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Reçu — 28 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

Donald Trump reçoit Volodymyr Zelensky en Floride pour discuter du plan de paix pour l'Ukraine

28 décembre 2025 à 18:08

Le président ukrainien doit rencontrer son homologue américain à Mar-a-Lago à 19 heures (heure de Paris). Un appel téléphonique entre des dirigeants européens, Volodymyr Zelensky et Donald Trump est prévu dans la foulée.

Le président ukrainien reconnaît que deux points de blocage majeurs apparaissent dans les pourparlers entre Washington et Kiev : le sort de la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, et le contrôle d’une centrale nucléaire occupée par la Russie.

Ces rencontres surviennent alors que plus d'un million de foyers ukrainiens sont sans électricité samedi dans la capitale Kiev et sa région après de nouvelles frappes russes massives survenues dans la nuit et ayant fait deux morts.

18h

Trump dit avoir eu un appel "très productif" avec Poutine, avant de rencontrer Zelensky

Donald Trump a dit dimanche avoir eu un appel "très productif" avec son homologue russe Vladimir Poutine, moins de deux heures avant le début de sa rencontre prévue avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky en Floride.

"Je viens d'avoir un bon entretien téléphonique, très productif, avec le président russe Vladimir Poutine, avant ma rencontre, aujourd'hui à 13H00, avec le président ukrainien Zelensky", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

16h03

Un entretien téléphonique avec les Européens est prévu après la rencontre Zelensky-Trump, selon Kiev

Un appel téléphonique entre des dirigeants européens et les présidents ukrainien et américain est prévu dimanche après la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Floride, a annoncé un porte-parole de Kiev.

Est prévu un "appel téléphonique entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président américain Donald Trump avec les dirigeants européens", a indiqué aux journalistes Serguiï Nykyforov, le porte-parole de M. Zelensky, précisant que "la liste définitive des participants est encore en cours d'élaboration".

21h05

Volodymyr Zelensky a "le plein soutien" des Européens avant de rencontrer Trump

Les dirigeants des principaux pays européens, du Canada, de l'UE et de l'Otan ont assuré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky de "leur plein soutien" avant sa rencontre avec Donald Trump, a indiqué le chancelier allemand Friedrich Merz. Au cours d'une visioconférence organisée lors de son escale au Canada, à la veille d'une rencontre cruciale en Floride avec le président américain, Volodymyr Zelensky a informé ses soutiens "de l'état d'avancement des négociations", a précisé le porte-parole du dirigeant allemand, Stefan Kornelius, dans un communiqué.

Friedrich Merz a aussi assuré que les efforts des Européens et du Canada pour "une paix durable et juste en Ukraine" se feraient "en étroite coordination avec les États-Unis". Volodymyr Zelensky doit s'entretenir avec Donald Trump à propos des "questions sensibles" que sont le sort du Donbass ukrainien et les garanties de sécurité occidentales pour l'Ukraine, dans le cadre des négociations sur la plan américain visant à mettre fin à bientôt quatre ans de guerre avec la Russie.

En dépit de ces efforts diplomatiques, des frappes russes massives sur Kiev et sa région ont tué deux personnes et laissé plus d'un million de foyers sans électricité. Ces nouvelles frappes montrent que la Russie "ne veut pas mettre fin à la guerre", a déclaré Volodymyr Zelensky, avant son départ pour le Canada et les Etats-Unis.

20h42

Les frappes russes en Ukraine montrent la "détermination de la Russie à prolonger la guerre"

Emmanuel Macron a condamné samedi les frappes massives russes sur la ville de Kiev et sa région, qui illustrent, selon lui, la détermination de la Russie à prolonger la guerre qu'elle a déclenchée", selon son entourage. "Le Président de la République a exprimé la condamnation par la France de la nouvelle vague de frappes russes intervenue dans la nuit en Ukraine. Il a souligné que cette vague de frappes illustrait à nouveau le contraste entre la disposition de l'Ukraine à bâtir une paix et durable et la détermination de la Russie à prolonger la guerre qu'elle a déclenchée il y a près de 4 ans, y compris en continuant de s'attaquer aux civils", a indiqué cette source.

Le président français s'est exprimé lors d'un appel téléphonique entre des dirigeants européens et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui se trouve à Halifax (Canada) à la veille d'une rencontre avec le président américain Donald Trump dimanche en Floride.

Dans la nuit de vendredi à samedi, Kiev a été visée par plus de 519 drones et 40 missiles, dont respectivement 474 et 29 ont été abattus, selon l'armée de l'air ukrainienne. Ces attaques, qui visaient comme lors des précédentes frappes des infrastructures énergétiques, ont fait deux morts et une quarantaine de blessés à Kiev et dans sa région, ont indiqué les autorités locales.

Emmanuel Macron a souligné samedi "la nécessité de continuer à œuvrer dans ces jours-ci pour la paix, en insistant sur le besoin d'un cessez-le-feu adossé à des garanties de sécurité robustes et durables pour l'Ukraine", qui "seront centrales pour tout règlement", selon la même source. "La France est déterminée à travailler étroitement avec les États-Unis sur ce sujet en s'appuyant sur le travail réalisé dans le cadre de la Coalition des Volontaires qu'elle co-préside avec le Royaume-Uni et qui associe 35 pays", poursuit l'entourage du président français. "Le Président de la République a rappelé que les Européens devaient être pleinement associés aux discussions sur les sujets les concernant", a-t-on ajouté.

19h22

Obtenir la paix en Ukraine nécessite "une Russie prête à coopérer", dit le Premier ministre du Canada

Le Premier ministre canadien Mark Carney a insisté samedi sur le fait que tout accord de paix en Ukraine nécessiterait "une Russie prête à coopérer", alors qu'il rencontrait au Canada Volodymyr Zelensky, en route vers la Floride pour s'entretenir avec Donald Trump. "Nous avons les moyens et la possibilité (d'obtenir) d'une paix juste et durable (en Ukraine), mais cela nécessite une Russie prête à coopérer", a déclaré Mark Carney lors d'un bref échange à la presse à Halifax aux côtés du président ukrainien, qui doit rencontrer dimanche son homologue américain.

Les dirigeants canadien et ukrainien devaient avoir un échange bilatéral puis participer ensuite à un appel avec des dirigeants européens. Ces échanges porteront sur les négociations en cours pour tenter de mettre fin à ce conflit en cours depuis près de quatre ans, à la veille de la réunion entre les présidents ukrainien et américain qui doit porter sur l'épineuse question des territoires et celles des garanties de sécurité occidentales. "Demain, j'aurai, je l'espère, une réunion très importante et très constructive avec le président Trump", a déclaré samedi Volodymyr Zelensky depuis Halifax au Canada.

Ces rencontres surviennent alors que plus d'un million de foyers ukrainiens sont sans électricité samedi dans la capitale Kiev et sa région après de nouvelles frappes russes massives survenues dans la nuit et ayant fait deux morts. "Cette attaque constitue, une fois de plus, la réponse de la Russie à nos efforts de paix. Et cela montre vraiment que Poutine ne veut pas la paix, alors que nous la voulons", a insisté le président ukrainien.

Condamnant la "barbarie" de ces frappes, le Premier ministre canadien Mark Carney a insisté sur le besoin de soutenir "l'Ukraine en cette période difficile". Il a ainsi annoncé une nouvelle aide économique de 2,5 milliards de dollars canadiens (1,5 milliard d'euros) qui devrait selon lui permettre de débloquer des financements internationaux "afin d'entamer" le processus de reconstruction de l'Ukraine.

© afp.com/Genya SAVILOV

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky à Kiev, en Ukraine, le 4 décembre 2025

Trois satellites iraniens lancés depuis la Russie : ce nouveau signe de proximité entre Téhéran et Moscou

28 décembre 2025 à 17:13

Un nouvel échange de bons procédés entre Téhéran et Moscou. Soutien actif du Kremlin dans sa guerre menée en Ukraine sur le plan de l’armement, l’Iran a cette fois bénéficié ce dimanche 28 décembre des installations aérospatiales russes pour lancer trois satellites dans l’espace.

Ces engins, Zafar-2, Paya et Kowsar 1.5, tous fabriqués localement, "ont été lancés dans l’espace par une fusée Soyouz depuis le Centre spatial Vostochny en Russie", s’est félicitée la télévision iranienne. Isolé sur la scène internationale, le régime des mollahs dispose d’une industrie aérospatiale autonome capable de concevoir notamment des fusées et des satellites.

Poursuite du programme spatial iranien

Les trois "satellites d’observation" lancés ce dimanche ont été conçus par "le secteur privé", a souligné l’agence de presse officielle Irna. D’après la même source, l’appareil nommé "Paya" est considéré comme "le satellite d’imagerie de fabrication nationale le plus avancé" et le plus lourd (150 kilos). Il a recours à l’intelligence artificielle pour améliorer la résolution des images, qui seront destinées à la "gestion des ressources en eau", la "surveillance environnementale" et la "cartographie", a précisé l’agence.

Bien qu’isolé au niveau international, l'Iran poursuit son propre programme spatial. Le pays assure que ces activités sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Fin 2024, l’Iran avait pour la première fois lancé simultanément trois satellites avec le lanceur Simorgh construit par le ministère iranien de la Défense. Les technologies lancées dimanche seront placées en orbite à 500 kilomètres de la Terre. Elles auront une durée de vie de trois à cinq ans. D’après Fars, une autre agence proche du pouvoir iranien, le lanceur russe Soyouz a cette fois été préféré, car il s’agit de l’un des "plus fiables au monde […] pour le transport de satellites sensibles".

Crainte des pays occidentaux

L’Iran a déjà procédé à une dizaine de lancements de satellites ces deux dernières années, dont l’un en juillet depuis la même base en Russie. En septembre 2024, Téhéran avait aussi mis en orbite en septembre sa plus lourde charge utile spatiale, comprenant un satellite et un remorqueur spatial, à l’aide d’un lanceur développé au sein de ses frontières, selon les médias officiels. Les autorités du pays disposent notamment d’un centre de lancement spatial à Semnan, dans l’est du pays, ainsi qu’à Chabahar, dans le sud-est du pays, au bord du golfe d'Oman.

Les pays occidentaux craignent que ces systèmes de lancement de satellites intègrent des technologies interchangeables avec celles des missiles balistiques, potentiellement capables de transporter une ogive nucléaire. Téhéran réfute ces accusations et nie chercher à se doter de l’arme atomique. Sans convaincre la communauté internationale, interpellée par ses taux élevés d’enrichissement d’uranium. En juin dernier, l’armée américaine avait frappé plusieurs sites liés au programme nucléaire iranien, dans le sillage de nombreux raids aériens menés par Israël dans le pays.

© Handout / Russian Space Agency Roscosmos / AFP

L'Iran a lancé trois satellites fabriqués localement depuis le site de Vostochny, en Russie, ce dilmanche 28 décembre.

Le "probiv", ce marché illégal de données qui se retourne contre le Kremlin en Russie

28 décembre 2025 à 16:29

C’est un système méconnu, propre à la société russe. Le "probiv", une pratique illégale de récupération de données sensibles, est désormais dans le viseur du Kremlin. Longtemps tolérés, voire utilisés par les autorités russes, les outils numériques permettant d’obtenir tout genre d’informations personnelles liées à des particuliers, des entreprises ou des administrations, sont dorénavant proscrits par Moscou. Depuis fin 2024, l’accès ou la diffusion de telles données volées est puni jusqu’à 10 ans de prison par la loi russe. Un changement de doctrine brutal, après des années de laisser-faire du pouvoir, qui n'empêche toutefois pas la pratique de se poursuivre au nez et à la barbe des autorités.

Un système utilisé à la fois par les pro et les anti-Poutine

Concrètement, comment est organisé le "probiv" (du russe "percer") ? Comme expliqué par le média indépendant russe Mediazona, proche de l’opposition à Vladimir Poutine, ce réseau permet à n'importe qui d'acheter, pour quelques dollars sur des applications comme Telegram ou sur le dark web, des informations personnelles de toute personne en Russie que l'on souhaite surveiller. Ce réseau se structure en deux offres. L’une est disponible à tout un chacun, quand l’autre, plus développée, est réservée à certains professionnels, comme les détectives privés, ou des sociétés évoluant dans le domaine de la sécurité. Dans un cas comme dans l’autre, les vendeurs monnayent l’accès à des informations personnelles issues d’administrations publiques, d’organismes étatiques ou d’entreprises à l’activité sensible. Pour ce faire, ils s’appuient sur un large réseau de fonctionnaires, salariés ou policiers corrompus à même de leur transmettre de telles bases de données.

Ces éléments (numéros de plaques d’immatriculation, adresses personnelles, passeports, relevés d'appels, géolocalisation téléphonique…) sont ensuite mis sur le marché pour être achetés, parfois à bas coût. Dans un article consacré au sujet, The Guardian explique qu’avant les récentes restrictions, ce marché profitait aussi bien au pouvoir russe qu’à ses détracteurs. Alors que la presse est très contrôlée en Russie, certains journalistes indépendants ont certes pu recourir au "probiv" pour travailler sur des affaires. L’unité des services secrets russes à l’origine de l’empoisonnement de l'opposant anti-Poutine Alexeï Navalny, en 2020, a pu être dévoilée dans les médias par ce biais. Mais, dans le même temps, les forces de l’ordre utilisaient aussi cette méthode pour museler toute forme de rébellion. Le "probiv" permettait ainsi de faire gagner du temps aux policiers lors de leurs enquêtes.

Un article du New York Times décrivait en 2021 un phénomène "presque exclusivement russe". "Il y a quelques années, Roman Dobrokhotov, fondateur de The Insider en 2013, se trouvait à Kiev, rapporte le quotidien new-yorkais. Il raconte avoir demandé à un journaliste local où trouver les relevés téléphoniques d'une personne sur laquelle il menait des recherches et avoir été surpris d'apprendre que ce n'était pas une pratique courante. Il a alors compris que 'la Russie est sans doute le pays le plus transparent au monde', ajoutant : 'Avec dix dollars, on peut trouver n'importe quelle information sur n'importe qui.'"

Pirates informatiques ukrainiens

Pourquoi donc les autorités russes ont-elles soudainement décidé de restreindre le fonctionnement de ce réseau d’information parallèle ? Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. D’une part, de nombreux malfaiteurs profitaient du "probiv" pour obtenir des informations dans l’optique de commettre des escroqueries. Leur procédé consiste à soutirer, lors d’arnaques téléphoniques, de l’argent à leurs victimes grâce à ces renseignements.

Autre facteur encore plus déterminant : l’utilisation par l'Ukraine de ces données pour déstabiliser son voisin russe. Depuis l’invasion du territoire ukrainien par les troupes du Kremlin en février 2022, des hackeurs pro-Kiev parviennent ainsi régulièrement à s’engouffrer dans ces fuites de données. Ils publient ensuite en ligne des informations sensibles venues d’administrations ou d’entreprises russes. AlfaBank, une importante banque russe, a notamment été touchée l’an dernier par une action de ce type.

Plusieurs personnalités liées au "probiv" ont été ciblées par Moscou ces derniers mois. Les responsables d’UserBox, un des principaux bots utilisés en Russie pour cet usage, ont été arrêtés. D’autres opérateurs ont transféré leurs activités à l’étranger pour échapper aux sanctions. Mais les résultats de cette nouvelle politique ne sont pas forcément escomptés. Selon le journaliste russe Andrei Zakharov, collaborateur de la BBC et auteur d’un livre sur le "probiv", ces services "publient" désormais "des fuites sensibles les unes après les autres". "Avant, ils collaboraient encore avec les services de sécurité, ou bien, ils y réfléchissaient à deux fois avant de divulguer des informations extrêmement sensibles", développe-t-il, auprès du Guardian. "Maintenant, ils n’ont plus aucun contrôle."

© Ramil Sitdikov / POOL / AFP

Le président russe Vladimir Poutine, le 26 septembre 2025, à Moscou (Russie).

Syrie : plusieurs personnes tuées dans une manifestation d'alaouites après l'attaque d'une mosquée

28 décembre 2025 à 15:19
Des milliers de manifestants appartenant à la communauté alaouite sont descendus dans la rue, dimanche, en Syrie, deux jours après l'attaque d'une de leurs mosquées qui a fait huit morts. Au moins trois personnes ont été tuées et des dizaines de personnes ont été blessées lors d'affrontements entre les différents groupes de manifestants et les forces de l'ordre.

Espagne : malgré les déboires qui s’accumulent, le maintien sur un fil de Pedro Sánchez au pouvoir

28 décembre 2025 à 13:05

Une défaite électorale au pire moment pour Pedro Sánchez. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre en poste à Madrid a essuyé de mauvais résultats le 21 décembre dans les urnes, lors d’un scrutin régional organisé en Estrémadure, dans l’ouest de l'Espagne. Dans cette région longtemps acquise à la gauche, le Partido popular (PP), principale formation à droite de l’autre côté des Pyrénées, l’a de nouveau emporté, comme lors du dernier scrutin. Cette déroute est loin d’être anecdotique pour les socialistes, car elle pourrait préfigurer l’accord redouté par la gauche au niveau national.

En effet, bien qu’arrivé en tête en Estrémadure, le PP a besoin des voix des élus du parti d’extrême-droite Vox pour obtenir une majorité au sein de l’assemblée régionale et pouvoir gouverner. Un schéma, qui, s’il se répétait au moment des élections législatives, constituerait une véritable menace pour les socialistes et Pedro Sánchez. Le PSOE a d’ailleurs fait de ce scénario un argument pour convaincre les Espagnols de continuer à lui accorder sa confiance. Mais le Premier ministre, au pouvoir depuis 2018 et plus fragilisé que jamais, est-il la personnalité idoine à gauche pour incarner cette alternative à une alliance entre la droite et les nationalistes ? Celui-ci croit en tout cas toujours à sa stratégie et compte bien rester en poste jusqu’à la fin de son mandat, en 2027.

Affaires de corruption et #MeToo interne

Pourtant, les nuages s’accumulent au-dessus de l’avenir de son gouvernement. Avec, ces derniers mois, des procédures judiciaires qui ternissent particulièrement l’image de Pedro Sánchez. Plusieurs de ses proches sont ainsi soupçonnés d’être impliqués dans différentes affaires de corruption. José Luis Abalos, ex-ministre des Transports et réputé proche du Premier ministre, est ainsi accusé d’avoir perçu des pots-de-vins dans le cadre de l’octroi de marchés publics. Des soupçons similaires pèsent sur l’ancien numéro 3 du PSOE Santos Cerdán. Pire encore, la proche famille du Premier ministre est concernée par ce genre de mise en cause. Son épouse Begoña Gómez est citée dans plusieurs dossiers, notamment de détournement de fonds, quand son frère, le chef d’orchestre David Sánchez, doit être jugé pour trafic d’influence.

Au total, une dizaine d’enquêtes liées à la corruption concernent le PSOE depuis l’arrivée de Pedro Sánchez au palais de la Moncloa. De quoi mettre à mal la promesse du socialiste d’éradiquer ce fléau en politique. Un argument qu’il mettait en avant en 2018, lorsque le PP, le parti de son prédécesseur Mariano Rajoy, était lui-même englué dans un scandale XXL de corruption. Mais ce n’est pas tout. Les actuels déboires judiciaires de la formation de gauche se combinent avec une série d’accusations de violences sexistes et sexuelles (VSS) par des cadres du parti. Plusieurs maires, un sénateur ou encore un responsable interne ont été mis en cause par des plaignantes pour des comportements inappropriés à caractère sexuel. Et, là encore, un proche du Premier ministre a été épinglé : son ex-conseiller gouvernemental Francisco Salazar.

Le traitement des signalements au sein du parti de Pedro Sánchez, qui a fait de son soutien aux combats féministes un des piliers de sa politique, a par ailleurs été pointé du doigt. "Il y a beaucoup de machisme à nettoyer au sein du PSOE", a notamment accusé, auprès du site web Articulo 14, une des militantes ayant pris la parole pour dénoncer l’une des figures socialistes mise en cause. Tant pour la corruption qu’au sujet de ces accusations de VSS, le PSOE est donc accusé de n’avoir pas vraiment pris au sérieux les enjeux de ces problématiques. Le Premier ministre, lui, a tenté de tempérer les dysfonctionnements constatés au sein de son parti, jurant agir de façon "ferme" sur ces deux thèmes.

Coalition à l’avenir incertain

Sur le plan politique, Pedro Sánchez est également très affaibli. Formée en 2023, cette coalition formée avec le parti de gauche radicale Sumar semble menacée. Les responsables de ce dernier ont réclamé un remaniement en profondeur son gouvernement, ce que le Premier ministre se refuse à faire jusqu’à présent. Cet automne, la rupture de son alliance avec les indépendantistes catalans de Junts, emmenés par leur chef de file Carles Puigdemont, a encore un peu plus compliqué l’équation. Plus qu’une chute rapide de son gouvernement, difficilement imaginable à court terme par la fragmentation du paysage politique espagnol, l’inertie apparaît comme le principal danger pour Pedro Sánchez. Pour la troisième année consécutive, les parlementaires ont ainsi échoué à faire voter un budget pour le pays.

Le Premier ministre pourrait-il se contenter d’une telle situation ? Le dirigeant a pour lui de très bons résultats économiques. La croissance va tutoyer les 3 % en 2025, à la faveur d’un secteur touristique florissant, de l’immigration légale incitée par Madrid et de fonds du plan de relance européen – dont a largement bénéficié l’Espagne – investis de manière pertinente. "L’absence de budget peut même, à court terme, s’avérer paradoxalement bénéfique : certaines dépenses ne pouvant être modifiées, la dépense publique n’augmente pas, ce qui peut contribuer à contenir, voire à réduire, le déficit", expliquait le professeur d’économie à l’IE University de Madrid, Juan Carlos Martinez Lazaro, dans un entretien accordé au Monde le 21 décembre. Le taux de chômage toujours élevé (autour de 10 %) et la crise du logement contrebalancent néanmoins ce bilan économique plutôt positif.

L’année 2026 risque d’être décisive pour l’avenir de Pedro Sánchez et de son équipe. Plusieurs élections régionales y seront organisées en Aragon, en Andalousie et en Castille-et-León. De nouvelles déconvenues socialistes mettraient véritablement à mal le socle gouvernemental centré autour du PSOE. Pendant ce temps, les adversaires du Premier ministre, eux, restent en embuscade. Dans un article, El País prédit les douze prochains mois à venir comme "l’année de la tempête parfaite pour le gouvernement". "Dans l’opposition, le PP et Vox pensent que Sánchez va tomber comme un fruit mûr et que la droite va faire une entrée fracassante à La Moncloa avec une forte majorité et une faiblesse de la gauche, qui lui permettra de rêver d’y rester plusieurs années", écrit donc le grand quotidien national. Et ce quitte à attendre, en 2027, le départ du socialiste… qui n’a pas renoncé à refaire acte de candidature pour un nouveau mandat.

© afp.com/Borja Puig de la Bellacasa

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, lors d'une prise de parole à Madrid (Espagne), le 8 septembre 2025.

Centrafrique : élections à la fois présidentielle, législatives, municipales et régionales

28 décembre 2025 à 12:48
Les électeurs centrafricains ont commencé à voter pour l'élection présidentielle où le sortant Faustin-Archange Touadéra part favori pour un troisième mandat consécutif en se targuant d'avoir stabilisé ce pays abonné aux conflits. Quelque 2,3 millions d'électeurs sont appelés à voter entre 5 h et 17 h GMT pour ces élections à la fois présidentielle, législatives, municipales et régionales.

Iran-Israël : le récit des 12 jours de guerre ouverte

28 décembre 2025 à 09:54
Du 13 au 24 juin 2025, Israël et l’Iran s'affrontent à coups de missiles et de frappes aériennes. Un conflit qui affaiblit considérablement la République islamique, touche durement certaines villes israéliennes et dont l'issue est décidée dans le Bureau ovale. En lettres capitales sur son réseau social, c'est Donald Trump qui lui a donné son nom : “La guerre des douze jours”.  Récit.

Les Birmans ont voté pour des élections contestées, après cinq ans de guerre civile

28 décembre 2025 à 01:31
La Birmanie a tenu, dimanche, des élections législatives à l'initiative de la junte au pouvoir. L'élection est "libre et équitable", a déclaré Min Aung Hlaing, le chef de la junte, près de cinq ans après avoir renversé le gouvernement et déclenché une guerre civile. Des élections contestées à l'international, notamment par l'ONU.

Niger : la junte décrète la "mobilisation générale" face à l’escalade des violences jihadistes

27 décembre 2025 à 23:01
Le régime militaire au pouvoir au Niger a annoncé la "mobilisation générale" et la possibilité de réquisitionner personnes et biens pour lutter contre les groupes jihadistes, qui frappent le pays depuis des années. Cette décision intervient dans un contexte de violences persistantes, ayant fait près de 2 000 morts depuis le début de l’année, selon l’ONG Acled.

Reçu — 27 décembre 2025 6.2 📰 Infos Monde

Nouveau scandale en Ukraine : des députés accusés de corruption à la veille de la rencontre Zelensky-Trump

27 décembre 2025 à 17:50

L'agence anticorruption ukrainienne (NABU) a accusé samedi plusieurs députés d'avoir accepté des pots-de-vin en échange de leur vote au Parlement et tenté de perquisitionner des bureaux gouvernementaux à Kiev, un nouveau scandale révélé juste après le départ du président Volodymyr Zelensky pour les Etats-Unis. Le NABU a indiqué sur Telegram avoir "mis au jour un groupe criminel organisé comprenant des membres actuels du Parlement" qui "recevaient systématiquement des avantages illégaux pour voter à la Rada".

Des enquêteurs ont tenté de perquisitionner des locaux de comités parlementaires à Kiev mais en ont été empêchés par les forces de sécurité, a précisé cette instance. "Entraver les actions d'enquête constitue une violation directe de la loi", a-t-elle averti. Le service de sécurité de l'Etat a ensuite indiqué sur Facebook que les enquêteurs du NABU "ont été autorisés à entrer dans le quartier gouvernemental", où se situent les locaux de nombreuses institutions. Le NABU n'a pas précisé si des arrestations avaient eu lieu dans cette affaire.

Départ de Zelensky pour la Floride

Ce nouveau scandale de corruption au sein de l'Etat ukrainien éclate juste après le départ de Volodymyr Zelensky pour la Floride, où il doit rencontrer son homologue américain Donald Trump dans le cadre des négociations sur le plan visant à mettre fin à la guerre avec la Russie. La présidence ukrainienne avait déjà été déstabilisée par un vaste scandale de corruption portant sur le détournement présumé de près de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique impliquant un proche ami de Volodymyr Zelensky, qui se trouve aujourd'hui en fuite à l'étranger. Cette affaire avait poussé à la démission deux ministres et le puissant chef de l'administration présidentielle Andriï Iermak, également cité, qui était le négociateur privilégié avec Washington.

Si l'Ukraine est dotée d'une agence anticorruption, le NABU, et d'un parquet spécialisé, le SAP, les affaires dévoilées se traduisent rarement par des condamnations en justice. Créé en 2014 sous pression européenne et américaine, le NABU est une instance dotée uniquement d'un pouvoir d'enquête et dont le directeur est nommé par le cabinet des ministres, mais qui jouit d'une indépendance au sein de l'appareil ukrainien.

Cet été, la présidence avait tenté de priver le NABU et le SAP de leur indépendance en subordonnant leurs activités au procureur général, qui répond lui-même à Volodymyr Zelensky. Ce dernier avait dû faire marche arrière face à la levée de boucliers au sein de la société civile et chez les alliés occidentaux de Kiev. Cette tentative avait provoqué les premières manifestations d'ampleur en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en 2022.

La corruption est un mal endémique en Ukraine comme dans nombre d'autres pays de l'ex-URSS, notamment la Russie. Depuis le début de l'invasion russe en 2022, de multiples affaires ont été révélées, y compris dans l'armée et le secteur de la défense. Les militants anticorruption se plaignent de faire l'objet de pressions politiques et d'un harcèlement judiciaire visant à entraver leur travail.

© AFP

Le président Volodymyr Zelensky s'adresse aux membres du parlement ukrainien à Kiev, le 16 octobre 2024.

"Génocide" des chrétiens au Nigeria : ce qu’il faut comprendre des frappes américaines visant des djihadistes de l'Etat islamique

27 décembre 2025 à 17:27

Il se pose en défenseur des communautés chrétiennes. Le jeudi 25 décembre, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis avaient mené de "nombreuses" frappes meurtrières contre l'Etat islamique, dans l’Etat de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria. Le dirigeant américain accuse l’organisation terroriste, qui sévit dans le pays le plus peuplé d’Afrique de l’Ouest, de perpétrer des crimes qu’il qualifie de "massacres de chrétiens", affirmant que ces derniers subissent une "menace existentielle" de l’ordre du "génocide". Une lecture confessionnelle de ce conflit complexe, remise en question par de nombreux experts. L’Express fait le point sur la situation.

⋅ Pourquoi Donald Trump a-t-il officiellement ordonné ces frappes ?

Les Etats-Unis ont annoncé avoir mené, le jour de Noël, plusieurs frappes contre des positions de l’Etat islamique dans le nord-ouest du Nigeria, à la demande des autorités nigérianes. Ces frappes ont été menées par des missiles guidés tirés depuis des drones évoluant à moyenne altitude, "depuis des plateformes maritimes basées dans le golfe de Guinée", a précisé vendredi soir le ministre nigérian de l’Information, Mohammed Idris. "Au total, 16 munitions de précision guidées par GPS ont été déployées à l’aide de plateformes aériennes sans pilote MQ-9 Reaper, neutralisant avec succès des éléments de l’Etat islamique qui tentaient de pénétrer au Nigeria depuis le corridor sahélien", a-t-il détaillé dans un communiqué.

Donald Trump, lui, a justifié cette intervention par la nécessité de répondre à ce qu’il a qualifié de "massacres de chrétiens" par le groupe terroriste, et s’est félicité que "tous les camps" djihadistes visés par l’armée américaine ont été "décimés", dans une interview diffusée le 26 décembre par le média Politico. Une grande partie des violences récentes dans l’État de Sokoto — une région à majorité musulmane - est imputable à un groupe appelé Lakurawa, d’après l’Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED). Certains analystes, y compris ceux d’ACLED, associent ce groupe à l’État islamique, tandis que d’autres affirment que Lakurawa est affilié à une organisation rivale affiliée à Al-Qaïda.

⋅ Les chrétiens font-ils l’objet d’un massacre comme l’affirme Donald Trump ?

"L’essentiel des violences dites religieuses concerne en réalité des musulmans tués par d’autres musulmans, notamment dans le cadre des actions de la mouvance Boko Haram. Il existe bien sûr des attaques ciblant des chrétiens, parfois contre des églises, mais elles restent très minoritaires", affirme aux Echos Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (l’IRD).

Au Nigeria, la violence est en effet protéiforme, et varie selon les régions. Dans le nord-est, les militants de Boko Haram et de l’État islamique sont actifs ; dans le nord-ouest, les bandits – dont certains sont liés à des groupes islamistes – prédominent ; et dans le centre du pays, les conflits entre agriculteurs chrétiens et éleveurs musulmans sont monnaie courante, mais avant tout pour des raisons foncières et politiques, liées à l’accès à la terre et aux ressources.

"Les zones que les Américains ont frappées et au-dessus desquelles ils mènent leurs opérations de surveillance aérienne ne sont pas les régions dans lesquelles on a enregistré le plus de morts dans la communauté chrétienne. Les chrétiens sont surtout victimes de la violence dans la Middle Belt, au cœur d’un intense conflit entre éleveurs et agriculteurs. Mais il serait extrêmement difficile de conduire des frappes dans cette région sans risquer de faire des victimes collatérales", appuie Nnamdi Obasi, chercheur à l’International Crisis Group, interrogé par RFI.

⋅ Que dit le Nigeria ?

Le Nigeria conteste la grille de lecture confessionnelle imposée par Donald Trump. Au micro de la BBC, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, a déclaré qu’il s’agissait d’une "opération conjointe" contre des "terroristes", et qu’elle "n’avait rien à voir avec une religion en particulier". Après des discussions entre les ministères américain et nigérian de la Défense, Tuggar a indiqué que le secrétaire d’État Marco Rubio l’avait appelé jeudi soir. Durant leur conversation de 19 minutes, le ministre nigérian a insisté sur le fait que les communications relatives aux frappes ne devaient pas être "entravées par la question religieuse", et a ensuite rapporté cette conversation au président nigérian, Bola Ahmed Tinubu, qui a approuvé les frappes. "Cela fait partie de notre lutte contre l’insécurité. Cette opération sera un effort conjoint continu de lutte contre le terrorisme au Nigeria jusqu’à ce que nous démantelions leurs cellules au Nigeria et aux abords de nos frontières", a-t-il encore affirmé au Washington Post.

Car dans l’État de Sokoto et dans le nord du pays, les extrémistes imposent des versions de plus en plus strictes de la loi islamiste, exigeant par exemple des résidents qu’ils respectent des codes vestimentaires conservateurs et qu’ils suppriment la musique de leurs téléphones. Pour Malik Samuel, chercheur principal chez Good Governance Africa, qui étudie les militants islamistes depuis plus de dix ans, cela explique que de nombreux Nigérians accueillent favorablement cette intervention américaine, alors qu’ils accusent leur gouvernement de ne pas avoir fait assez pour "résister" face à cette menace. En revanche, pour ce spécialiste, le terme de "génocide" utilisé par Donald Trump est là encore inexact, et son affirmation selon laquelle des militants de l’Etat islamique auraient été touchés est "douteuse", explique-t-il au Washington Post.

⋅ Quelle serait la vraie raison de l’intervention de Donald Trump ?

"Cette séquence s’inscrit dans une dynamique engagée dès le début de l’année 2025, lorsque des représentants d’églises évangéliques nigérianes ont été auditionnés au Congrès américain, dénonçant un prétendu génocide et appelant à des sanctions contre le gouvernement nigérian. Cette rhétorique, portée par des milieux religieux conservateurs, trouve un écho particulier aux Etats-Unis, où ces courants constituent une base électorale importante de Donald Trump", éclaire Marc-Antoine Pérouse de Montclos, toujours dans Les Echos.

Fin octobre, à l’issue de cette campagne de lobbying, l’administration Trump avait en effet réinscrit le Nigeria sur la liste des pays "particulièrement préoccupants" en matière de liberté de culte, débouchant sur des pressions diplomatiques et des sanctions à l’égard du pays. Dans la foulée, le président américain avait enchaîné les menaces contre ce "pays en disgrâce", liste le think tank indépendant International Crisis Group : coupe dans les aides financières, menace d’intervention militaire, restriction de l’octroi de visas aux Nigérians, etc.

"L’attaque contre l’EI au Nigeria est-elle liée à une campagne antiterroriste plus vaste ? Ou ces frappes visent-elles à apaiser les chrétiens des États-Unis qui constituent une partie de l’électorat du président ?", a d’ailleurs fait mine de s’interroger Colin P. Clarke, directeur exécutif du Soufan Center, une société de renseignement et de conseil basée à New York, dans un courriel adressé au New York Times. "Je suis tout à fait favorable à la lutte contre Daech en Afrique, mais sa raison d’être ne devrait pas être idéologique ou religieuse", a-t-il ajouté, estimant que "les États-Unis devraient démanteler la menace que représente Daech en Afrique car elle constitue un risque pour la sécurité nationale et les intérêts américains".

© afp.com/ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Le président américain Donald Trump dans sa résidence de Mar-a-Lago, à Palm Beach, le 22 décembre 2025 en Floride

Yémen : l'Arabie saoudite menace les séparatistes d'une action militaire

27 décembre 2025 à 15:34
"Dans le but de protéger la vie des civils", l'Arabie saoudite a menacé, samedi, d'une action militaire les séparatistes du Conseil de transition du sud au Yémen. Riyad, qui soutient le gouvernement yéménite, a appelé le STC à se retirer "pacifiquement" des provinces récemment conquises de Hadramout et Mahra.

Accès à la mer Rouge, coopération économique... Pourquoi Israël est le premier Etat à reconnaître le Somaliland ?

27 décembre 2025 à 12:30

C’est une décision qui enflamme une grande partie de l’Afrique. Vendredi 26 décembre, Israël est devenu le premier pays au monde à reconnaître le Somaliland, un territoire situé à la pointe nord-ouest de la Somalie, comme un Etat "indépendant et souverain". De la taille environ de la Tunisie, cette république autoproclamée a déclaré unilatéralement son indépendance en 1991, et fonctionne depuis en autonomie, avec ses propres monnaie, armée et police. Jusqu’à présent, elle n’était reconnue officiellement par aucun pays, ce qui la maintenait dans un certain isolement politique et économique malgré sa situation à l’entrée du détroit de Bab Al-Mandeb, sur l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde reliant l’océan Indien au canal de Suez.

Très vite, la Somalie a condamné une "attaque délibérée contre sa souveraineté", estimant que cette reconnaissance par Israël exacerbait "les tensions politiques et sécuritaires dans la Corne de l’Afrique, la mer Rouge et le golfe d’Aden, le Moyen-Orient et la région au sens large", a averti le bureau du premier ministre somalien, Hamza Abdi Barre, dans un communiqué.

Une pluie de condamnations

L’annonce israélienne a provoqué également un concert de condamnations dans la région, notamment de la part de Djibouti, de l’Egypte mais aussi de la Turquie qui a dénoncé la "politique expansionniste" d’Israël et une "ingérence manifeste dans les affaires intérieures de la Somalie". Le ministère des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, lui, s’est inquiété de cette annonce de reconnaissance, affirmant qu’Israël avait "déjà évoqué le Somaliland comme destination pour l’expulsion de représentants du peuple palestinien, en particulier depuis la bande de Gaza". Sur ce sujet, la Somalie a réaffirmé son soutien "indéfectible" aux droits légitimes du peuple palestinien, "notamment à son droit à l’autodétermination et son rejet catégorique de l’occupation, des déplacements forcés." "A cet égard, la Somalie n’acceptera jamais de rendre le peuple palestinien apatride", a ajouté Mogadiscio.

Interrogé par le New York Post sur une éventuelle reconnaissance américaine, Donald Trump a de son côté simplement répondu "non", avant de nuancer : "Nous allons étudier cela", puis de conclure : "Est-ce qu’il y a vraiment des gens qui savent ce qu’est le Somaliland ?"

Sécuriser l’accès à la mer rouge

Quelle mouche a donc piqué Israël ? Selon une note de juillet du think-tank américain Atlantic Council, le renforcement des liens avec le Somaliland permmettrait en effet à Israël de "sécuriser son accès à la mer Rouge" pour faciliter sa lutte contre les rebelles houthistes du Yémen - des soutiens du Hamas qui ont mené plusieurs attaques contre des navires commerciaux et des cibles militaires - "et de contrebalancer l’influence régionale des puissances rivales, tout en consolidant la présence de ses alliés". "À ceux qui se moquent des raisons pour lesquelles Israël s’engagerait au Somaliland : regardez la carte. Le Somaliland est situé sur le golfe d'Aden, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb, un point de passage stratégique pour le commerce et l’énergie mondiaux. De l’autre côté du golfe, les Houthis, soutenus par l’Iran, bombardent Israël et ses navires. Le Somaliland offre la stabilité, des ports, un accès aux renseignements et une plateforme non iranienne sur la mer Rouge", a commenté de son côté Mark Dubowitz, directeur général du think tank Foundation for Defense of Democracies, cité par Bloomberg.

Après cette annonce, Benyamin Nétanyahou a évoqué une "belle occasion d’élargir" un partenariat entre les deux pays, notamment dans les domaines économique et agricole. Une déclaration "conjointe et mutuelle" a été signée par les deux parties et le Somaliland a exprimé son intention de rejoindre les accords d’Abraham, un processus qui, en 2020, avait vu plusieurs pays arabes normaliser leurs relations avec Israël. Le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a déclaré vendredi que les deux pays allaient établir "des relations diplomatiques complètes, avec la nomination d’ambassadeurs et l’ouverture d’ambassades", et le président du Somaliland a été invité en Israël.

© afp.com/oliver contreras

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'adresse à la presse depuis le Capitole, à Washington, le 7 février 2025

Prisonniers en Ukraine, deux soldats nord-coréens rêvent d'une "nouvelle vie" en Corée du Sud

27 décembre 2025 à 11:39

Déployés aux côtés des Russes sur le front ukrainien, blessés au combat puis faits prisonniers, les deux soldats nord-coréens captifs en Ukraine rêvent à présent d'une "nouvelle vie" en Corée du Sud. Un souhait qu'ils ont formulé dans une lettre, pour la première fois avec leurs mots. "Grâce au soutien du peuple sud-coréen, de nouveaux rêves et de nouvelles aspirations ont commencé à prendre racine", expliquent-ils dans ce texte, daté de fin octobre et adressé à une ONG de Séoul qui l'a transmis à l'AFP mercredi. Début novembre, Gyeore-eol Nation United, un groupe d'aide aux transfuges, avait déjà rapporté que ces militaires voulaient faire défection en Corée du Sud. Cette fois en revanche, ils s'expriment directement dans un écrit signé de leurs noms, qui sont gardés secrets pour les protéger.

Les deux hommes, prisonniers depuis janvier après avoir été blessés sur le champ de bataille, remercient ceux qui leur viennent en aide en les "encourageant" et en "voyant cette situation non pas comme une tragédie, mais comme le début d'une nouvelle vie". "Nous croyons fermement que nous ne sommes jamais seuls et considérons les Sud-Coréens comme nos propres parents et frères et sœurs, et nous avons décidé de trouver leur étreinte", ajoutent les soldats.

Du Sud ou du Nord, tous les Coréens sont considérés comme des citoyens de Corée du Sud à part entière, en vertu de la Constitution. Même si les deux Corées sont techniquement toujours en guerre, leur conflit s'étant soldé en 1953 par un armistice et non un traité de paix. Les Nord-Coréens captifs ont remis leur lettre lors du tournage fin octobre d'un entretien, co-organisé par Gyeore-eol Nation United, pour un documentaire, en un lieu dont l'emplacement n'est pas connu. "Les deux ont demandé au producteur, à la fin de l'interview, de les emmener au Sud", avait alors dit à l'AFP Jang Se-yul, directeur de Gyeore-eol Nation United. "Ils ont supplié l'intervieweuse de promettre qu'elle reviendrait les chercher", avait poursuivi Jang Se-yul, qui a lui-même fui la Corée du Nord dans les années 2000. La vidéo de cette interview n'est pas encore disponible, mais devrait être publiée en janvier, selon Jang Se-yul.

"Condamnation à mort"

Le Nord a activement participé à l'effort de guerre de Moscou depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, fournissant du matériel à son allié et, selon le renseignement sud-coréen, quelque 10 000 troupes. Les soldats de Pyongyang ont notamment été déployés dans la région russe de Koursk, partiellement occupée par les forces ukrainiennes entre août 2024 et le printemps 2025.

Mi-décembre, l'agence officielle de Pyongyang avait fait état de la mort de neuf soldats d'une unité du génie militaire nord-coréenne qui avait été déployée pour déminer la région de Koursk. Mais au total, selon les estimations sud-coréennes, au moins 600 militaires nord-coréens sont morts et des milliers ont été blessés. Le renseignement de Séoul a de plus indiqué que les militaires de Pyongyang avaient pour ordre de se suicider afin d'éviter d'être capturés.

Le parlementaire sud-coréen Yu Yong-weon, qui a rendu visite aux prisonniers en Ukraine en février, a raconté que les deux soldats avaient vu des camarades se faire exploser avec des grenades. Les renvoyer en Corée du Nord serait donc comme "une condamnation à mort", a-t-il prévenu. A Séoul, le ministère des Affaires étrangères a appelé l'Ukraine à ne pas "rapatrier de force les prisonniers de guerre nord-coréens", et demandé que leur volonté de rallier le Sud soit respectée.

Pyongyang n'a reconnu avoir envoyé des troupes en Russie qu'en avril, et concédé que certains étaient morts. Les analystes pensent que le Nord reçoit une aide financière, des technologies militaires et des livraisons de nourriture et d'énergie de la part de la Russie en échange de son appui.

© afp.com/Jung Yeon-je

Photo prise à Séoul, le 24 décembre 2025, montrant une copie d'une lettre écrite le 28 octobre 2025 par des prisonniers de guerre nord-coréens en Ukraine

Gen Z : 2025, l’année où la jeunesse mondiale a voulu tout changer

27 décembre 2025 à 10:23
En 2025, du Népal au Maroc, de Madagascar au Pérou, la Gen Z est descendue dans la rue pour faire entendre sa voix. Révoltée par les inégalités et les privilèges d'élites corrompues et sans complexes, la jeunesse du Sud global a vu se transformer ses revendications locales en un mouvement mondial. Retour sur une année charnière et sur une génération qui veut encore faire parler d'elle en 2026. 

La Thaïlande et le Cambodge conviennent d'un cessez-le-feu "immédiat"

27 décembre 2025 à 09:35
La Thaïlande et le Cambodge sont convenus samedi d'un cessez-le-feu "immédiat" dans leur conflit frontalier. Le texte prévoit notamment un gel des positions militaires, le déminage des zones frontalières et la libération par Bangkok de 18 soldats cambodgiens après 72 heures de cessez-le-feu effectif. Les explications de notre correspondant Constantin Simon, à Bangkok, en Thaïlande.

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