictateur !".

Ces différents faits sont notables, précise le journal, puisque la répression des opposants et de toute forme de rébellion par le régime des mollahs n’a pas faibli en Iran depuis le dernier soulèvement populaire dans le pays, lors du mouvement "Femme, vie, liberté" en 2022. De nombreuses peines de prison sont régulièrement prononcées pour ce type de motif. Pour le moment, l’ampleur de cette contestation demeure difficile à chiffrer. Toutefois, les autorités iraniennes ont de quoi s’inquiéter, car le contexte social devient de plus en plus explosif, tant l’économie du pays se porte mal. Pour le gouvernement, il existe un risque de voir la grogne se généraliser. D’après Mustapha Pakzad, analyste géopolitique spécialisé sur l’Iran interrogé par le Wall Street Journal, les circonstances du moment "ont découragé même les plus optimistes".

Message inhabituel du président iranien

Depuis la répression du mouvement de 2022, la République islamique a affronté différentes crises militaires. La dernière en date, cet été, a participé à faire grossir la colère des Iraniens. Tandis que Téhéran menace perpétuellement ses ennemis occidentaux de réponse "sévère" en cas d’agression, l’armée iranienne s’est révélée incapable de protéger efficacement sa population lors de la guerre contre Israël, au mois de juin. Au total, d’après les autorités, plus de 1 000 Iraniens sont morts dans les bombardements menés par l’État hébreu. Sur le plan militaire, le pays s’est par ailleurs affaibli, plusieurs frappes américaines ayant visé des sites de son programme nucléaire. Dans le même temps, face à l’hyperinflation, le pouvoir d’achat des Iraniens s’est encore amenuisé. Pénuries d’eau et coupures de courant sont devenues monnaie courante.

Tant de facteurs qui ont poussé le président iranien, Massoud Pezeshkian, à diffuser ce mardi un message d’une inhabituelle tonalité dans ce genre de circonstances. "J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’écouter les revendications légitimes des manifestants en dialoguant avec leurs représentants afin que le gouvernement puisse agir de toutes ses forces pour résoudre les problèmes et agir de manière responsable", a-t-il détaillé, dans une déclaration publiée sur son compte X. D’après les médias iraniens, le dirigeant a lui-même rencontré des responsables syndicaux ce mardi pour tenter de trouver des solutions à la crise économique.

Dimanche, Massoud Pezeshkian a en parallèle présenté le budget pour l’an prochain, promettant entre autres une augmentation de 20 % des salaires en 2026. Mais ce taux demeure bien inférieur à celui de l’inflation, qui a culminé en décembre à 52 % sur un an, d’après les données officielles iraniennes. D’autre part, les médias d’État iraniens ont relayé ces dernières semaines une autre information, bien moins favorable aux ménages : la volonté du gouvernement d’augmenter les impôts à compter de mars prochain, mois du Nouvel An iranien.

Pression internationale

Sur le plan politique, les gardiens de la Révolution, eux, maintiennent des positions inflexibles. Si, en marge de la signature du plan de paix à Gaza, le président américain Donald Trump avait ouvert la voie à une reprise des négociations diplomatiques avec Téhéran, l’espoir a aujourd’hui fait long feu. Le milliardaire républicain vient d’ailleurs de menacer de nouveau le régime d’une nouvelle intervention militaire si Téhéran cherchait à se réarmer. Dans le même temps, les pays européens ont activé l’été dernier le mécanisme de "snapback" dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA), arrivé à échéance cette année, afin de rétablir les sanctions contre l’économie iranienne.

Mais, pour le pouvoir iranien, pas question pour autant de montrer quelque signe de détente. "À mon avis, nous sommes en guerre totale contre les États-Unis, Israël et l’Europe, ils veulent mettre notre pays à terre", a lancé Massoud Pezeshkian plus tôt dans la semaine, sur le site du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Les autorités du pays ont d’ailleurs mis en garde sa population contre toute contestation qui pourrait être selon elles instrumentalisées par des pays étrangers dans l’optique de semer "le chaos et des troubles". En 2019, de précédentes manifestations contre la hausse du prix du carburant avaient fait plusieurs centaines de morts. Un scénario que souhaite à tout prix éviter Téhéran, alors que le gouvernement vient d’annoncer une hausse des tarifs à la pompe pour les conducteurs les plus consommateurs en la matière.

© AFP

Une photo fournie par le bureau du président iranien le 30 août 2025 montre le président Masoud Pezeshkian s'exprimant lors d'une interview télévisée à Téhéran.

«Les gens sont à bout» : l’Iran face à une nouvelle vague de manifestations

30 décembre 2025 à 19:45
DÉCRYPTAGE - Partie d’une mobilisation contre la vie chère et l’hyperinflation, la colère qui secoue depuis dimanche l’Iran cristallise une accumulation de revendications économiques et politiques et touche désormais les campus universitaires.

© Social Media / ZUMA Press Wire via Reuters Connect

Les rassemblements liés à l’hyperinflation et à la fluctuation des prix ont débuté au cœur de Téhéran et ont progressivement gagné d’autres villes.

Interdiction de séjour, croisade contre la «censure»... Washington s’acharne sur les magistrats français et allemands

30 décembre 2025 à 18:45
DÉCRYPTAGE - L’Administration Trump étudie la possibilité de sanctionner des juges ou des responsables de la sécurité si des mesures venaient à frapper ses protégés européens, comme l’AfD en Allemagne, ou le RN en France, selon des révélations de l’hebdomadaire Der Spiegel.

© Kevin Mohatt / REUTERS

Si les cibles potentielles des foudres de Washington ne sont pas précisément désignées, elles ont un point commun : avoir maille à partir avec des partis européens réputés proches du mouvement Maga.

L’AfD, parti d’extrême droite allemand, invité à la Conférence de Munich sur la sécurité

Par :RFI
30 décembre 2025 à 18:45
Les organisateurs de la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC), prévue du 13 au 15 février 2026, ont convié des députés du parti d’extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), aujourd’hui première force d’opposition au Bundestag. Une première pour ce rendez-vous de la diplomatie et de la défense, où se retrouvent chaque année chefs d’État et diplomates.

Au Yémen, l’Arabie saoudite bombarde pour rappeler ses "alliés" à l’ordre

30 décembre 2025 à 18:29
Le bombardement par l'Arabie saoudite de la ville yéménite d’Al-Moukalla, mardi, a visé des intérêts émiratis. Si les Émirats arabes unis sont un allié dans la lutte contre les Houthis, ils sont aussi un rival géopolitique et le principal sponsor d’un mouvement séparatiste qui inquiète de plus en plus Riyad.

Le retour du prisonnier politique Alaa Abdel Fattah au Royaume-Uni vire à l’affaire d’État

30 décembre 2025 à 17:53
Figure du “printemps arabe”, Alaa Abdel Fattah a été gracié en septembre par le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi. Détenteur de la citoyenneté britannique, le militant en faveur de la démocratie se trouve depuis le 26 décembre outre-Manche. Une petite victoire pour Londres, qui militait pour sa libération depuis des années. Mais la fête a tourné court.

© MOHAMED EL-RAAI/AFP

Alaa Abdel Fattah en compagnie de sa mère, l’écrivaine Laila Soueif, au Caire, le 23 septembre 2025.

L’Iran secoué par un vaste mouvement de contestation contre la vie chère

30 décembre 2025 à 17:36
Parti d’un petit rassemblement de vendeurs de smartphones dimanche 28 décembre à Téhéran, la colère contre la chute du rial et la vie chère a pris de l’ampleur avec des manifestations dans tout le pays, obligeant le président à prendre la parole. La presse réformatrice pointe du doigt la responsabilité du gouvernement, tandis que les journaux conservateurs s’inquiètent d’une déstabilisation de la République islamique.

© Photo HANDOUT / FARS NEWS AGENCY / AFP)

Des commerçants et des vendeurs manifestants contre la crise économique à Téhéran, en Iran, le 29 décembre 2025.

Venezuela : ce que l’on sait de la frappe américaine au sol revendiquée par Trump

30 décembre 2025 à 16:35
Alors qu’une vaste armada américaine patrouille dans les Caraïbes, une violente explosion a secoué le port vénézuélien de Maracaibo le 24 décembre. Donald Trump l’a revendiquée comme une frappe américaine dans le cadre de son opération contre le narcotrafic, tandis que Caracas parle d’un accident industriel.

© ALEJANDRO PAREDES/AFP

Deux pétroliers sur le lac de Maracaibo (Venezuela), sur les rives duquel s’est produite une explosion revendiquée comme une frappe terrestre par Washington. Photo prise le 17 décembre 2025.

Manœuvres militaires autour de Taïwan : la Chine menace de bloquer les livraisons d’armes

30 décembre 2025 à 16:17
L’armée chinoise a mené de nouveaux exercices de tirs dans les eaux entourant Taïwan dans la matinée du mardi 30 décembre, mettant l’armée taïwanaise en alerte. Les garde-côtes chinois menacent de bloquer toute livraison d’armes américaines vers l’île.

© PHOTO EASTERN THEATRE COMMAND/REUTERS

Des engins militaires tirent des munitions qui vont s’abîmer des les eaux qui entourent Taïwan, le 30 décembre 2025.

Les sanctions américaines contre des personnalités européennes sont à prendre au sérieux

30 décembre 2025 à 16:15
Les récentes restrictions américaines visant des personnalités européennes engagées contre la désinformation en ligne pourraient n’être qu’un début, assure le journal de gauche “Der Spiegel”. Les États-Unis de Trump envisageraient notamment de sanctionner des magistrats et fonctionnaires, qu’ils accusent d’acharnement contre l’extrême droite française et allemande.

© DESSIN DE SCHRANK PARU DANS THE ECONOMIST, LONDRES.

Dans la bande de Gaza, Israël passe à l’offensive contre les organisations humanitaires

30 décembre 2025 à 16:08
DÉCRYPTAGE - Les autorités israéliennes ont engagé une procédure pour interdire le 1er janvier une dizaine d’ONG humanitaires, dont l’UNRWA et Médecins sans frontières (MSF), en accusant certains de leurs membres « d’activités terroristes ».

© DPA/ABACA

Un véhicule de l’UNRWA devant le point de passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 17 février 2025.

Reconnaissance du Somaliland par Israël : à Mogadiscio, on craint un effet domino

30 décembre 2025 à 15:58
Après plus de trois décennies sans reconnaissance internationale, la république autoproclamée du Somaliland a officiellement établi des relations diplomatiques avec Israël, le 26 décembre. Cette nouvelle donne entraîne déjà une profonde remise en question du côté de la Somalie : la presse locale essaie de mesurer l’ampleur des répercussions potentielles dans la corne de l’Afrique et constate la faiblesse de sa diplomatie.

© PHOTO HASSAN ALI ELMI/AFP

Des Somaliens assistent à un grand meeting dénonçant la reconnaissance officielle de l’État du Somaliland par Israël, au Mogadiscio Stadium le 30 décembre 2025.

Nétanyahou a le “soutien indéfectible” de Trump, qui a “définitivement choisi son camp”

30 décembre 2025 à 15:24
À Mar-a-Lago, lundi 29 décembre, le président américain n’a pas tari d’éloges sur le Premier ministre israélien, qui repart avec un véritable capital politique en vue des élections prévues l’année prochaine. Mais la volonté du locataire de la Maison-Blanche d’obtenir des résultats rapidement à Gaza et sur la scène régionale pourrait obliger Israël à des “concessions difficiles”, estime la presse israélienne.

© Photo Jonathan Ernst/REUTERS

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, et le président américain, Donald Trump, à Mar-a-Lago (Floride), le 29 décembre 2025.

Frappe sur la résidence de Poutine : une “invention” russe pour “continuer la guerre” en Ukraine

30 décembre 2025 à 15:15
Le 29 décembre, le ministère des Affaires étrangères russe a affirmé que des drones ukrainiens avaient visé une des résidences de Vladimir Poutine, à Valdaï, dans la région de Novgorod. Kiev dément et se prépare à ce que Moscou présente déjà comme des “représailles”.

© PHOTO MIKHAIL METZEL/AFP

Le président russe, Vladimir Poutine, lors d’une réunion consacrée à la défense, à Moscou, le 30 décembre 2025.

Vladislav Sourkov, Alain Aspect, Robert Kaplan... Nos dix grands entretiens qui ont marqué l’année 2025

30 décembre 2025 à 16:00

Ils pensent le monde, bousculent les croyances ou sont les grands acteurs de la géopolitique et de l’économie internationale… De Moscou à New York, des arcanes du pouvoir russe aux vertiges de la physique quantique, de la crise démographique aux métamorphoses du travail, L’Express a donné la parole à celles et ceux qui éclairent notre époque.

Stratèges de l’ombre, philosophes, économistes, scientifiques, ou intellectuels en alerte face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Tous ces entretiens, qui ont marqué 2025, vont vous permettre de vous replonger dans l’année écoulée - et celles à venir. Voici notre sélection :

1) Vladislav Sourkov, le vrai mage du Kremlin

Jamais, depuis le début del’invasion russe en Ukraine, il n’a accordé d’interview politique. Ni fait le moindre commentaire public sur cette guerre qui ravage le cœur de l’Europe. Vladislav Sourkov, sans doute le personnage le plus mystérieux de Russie, s’est muré dans le silence. Pourtant, l’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, le conseiller de l’ombre qui a inspiré son formidable Mage du Kremlin au romancier Giuliano da Empoli, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.

2) Nicolas Puech, l’héritier ruiné d’Hermès brise le silence

Celui qui fut toute sa vie le richissime héritier Hermès et son premier actionnaire familial ne s’était pas exprimé publiquement depuis 2011, quand bien même, ces trois dernières années, la presse de toute l’Europe – et jusqu’aux Etats-Unis - s’est interrogée sur l’escroquerie phénoménale dont il se dit victime, décortiquant sa vie affective, soupesant ses capacités cognitives ou interrogeant sa désarmante bonhomie.

3) L’avertissement du patron de l’Essec

Y a-t-il une crise du management à la française ? Selon Vincenzo Vinzi, la formation au management en France est l’une des meilleures en Europe. Toutefois, l’approche verticale des managers tricolores "engendre de la rigidité, qui ne favorise pas la créativité". Entretien décapant.

4) Le regard avisé de Fabian Hoffmann sur la Russie de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou

Méfiez-vous des apparences, surtout quand la conversation concerne les ambitions du Kremlin. C’est, en substance, l’avertissement que donne Fabian Hoffmann, chercheur à l’Oslo Nuclear Project de l’Université d’Oslo et au Center for European Policy Analysis. Selon lui, le fait que la Russie subisse des pertes humaines et matérielles record en Ukraine ne signifie pas qu’une attaque contre l’Otan serait vouée à l’échec. Pour l’expert,Vladimir Poutine a un plan : une opération éclair, de haute intensité, susceptible d’escalader à très court terme vers une véritable guerre.

5) Alain Aspect et les "bizarreries" de la physique quantique

Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.
Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.

Alain Aspect a donné tort à Einstein, décroché le Graal scientifique et cofondé un champion français de l’ordinateur quantique (Pasqal). Mais ce fils d’instituteurs du Lot-et-Garonne assure que ce dont il est le plus fier, c’est de "son rôle de professeur et de mentor". Cette passion de la transmission anime son livre Si Einstein avait su. Dans l'entretien accordé à L'Express, il dénonce les détournements pseudoscientifiques du mot "quantique".

6) La mise en garde d’un éminent psychiatre italien

"Voici les signes que vous avez grandi avec un parent pervers narcissique", "Comment repérer un narcissique à sa manière de faire des câlins", "Plus on est narcissiques et moins l’on fait d’enfants", "Le narcissisme pathologique de Trump"… Pour le psychiatre italien Giancarlo Dimaggio, l’emballement médiatique relève de la caricature. Ce spécialiste de la psychothérapie démonte les idées reçues.

7) La charge de David Frum, ex-plume de Bush, contre Trump

David Frum, éditorialiste vedette au magazine The Atlantic, ancienne plume de George W. Bush et anti-Trump acharné, prévenait déjà dans nos colonnes qu’un second mandat de Donald Trump serait cataclysmique aussi bien sur le plan intérieur que sur la scène internationale. Ce fin connaisseur des rouages de la politique américaine analyse les conséquences possibles de ce revirement brutal des Etats-Unis.

8) Les projections vertigineuses de McKinsey

On ne mesure pas encore l’ampleur de cette lame de fond, qui va bouleverser nos sociétés et nos économies dans quelques dizaines d’années. D’ici la fin du siècle, certains pays vont voir leur population se contracter de 20 à 50 %. La faiblesse de la natalité dans la plupart des régions du monde va recomposer les équilibres internationaux. Consommation, marché du travail, implantation des sites de production des entreprises, modèle social… Le bureau de recherche McKinsey Global Institute a récemment publié un rapport balayant les répercussions de ce déclin démographique mondial.

9) L'interview décapante d'André Comte-Sponville

Passer du temps en sa compagnie vous donne le sentiment (l'illusion ?) d'avoir gagné quelques modestes points de sagesse. Crinière grise, regard mélancolique, phrasé limpide de celui qui se sait sûr de son propos, André Comte-Sponville a le physique de l'emploi. Le succès phénoménal du Petit traité des grandes vertus en 1995 l'a imposé comme le champion d'une philosophie rigoureuse, mais accessible à tous. Et le penseur n'a pas sa langue dans sa poche.

10) Les prédictions de Robert Kaplan sur la Russie post-Poutine

Le dernier ouvrage du reporter américain Robert Kaplan,Waste Land : A World in Permanent Crisis (non traduit), paru outre-Atlantique, se lit comme un thriller. Il ne s’agit pourtant en rien d’une fiction.

Géopolitologue et auteur de nombreux ouvrages à succès, Kaplan juge "troublantes" les similitudes entre notre époque et celle qui précipita l’Allemagne, puis le monde entier, dans le chaos des années 1930. Selon lui, "la Russie post-Poutine sera sans doute la première grande puissance à s’effondrer".

© L'Express

Vladislav Sourkov. L’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.

Vladimir Poutine visé par des drones ukrainiens ? A Valdaï, la résidence très secrète du maître du Kremlin

31 décembre 2025 à 10:43

Une "attaque terroriste" pour Moscou, un "mensonge" d'après Kiev. Lundi 29 décembre, la Russie a accusé l'Ukraine d'avoir ciblé la "Dolgiye Borody", une résidence d'État de Vladimir Poutine du nord-ouest du pays, avec 91 drones. Druss'après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tous ces appareils auraient été interceptés. De quoi conduire Moscou à "réexaminer" sa position dans les négociations actuelles menées par Washington pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. En réaction à ces propos, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a immédiatement nié avoir mené une telle opération. "Près d'une journée s'est écoulée et la Russie n'a toujours pas fourni de preuves plausibles à l'appui de ses accusations", a encore réagi le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrïï Sybiga, ce mardi.

Bowling, terrain de golf et espace spa

Au moment où les efforts diplomatiques s'accentuent pour cheminer vers un plan de paix à l'est de l'Europe, l'épisode risque de laisser des traces dans les futures tractations. Quelle que soit la vérité, le lieu au cœur de cette affaire représente en tout cas le symbole de la puissance de Vladimir Poutine à la tête de la Russie. Qu'il soit perçu comme – potentiellement – attaqué constitue un marqueur fort pour le pouvoir russe afin de justifier de nouvelles opérations en Ukraine. Longeant un lac et bordant une forêt, le complexe est situé près de la ville de Valdaï, dans la région de Novgorod. Il s'agit d'une "datcha", une résidence secondaire destinée à octroyer à ses occupants du repos au grand air.

En 2021, le domaine avait fait l'objet de nombreuses révélations de la Fondation anticorruption (FBK) créé par l'ex-opposant au président russe, Alexeï Navalny. Une enquête qui permet d'en savoir un peu plus sur les nombreux services proposés au sein des quelque 80 bâtiments présents en son sein. Grand de 250 hectares, le terrain de la "Dolgiye Borody" se structure comme une sorte de ville à taille miniature. La demeure principale, haute de quatre étages, dispose d'une superficie de 3 500 mètres carrés. Plus loin, un immense bâtiment de 7 000 mètres carrés permet aux occupants de la datcha de profiter de différents équipements nécessaires à des soins de bien-être : massages, cryothérapie, solarium... Une piscine, un cabinet dentaire et un institut de beauté sont également présents.

Outre cet espace spa, il prévoit par ailleurs différents lieux pour divertir ses visiteurs. Une aire de jeux avec toboggans, un cinéma, une salle de billard, un bowling et même... un casino ont été construits dans cette résidence secondaire. Au niveau sportif, le terrain comprend par ailleurs un parcours de golf. Une église, un bâtiment à l'architecture d'inspiration chinoise et une maison traditionnelle russe en bois ont aussi été érigés sur le site. D'après la FBK, qui a publié des plans du complexe, la "Dolgiye Borody" serait le lieu de villégiature préférée de Vladimir Poutine. Il s'y rend en effet régulièrement.

Réplique du bureau de Vladimir Poutine

En novembre dernier, une autre enquête, publiée par Radio Free Europe/Radio Liberty, a montré que des répliques du bureau de la résidence principale de Vladimir Poutine, près de Moscou, avait été fabriquée au sein de deux sites étatiques russes, dont la maison de Valdaï. L'objectif ? Pouvoir camoufler les déplacements du président russe hors de la capitale. Certaines photographies communiquées par les services du Kremlin montrent ainsi le chef de la Fédération russe en train de travailler dans son bureau de Moscou... alors qu'il se trouve en réalité à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile. La même copie du bureau a été observée dans une seconde résidence de Vladimir Poutine, située près de Sotchi. D'après les journalistes à l'origine de l'enquête, le pouvoir russe aurait menti à plusieurs centaines de reprises sur l'emplacement du président.

Outre l'opulence longtemps tenue secrète de ce complexe de Valdaï, un autre élément majeur a été révélé par l'enquête de la FBK en 2021. Seule une partie du site appartiendrait en réalité à l'État russe. L'autre est détenue par un oligarque russe, Iouri Kovaltchouk. Cet homme d'affaires, actionnaire de la banque Rossiya et proche de Vladimir Poutine, loue donc cette parcelle d'environ 100 hectares au Kremlin. Toujours selon la FBK, la facture s'élèverait chaque année à 300 millions de roubles, soit 3,15 millions d'euros. Une dépense réalisée "juste pour que Poutine ait un endroit où se prélasser (...) et inviter des artistes", s'offusquait la Fondation anticorruption dans sa vidéo.

Dans une autre enquête de 2021, Alexeï Navalny avait également dévoilé l'existence d'une gigantesque demeure située près de Sotchi, au bord de la mer Noire. Aménagé pour accueillir le président russe, le site avait été baptisé par le militant anti-corruption comme le "palais de Poutine". Ce domaine, là aussi particulièrement luxueux, comprendrait amphithéâtre, vignoble, terrain de hockey sur glace, héliport ou encore jacuzzi. D'après l'opposant, décédé en prison en février 2024, 100 milliards de roubles, soit plus d'un milliard d'euros ont été dépensés par Moscou pour réaliser cet immense palais. À l'époque des révélations, Vladimir Poutine avait nié ces accusations. "Je n’ai pas vu ce film, faute de temps", avait-il lancé. "Rien de ce qui est montré dedans comme étant mes biens ne m’appartient à moi ou à mes proches."

© afp.com/Vyacheslav PROKOFYEV

Le président russe Vladimir Poutine face à la presse à Moscou (Russie) le 23 octobre 2025, sur une photographie distribuée par l'agence étatique Spoutnik.

Guerre en Ukraine : nos analyses, décryptages et entretiens

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© afp.com/Tetiana DZHAFAROVA

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Crise diplomatique France-Algérie : en 2025, une bascule irrémédiable ?

30 décembre 2025 à 11:28
Entre affaires judiciaires et contentieux migratoires, la crise diplomatique entre la France et l’Algérie a connu en 2025 un pic historique, marqué par des expulsions mutuelles de diplomates et le rappel de l’ambassadeur de France. La libération de Boualem Sansal en novembre peut-elle amorcer la réconciliation souhaitée par Paris ? Le point sur les perspectives d'un dégel des relations.

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