Jack Lang assume « pleinement [ses] liens » avec Jeffrey Epstein, « à une époque où rien ne laissait supposer » ses crimes

© Stephanie Lecocq/REUTERS

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Et si un gendarme nommé à Ajaccio était tenu de s’exprimer en corse ? Et si tous les élèves scolarisés à Strasbourg devaient suivre des cours d’alsacien ? Et si un Toulousain avait le droit de parler occitan devant un juge ? Ces mesures, qui relèvent en France de la politique-fiction, sont pourtant monnaie courante chez nos voisins européens.
Et cela change tout. On croit souvent que le recul des langues régionales et minoritaires serait lié à la modernité, au déclin de la paysannerie, à l’urbanisation... L’explication est autre, comme le montrent les comparaisons internationales. Au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne, en Slovénie, en Suisse (et ailleurs), des mesures protectrices sont prises en faveur de ces langues, qui y disposent souvent d’un statut officiel et se portent plutôt bien. Autant de mesures refusées par Paris, avec pour conséquence une chute des taux de pratique dans l’Hexagone. Le nombre de locuteurs du breton est ainsi passé de 1,1 million en 1952 à 107 000 aujourd’hui.
Dans les écoles galloises, l'anglais peut être une langue étrangère
Le gallois fait face à la langue la plus puissante du monde, l’anglais. Et pourtant, cette langue régionale gagne des locuteurs, grâce notamment à l’enseignement. L’étude du gallois est en effet obligatoire pour tous les élèves et occupe entre 20 % et 80 % des cours. Les écoles sont réparties en trois catégories : immersion totale (l’anglais y est étudié comme langue étrangère) ; bilinguisme (répartition équilibrée) ; à dominante anglaise (majorité des cours en anglais). Un exemple de "revitalisation" réussie.
L’occitan, langue officielle dans le val d’Aran
Le val d’Aran est une vallée espagnole dont la langue historique est l’occitan, qu’on appelle sur place l’aranais. Sous Franco, seul le castillan (la langue de Madrid) y avait droit de cité et l’aranais perdait des locuteurs. Depuis le retour de la démocratie, en 1975, il est en usage dans les mairies, les administrations et les écoles. Résultat : 68 % de la population sait désormais le parler. Un taux dix fois supérieur à celui enregistré côté français, où la langue des troubadours est classée en « danger sérieux d'extinction » par l’Unesco.
L’allemand autorisé au tribunal dans le Haut-Adige
Il existe en Italie une région où l’on peut s’exprimer devant un tribunal en… allemand. Il s’agit du Haut-Adige, l’ancien Sud-Tyrol autrichien annexé en 1918. Mussolini a bien tenté d’y imposer l’italien mais, après la chute du dictateur, un régime de tolérance linguistique a été mis en place. Aujourd’hui, chaque citoyen a le droit d’employer sa langue maternelle avec l’administration, y compris, donc, devant un juge. Ce qui n’empêche pas l’intercompréhension : 95 % de la population germanophone maîtrise l’italien.
L’italien en usage dans les administrations du Tessin
On imagine mal le sous-préfet de Bayonne devoir parler basque et encourager son personnel à l’apprendre. C’est pourtant ce qu’il se passe en Suisse, où l’égalité entre les langues fait partie des principes inscrits dans la Constitution. Une philosophie qui bénéficie notamment à l’italien. Parlé par seulement 8 % de la population totale du pays, il demeure très vivace dans le canton du Tessin, où sa variante locale, le tessinois, est l’unique langue officielle. On y recense environ 88 % de locuteurs.
Un droit de veto pour le député de la minorité hongroise
En Slovénie, la minorité hongroise est reconnue comme une communauté nationale "autochtone" et bénéficie de droits garantis par la Constitution (il en va de même pour les italophones). Dans les cinq communes où elle vit, le hongrois a le même statut que le slovène, que ce soit dans les écoles, les assemblées politiques, les tribunaux, les hôpitaux et les administrations. Les magyarophones élisent également un député qui, à l’Assemblée nationale, dispose d’un droit de veto sur tous les textes concernant les minorités.

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Cela fait "seulement" un peu plus d’une semaine, mais déjà les couacs s'enchaînent. Alors que l'application chinoise TikTok a été vendue le 22 janvier dernier à un groupe d’investisseurs américains, parmi lesquels le géant des logiciels d’entreprise, Oracle, l'application de vidéos courtes a été touchée par une panne d'ampleur, empêchant les utilisateurs américains de se connecter, de télécharger ou de publier des vidéos, ou encore de commenter des publications.
Selon le site Downdetector, les premiers signalements ont commencé le 25 janvier, pour atteindre un pic de 15 696 signalements enregistrés. Le lendemain, des pannes ont continué à être notifiées toute la journée, au grand désarroi des 200 millions d'utilisateurs américains. La tempête hivernale Fern, qui a touché de plein fouet les Etats-Unis, a en effet paralysé plusieurs centres de données d’Oracle sur lesquels TikTok s’appuie, ce que l’entreprise n’a pas immédiatement rendu public, dévoile The Guardian. "Bien que le réseau soit rétabli, la panne a provoqué une défaillance en cascade des systèmes que nous nous efforçons de résoudre avec notre partenaire de centre de données", a fini par publier Tiktok USDS, la nouvelle coentreprise américaine, sur X.
Mais très vite s'est ajouté un autre problème : après la mort d’Alex Pretti, tué par des agents fédéraux dans le contexte brûlant des manifestations contre la police de l'immigration américaine, "ICE", des personnalités en vue de TikTok n'auraient pas pu publier leurs vidéos d'indignation, selon plusieurs médias. A l'image de celle de l'influenceuse Jen Hamilton sur l'arrestation par des agents fédéraux de Liam Conejo Ramos, âgé de 5 ans, qui n'a pas pu être téléchargée. "C’est très ironique que dès le premier jour de cette prise de contrôle (américaine de l'application), je publie quelque chose sur l’ICE et que cela ne soit pas visible par le public", observe-t-elle à CNN, ajoutant que la vidéo n’était toujours pas accessible à ses abonnés. D'autres utilisateurs affirment au contraire que leur contenu a été publié mais s'est retrouvé "invisible", au point de n'afficher aucune vue.
Dans la foulée, le sénateur de Californie Scott Weiner, la musicienne Billie Eilish, ainsi que l’humoriste Meg Stalter ont accusé TikTok d’étouffer les vidéos critiques envers les agents fédéraux de l’immigration. Cette dernière, suivie par près de 280 000 abonnés, a déclaré qu’elle supprimerait son compte, tandis que des médias du monde entier — le New York Times, Variety, The Independent, CNN, le Washington Post — ont relayé ces accusations. Le sénateur démocrate du Connecticut, Chris Murphy, a également tweeté que la censure présumée de TikTok constituait une "menace pour la démocratie", si elle était avérée.
Le 26 janvier, l'application est sortie de son silence, sans pour autant reconnaître la moindre censure. "Au cours du week-end, un centre de données Oracle a subi une coupure de courant temporaire liée aux conditions météorologiques, ce qui a affecté TikTok. Les difficultés que peuvent rencontrer les utilisateurs américains de TikTok sont le résultat de problèmes techniques survenus après cette coupure de courant", a-t-elle simplement expliqué dans un communiqué. Le lendemain, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a néanmoins annoncé que son bureau enquêterait pour déterminer si TikTok avait censuré des vidéos critiques envers Donald Trump, élargissant ainsi le champ des accusations d’ingérence pro-Maga à l’application.
Conséquence de ces critiques : un nombre indéterminé d’utilisateurs a déclaré quitter le nouveau TikTok américain, propulsant un nouveau concurrent, Upscrolled, à la première place de l’App Store d’Apple aux Etats-Unis et à la troisième place du Google Play Store. Cette application, qui promet "moins de censure que TikTok", revendique à ce jour plus d'un million d'utilisateurs ; un exode qui n'est pas sans rappeler celui qu'a connu Twitter, devenu X, après le rachat par Elon Musk en 2022.

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