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Ukraine : Mykhaïlo Fedorov, un geek spécialiste des drones à la tête du ministère de la Défense
Son nom avait été proposé à la surprise générale, le 2 janvier dernier, par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Après un vote positif de la Rada, le parlement ukrainien, mercredi 14 janvier, c'est désormais officiel : Mykhaïlo Fedorov, jusqu'ici vice-Premier ministre et ministre de la Transformation numérique, a été nommé à la tête du ministère de la Défense. Peu connu du grand public, l'homme de 34 ans est pourtant le seul membre du gouvernement à avoir survécu à tous les remaniements gouvernementaux depuis l'élection de Volodymyr Zelensky en 2019. Nommé six mois auparavant, en juillet 2025, son prédécesseur à la Défense Denys Chmyhal a été déplacé au poste de vice-Premier ministre et ministre de l'Énergie.
Si la nomination du jeune entrepreneur a pu étonner, elle est parfaitement logique pour le président ukrainien : "Mykhaïlo est profondément impliqué dans les questions liées à la ligne de drones et travaille très efficacement à la numérisation des services et des processus publics, a détaillé Volodymyr Zelensky dans son message quotidien le 2 janvier dernier. Avec toute notre armée, le commandement de l'armée, les producteurs d'armes nationales et les partenaires ukrainiens, nous devons mettre en œuvre des changements dans le secteur de la défense qui seront utiles."
Fondateur d'une entreprise de stratégie marketing des réseaux sociaux, SMM Studio, et diplômé de l'université de Zapirijia, sa région de naissance, Mykhaïlo Fedorov est un ovni au sein de l'exécutif ukrainien. "Je me sens comme une start-up au sein du gouvernement", confiait-il lui-même en 2023 dans un entretien accordé au média indépendant ukrainien Liga.net, admettant ne pas se considérer comme un politicien. Alors que son nom circulait pour prendre potentiellement la tête du gouvernement, il rejetait déjà l'option : "Je ne veux pas être le Premier ministre. J'espère que cela n'arrivera jamais."
"Plus de robots signifie moins de pertes"
En quelques années, Mykhaïlo Fedorov s'est imposé comme le négociateur-clé avec les géants de la Tech. Dès le début de l'invasion russe en Ukraine, il s'était fait remarquer en interpellant sur les réseaux sociaux, une à une, les multinationales pour qu'elles cessent leurs activités avec la Russie. "Nos messages sur Twitter ne sont que la pointe émergée de l'iceberg. En parallèle, mon équipe passe son temps à échanger par mail, SMS, Zoom avec des entreprises et à organiser des réunions avec elles, confiait-il à L'Express en août 2022. La plupart des entreprises ont rejoint notre démarche en imposant des sanctions, en quittant le marché russe et en cessant de mettre à jour leurs équipements sur place." C'est ainsi que l'Ukraine a pu bénéficier des terminaux Starlink d'Elon Musk, contournant les coupures internets sur les zones de front.
Acteur central de la transformation numérique de l'armée ukrainienne depuis le début de la guerre, le trentenaire est notamment au cœur de l'utilisation des drones, principales réussites de l'armée ukrainienne, pour repérer et éliminer les troupes russes. Un programme de 400 unités de dronistes qui a atteint un nouveau sommet en septembre dernier lorsque l'Ukraine a envoyé ses premiers drones fait-maison Shmavic sur le front. Si le drone n'est pas entièrement fabriqué en Ukraine, il permet tout de même de réduire la dépendance au fabricant chinois de drones DJI. En parallèle, Mykhaïlo Fedorov a coordonné un contingent de dizaines de milliers de hackeurs volontaires qui s'attaquent aux services informatiques russes. À la tête du ministère de la Défense, il compte bien poursuivre ses efforts de modernisation. "Plus de robots signifie moins de pertes, plus de technologie signifie moins de décès. La vie des héros ukrainiens est de la plus haute valeur", a-t-il déclaré mercredi aux élus de la Rada.
Défi budgétaire et humain
Autre innovation du ministre-geek : l'application Diia. Lancée en 2020, elle permet aux Ukrainiens d'avoir accès aux services gouvernementaux directement via leur smartphone, notamment pour lutter contre la bureaucratie. Généralisée pendant le Covid-19, Diia est désormais utilisée comme un outil militaire : les citoyens ukrainiens peuvent y alerter l'armée de la présence de troupes russes, de drones ou d'objets explosifs. Cette application à tout faire permet également "de faire des dons à l'armée en quelques clics, d'obtenir des documents numériques pour les personnes qui ont dû fuir leur maison sans leurs papiers, ou de bénéficier d'aides financières publiques via une application", comme le détaillait L'Express en 2022.
Mais le jeune politicien ne pourra pas se reposer sur ses compétences numériques pour réussir à la tête du portefeuille de la Défense. Face à l'agression de la Russie, Mykhaïlo Fedorov est conscient qu'il devra faire face à un défi budgétaire et humain. "Le ministère de la Défense arrive entre mes mains avec un déficit de 300 milliards de dollars [6,7 millions de dollars, NDLR], deux millions d'Ukrainiens qui sont recherchés [pour avoir échappé à la mobilisation, NDLR] et 200 000 qui sont absents". Selon le Kyiv Post, le nouvel homme-fort du gouvernement a annoncé un audit approfondi de son ministère pour améliorer sa gestion financière. Il a également promis des réformes sur la formation et le recrutement des troupes, pour réduire les pertes sur le champ de bataille. Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) évalue les pertes ukrainiennes entre 60 000 et 100 000 soldats en 2025.

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C'est un accord noué avant le mouvement de protestation massif qui secoue l'Iran, marqué par une violente répression du régime. Il peut paraître à première vue surprenant, tant les tensions sont fortes entre Israël et l'Iran. Ces deux Etats rivaux se sont secrètement entendus par l'intermédiaire de la Russie, rapporte le Washington Post mercredi 14 janvier. Ils ont échangé des messages, via un intermédiaire russe, affirmant qu'ils ne lanceraient pas d'attaque préventive l'un contre l'autre, indique le célèbre quotidien américain.
Fin décembre, soit quelques jours avant le début des manifestations en Iran, des responsables israéliens ont informé les dirigeants iraniens, via la Russie, qu'ils ne lanceraient pas de frappes contre l'Iran si Israël n'était pas attaqué en premier. Téhéran a répondu - toujours par l'intermédiaire de Moscou, qui cherche à renforcer sa position auprès de Donald Trump afin d'obtenir des concessions dans les négociations sur la guerre en Ukraine - qu'il s'abstiendrait également de toute attaque préventive, selon des diplomates et des responsables régionaux informés de ces échanges sollicités par le quotidien américain. La semaine dernière, la chaîne de télévision publique israélienne KAN a rapporté que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait récemment demandé au président russe Vladimir Poutine de transmettre à l'Iran le message qu'Israël n'avait pas l'intention de l'attaquer.
Un "bon accord" pour Téhéran ?
Les responsables iraniens ont réagi positivement à l'initiative israélienne. Ils restaient toutefois méfiants quant aux intentions d'Israël, selon deux sources proches du dossier. L'Iran estimait que même si les assurances israéliennes étaient sincères, elles laissaient planer le doute quant à la possibilité que l'armée américaine lance des attaques contre l'Iran dans le cadre d'une campagne coordonnée par les deux alliés, tandis qu'Israël concentrerait ses forces exclusivement sur le Hezbollah, ont précisé ces mêmes sources.
Néanmoins, "pour l'Iran, c'était un bon accord" impliquant de rester à l'écart de tout affrontement entre Israël et le Hezbollah, la milice libanaise pro-iranienne, a déclaré un haut responsable de la région sous couvert d’anonymat. Les responsables américains ont indiqué au Washington Post que le soutien substantiel de l'Iran au Hezbollah a de toute façon déjà diminué, surtout depuis que Téhéran est confronté à des troubles intérieurs majeurs.
Le souvenir de la guerre des Douze jours
L'hostilité entre les deux ennemis jurés du Moyen-Orient, qui s'étaient affrontés lors d'un conflit de douze jours en juin, est connue. A ce moment-là, Israël avait lancé une attaque surprise d'envergure contre l'Iran alors même que des négociations nucléaires étaient en cours entre Washington et Téhéran. Plusieurs mois après cette guerre, les contacts entre Israël et l’Iran reflètent la volonté d'Israël d'éviter d'être perçu comme un facteur d'escalade des tensions avec l'Iran ou comme le fer de lance de nouvelles attaques contre ce pays, au moment même où l'Etat hébreu préparait une importante campagne militaire contre le Hezbollah, d'après des diplomates et des responsables régionaux. Ces assurances privées contrastent avec la rhétorique publique d’Israël à la fin de l’année dernière, lorsque ses responsables ont ouvertement évoqué la possibilité de mener de nouvelles frappes contre l'Iran afin de freiner ce qu’ils décrivaient alors comme le renouvellement rapide des stocks de missiles balistiques du pays.
Les violentes manifestations qui secouent l'Iran ces dernières semaines, mettant à l'épreuve le pouvoir du gouvernement, vont-elles modifier les calculs d'Israël et de l'Iran ? Les deux Etats ennemis respecteront-ils toujours leur accord privé ? Impossible de le savoir à ce stade. Après avoir menacé d'intervenir militairement en Iran, Donald Trump a semblé opérer un revirement mercredi, assurant que "les tueries prenaient fin" en Iran et que le régime des mollahs n'avait "pas prévu" d'exécuter des manifestants. Toute frappe militaire américaine pourrait en tout cas inciter l'Iran à riposter contre Israël, selon les analystes.
Un "silence" israélien intéressé
L'Etat hébreu observe avec un œil attentif et intéressé la contestation. "Israël suit de près la situation en Iran", a déclaré dimanche Benyamin Netanyahou. "Le peuple d’Israël et le monde entier sont en admiration devant le courage immense des citoyens iraniens", a-t-il dit, condamnant les "massacres de masse contre des civils" et espérant que l'Iran sera "bientôt délivré du joug de la tyrannie". Aucune menace contre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, n'a cependant été proférée.
En dehors de quelques déclarations, comme celles-ci, les dirigeants israéliens sont apparus quelque peu en retrait. Israël semble ainsi attendre de voir comment évoluera le mouvement de protestation, et laisse au président américain le temps de décider d'une éventuelle action. "La consigne générale est de garder le silence", a déclaré un responsable israélien à CNN. Ce silence peut notamment s'expliquer par le fait que si Israël s'impliquait maintenant, il donnerait à Téhéran exactement ce dont il a le plus besoin : la possibilité de détourner l'attention des problèmes internes actuels et de la reporter sur un adversaire étranger, qui plus est son ennemi juré.

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C'est la première action concrète depuis les menaces de Donald Trump. Plusieurs pays européens, dont la France, ont annoncé mercredi 14 janvier l'envoi cette semaine de soldats au Groenland pour prendre part à une mission conjointe. "À la demande du Danemark, j'ai décidé que la France participera aux exercices conjoints organisés par le Danemark au Groenland, l'Opération Endurance Arctique", a annoncé Emmanuel Macron sur le réseau social X. "De premiers éléments militaires français sont d'ores et déjà en chemin. D'autres suivront."
Le déploiement militaire français comprend un nombre non précisé de membres d'unités de montagne aguerries aux climats froids, a appris l'AFP mercredi auprès de l’armée française. A ce stade, selon les premiers éléments communiqués par le ministère des armées au Monde, il s'agit seulement d'un déploiement de troupes dans le cadre de ce qui est qualifié "d'exercice interallié". Cet entraînement est caractéristique des entraînements au "grand froid" que la France, comme d'autres pays, ont relancé depuis le début de la guerre en Ukraine, en 2022. Le président français doit apporter des précisions ce jeudi matin lors d'un Conseil de défense, en partie consacré au Groenland, mais aussi à la situation en Iran, qui a été convoqué en urgence à 8h à l'Élysée.

Des "divergences fondamentales" constatées lors d'une réunion
Un peu plus tôt, mercredi, Donald Trump avait répété que les Etats-Unis avaient besoin du Groenland, disant ne pas pouvoir compter sur le Danemark pour protéger l'île. Le "Groenland est très important pour la sécurité nationale, y compris celle du Danemark", a-t-il dit. "Et le problème", a-t-il poursuivi devant les journalistes, "c'est qu'il n'y a rien que le Danemark puisse faire si la Russie ou la Chine veulent occuper le Groenland". "Mais nous, on peut tout faire. Vous l'avez constaté la semaine dernière avec le Venezuela", a ajouté le président américain dans le bureau Ovale.
Celui-ci s'exprimait devant les journalistes après la tenue, plus tôt dans la journée à la Maison-Blanche, d'une réunion entre représentants de haut rang américains, danois et groenlandais lors de laquelle des "divergences fondamentales" ont été constatées. Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen, la représentante du Groenland Vivian Motzfeldt, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio et le vice-président américain J.D. Vance participaient à cette réunion. A l'issue des discussions, qui ont duré moins de deux heures, le premier a souligné que l'administration Trump n'avait pas changé d'avis concernant la nécessité d'acquérir le Groenland : "Il est clair que le président (Trump) a ce souhait de conquérir le Groenland."
Présence militaire renforcée
En amont des discussions à la Maison-Blanche, Nuuk et Copenhague ont déclaré avoir commencé à renforcer leur présence militaire au Groenland et autour de l'île, en coopération étroite avec des alliés de l'Otan, afin de réaliser leur promesse d'accroître la défense de l'Arctique. Selon le ministère danois de la Défense, un éventail d'exercices militaires sont prévus dans ce cadre tout au long de l'année 2026. "La sécurité en Arctique est d'une importance capitale pour le Royaume et nos alliés arctiques. Il est donc essentiel que nous renforcions, en étroite coopération avec nos alliés, notre capacité d'intervention dans la région", a déclaré Troels Lund Poulsen.
Dans un communiqué, le ministère danois de la Défense a précisé que des aéronefs, des moyens navals et des troupes danoises supplémentaires seraient déployés immédiatement au Groenland et dans ses environs dans le cadre d'exercices et d'entraînements intensifiés. Ce déploiement comprendra "l'accueil de forces alliées, la mise en œuvre d'avions de chasse et des missions de sécurité maritime", a ajouté le ministère.
Allemagne, Suède… Le soutien de pays européens
A Berlin, un porte-parole du gouvernement a fait savoir à Reuters que l'Allemagne enverrait ce jeudi des soldats de reconnaissance au Groenland, confirmant une information de Bild.
"L'objectif est d'examiner les conditions-cadres en vue d'éventuelles contributions militaires destinées à soutenir le Danemark dans la garantie de la sécurité dans la région, par exemple dans le domaine des capacités de surveillance maritime", a déclaré le ministère de la Défense allemand dans un communiqué. Selon ce ministère, une équipe de reconnaissance de 13 soldats sera déployée au Groenland, pour des exercices se déroulant jusqu'à samedi.
La Norvège et la Suède ont effectué des annonces similaires. Des militaires suédois doivent être dépêchés au Groenland, à la demande du Danemark, afin de "préparer les prochaines étapes dans le cadre de l’exercice danois 'Operation Arctic Endurance'", a développé le Premier ministre Ulf Kristersson sur X. Pour sa part, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a réitéré le soutien de l'UE au Groenland. "Nous respectons les souhaits et les intérêts des Groenlandais, et ils peuvent compter sur nous", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Le nombre de troupes envoyées s’annonce toutefois relativement modeste à ce stade. Comme le précise Le Monde, les Norvégiens ont annoncé l’envoi de seulement deux officiers. Ce type de déploiement en milieu polaire reste en effet très exigeant : l'envoi d’hommes et de matériels dans un environnement aussi extrême que le Groenland est un défi pour les armées, en raison du froid et de la nuit polaire.

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