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Deepfakes : la pudeur à géométrie variable d'Apple et Google

28 janvier 2026 à 08:58

« Couvrez ce sein que je ne saurais voir ! » L’Amérique s’émeut de ces applications qui pullulent sur l’App Store et le Google Play Store, permettant de dénuder virtuellement n’importe qui. Le principe n’a rien de nouveau, mais sa simplicité et sa rapidité d’exécution, dopées à l’intelligence artificielle générative, mettent désormais cette pratique à la portée de tous.

À l’image des coussins péteurs qui ont fait le succès de l’App Store à ses débuts, de nombreux développeurs ont passé ces dernières années à tenter de capitaliser sur ces nouvelles capacités techniques, allant parfois jusqu'à en faire la promotion de manière totalement décomplexée.

Image : Tech Transparency Project

Un business juteux sous l'œil des géants

Le Tech Transparency Project (TTP) vient de publier un rapport édifiant sur la facilité avec laquelle ces outils de « déshabillage » se dénichent sur les boutiques officielles. Selon les données d'AppMagic, les applications identifiées par le TTP cumulent plus de 705 millions de téléchargements à travers le monde et ont généré la bagatelle de 117 millions de dollars de revenus.

Le détail qui fâche : Apple et Google prélevant leur fameuse commission sur chaque transaction, les deux géants profitent directement de l'activité de ces applications. Pourtant, ces outils semblent être en violation flagrante des règles en vigueur. Le Google Play Store interdit ainsi formellement les « représentations de nudité sexuelle » ou les applications qui « dégradent ou objectivent les personnes ». Même constat chez Apple, où l'on affirme que les contenus ne doivent pas être « offensants, insensibles, bouleversants ou tout simplement glauques ».

La politique de l'autruche

Malgré ces chartes de bonne conduite, le rapport note qu'une simple recherche avec les mots-clés « nudify » ou « undress » suffit à faire remonter ces applications à la surface. Le TTP pointe du doigt l'incapacité d'Apple et Google à suivre le rythme effréné des deepfakes générés par l'IA.

Si les deux entreprises martèlent à l'envi que la sécurité des utilisateurs est leur priorité absolue, elles hébergent pourtant une collection d'outils capables de transformer une photo anodine en un cliché à caractère sexuel, le tout sans le consentement de la personne concernée.

Face à ce phénomène, Apple et Google réagissent timidement. Apple a ainsi confirmé avoir supprimé 28 applications pointées du doigt et averti d'autres développeurs d'un risque d'éviction s'ils ne rentraient pas dans le rang. De son côté, Google a fait le ménage dans la foulée en supprimant 31 applications.

Grok : l'usine à deepfakes d'Elon Musk

Si certaines applications se sont spécialisées dans cette pratique, Grok est sans doute de loin l’IA générative la plus laxiste dans ce domaine. Dans la cour des miracles de l'IA sans filtre, l'outil d'Elon Musk remporte la palme du glauque. Une étude récente donne le tournis : en l’espace de 11 jours seulement, Grok a généré plus de 3 millions de clichés sexualisant des femmes et des enfants. Faites le calcul : c’est un débit industriel de 190 images par minute.

Image iGeneration

Malgré l’installation de garde-fous plus ou moins poreux, il suffit d’un prompt bien senti, du type « Grok, mets-la en bikini », pour que l'algorithme s’exécute. Le tout, évidemment, sans la moindre once de consentement.

Le 14 janvier 2026, X a finalement annoncé des mesures pour « empêcher » son outil de déshabiller les utilisateurs. Cette fois-ci, le réseau social assure que « cette restriction s’applique à tous, y compris aux abonnés payants ». Un aveu en creux : rappelons qu’entre le 9 et le 14 janvier, la plateforme n'avait aucun scrupule à monnayer l'accès à ces fonctionnalités via ses abonnements premium.

Le silence assourdissant de Cupertino et Mountain View

Face au tollé mondial, la pression juridique monte. De la France à la Californie, les enquêtes se multiplient. La Commission européenne a d'ailleurs sorti l'artillerie lourde en ouvrant une enquête au titre du DSA. Ursula von der Leyen a été on ne peut plus claire : l’Europe ne « tolérera pas les comportements insensés » comme ces fausses images dénudées.

Deepfakes : Grok bloqué en Indonésie et en Malaisie, mais toujours disponible sur l’App Store

Deepfakes : Grok bloqué en Indonésie et en Malaisie, mais toujours disponible sur l’App Store

Mais certains pointent également dans cette affaire la lâcheté d’Apple et Google. Là encore, les deux géants sont restés extrêmement silencieux, alors qu’ils auraient dû tout simplement retirer Grok de leurs boutiques respectives. Un courage que ne semblent pas avoir Sundar Pichai et Tim Cook. Ce dernier continue pourtant de défendre fermement la protection de la vie privée comme un « droit de l'homme fondamental », tout en laissant prospérer de tels outils sur l'iPhone.

Événements de Minneapolis : Tim Cook appelle à la désescalade

28 janvier 2026 à 08:38
Il est extrêmement rare qu'Apple réagisse à des événements d'actualité, surtout lorsqu'elles ont une coloration politique. Dans un mémo envoyé aux employés d'Apple et relayé par Bloomberg, Tim Cook a diffusé un appel à l'unité suite à la mort Alex Pretti, abattu par des agents de la...

WhatsApp renforce la sécurité contre les spywares et les cyberattaques : comment en bénéficier ?

28 janvier 2026 à 08:28
WhatsApp muscle encore sa défense face aux menaces numériques. La messagerie annonce le déploiement de nouvelles protections anti-espionnage, avec d’un côté un mode de sécurité renforcée destiné aux profils à risque, et de l’autre un changement technique majeur, invisible pour les utilisateurs, mais crucial pour la confidentialité des échanges.

iPhone 18 : Apple pourrait bien absorber la hausse des prix de la RAM

28 janvier 2026 à 08:12
Apple aurait bien l'intention d'utiliser la crise de la RAM et du stockage et l'explosion de leurs prix à son avantage, d'après l'analyste Ming-Chi Kuo : sa stratégie serait d'absorber les surcoûts quitte à rogner sur ses marges, afin d'augmenter ses parts de marché et s'y retrouver plus tard...

Comment fonctionne la Localisation précise sur l'Apple Watch avec l'AirTag ?

28 janvier 2026 à 07:31
Apple affine encore un peu plus l’intégration entre ses accessoires et ses montres connectées. Un nouveau document d’assistance, confirmé par des tests indépendants, révèle en effet que la fonction Localisation précise sur Apple Watch ne fonctionne qu’avec l’AirTag de deuxième génération. Les AirTag lancés en 2021 restent exclus de cette nouveauté tout du moins au poignet.

AirTag 2 : l'Apple Watch se transforme en boussole

28 janvier 2026 à 07:20

La grande nouveauté de l'AirTag de deuxième génération ne réside peut-être pas tant dans sa « Localisation précise », que dans la possibilité de remettre la main sur ses objets fétiches directement depuis son poignet, à l'aide d'une Apple Watch. Nous ne manquerons pas de passer ce nouveau petit bidule au crible dès sa réception à la rédaction. En attendant, la Pomme a publié une fiche technique détaillant les rouages de cette fonction de recherche.

Image : Boris Bučko - Unsplash

Côté compatibilité, tout le monde ne pourra pas jouer au détective avec sa montre. Pour profiter de cette fonctionnalité, il vous faudra impérativement une Apple Watch Series 9 (ou plus récente) ou une Apple Watch Ultra 2 (ou ultérieure). Côté logiciel, votre monture devra au minimum ronronner sous watchOS 26.2.1. Notez que les modèles SE, même récents, restent malheureusement sur la touche. C'est lié à la puce Ultra Wideband de 2e génération, qui est nécessaire.

Quels iPhone et Apple Watch pour tirer pleinement parti de l’AirTag de 2e génération ?

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La recherche au bout du doigt

Pour ce qui est du fonctionnement, la procédure reste d'une simplicité toute cupertinienne. Tout se passe dans l’app Localiser des objets qui, comme c’est le cas actuellement, liste vos différents traqueurs. La différence ? Un simple tap sur l'objet convoité permet désormais de lancer une recherche de précision pour vous guider jusqu'à lui.

Un raccourci bienvenu

Afin d'éviter les manipulations fastidieuses, Apple offre désormais la possibilité d’accéder à ses AirTags directement depuis le Centre de contrôle. Une petite astuce qui permet de gagner de précieuses secondes lorsque l'on est déjà en retard et que les clés restent introuvables.

Pour rappel, les tarifs de ces nouveaux galets ont été légèrement revus à la baisse : l'AirTag est vendu 35 € à l'unité, tandis que le pack de quatre s'affiche à 119 €.

Sonos Amp : la première nouveauté matérielle Sonos depuis 2024

28 janvier 2026 à 06:50

Depuis 2024, le feuilleton Sonos tenait plus de la gestion de crise que de l'innovation technologique. Entre une application lancée dans la douleur et un nouveau patron contraint de sabrer dans les projets les plus ambitieux — on pense notamment au concurrent de l’Apple TV resté au garage —, la marque semblait avoir perdu le nord. Pour entamer 2026, Sonos tente une manœuvre de stabilisation avec l'Amp Multi. Un produit de niche, certes, mais qui parle au cœur de métier historique de la firme : l'installation professionnelle.

Sonos annule son projet Pinewood, concurrent de l’Apple TV

Sonos annule son projet Pinewood, concurrent de l’Apple TV

Là où l'Amp classique se contentait de piloter une seule zone, le nouveau venu change de braquet. L'Amp Multi est une bête de somme pensée pour les grandes résidences. Dans un châssis rackable de 2U, Sonos parvient à loger de quoi piloter jusqu'à quatre zones indépendantes grâce à huit sorties amplifiées.

Test du Sonos Amp

Test du Sonos Amp

Sous le capot, l'adoption de la technologie GaN (nitrure de gallium) et du système post-filter feedback (PFFB) permet de délivrer 8×125W de puissance. L'idée est simple : offrir plus d'efficacité thermique et une clarté sonore accrue dans un format compact et dépourvu de ventilateurs, garantissant un silence de fonctionnement total.

Pour séduire les intégrateurs, Sonos dégaine ProTune. Ce nouvel outil permet d'optimiser le rendu sonore pour n'importe quelle enceinte passive à faible impédance. On n'est plus dans le "Plug & Play" grand public : ProTune offre un égaliseur paramétrique à 10 bandes et des réglages fins de gain et de délai. C'est du sur-mesure pour s'adapter à l'acoustique, parfois capricieuse, de chaque pièce.

D’autres nouveautés à venir…

Le message est clair : Sonos répare sa base. L'Amp Multi n'est qu'une mise en bouche technique avant une montée en puissance promise pour la seconde moitié de l'exercice fiscal 2026. Si ce produit s'adresse d'abord aux professionnels, il préfigure sans doute des annonces plus "grand public" pour la fin de l'année. On espère simplement que, cette fois, le logiciel suivra le rythme du matériel.

CarPlay : Volvo ne fera pas la même erreur que General Motors

28 janvier 2026 à 06:30

Si certains constructeurs comme GM tournent le dos à CarPlay, ce n’est pas le cas de Volvo. Son CTO, Anders Bell, a fait part de sa volonté d’offrir CarPlay et Android Auto dans ses voitures, une décision qui tranche avec la tendance de certains géants américains à vouloir enfermer l'utilisateur dans un écosystème maison souvent moins performant.

GM va supprimer CarPlay de toutes ses voitures, y compris les véhicules thermiques

GM va supprimer CarPlay de toutes ses voitures, y compris les véhicules thermiques

L'utilisateur reste maître à bord

Dans une interview accordée à The Drive, Anders Bell a été on ne peut plus clair : Volvo continuera « absolument » de proposer CarPlay et Android Auto, y compris sur ses modèles électriques. Pour le responsable technique, c'est avant tout une question de philosophie :

« Nous voulons nous intégrer à votre vie numérique, pas vous forcer à quoi que ce soit. C'est à nous de nous adapter à votre écosystème, peu importe celui que vous avez choisi. »

Une approche pragmatique qui sonne comme un tacle poli à General Motors. Bell reconnaît d'ailleurs sans détour que si CarPlay a connu un tel succès, c'est avant tout parce que les systèmes d'infodivertissement natifs étaient « vraiment nuls » à l'époque.

Image : Volvo

Le flou persiste sur « CarPlay Ultra »

Si l'engagement envers CarPlay est ferme, une zone d'ombre demeure concernant la version de nouvelle génération, souvent appelée « CarPlay Ultra ». Bien que Volvo ait été initialement cité par Apple comme partenaire de lancement, des bruits de couloir suggéraient l'an dernier que le constructeur suédois pourrait finalement passer son tour sur cette intégration profonde qui prend le contrôle de tous les écrans du tableau de bord.

Pour l'instant, Volvo se concentre sur une intégration « extrêmement soignée » du CarPlay classique, tout en peaufinant son propre système natif (basé sur Google Automotive). L'objectif est simple : offrir la meilleure expérience native possible, tout en laissant le choix final au conducteur.

Volvo à contre-courant de GM

Cette mise au point intervient alors que GM s'obstine à justifier le retrait de CarPlay au profit d'une solution interne, au grand dam des futurs propriétaires. À l'inverse, Ford a récemment réitéré son attachement à la technologie d'Apple.

Image : Volvo

Enfin, Volvo a profité de la semaine pour lever le voile sur son nouvel EX60. Ce SUV électrique ne se contente pas de CarPlay : il embarquera une application Apple Music native, compatible avec l'audio spatial. De quoi ravir les utilisateurs du service d’Apple

Tim Cook appelle à la désescalade suite aux actions de l’ICE dans un message aux employés

28 janvier 2026 à 04:44

C’est en pleine nuit pour nous Européens que Tim Cook a envoyé un message à tous les employés Apple, pour aborder un sujet des plus sensibles aux USA actuellement : le comportement de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, pour Service de l’immigration et des douanes), comme le rapporte Mark Gurman.

Voici le texte envoyé aux employés :

Team,

Les événements de Minneapolis me brisent le cœur, et j’adresse mes prières et mes plus sincères condoléances aux familles, aux communautés et à toutes les personnes touchées.

C’est un moment qui appelle à la désescalade. Je crois que l’Amérique est à son plus haut niveau lorsqu’elle est à la hauteur de ses idéaux les plus élevés, lorsque nous traitons chacun avec dignité et respect, quelle que soit la personne ou d’où elle vient, et lorsque nous reconnaissons notre humanité commune. C’est un principe qu’Apple a toujours défendu. J’ai eu une bonne conversation avec le président cette semaine au cours de laquelle je lui ai fait part de mon point de vue, et j’apprécie son ouverture à dialoguer sur des sujets qui comptent pour nous tous.

Je sais que c’est une période très émotionnelle et difficile pour beaucoup. Je suis fier de la profondeur avec laquelle nos équipes se soucient du monde au‑delà de nos murs. Cette empathie est l’une des plus grandes forces d’Apple et je crois que c’est quelque chose que nous chérissons tous.

Merci pour tout ce que vous faites.

Tim

Faire une déclaration ouverte concernant les événements récents touchant la ville de Minneapolis, et les États-Unis en général, est un exercice extrêmement délicat pour une entreprise de l’envergure d’Apple, et il est facile de sentir toute la pondération mise dans le message du CEO d’Apple. Tim Cook a souvent été vu récemment comme écrasé par la volonté du président en exercice, mais ne pouvait rester muet étant donné la tournure prise récemment par les interventions de l’ICE.

Étant donné l’image véhiculée par Apple d’entreprise ouverte à toutes les cultures, la position est intenable dans l’ambiance politique actuelle du pays, et Tim Cook se révèle encore une fois fin diplomate, même s’il risque par le contenu de cette missive de donner un goût timoré aux personnes scandalisées par le comportement de l’ICE, tout en donnant du grain à moudre aux défenseurs de cette unité.

Le timing est aussi très précis, au moment même où Donald Trump lui-même recule sur le sujet, ayant décidé hier de diminuer les effectifs dans la ville du Minnesota, tout en retirant le commandement de l’opération à Gregory Bovino, décrié par nombre de personnes politiques dans le pays, y compris trois anciens présidents (Barack Obama, Bill Clinton et Joe Biden). Il est fort à parier que le poids de ces anciens dirigeants, plus celui d’autres interlocuteurs plus discrets comme Tim Cook lui-même, ait pesé dans la balance, ce dont se félicite implicitement Tim Cook.

Étant donné le côté éminemment sensible du sujet, les commentaires sont exceptionnellement fermés.

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