↩ Accueil

Vue lecture

Usurpation de numéro, spam : l’Arcep ouvre une enquête contre l’ensemble des opérateurs

À l’attaqueeeeee !!!
Usurpation de numéro, spam : l’Arcep ouvre une enquête contre l’ensemble des opérateurs

Joyeux Hunger Games ! C’est ainsi que l’on pourrait résumer la dernière décision de l’Arcep d’ouvrir une enquête administrative à l’encontre de l’ensemble des opérateurs téléphoniques. Il s’agit de comprendre comment passent encore les appels frauduleux, malgré les protections mises en place depuis plus d’un an.

Si vous avez un téléphone fixe ou mobile, vous avez certainement déjà été confronté (et pas qu’une fois) à des spams commerciaux, des appels frauduleux ou bien de personnes mécontentes d’avoir été appelées avec votre numéro usurpé. Malgré la mise en place de protections supplémentaires, la situation est loin d’être apaisée.

De 531 signalements en 2023 à plus de 19 000 en 2025

L’Arcep, le gendarme des télécoms, l’a également remarqué. En même temps difficile de passer à côté vu les derniers chiffres en date : « les signalements enregistrés sur la plateforme “J’alerte l’Arcep” relatifs à l’usurpation de numéros sont passés de 531 signalements en 2023 à 8 500 en 2024, et à plus de 19 000 en 2025 ». Ces deux dernières années, l’usurpation de numéros était la cause première des signalements.

Dans ce genre de situation, le numéro d’une personne est utilisé comme identifiant d’appelant à son insu, « souvent pour de la prospection commerciale téléphonique » Le portable d’un inconnu appelle, la tentation de répondre est grande. Les titulaires des numéros usurpés sont alors contactés « par des personnes qui leur reprochent de les avoir appelées ». Cela conduit parfois à des conversations lunaires : « pourquoi m’avez-vous appelé ? – Mais je ne vous ai pas appelé ! – Mais si ! ». Oui, c’est du vécu, et pas qu’une fois.

Dans sa décision du 22 janvier 2026, l’Arcep rappelle l’obligation légale des opérateurs de l’authentification du numéro d’appelant, comme stipulé dans la loi du 24 juillet 2020. Elle vise « à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux ».

Rappel des règles existantes, renforcées en 2024, 2025 et 2026

Elle impose aux opérateurs de mettre en place des protections et, si besoin, d’engager des actions : « S’assurer que, lorsqu’un de leurs abonnés émet un appel ou un message en présentant un numéro d’appelant, cet abonné soit bien l’affectataire du numéro concerné, ou qu’il a donné son accord pour que son numéro soit présenté ; mettre en place un dispositif interopérable d’authentification des numéros d’appelant qui atteste que l’opérateur concerné “confirme l’authenticité” du numéro présenté […] ; d’interrompre l’acheminement des appels dont le numéro n’aurait pas été correctement authentifié, que ce soit au départ, à l’arrivée ou en transit ».

Depuis maintenant un peu plus d’un an, plusieurs mécanismes ont été mis en place. Fin 2024, c’était MAN (Mécanisme d’Authentification des Numéros) pour couper les appels non authentifiés et ainsi limiter les appels indésirables, mais cela ne concernait alors que les numéros de téléphone mobile (06 et 07). Début 2025, l’Arcep nous confirmait que MAN était en place pour les fixes (01 à 05) et les numéros en 09, en plus des mobiles.

Il restait un trou dans la raquette : les appels en roaming (depuis l’étranger) avec un numéro français. Si « le spammeur utilise un 06 depuis l’international, il y a 100 % de chance que ça passe », nous confirmait à l’époque Free.

L’Arcep a imposé aux opérateurs de mettre en place une rustine à partir du 1er janvier 2026 : « les opérateurs doivent masquer un numéro d’appelant mobile lorsque le dispositif d’authentification n’est pas utilisé ou ne permet pas de confirmer l’authenticité du numéro d’appelant pour des appels reçus sur leurs interconnexions internationales entrantes ».

Il ne devrait donc en théorie plus y avoir d’usurpation d’identité possible. Soit le numéro est authentifié et il s’affiche, soit il ne l’est pas et le smartphone devrait alors indiquer « numéro masqué ». Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Les pratiques frauduleuses persistent malgré tout

Non seulement les usurpations continuent, mais en plus « certains utilisateurs, moins nombreux, relèvent également que des personnes qui ont essayé de les escroquer ou de leur extorquer des données à caractère personnel ont pu afficher comme numéro d’appelant le numéro d’une autorité publique (commissariat de police, gendarmerie, Arcep, etc.) ou d’un établissement financier, pour crédibiliser leur appel ».

L’Arcep esquisse une piste. « Ce phénomène d’usurpation pourrait s’expliquer par des défauts dans l’application des règles d’authentification […] soit au départ de l’appel par l’authentification d’un numéro usurpé ou par l’acheminement d’un appel non authentifié qui n’a pas été interrompu ».

L’Arcep veut savoir ce qu’il se passe et veut donc « obtenir des informations permettant de reconstituer la provenance d’appels dont le numéro est susceptible d’avoir été usurpé, d’identifier les opérateurs de transit et d’arrivée qui ont pris part à leur acheminement et de vérifier le respect des obligations ».

Afin d’essayer de démêler le sac de nœuds que représentent les interconnexions entre opérateurs (français et étrangers), le régulateur des télécoms cible le plus large possible, dans les limites de ses possibilités. Son enquête concerne ainsi « l’ensemble des opérateurs attributaires par l’Arcep de numéros de téléphone du plan national de numérotation ».

Un détricotage complet est prévu. Pour cela, l’Autorité va « recueillir l’ensemble des documents et informations lui permettant d’établir la provenance et le chemin emprunté par les appels dont le numéro a été usurpé et de vérifier le respect des obligations ». Cela pourra aussi passer par des « enquêtes et constatations sur place ».

  •  

Datacenters en France : 26 sites sécurisés, dont 5 projets « fast track » d’au moins 700 MW

« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… Comment ça mon reuf ?
Datacenters en France : 26 sites sécurisés, dont 5 projets « fast track » d’au moins 700 MW

Le gouvernement a organisé ses premières Rencontres des centres de données. Peu d’annonce pour le moment, mais des pistes de travail pour accélérer les projets. La France compte actuellement 26 sites sécurisés, dont cinq « fast track », pour un total de 28,6 GW.

Ce vendredi, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réuni une soixantaine d’acteurs pour les premières « Rencontres des centres de données ». Ces datacenters sont présentés par Bercy comme des « infrastructures numériques essentielles au développement de l’IA ».

Il y a un an, c’était le Premier ministre de l’époque (François Bayrou) qui annonçait une liste de 35 sites industriels « clés en main » dédiés à la création de datacenters, jusqu’à 1 GW. Une déclaration forte, mais remise en question par l’AFNUM (Alliance Française des Industries du Numérique) qui nous confiait en septembre 2025 s’être rendue sur place et avoir constaté que ces « sites ne sont pas vraiment des sites clés en main, pas un seul », car il n’y avait aucune infrastructure sur place.

Quoi qu’il en soit, en novembre, les ministres Roland Lescure et Anne Le Hénanff ont publié un guide pour accompagner l’implantation de centres de données en France. Ils annonçaient au passage que de nouveaux sites étaient identifiés, avec désormais « 63 sites favorables à l’implantation de centres de données en France métropolitaine ». Pas de clés en main, mais des lieux favorables.

Cinq sites « fast track » avec un potentiel de plus de 700 MW

Cette « aptitude » passe par plusieurs points : disponibilité foncière, capacités de raccordement électrique et « acceptabilité locale ». Lors de cette Rencontres des Centres de données, la ministre a annoncé vendredi que « 26 sites sont d’ores et déjà sécurisés par un porteur de projet ».

Dans le lot, cinq sites sont dits « fast track », c’est-à-dire qu’ils « présentent un potentiel de raccordement électrique supérieur à 700 MW dans un délai de trois à quatre ans ». Ce n’est pas une nouveauté puisque quatre des cinq sites avaient déjà été identifiés « comme propices pour l’application de la procédure dite “ fast track” ».

L’État avait alors demandé à RTE de pré-réserver  700 MW pour chaque site, sauf 1 GW pour le site de Bosquel. « Ces pré-réservations sont effectives pendant 9 mois (au plus) à compter du 20 mai 2025 (prorogeable de trois mois en cas de processus de sélection pour l’attribution du foncier en cours à l’issue des 9 mois) », expliquait le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.

Escaudain, Boquel, Dunkerque, Fouju et Montereau

Le « petit » nouveau de ce début d’année est le projet du Grand Port Maritime de Dunkerque. Bercy résume la situation ainsi : « sur ces cinq sites, deux sont en voie d’attribution [Bosquel et Dunkerque, ndlr] et trois ont trouvé un porteur. D’autres sites sont en cours d’identification afin d’amplifier cette dynamique ».

Sur les porteurs de projets justement, parmi les 13 « ayant formulé des annonces lors du Sommet pour l’action sur l’IA […] plus de 75 % ont déjà sécurisé, ou sont en cours de sécurisation, un site ». Le gouvernement ajoute que « 52 entreprises bénéficient aujourd’hui de l’accompagnement de la Task Force de l’État [mise en place il y a un an, ndlr], réunissant la DGE, Business France et RTE ».

« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… combien ???

Dans le communiqué, la ministre annonce que la « puissance électrique recherchée atteint 28,6 GW, dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et faisant l’objet d’engagements de raccordement ». 5,8 GW sur « un site », voilà qui correspondrait un projet pharaonique, quatre fois plus important que le mégaprojet de datacenter Campus IA avec 1,4 GW annoncé !

Pour rappel, l’ordre de puissance d’un réacteur nucléaire est de 1 GW environ, ce projet en occuperait donc l’équivalent de 6 sur les 57 que compte la France. Erreur ou véritable chiffre ? La question se pose. Cette puissance est de l’ordre de grandeur du projet Stargate des États-Unis, de celui des Émirats arabes unis, d’Hyperion de Meta (5 GW) ou encore des centres Colossus de xAI.

En février, à l’occasion du sommet sur l’IA de la France, l’Élysée annonçait « 5 GW de capacité de centres de données déjà en cours de connexion ». Avec un projet fast track de plus, les 5,8 GW pourraient correspondre à l’ensemble des projets en cours de raccordement, mais ce n’est pas ce qui est écrit dans le communiqué.

S’agirait-il d’une coquille ? Nous avons contacté le cabinet d’Anne Le Hénanff, la DGE et Bercy afin d’avoir de plus amples détails, sans réponse pour l’instant.

Quatre axes de travail pour accélérer les projets :

Le communiqué explique aussi que ces Rencontres « ont également permis d’identifier les leviers permettant d’accélérer la mise en œuvre des projets », sur la base de quatre axes de travail : le raccordement électrique (anticipation et planification), l’exemplarité environnementale, le renforcement des relations avec les collectivités territoriales et enfin la « valorisation d’une chaîne de valeur souveraine, créatrice d’emplois et de compétences en France ».

  •  

Elon Musk envisagerait de fusionner SpaceX avec xAI ou Tesla pour aller en bourse

The Everything Compagny
Elon Musk envisagerait de fusionner SpaceX avec xAI ou Tesla pour aller en bourse

Plusieurs indices laissent penser qu’Elon Musk travaille au rapprochement capitalistique entre SpaceX et xAI en préambule à une introduction en bourse programmée aux alentours de la fin du mois de juin. Le véhicule ainsi assemblé serait en mesure de lever un montant record sur les marchés, au risque d’un certain mélange des genres.

Depuis plusieurs semaines, la presse financière internationale s’agite autour de l’hypothèse d’une introduction en bourse de SpaceX. L’opération, pilotée par Elon Musk, aurait pour objectif d’aller chercher des fonds sur les marchés, de façon à financer le développement de l’entreprise et notamment ses coûteux travaux autour d’un lanceur de grande capacité, dimensionné pour le fameux voyage vers Mars dont rêve le milliardaire.

SpaceX valorisée 1 500 milliards de dollars à l’IPO ?

Mercredi, le Financial Times synthétisait les rumeurs persistantes en précisant à la fois la valorisation envisagées et le calendrier.

Sur le volet purement financier, les indiscrétions relayées par la presse ces dernières semaines convergent vers une même ambition : SpaceX chercherait à lever 50 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation estimée à 1 500 milliards de dollars, sans qu’on sache si cette dernière est calculée pré-entrée en bourse ou post ouverture du capital.

Quelles que soient les modalités exactes, l’opération constituerait un record absolu dans le monde financier, avec une levée de fonds près de deux fois supérieure à celle réalisée par Saudi Aramco (29 milliards de dollars en 2019).

Compte tenu de son envergure, l’entrée en bourse de SpaceX mobiliserait déjà un aréopage de grandes banques d’affaires, qui auraient à composer avec un calendrier serré.

D’après plusieurs sources proches du milliardaire, Elon Musk souhaiterait en effet que l’opération se fasse dès le mois de juin, peut-être en raison d’une forme de superstition, peut-être parce que son anniversaire tombe le 28 juin. À moins que ce soit en raison de l’alignement programmé entre Vénus et Jupiter entre les 8 et 9 juin prochains, supposent très sérieusement les médias financiers.

Un rapprochement avec xAI ou avec Tesla à l’étude ?

La rumeur a connu un regain d’intérêt jeudi 29 janvier, avec l’émergence d’une nouvelle hypothèse. D’après Reuters, Elon Musk étudierait la possibilité d’intégrer xAI, la société dédiée à ses projets en matière d’intelligence artificielle, à SpaceX.

De ce fait, l’entrepreneur ne proposerait pas aux marchés d’investir uniquement dans ses activités spatiales : il introduirait un groupe aux dimensions plus larges intégrant les modèles d’IA génératives Grok, les gigantesques datacenters construits pour entraîner ces derniers, et le réseau social X, lui même fusionné dans xAI en mars 2025.

Le même jour, Bloomberg a suggéré un scénario différent : celui d’un rapprochement entre SpaceX et Tesla, qui reviendrait donc à la consolidation des deux plus grosses entreprises de l’empire Musk, et confèrerait au projet une envergure encore supérieure à ce qui était imaginé au départ. SpaceX était en effet valorisée aux alentours de 800 milliards de dollars fin 2025, et la capitalisation de Tesla en bourse se situait, vendredi 30 janvier, aux alentours de 1 310 milliards de dollars.

À ce stade, ni Musk, ni ses entreprises, n’ont confirmé ou commenté ces rumeurs. Dans ce contexte, quel crédit leur apporter ? L’hypothèse d’un rapprochement entre SpaceX et Tesla semble la moins plausible, même si une mécanique d’échange d’actions la rend techniquement possible.

L’idée que xAI rejoigne SpaceX semble quant à elle plus réaliste. xAI a des besoins immenses en capitaux pour financer ses datacenters Colossus, et les 20 milliards de dollars récemment levés seront vite épuisés, au vu des trajectoires d’investissement revendiquées par l’entreprise (au mépris d’un certain nombre de considérations environnementales et éthiques).

Ce rapprochement participerait également au narratif d’Elon Musk et de certains de ses homologues comme Jeff Bezos, quant à la possibilité d’installer des datacenters dédiés à l’IA dans l’espace. Elon Musk a une nouvelle fois évoqué cette idée lors de son intervention au forum économique mondial de Davos.

Selon lui, elle illustre les possibilités offertes par la réduction des coûts d’accès à l’espace permis par les lanceurs réutilisables de SpaceX. « L’endroit le plus économique pour déployer l’IA sera l’espace. Et ce sera le cas d’ici deux ans, peut-être trois au plus tard », a-t-il notamment déclaré, sans préciser que le déploiement de serveurs dans l’espace soulève bien d’autres défis techniques que leur simple transport.

  •  

WhatsApp lance son mode Lockdown et adopte Rust à grande échelle

De rouille et dors
WhatsApp lance son mode Lockdown et adopte Rust à grande échelle

Afin de sécuriser WhatsApp, Meta a procédé au « plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust sur un ensemble diversifié de plateformes et de produits », et annonce vouloir accélérer l’adoption du langage de programmation sécurisé Rust au cours des prochaines années. La messagerie intègre par ailleurs un mode anti-logiciels espion ou malveillants.

WhatsApp vient d’annoncer, ce mardi 27 janvier, « une nouvelle mesure de protection de la confidentialité : les paramètres de compte stricts » (« Strict Account Settings » en VO), semble-t-il inspirée du mode de protection avancé (« Advanced Protection Mode » en VO) introduit par Google en 2020 puis du mode Lockdown mis en œuvre par Apple en 2022 pour réduire la surface d’attaque des Android et iPhone face aux logiciels espion « mercenaires ».

Elle s’adresse en effet elle aussi aux personnes qui, journalistes ou personnalités publiques notamment, « peuvent avoir besoin de mesures de sécurité extrêmes pour se protéger contre les cyberattaques rares et hautement sophistiquées », ou qui pensent « être la cible d’une attaque informatique », précise WhatsApp sur son blog :

« Si vous activez cette fonctionnalité, certains réglages de compte seront verrouillés sur les paramètres les plus restrictifs, ayant pour effet de limiter le fonctionnement de WhatsApp dans certains cas de figure, en bloquant par exemple les pièces jointes et les médias envoyés par des personnes qui ne figurent pas dans vos contacts. »

Les paramètres de compte stricts, qui seront déployés progressivement au cours des prochaines semaines, seront accessibles en accédant à Paramètres > Confidentialité > Avancé.

Une décision qui remonte à la faille Stagefright de 2015

WhatsApp précise que ces paramètres de compte stricts « constituent l’un des nombreux moyens que nous avons développés pour vous protéger des cybermenaces les plus avancées ». L’entreprise indique également avoir « déployé en coulisses un langage de programmation appelé Rust pour protéger vos photos, vidéos et messages face aux logiciels espions, et vous permettre de partager et de discuter en toute confiance ».

Dans un billet technique séparé, mais publié dans la foulée, Meta revient plus en détails sur le fait que WhatsApp a « adopté et déployé une nouvelle couche de sécurité pour ses utilisateurs, développée avec le langage de programmation sécurisé Rust », dans le cadre de ses efforts visant à renforcer ses défenses contre les menaces liées aux logiciels malveillants.

Meta explique que cette décision fait suite à la découverte, en 2015, de la vulnérabilité Stagefright qui permettait de pirater les terminaux Android à partir d’un simple MMS :

« Le bug résidait dans le traitement des fichiers multimédias par les bibliothèques fournies par le système d’exploitation, de sorte que WhatsApp et d’autres applications ne pouvaient pas corriger la vulnérabilité sous-jacente. Comme la mise à jour vers la dernière version d’un logiciel peut souvent prendre des mois, nous avons cherché des solutions qui permettraient d’assurer la sécurité des utilisateurs de WhatsApp, même en cas de vulnérabilité du système d’exploitation. »

Les développeurs de WhatsApp ont réalisé qu’une bibliothèque C++ utilisée par l’application pour envoyer et formater des fichiers MP4 (appelée « wamedia ») pouvait être modifiée afin de « détecter les fichiers qui ne respectaient pas la norme MP4 et qui pouvaient déclencher des bogues dans une bibliothèque OS vulnérable du côté du destinataire, mettant ainsi en danger la sécurité de la cible ».

Plutôt que de la réécrire, ils en ont développé une version Rust compatible avec la version C++ originale, puis « remplacé 160 000 lignes de code C++(hors tests) par 90 000 lignes de code Rust (tests compris) ».

Le « plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust »

Meta précise avoir rajouté « davantage de contrôles » au fil du temps, et que WhatsApp vérifie désormais les « types de fichiers à haut risque » tels que les .pdf, qui « sont souvent vecteurs de logiciels malveillants » :

« Nous détectons également lorsqu’un type de fichier se fait passer pour un autre, grâce à une extension ou un type MIME falsifié. Enfin, nous signalons de manière uniforme les types de fichiers connus pour être dangereux, tels que les exécutables ou les applications, afin qu’ils soient traités de manière spéciale dans l’expérience utilisateur de l’application. »

Cet ensemble de vérifications, qu’ils appellent « Kaleidoscope », « protège les utilisateurs de WhatsApp contre les clients non officiels et les pièces jointes potentiellement malveillantes », avance Meta : « Bien que les vérifications de format ne permettent pas d’arrêter toutes les attaques, cette couche de défense contribue à en atténuer bon nombre ».

Rappelant que le chiffrement de bout en bout de WhatsApp est utilisé par ses trois milliards d’utilisateurs, Meta avance que « nous pensons qu’il s’agit du plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust sur un ensemble diversifié de plateformes et de produits destinés aux utilisateurs finaux dont nous ayons connaissance », et précise que « nous prévoyons d’accélérer l’adoption de Rust au cours des prochaines années ».

Une faille de sécurité corrigée, et une plainte « ridicule »

WhatsApp vient par ailleurs de corriger une faille de sécurité, découverte dans l’application Android par les équipes du Projet Zero de Google en septembre 2025. Elle permettait à un attaquant de rajouter des victimes à des groupes, « puis de leur envoyer un fichier multimédia malveillant automatiquement téléchargé sur l’appareil de la victime sans aucune interaction de sa part », rapporte Neowin.

Il était cela dit possible de s’en prémunir en activant la confidentialité avancée des discussions dans WhatsApp (en appuyant sur les trois petits points en haut à droite, puis sur Infos du groupe), soulignait Neowin dans un précédent article, ou en désactivant le téléchargement automatique des médias (via Paramètres -> Stockage et données).

Ces explications détaillées sur le renforcement de la sécurité de WhatsApp ont par ailleurs été mises en ligne alors que le 23 janvier, trois cabinets d’avocats ont porté plainte contre Meta. Ils l’accusent rien moins que d’avoir comploté pour cacher le fait que les messages WhatsApp ne seraient pas chiffrés de bout en bout, et qu’il serait extrêmement simple à ses employés d’y accéder.

Une accusation qualifiée de « fiction sans fondement » par le porte-parole de Meta et de « ridicule » par plusieurs experts en cryptographie, d’autant que l’un de ces cabinets d’avocats est aussi celui de NSO, l’éditeur du logiciel espion Pegasus condamné l’an passé pour avoir piraté WhatsApp.

  •  

☕️ Municipales de 2026 : la CNIL réactive son observatoire des élections

Vous avez certainement remarqué que les partis et figures politiques de votre ville multiplient les communications ces temps-ci. La cause n’est pas à chercher bien loin : les 15 et 22 mars 2026 se dérouleront les élections municipales en France. Il ne vous reste d’ailleurs que quelques jours pour vous inscrire sur les listes électorales si ce n’est pas fait.

À cette occasion, la CNIL réactive son observatoire (lancé pour la première fois en 2012) : « Ses missions sont de surveiller les pratiques de communication politique, de dialoguer avec les partis et candidats et d’informer les électeurs sur leurs droits ».

Lors des précédentes élections municipales de 2020, la Commission avait reçu « 3 948 signalements, dont 3 034 dès le 1er tour et 914 au 2e tour dans 329 communes, en majorité dans les grandes agglomérations ». 45 % des signalement concernaient des SMS, 36 % des appels téléphoniques, 12 % des emails, 5 % des courriers et enfin 1 % seulement pour des réseaux sociaux.

La CNIL annonce qu’elle « sera particulièrement attentive au respect des nouvelles règles applicables aux candidats, aux partis politiques et à leurs sous-traitants : les données doivent être collectées directement par le responsable de traitement auprès de la personne concernée ; la seule base légale admise est le consentement de la personne concernée ; le profilage utilisant des données sensibles est interdit ;
le ciblage des mineurs de moins de 17 ans est interdit
 ». Des ressources à destination des partis et candidats sont disponibles ici.

Pour les électeurs, une fiche pratique rappelle les droits et un formulaire permet de signaler à la CNIL des pratiques jugées interdites. La Commission examinera les signalements tout au long de la campagne afin de « réagir rapidement aux pratiques qui pourraient révéler une méconnaissance des règles applicables et, si nécessaire, de mener des contrôles ».

La CNIL parle bien de signalements, pas de plaintes : « un signalement vise à porter à la connaissance de la CNIL une pratique, non pas à traiter une situation individuelle. Ainsi, les personnes ne sont pas tenues informées des suites apportées à ce signalement, mais la CNIL pourra l’utiliser pour contacter le candidat concerné ou de décider de procéder à des investigations ». Un bilan sera proposée après les élections.

la surveillance des contenus politiques par l'ARCOM en temps d'élection selon Flock

En France, une autre autorité est chargée de surveiller les élections et plus particulièrement la pluralité politique : l’Arcom. Comme nous l’expliquions en 2024, elle ne voit qu’une partie du spectre – TV et radio – laissant de côté Internet et réseaux sociaux.

  •  

C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous le giron de l’État

Ça bulle ?
C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous le giron de l’État

Alors que l’État finalise le rachat de la branche des supercalculateurs à Atos, on apprend que la nouvelle entité sera baptisée… Bull. Un retour aux sources avec une marque historique lancée il y a presque 100 ans pour concurrencer IBM.

Hier, un communiqué a été publié sur le site de Bull : la marque « est officiellement lancée aujourd’hui », enfin relancée devrions nous dire. En effet, c’est « le retour d’une icône technologique historiquement ancrée, réinventée pour une nouvelle ère ». Elle dispose d’une « nouvelle identité et d’une vision clairement affirmée » : « façonner un monde numérique plus performant et responsable, guidé par la durabilité, la souveraineté et des résultats concrets ».

Pourquoi parle-t-on de retour ? Car Bull n’est pas une nouvelle société, loin de là, puisqu’elle a été créée il y a quasiment 100 ans, au début des années 30, afin de concurrencer IBM.

Bull nationalisée en 1982, privatisée en 1994, rachetée par Atos en 2014

En 2014, lors du rachat de Bull par Atos, nous avions rapidement retracé son parcours : « La société connait après la Seconde guerre mondiale une forte croissance, mais durant les années 60, elle cumule de lourdes pertes, se fait manger en partie par les Américains General Electric puis Honeywell, avant de racheter des sociétés puis d’être nationalisée en 1982. L’entreprise affiche ensuite une nouvelle vague de croissance, avant de sombrer à nouveau dans les pertes durant les années 90, plombée par de mauvais choix stratégiques ».

Bull est ensuite privatisée en 1994, puis rachetée par Atos en 2014. Suite à cette opération, c’est un certain Thierry Breton qui devient président du conseil d’administration de Bull. Quelques années auparavant, en 2010, Bull récupérait Amesys, avant de s’en séparer deux ans plus tard suite à l’affaire de la vente de solutions de surveillance à la Libye. Encore un peu avant, en 2004, Bull revendiquait l’« attribution du premier contrat de supercalculateur par le CEA ».

D’Atos à Eviden et maintenant à l’État

Avançons d’une vingtaine d’années, jusqu’en 2022 quand le groupe Atos annonce un plan de transformation en divisant ses activités en deux : Atos Tech Foundations (services d’infogérance, espaces de travail numériques et services professionnels) et Eviden (digital, cybersécurité, calcul avancé, IA et cloud).

C’est alors le « début des opérations sous la marque Eviden, au sein du Groupe Atos ». « Les activités historiques de Bull sont regroupées au sein de la nouvelle entité Eviden, qui devient en 2023, une marque commerciale », explique Eviden. En 2023 toujours, c’est Eviden qui est retenue pour piloter la construction du premier supercalculateur exascale d’Europe : JUPITER (avec l’architecture BullSequana XH3000).

Ensuite, fin 2024, l’Agence des participations de l’État (APE) dépose une offre (non engageante) pour racheter des activités Advanced Computing d’Atos (qui était alors encore le propriétaire de Bull). En juin 2025, l’État français confirme avec une offre ferme pour récupérer les activités historiques de la branche Eviden d’Atos : « les divisions Calcul Haute Performance (HPC) & Quantique ainsi que les divisions Business Computing & Intelligence Artificielle ».

2026, c’est la « renaissance de la marque Bull »

Nous voilà donc en janvier 2026 avec la « renaissance de la marque Bull, opérée au sein du Groupe Atos et de sa branche Eviden jusqu’à la finalisation de la vente à l’État français ». La finalisation de cette transaction est attendue « au premier semestre 2026 ».

« La renaissance de Bull constitue une étape stratégique majeure dans son parcours vers le statut d’entreprise privée et indépendante, dans la continuité de la signature d’un accord de cession de titres entre Atos et l’État français le 31 juillet 2025. La finalisation de la transaction, attendue au premier semestre 2026, permettra à Bull d’accélérer sa vision du futur numérique – plus puissant, plus durable, plus souverain et plus ouvert », explique le communiqué.

Bull revendique « plus de 2 500 ingénieurs et experts » ainsi qu’une « R&D de classe mondiale appuyée sur près de 1 500 brevets ». L’entreprise joue sur la notion de souveraineté et se présente comme « le seul acteur européen à concevoir, fabriquer et déployer à la fois des solutions matérielles et logicielles ».

« Avec le lancement de Bull, nous renouons avec notre héritage technologique pour préparer l’avenir. Notre ambition est claire : fournir des technologies de calcul et d’IA puissantes, durables et souveraines, au service d’une innovation maîtrisée et responsable pour les États et les industries », explique Emmanuel Le Roux, directeur de Bull.

Ce dernier semble confiant sur l’avenir, comme il l’expliquait récemment aux Échos : « Le changement d’actionnaire va apporter de la stabilité après des années troublées ». Toujours selon nos confrères, l’intégration de Bull dans Eviden et Atos « n’a jamais été totalement parachevée […] Sur les serveurs et les supercalculateurs demeurait le nom de “Bull”, malgré le rachat par Atos et le placement sous la marque Eviden ». Par exemple avec la gamme BullSequana chez Eviden.

  •  

☕️ Apple s’offre Q.ai pour 1,6 milliard de dollars

Apple aurait-elle identifié le next big thing en matière d’interaction avec nos appareils électroniques ? L’entreprise, qui a annoncé jeudi soir des résultats financiers record, portés par les ventes d’iPhone 17, a discrètement annoncé l’acquisition de Q.ai, une startup israélienne dont les activités se concentrent sur la façon dont le machine learning peut faciliter la reconnaissance vocale dans des environnements difficiles.

D’après Reuters, qui relaie un communiqué d’Apple (non diffusé sur le site du groupe), Q.ai travaillerait également sur des aspects complémentaires de la reconnaissance vocale : la startup aurait ainsi déposé une demande de brevet portant sur une technologie d’analyse des micro-mouvements du visage à des fins de détection des mots prononcés, des émotions, du rythme cardiaque et d’autres indicateurs.

Q.ai promet une techno « magique » mais ne communique aucun détail

Si Q.ai était jusqu’ici absolument inconnue du grand public, le nom de son cofondateur éveillera peut-être quelques souvenirs chez certains : le CEO de Q.ai n’est autre que Aviad Maizels, dont la précédente entreprise, PrimeSense, a déjà été rachetée par Apple en 2013.

PrimeSense travaillait à l’époque sur la détection de mouvements et le mapping 3D via caméra. Sa technologie, qui a participé au développement de Face ID (apparue en 2017 avec l’iPhone X), équipait d’ailleurs la première génération du Kinect de Microsoft.

Reste à voir quelles sont les possibilités réelles de la technologie développée par Q.ai, et les intégrations possibles au sein de la gamme Apple. Q.ai « est une entreprise remarquable qui innove en proposant des méthodes nouvelles et créatives pour utiliser l’imagerie et l’apprentissage automatique », commente simplement Johny Srouji, vice-président en charge des technologies hardware chez Apple.

En attendant, la firme de Cupertino fait preuve d’une certaine conviction. Elle aurait en effet mis 1,6 milliard de dollars sur la table pour acquérir Q.ai et sa centaine d’employés, affirme Reuters, ce qui ferait de la startup la deuxième plus grosse acquisition de l’histoire d’Apple, derrière le rachat de Beats (3 milliards de dollars en 2014).

  •  

Des essaims d’IA pourraient augmenter l’efficacité de la manipulation des réseaux sociaux

Manipulation totalement automatisée ?
Des essaims d’IA pourraient augmenter l’efficacité de la manipulation des réseaux sociaux

Les agents d’IA utilisés en essaims pourraient accélérer le travail des fermes de trolls. Ceux qui cherchent à manipuler les utilisateurs des réseaux sociaux ont à portée de mains une arme indétectable selon plusieurs chercheurs et la prix Nobel de la Paix Maria Ressa, qui signent un texte dans la revue Science.

La manipulation de l’information et la désinformation ne sont pas choses nouvelles sur les réseaux sociaux. Mais pour la prix Nobel de la Paix Maria Ressa et des chercheuses et chercheurs comme Meeyoung Cha, Daniel Thilo ou Gary Marcus, des essaims d’IA malveillants pourraient renforcer encore l’influence de ce genre d’attaques contre la démocratie.

Dans un texte publié dans la revue Science (dans une rubrique de discussion des intersections entre sciences et société), ils alertent sur le fait que « les progrès réalisés dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) offrent la possibilité de manipuler les croyances et les comportements à l’échelle d’une population entière » via les réseaux sociaux. Et des organisations comme celles derrière la ferme à trolls Internet Research Agency pourraient, selon eux, réitérer des attaques pour influencer des élections en ayant beaucoup plus de chances de réussir.

De potentielles fermes à trolls boostées par des agents IA

La campagne d’influence de cette ferme à trolls russe lancée pendant les élections américaines de 2016 n’a pas eu le succès escompté, selon une étude du phénomène : « l’exposition aux comptes de désinformation russes était fortement concentrée : seulement 1 % des utilisateurs représentaient 70 % des expositions ». Ils étaient pour la plupart républicains convaincus. Et les effets de cette campagne étaient « éclipsés par les informations diffusées par les médias nationaux et les politiciens ».

Depuis, l’IA générative a élargi la panoplie des outils de désinformation. La Moldavie l’a encore démontré pendant sa campagne électorale de septembre dernier, perturbée par des réseaux de désinformation russes.

Mais les agents IA, notamment le fait de pouvoir les gérer en « essaim », changeraient potentiellement la donne. Avec un but malveillant, un groupe d’Agents IA pourrait cibler efficacement des sous-groupes d’utilisateurs d’un réseau social : « Un essaim d’IA malveillant est un ensemble d’agents contrôlés par l’IA qui (i) conservent une identité et une mémoire persistantes ; (ii) se coordonnent pour atteindre des objectifs communs tout en variant le ton et le contenu ; (iii) s’adaptent en temps réel à l’engagement, aux signaux de la plateforme et aux réponses humaines ; (iv) fonctionnent avec un minimum de supervision humaine ; et (v) peuvent être déployés sur différentes plateformes ».

Une automatisation pour de la désinformation plus efficace ?

D’un centre de commande, on passe, avec ces essaims d’agents IA, à une « coordination fluide en temps réel », expliquent les chercheurs. De plus, les signataires du texte imaginent la possibilité d’utiliser ces agents IA pour cartographier les structures des réseaux sociaux et viser des communautés vulnérables. Le but : gagner des followers ou influencer ces communautés en adaptant les messages générés par IA. Ces « essaims » pourraient s’appuyer sur les données d’engagement pour s’optimiser et gagner en influence à long terme, insistent-ils.

D’autant que certains chercheurs expliquent, comme dans cette étude mise en ligne sur arXiv par David Garcia qui cosigne l’article de Science, que des agents IA peuvent se coordonner à une échelle beaucoup plus élevée que les humains. Reste quand même que, dans la pratique, les agents peuvent facilement tomber dans une boucle infinie ou s’empêtrer dans une stratégie qui ne fonctionne pas.

Mais « cibler des individus ou des communautés spécifiques va devenir beaucoup plus facile et efficace », confirme le chercheur Lukasz Olejnik interrogé par Wired sur le sujet, « c’est un environnement extrêmement difficile pour une société démocratique. Nous sommes dans une situation très préoccupante ».

À voir si l’arrivée de ce genre d’ « essaims » ne change pas radicalement l’expérience des utilisateurs des réseaux sociaux jusqu’à les pousser à les quitter.

  •  

Meta laisse passer la propagande « nationaliste blanche » de l’ICE

Metapolitique
Meta laisse passer la propagande « nationaliste blanche » de l’ICE

Alors que des représentants démocrates appellent Mark Zuckerberg à empêcher la diffusion de campagnes de recrutement pour les services de l’immigration (ICE) reprenant des codes de propagande nationaliste blanche et néo-nazie, l’entreprise empêche la diffusion de liens vers un site cherchant à rendre les membres de l’ICE responsables de leurs actes.

« Nous sommes alarmées par les éléments récents selon lesquels le ministère de la Sécurité intérieure [Department of Homeland Security, DHS, ndlr] s’est associé à Meta pour une campagne de recrutement à grande échelle d’agents en charge de l’immigration dont les codes s’inspirent de la propagande nationaliste blanche. Dans tout le pays, des Américains ont été victimes du comportement discriminant et inconstitutionnel des services de l’immigration et des douanes (ICE), nous exhortons Meta de cesser de favoriser cette conduite. »

Tels sont les mots par lesquels débute une lettre (.pdf) envoyée le 21 janvier par deux membres démocrates du Congrès américain à Mark Zuckerberg. Dès le début du second mandat de Donald Trump, ce dernier annonçait faire voler en éclats les logiques de modération en place sur ses plateformes. Un an plus tard, les pratiques existantes traduisent surtout une évolution de ligne éditoriale en accord avec le projet politique du dirigeant américain.

Une semaine plus tard à peine après avoir été officiellement interpellé sur son rôle dans la diffusion de slogans « utilisés historiquement par des nationalistes blancs et des groupes néo-nazis », comme le précise la lettre, Meta a en effet entrepris de suspendre les partages de liens vers ICE List, un site qui déclare répertorier des noms d’agents de l’ICE. Pour son fondateur, le projet d’un tel site consiste à pousser ces agents à prendre la responsabilité de leurs actes.

4,5 millions de dollars de publicité pour l’ICE en trois semaines

Citant plusieurs enquêtes récentes, les membres du Congrès Becca Balint et Pramila Jayapal s’inquiètent de constater que la DHS a dépensé « plus d’un million de dollars en publicité promouvant l’ « auto-expulsion » à des personnes intéressées par la « musique latino », l’ « espagnol comme seconde langue » ou la « cuisine mexicaine » ».

Sur la période courant de mars à décembre 2025, la DHS a dépensé plus de 3 millions de dollars pour diffuser des campagnes de recrutement sur Facebook et Instagram. Pendant les trois semaines de l’arrêt des activités gouvernementales, à l’automne 2025, l’ICE a de son côté versé 4,5 millions de dollars à l’entreprise (en parallèle, elle a lancé le même type de campagne sur diverses plateformes de streaming, dont Spotify, YouTube, Hulu ou Max). 


Les campagnes ainsi diffusées contiennent des propos et images qui auraient pu être interdits par les politiques historiques de Meta. Ainsi d’une publicité de la DHS reprenant les paroles d’une chanson néo-nazie utilisée pour appeler à une guerre raciale, ou des publications reprenant la peinture American Progress, « fréquemment citée dans les cercles nationalistes blancs et associée de près à l’idéologie de la destinée manifeste » (selon laquelle la nation américaine aurait une mission divine de civilisation du continent).

Dans la mesure où Meta a modifié ses règles pour cesser d’interdire « l’usage d’insultes » et restreindre la définition des catégories protégées, les représentantes demandent à l’entreprise d’expliquer « la portée de son accord avec la DHS et l’ICE », si l’entreprise a « des restrictions pour le contenu payant », et si la plateforme considère que « les contenus en question enfreignent la politique de Meta sur les discours haineux ».

ICE List, contraire aux standards de communauté de Meta ?

Si l’entreprise n’a pas répondu publiquement pour le moment, des opposants aux activités de l’ICE ont récemment constaté que l’entreprise avait commencé à bloquer les partages publics de liens vers ICE List, un site qui répertorie des noms d’agents de la DHS et du service de l’immigration.

Devenu viral il y a quelques semaines après avoir affirmé mettre en ligne une liste de 4 500 employés de la DHS, ICE List se présente comme un « projet journalistique ouvert ». Dans les faits, le projet fonctionne comme un wiki rempli par des volontaires, et s’appuie très principalement sur des données partagées publiquement par les fonctionnaires du service lui-même, notamment sur LinkedIn, détaille Wired. Des profils non affiliés à l’ICE, comme celui d’Enrique Tarrio, ancien membre du groupe masculiniste extrémiste Proud Boys, s’y retrouvent aussi mêlés.

Depuis plusieurs mois, l’administration Trump répète dans divers médias traditionnels ou numériques que les agents de l’ICE risquent de subir des campagnes de doxxing, c’est-à-dire d’exposition de leurs informations personnelles. Auprès de Wired, le fondateur d’ICE List Dominick Skinner estime que le site ne constitue pas un outil de ce type de campagne, dans la mesure où les adresses personnelles des agents ne sont pas partagées et où le site indique que les « fausses entrées, le harcèlement ou les tentatives de mal utiliser la plateforme seront supprimées ». Si cette liste constituait du doxxing, ajoute-t-il, alors n’importe quel internaute « se doxerait lui-même par sa simple présence en ligne ».

Capture d’écran des messages affichés par Facebook lorsqu’une internaute tente de partager publiquement le lien qui mène au site ICE List.

Quoiqu’il en soit, Meta bloque depuis quelques jours le partage public de liens vers le site, que ce soit sur Instagram, Facebook ou Threads – d’après le fondateur du site, ces liens étaient partagé sans problème particulier pendant les six mois précédents. D’après les tests de Next, il reste possible de les envoyer par message privé. Par le passé, Google a aussi supprimé des applications de repérage des agents de l’ICE de son magasin d’application Google Play, de même qu’Apple sur son App Store.

Contrairement à certains de ses alter ego dirigeants d’entreprises technologiques, Mark Zuckerberg ne s’est pour le moment pas exprimé sur les actions de l’ICE. 36 employés de Meta aux profils variés (designers de contenus, data scientists, directeurs artistiques, gestionnaires de produits, ou encore ingénieurs de diverses spécialités) et deux ex-employés de l’entreprise ont en revanche signé l’appel ICEout.tech, qui totalise désormais plus de 1 200 signatures. 


  •  

☕️ L’Autorité de la concurrence consulte sur les agents IA… sont-ils des plateformes ?

Il y a trois semaines, l’Autorité de la concurrence s’autosaisissait d’un nouveau sujet : les agents conversationnels, avec une attention particulière sur les conséquences pour l’e-commerce. Une consultation publique était annoncée ; elle est désormais lancée (pdf des questions).

Le but est de recueillir « les observations des parties prenantes sur la situation concurrentielle, en France,
du secteur des agents conversationnels
 ». L’Autorité prévient que « les contributions ne seront pas publiées », contrairement à ce que fait généralement l’Arcep par exemple, mais que les auteurs pourront être cités dans l’avis final (sauf mention contraire).

La première question est intéressante car elle permet de poser les bases : « Que recouvre pour vous l’expression “agents conversationnels” ? Est-il opportun de distinguer les “agents conversationnels” des “chatbots” ou des “assistants virtuels” ? ». Dans son autosaisine, l’Autorité rappelait qu’il ne fallait pas confondre chatbot et agents conversationnels, en expliquant son point de vue.

Les questions suivantes contribuent à essayer de brosser le portrait des acteurs du marché. Viennent ensuite les enjeux de la monétisation et des « partenariats » au sens large.

La 12e question se demande si les agents conversationnels ne seraient pas des plateformes. En effet, « il a été récemment observé que les agents conversationnels permettent aux utilisateurs d’accéder directement à un nombre de plus en plus important de services tiers sans quitter la fenêtre de conversation ou se connectent à des applications appartenant à leur propre écosystème », explique l’Autorité. Une telle qualification pourrait avoir des conséquences juridiques.

La deuxième grosse partie concerne le commerce agentique avec la définition de cette expression et des cas d’usage, actuels ou à venir. L’AdlC se demande aussi « quelles sont les modalités de rémunération de ces agents ».

Enfin la troisième partie concerne les perspectives : « quelles évolutions le secteur est-il amené à connaître à court ou moyen terme », « le cadre législatif et réglementaire est-il adapté », etc. Bien évidemment, vous pouvez également préciser d’autres éléments qui vous semblent intéressant.

Vos retours sont à envoyer à cette adresse avant le 6 mars 2026.

  •  

Et si Linus Torvalds passait la main ? Le noyau Linux a son plan de continuité d’activité

Over my dead body
Et si Linus Torvalds passait la main ? Le noyau Linux a son plan de continuité d’activité

L’équipe en charge du noyau Linux a formalisé les modalités d’un plan de continuité d’activité destiné à préparer l’évolution de la gouvernance du projet si Linus Torvalds venait à en laisser les rênes.

Que se passerait-il si, ou plutôt que se passera-t-il, quand Linus Torvalds abandonnera le pilotage au quotidien des travaux liés au noyau Linux ? Bien que l’informaticien, aujourd’hui âgé de 56 ans, n’ait pas exprimé la moindre envie de se mettre en retrait du projet, la question figurait à l’ordre du jour du dernier Maintainers Summit, l’événement qui réunit la communauté impliquée dans le développement du noyau.

Du renouvellement des contributeurs au noyau

Le sujet n’est pas trivial, ne serait-ce que parce que c’est le dépôt personnel de Torvalds qui fait office de branche principale pour le noyau Linux (qui fêtait l’an dernier ses 34 ans). Au-delà de la question des accès nécessaires à la gestion des commits en cas d’indisponibilité, il interroge aussi de façon plus implicite la problématique de la continuité de la gouvernance autour du noyau, ce qu’admet d’ailleurs bien volontiers le principal intéressé.

Linus Torvalds évoquait déjà le sujet en 2020 lors de sa traditionnelle intervention à l’occasion de l’Open Source Summit. Il soulignait alors que la maintenance du noyau pouvait être perçue comme une mission fastidieuse, et qu’il était dans ce contexte difficile de fédérer de nouveaux développeurs prêts à s’impliquer.

Un propos renouvelé lors de l’édition 2024 (marquée par des débats animés sur Rust), lors d’une discussion avec Dirk Hohndel, son ami de longue date, contributeur historique au kernel Linux et responsable de l’open source chez Verizon. Quand ce dernier fait remarquer que tout de même, la moyenne d’âge des mainteneurs témoigne d’un certain vieillissement, Torvalds répond d’une pirouette que le gris (des cheveux) est certainement la bonne couleur pour le job.

S’il reconnait que certains contributeurs finissent par vieillir et se mettre en retrait du projet, il considère que le phénomène est attendu, et retourne le constat. « Ce qui n’est pas normal, c’est que des gens restent là pendant des décennies. C’est inhabituel, et je pense que c’est bon signe », sourit-il, avant d’admettre qu’il convient effectivement de préparer la suite, et donc de veiller au renouvellement progressif des personnes impliquées.

Pas de successeur désigné, mais un processus de sélection

La question de cette continuité a donc été débattue en décembre dernier, de façon relativement consensuelle, rapporte Jonathan Corbet sur LWN. Les participants ont dans un premier temps établi qu’il n’existait pas de « point de défaillance unique » qui compromettrait la maintenance du noyau en cas d’absence subite de Torvalds : plusieurs autres contributeurs disposent des droits nécessaires sur son dépôt, dont la redondance est par ailleurs assurée.

Reste à envisager la suite, qu’il s’agisse d’un départ accidentel ou d’une mise en retrait volontaire. Les mainteneurs du noyau ont pour ce faire convergé vers un processus plutôt simple, formalisé dans un document joliment baptisé conclave.rst, publié sur le dépôt de Torvalds le 25 janvier dernier.

Celui-ci définit que la mise en œuvre du processus de sélection du ou des nouveaux responsables de la maintenance incombe en premier lieu à l’organisateur du dernier Maintainer Summit ou, à défaut, au conseil technique (Technical Advisory Board) de la Linux Foundation.

Le processus en question prévoit quant à lui qu’un premier niveau de discussion soit engagé sous 72 heures entre les participants au Maintainer Summit, pour converger vers une proposition partagée ensuite sur la liste de diffusion du noyau sous deux semaines. Symboliquement, on sortirait donc du Benevolent dictator for life (BDFL) qui prévalait jusqu’ici.

La mise en œuvre reviendrait enfin à la Linux Foundation, avec laquelle Torvalds indique d’ailleurs avoir récemment signé un nouveau contrat. De quoi confirmer, s’il en était besoin, qu’il ne compte pas lâcher de sitôt le projet de sa vie !

  •  

Altman, Cook et d’autres condamnent les actions de l’ICE alors que leurs sociétés y participent

DigitICE detox
Altman, Cook et d’autres condamnent les actions de l’ICE alors que leurs sociétés y participent

Quand bien même beaucoup d’entre eux vendent leurs services au ministère de l’Intérieur américain et au service de l’immigration et des douanes, quelques dirigeants de l’industrie numérique américaine ont pris la parole pour condamner les actions de l’ICE.

« Ce qui arrive avec l’ICE va trop loin. » Dans un Slack interne d’OpenAI, Sam Altman a pris la parole sur les actions du service de l’immigration et des douanes (ICE) et la situation politique aux États-Unis. « J’aime les États-Unis et ses valeurs de démocratie et de liberté et je soutiendrai le pays par tous les moyens que j’ai ; OpenAI le fera aussi. Mais un élément de l’amour de notre pays est le devoir Américain de se battre contre les abus de pouvoir. »

Alors que le silence des dirigeants de la tech commençait à devenir audible, par contraste avec les appels à mobilisation de leurs employés, quelques-uns d’entre eux ont commencé à prendre la parole. Dans sa publication obtenue par le New-York Times, Sam Altman a continué en qualifiant Donald Trump de « leader très solide », dont il espère qu’il « saura se montrer à la hauteur de la situation et unir le pays ».

Directeur général d’Apple, Tim Cook a lui aussi publié un message dans lequel il appelle à « la désescalade » sur les canaux internes d’Apple. Et d’affirmer : « Je crois que l’Amérique est la plus forte lorsque nous sommes à la hauteur de nos idéaux, lorsque nous traitons chaque personne avec dignité et respect, peu importe qui elle est ou d’où elle vient. » Critiqué par ses employés et des clients pour avoir assisté à une projection du documentaire Melania le soir même de la mort d’Alex Pretti, Tim Cook a précisé avoir abordé le sujet avec Donald Trump plus tôt dans la semaine.

Des enjeux différents de l’époque Trump I

Sous le premier mandat de Donald Trump, les salariés de la Silicon Valley s’étaient mobilisés à plusieurs reprises pour critiquer les politiques du président. Cette fois-ci, après le rapprochement évident d’acteurs comme Marc Andreessen ou Elon Musk de la présidence, « ils se doutent qu’ils pourraient en perdre leur emploi », déclare l’ancien dirigeant de Block Mike Brock au magazine Time.

Pour autant, depuis les assassinats de Renée Good et d’Alex Pretti, un nombre croissant d’employés d’entreprises installées comme de start-up appellent à la mobilisation. Le 24 janvier, l’employé d’Open AI James Dyett lançait sur X : « Les dirigeants du secteur technologique sont bien plus indignés par un impôt sur la fortune que par les agents masqués de l’ICE qui terrorisent les communautés et exécutent des civils dans les rues ». Depuis, certains d’entre eux se sont peu à peu fait entendre, donnant aux critiques une nouvelle ampleur.

Connu pour son positionnement plus démocrate que le reste de la « mafia Paypal » (constituée de proches de Peter Thiel), le fondateur de LinkedIn Reid Hoffman a appelé ce dimanche à ce que « tous les américains » s’opposent à l’ICE, tandis que le directeur scientifique de Google Deepmind qualifiait la mort d’Alex Pretti de « totalement honteuse ». Alors qu’il promouvait son récent essai Machines of Loving Graces, le patron d’Anthropic Dario Amodei s’est exprimé en ligne pour qualifier les actions de l’ICE d’« horreur ».

Une tech intégrée à l’architecture gouvernementale

L’éléphant dans la pièce concerne néanmoins le rôle de diverses sociétés technologiques dans les actions du gouvernement américain en général et de l’ICE en particulier.

Palantir a par exemple obtenu dès 2022 un contrat de 139,3 millions de dollars pour aider le ministère de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) dans la « gestion des enquêtes », des opérations de maintenance et des « améliorations ciblées ». Deloitte doit assurer un « soutien à la modernisation des données » jusqu’à 2027 pour 24 millions de dollars. Dell a signé en avril 2025 un contrat de 18,8 millions de dollars avec le bureau du directeur des systèmes d’information de l’ICE, impliquant par ailleurs l’achat de 38 millions de dollars de licences logicielles Microsoft et 39 millions de dollars de services chez AWS (Amazon). Motorola Solutions doit « déployer et maintenir » l’infrastructure de communications tactiques de l’ICE selon un contrat de 16,6 millions de dollars obtenu en septembre 2023, etc.

Pour se construire son infrastructure d’« autoritarisme automatisé », comme le qualifie l’activiste Irna Landrum, l’ICE a surtout commencé par se constituer un vaste jeu de données publiques et privées, achetées aussi bien auprès des géants numériques, de courtiers comme Thomson Reuters ou LexisNexis, que du gouvernement américain. L’entité a aussi été aidée par l’action de l’éphémère ministère de l’efficacité gouvernementale (DOGE) lorsque ce dernier a entrepris de centraliser des jeux de données des services de santé, des impôts ou d’autres domaines de l’administration.

Quelques jours avant que son patron ne prenne la parole en interne, OpenAI signait par ailleurs un contrat avec le sous-traitant gouvernemental Leidos pour déployer les outils du spécialiste de l’intelligence artificielle dans les outils de travail des employés travaillant à la sécurité nationale, à la défense ou encore aux infrastructures de l’administration des États-Unis.

En France, Capgemini se retrouve aussi sous le feu des critiques après la révélation par l’Observatoire des multinationales d’un contrat susceptible de grimper à 365 millions de dollars pour fournir à l’ICE « des services de recherches de personnes (skip tracing) à l’échelle nationale ». Après plusieurs jours, la direction de la société du CAC 40 a finalement déclaré : « La nature et le périmètre du contrat qui ont été portés à notre connaissance par la presse ne correspondent pas à ce que nous faisons habituellement en tant qu’entreprise ». Auprès des Jours, un ancien cadre des services de l’immigration décrit le caractère essentiel des services de l’entreprises : « Si on vire Capgemini, l’ICE est paralysé ».

  •  

☕️ Stop Killing Games valide son objectif, réponse de Bruxelles attendue d’ici juillet

Cette fois c’est la bonne : la Commission européenne a formellement accusé réception du succès de la pétition Stop Killing Games. Après vérification des signatures déposées via son outil dédié aux initiatives citoyennes (pour prévenir les risques de bourrage des urnes et vérifier que les quotas nationaux sont bien remplis), Bruxelles reconnait 1 294 188 enregistrements valides. Stop Killing Games deviendra de ce fait la quatorzième « Initiative citoyenne européenne » examinée depuis l’entrée en vigueur de la régulation dédiée, en 2019.

« Les organisateurs de cette initiative appellent la Commission à introduire une obligation pour les éditeurs vendant ou concédant sous licence des jeux vidéo dans l’UE de laisser ces jeux en état de fonctionnement, afin d’empêcher les éditeurs de les désactiver à distance », rappelle la Commission européenne, qui précise avoir jusqu’au 27 juillet 2026 pour produire une réponse écrite listant ses éventuelles décisions en la matière. Elle indique qu’elle rencontrera bientôt les porteurs de l’initiative, et qu’une audition publique sera organisée au Parlement européen.

illustration d'une Gameboy en Marty Mc Fly en train de découvrir un jeu récent
Stop Killing Games a émergé en avril 2024, dans la foulée de la fermeture, par Ubisoft, des serveurs dédiés au jeu de course The Crew, sorti dix ans plus tôt

Lancée en avril 2024, la pétition avait connu un net regain d’intérêt au début de l’été 2025, ce qui lui a finalement permis d’atteindre le seuil exigé du million de signatures au début du mois de juillet. La mobilisation s’était poursuivie durant plusieurs semaines, avec l’objectif de dépasser largement ce million de signatures, de façon à pouvoir compenser les participations invalidées.

« Un nombre croissant de jeux vidéo sont vendus effectivement comme des biens, sans date d’expiration indiquée, mais conçus pour être complètement injouables dès que le support de l’éditeur cesse. Cette pratique est une forme d’obsolescence programmée et est non seulement préjudiciable aux clients, mais rend la préservation pratiquement impossible. De plus, la légalité de cette pratique est largement non testée dans de nombreux pays », rappelle le site du mouvement.

  •  

☕️ Tesla va arrêter les Model S et X pour se concentrer sur les… robots Optimus

L’annonce a été faite par Elon Musk lors de la présentation des résultats financier du groupe, comme le rapporte Engadget : « Il est temps de mettre un terme au programme des Model S et X, car nous entrons véritablement dans un avenir fondé sur l’autonomie ».

Le fabricant va continuer de vendre ses véhicules en stock et affirme qu’il continuera d’assurer le service à ses clients, mais l’entreprise « transforme l’espace de production [des Model S et X] dans l’usine de Fremont en un espace dédié à la fabrication de robots humanoïdes Optimus », expliquent nos confrères.

Les Model 3 et Y qui représentent la majeure partie des ventes restent évidemment en production. Selon le dernier bilan, plus de 1,6 million de Model 3 et Y ont été produites, contre à peine 53 900 véhicules pour les autres modèles.

Elon Musk espère que la place libérée permettra à terme de produire jusqu’à un million de robots Optimus par an. Les travaux sont importants : « Optimus ne conserve absolument rien de la chaîne de production existante », précise CNBC. La vente des robots devrait débuter l’année prochaine.

  •  

☕️ Microsoft revendique 1 milliard d’utilisateurs pour Windows 11

Il aura fallu quatre ans, trois mois et 23 jours depuis son lancement, le 5 octobre 2021. « Windows a franchi une étape importante : le milliard d’utilisateurs de Windows 11, soit une hausse de plus de 45 % sur un an », a annoncé Satya Nadella, CEO de Microsoft, mercredi 28 janvier lors de la présentation des résultats financiers de l’éditeur.

Le mouvement a logiquement été accéléré par la fin du support de Windows 10, programmée au 14 octobre dernier. Cette bascule, annoncée de longue date, permet à Windows 11 d’afficher un taux d’adoption plus rapide que celui de son prédécesseur. La disponibilité générale de Windows 10 remonte en effet au 29 juillet 2015, et ce cap symbolique du milliard d’utilisateurs avait été annoncé le 16 mars 2020 (soit quatre ans, sept mois et 18 jours plus tard).

« Ce trimestre, nous avons également enregistré des gains de parts de marché sur Windows, Edge et Bing, ainsi qu’une croissance à deux chiffres du nombre de membres sur LinkedIn et une augmentation de 30 % des publicités vidéo payantes », a également déclaré Satya Nadella.

Si Windows 11 gagne des parts de marché, la concurrence n’est pas en reste, ce qui laisse supposer que le système profite principalement de l’abandon progressif de Windows 10.

La fin du support de Windows 10 a accéléré la bascule vers Windows 11, même s’il est possible d’obtenir un délai de grâce

D’un point de vue financier, Microsoft fait état, pour le deuxième trimestre de son exercice fiscal 2026, clos au 31 décembre dernier, d’un chiffre d’affaires en hausse de 1 % sur un an pour la division Windows OEM and Devices. Cette dernière intègre à la fois les ventes de licences Windows au travers des canaux OEM, les machines de la gamme Surface et les accessoires PC.

Microsoft ne précise pas le chiffre d’affaires attribué spécifiquement à son système d’exploitation (d’ailleurs ouvertement présenté par Nadella l’an dernier comme un produit d’appel vers le reste des offres de l’éditeur, notamment sur le cloud), mais Amy Hood, directrice financière, a quelque peu détaillé la tendance mercredi :

« Windows OEM a enregistré une croissance de 5 % grâce à une excellente exécution et à l’effet favorable continu de la fin du support de Windows 10. Les résultats ont dépassé les attentes, les niveaux de stocks restant élevés en raison d’une augmentation des achats avant la hausse des prix de la mémoire. »

Elle anticipe néanmoins un ralentissement des ventes en trimestre glissant. « Les revenus liés aux appareils et aux OEM Windows devraient connaître une baisse modérée. Les taux de croissance seront affectés par la normalisation des avantages liés à la fin du support de Windows 10 et par la diminution des niveaux élevés des stocks au cours du trimestre. Par conséquent, les revenus liés aux OEM Windows devraient baisser d’environ 10 % ».

  •  

Majorité numérique : malgré les critiques, la Commission européenne soutient la France

Appelez le responsable !
Majorité numérique : malgré les critiques, la Commission européenne soutient la France

Alors que le projet d’interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux suscite des critiques, la Commission a souligné le droit des autorités françaises d’instituer un tel seuil, sous réserve que la manière de le faire respecte les réglementations européennes en vigueur.

Tant que les textes français se conforment à ceux de l’Union européenne, « les autorités françaises ont le droit d’établir une majorité numérique pour leurs citoyens », et les plateformes ont « l’obligation (…) de respecter les législations nationales », a déclaré le porte-parole de la Commission européenne Thomas Regnier ce 27 janvier.

En l’occurrence, la Commission veillera à l’application de ce type d’obligation de la part des « très grandes plateformes numériques » (Very large online platforms, VLOP), pour reprendre la désignation instituée par le règlement sur les services numériques.

La précision est faite alors que la proposition de loi adoptée la veille a vu certains de ses articles réécrits – à commencer par le premier – suite à un avis du Conseil d’État rappelant que les États membres de l’Union ne pouvaient « imposer d’obligations supplémentaires [à celles prévues par l’Union, ndlr] aux plateformes en ligne ». Au moment du débat sur la loi de sécurisation et de régulation de l’espace numérique (SREN), la France s’était faite rappeler à l’ordre par la Commission.

Thomas Regnier a précisé que ce type de vérification pourrait être implémentée à l’aide de la solution européenne de vérification d’âge que la France est en train de tester avec plusieurs autres pays.

Une responsabilité déplacée… vers les mineurs et leurs proches ?

Ces débats réglementaires ont eu pour effet de produire un texte qui ne répond pas aux craintes formulées par des représentants des principaux concernés. En amont de l’examen du texte, les porte-parole du collectif de jeunes européens Ctrl + act + reclaim critiquaient dans les pages du Monde l’absence de consultation des mineurs eux-mêmes.

« Les adolescents ne sont pas accros aux écrans, ils sont accros à leurs amis, expliquait le psychiatre Serge Tisseron le 22 janvier lors d’une réunion organisée avec par le collectif européen. En France, il y a peu de possibilités pour les jeunes de se rencontrer. Si on leur enlève toutes les manières de le faire, il ne leur reste plus que les réseaux sociaux. » Et les représentants de Ctrl + act + reclaim de s’inquiéter de voir la responsabilité des problématiques visées par la proposition de loi déplacée vers les moins de 15 ans et leur entourage, plutôt que vers les plateformes.

Or, comme nous l’expliquions dans de précédents articles, l’article 1er du texte a été modifié pour « interdire au mineur de quinze ans d’accéder à un service de plateforme de partage de vidéos ». Initialement, la proposition de loi prévoyait plutôt de faire porter la responsabilité de l’enjeu sur les réseaux sociaux, en leur intimant « de refuser l’inscription des mineurs de 15 ans à leurs services et de suspendre les comptes déjà créés et détenus par des mineurs de 15 ans ».

Maître de conférences en sciences de l’information, Olivier Ertzscheid s’est lui fendu d’un article de blog dans lequel il décrit la proposition de loi comme un outil de déresponsabilisation des plateformes. Si un palier est institué à 15 ans (ou 16 ans, âge sur lequel s’étaient prononcés favorablement les parlementaires européens en novembre dernier), alors les entreprises de réseaux sociaux pourront considérer qu’au-dessus, tout un chacun peut accéder à n’importe quel contenu, détaille l’universitaire.

En parallèle, cela ferait tomber la responsabilité de constater les manquements sur les familles, ou l’État. Ici, l’enseignant rejoint les propos de Serge Tisseron, qui s’inquiétait de voir le texte « transformer les parents en gendarmes » plutôt que de valoriser les échanges et la dimension éducative du milieu familial. Dans ces débats, pointent plusieurs critiques, le rapport des adultes aux écrans en général et aux réseaux sociaux en particulier est par ailleurs très peu interrogé.

L’exemple australien

Un pays peut donner une idée de ce que l’adoption définitive de la loi par le Sénat pourrait donner. Depuis le 10 décembre, l’Australie est en effet le premier pays à avoir mis en application un texte instituant la majorité numérique à 16 ans.

L’image que l’on se fait de son succès dépend des indicateurs choisis. Depuis l’entrée en vigueur du texte, annonçait le premier ministre Anthony Albanese mi janvier, 4,7 millions de comptes ont été désactivés, supprimés ou limités. Mais le texte ne concerne qu’une série précise de plateformes : Facebook, Instagram et Threads, TikTok, Snapchat, Twitch, YouTube, Kick, Reddit et X.

Les plus jeunes ont donc eu tôt fait de se tourner vers des services de substitution. Ainsi des plateformes de messagerie, dont beaucoup ressemblent de plus en plus clairement à des réseaux sociaux, ou d’autres services appartenant aux sociétés mêmes dont les produits phares étaient visés par les législateurs (WhatsApp chez Meta, Lemon8 chez ByteDance).

Des jeux comme Roblox, sont, de même, investis par les jeunes australiens. Si la loi française est définitivement adoptée, en revanche, ce dernier devra aussi appliquer l’interdiction aux moins de 15 ans pour les usagers de l’Hexagone.

  •  

☕️ Amazon annonce la suppression de 16 000 emplois

Les 14 000 licenciements annoncés par Amazon en octobre dernier n’étaient finalement que le hors-d’œuvre. Le géant américain du e-commerce a en effet communiqué mercredi 28 janvier, d’abord en interne puis de façon publique, sur une nouvelle vague de suppressions de postes. Elle devrait cette fois concerner 16 000 personnes.

« Comme je l’ai indiqué en octobre, nous avons travaillé à renforcer notre organisation en réduisant les niveaux hiérarchiques, en responsabilisant davantage les équipes et en simplifiant les procédures administratives. Si de nombreuses équipes ont finalisé leurs changements organisationnels en octobre, d’autres n’ont achevé ce travail que maintenant », justifie Beth Galetti, vice-présidente chargée des ressources humaines et de la technologie chez Amazon.

Le groupe ne précise pas quels sont les services concernés par cette nouvelle vague de départs, mais les licenciements d’octobre concernaient prioritairement certaines divisions telles que le cloud computing (AWS), certaines fonctions support comme les RH, la publicité, etc. On suppose donc, à la lecture des propos de Beth Galetti, que l’entreprise a depuis l’automne complété le passage en revue de ses différents services internes.

Boites en carton Amazon
Photo de ANIRUDH sur Unsplash

Cette deuxième vague porte donc à 30 000 le volume total de suppressions de postes envisagées par Amazon sur cette phase de restructuration, ce qui correspond aux objectifs chiffrés dévoilés par plusieurs médias outre-Atlantique en octobre dernier.

Le Wall Street Journal parlait par exemple de 30 000 suppressions de postes programmées dans les bureaux, soit environ 10 % des quelque 300 000 cols blancs que compte le groupe à l’échelle mondiale, sur son effectif total de plus de 1,5 million de collaborateurs.

De son côté, Beth Galetti assure qu’Amazon va continuer à recruter dans les secteurs et fonctions stratégiques, sans en préciser la nature. Mais elle prévient dans le même temps qu’aucune équipe n’est à l’abri d’un passage en revue.

« Certains d’entre vous se demandent peut-être si cela marque le début d’une nouvelle ère, avec des annonces de réductions drastiques tous les deux ou trois mois. Ce n’est pas notre intention. Mais comme toujours, chaque équipe continuera d’évaluer sa capacité à innover pour nos clients, sa rapidité et son efficacité, et d’apporter les ajustements nécessaires. C’est plus important que jamais dans un monde qui évolue à une vitesse sans précédent. »

Amazon a par ailleurs annoncé mardi la fermeture, aux États-Unis, de ses points de vente physiques Amazon Go et Amazon Fresh.

  •  

Fin du cuivre (ADSL) : Orange passe la seconde sur les fermetures commerciales et techniques

Complétude mon amour
Fin du cuivre (ADSL) : Orange passe la seconde sur les fermetures commerciales et techniques

La fermeture du cuivre va devenir une réalité pour 20 millions de logements à la fin du mois. L’Arcep en profite pour faire le point sur les obligations d’Orange et le calendrier (qui peut encore évoluer) avec les prochaines grosses étapes à venir.

L’Arcep, le régulateur des télécoms, rappelle à juste titre qu’à partir de ce 31 janvier 2026, « il ne sera plus possible de souscrire à un nouvel abonnement téléphonique ou ADSL sur le réseau cuivre, quel que soit l’opérateur, dans près des trois quarts des communes de France, représentant près de la moitié de la population ».

3/4 des communes concernées, mais 50 % des locaux environ

Sur les 35 000 communes environ que compte la France, le plan initial prévoyait la fermeture pour 34 000 d’entre elles ce 31 janvier… mais elles ne sont désormais plus que 26 000 selon le dernier rapport d’Orange, qui est à la manœuvre sur ce projet.

L’épais document d’Orange indique pour 8 095 communes que le « report de fermeture commerciale [est] lié à un non-respect des critères sur la commune ». La date est désormais fixée au 31 janvier 2027. Sur les 34 000 initialement prévues, nous sommes donc à 26 000 toujours programmées pour la fin de la semaine et 8 000 reportées d’un an (au moins), soit environ 25 % de communes reportées.

Mais c’est bien différent si on regarde le nombre de locaux (le nombre de logements par commune est loin d’être homogène en France) : les 26 000 communes du 31 décembre 2026 représentent un peu plus de 20 millions de locaux, tandis que les 8 000 reportées représentent un peu plus de… 23 millions de locaux.

25 % des communes reportées représentent donc 50 % des locaux. Dans tous les cas, l’échéance est proche : « Pour toutes les communes de France, la fermeture commerciale est prévue par Orange soit ce 31 janvier 2026, soit le 31 janvier 2027 ».

Pour la prochaine étape, c’est le passage à une échelle « industrielle »

L’Arcep rappelle le cadre réglementaire pour la suite : « la fermeture technique [avec la coupure des abonnements existants s‘il en reste, ndlr] ne peut intervenir qu’au minimum 12 mois après la fermeture commerciale, mais parfois à des dates plus lointaines (jusqu’à fin 2030 au plus tard) selon les communes, l’état d’avancement du chantier d’Orange et du déploiement de la fibre ».

L’Arcep rappelle l’existence d’un moteur de recherche du ministère de l’Économie pour « savoir si la date de fermeture définitive (ou “fermeture technique”) du réseau cuivre a déjà été fixée ». Il suffit d’entrer son code postal. Actuellement, « 10 000 communes ont d’ores et déjà une date de fermeture définitive connue et prévue par Orange ».

Orange avance par lot : « Pour 169 communes déjà prêtes pour cette transition, la fermeture technique a d’ailleurs déjà eu lieu, et elle intervient le 27 janvier 2026 pour 763 autres communes ». Ce lot 2 concerne près de 900 000 locaux, « c’est le dernier lot avant un passage à une échelle “industrielle”, où chaque lot concernera plusieurs millions de locaux ».

De nouveaux reports ne sont pas à exclure

Dans son document, le gendarme des télécoms répond ainsi à une question qu’il se pose à lui-même : « Orange peut-il fermer le réseau cuivre comme il l’entend ? ». L’Arcep commence sa réponse en rappelant les raisons du choix : « efficacité, coûts de maintenance et consommation électrique ». La fibre fait mieux sur ces points.

L’Autorité ajoute qu’elle « a toutefois imposé à Orange plusieurs critères à respecter […] Le plus important d’entre eux est le déploiement complet de la fibre optique sur la commune. D’autres obligations, comme des délais de prévenance ».

Et si jamais « ces critères ne sont pas remplis, Orange ne peut pas fermer le réseau cuivre de la commune et doit reporter la date de fermeture annoncée ». C’est justement ce qu’il s’est passé avec le report d’un an des 8 000 communes. L’Arcep ajoute que cela n’exclut « pas de nouveaux reports selon les avancées de ce chantier ».

La fermeture du cuivre dépend donc du déploiement de la fibre, un chantier qui avance vite : « La France fait aujourd’hui partie des pays les mieux fibrés d’Europe avec une couverture supérieure de 20 points à la moyenne de l’UE. Fin septembre 2025, près de 94 % des locaux étaient éligibles à la fibre et 80 % des abonnements internet fixe étaient en fibre optique (contre 16 % en 2015) ».

Mais cette réalité ne doit pas en cacher une autre : « il reste encore environ 3 millions de locaux à rendre éligibles à la fibre ». Dans le lot, forcément, une bonne partie de locaux difficiles d’accès, de raccordements longs et complexes… donc couteux.

Alors que la fin du cuivre est programmée pour 2030 et annoncée depuis des années, l’Arcep note que l’information a encore du mal à passer. En septembre, 28 % des abonnés xDSL déclaraient « ne pas avoir connaissance de la fermeture prochaine du cuivre ». Ils sont par contre prêts à sauter le pas : « 93 % des consommateurs sondés ont indiqué leur intention de s’abonner à la fibre si elle était disponible ».

Une fois la fermeture commerciale et technique du cuivre en place, une autre question va se poser : que faire du million de km de câbles (sous-terrain, en pleine terre, aériens…) de cuivre ? Cela représente pour rappel une manne financière pour Orange étant donné le prix élevé de ce matériau.

  •  

☕️ Mort de Jean Pormanove : le parquet de Paris ouvre une information judiciaire visant Kick

Faute de réponse adéquate de la plateforme australienne à ses sollicitations, le parquet de Paris enclenche une nouvelle étape dans le cadre de l’enquête ouverte le 25 août dernier et relative au décès du streamer Jean Pormanove, survenu après douze jours de direct sur Kick.

« Par réquisitoire du 27 janvier 2026, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire à l’encontre de la société KICK et de ses gérants de droit et de fait », annonce la procureure Laure Beccuau dans un communiqué (pdf).

Elle y explique que, dans le cadre d’une enquête ouverte au contradictoire, les avocats de Kick ont pu consulter la procédure en cours, mais qu’aucun représentant de la plateforme n’a répondu aux convocations de la justice visant à « recueillir leurs observations sur les faits reprochés », ainsi qu’à analyser les mesures de mise en conformité intervenues depuis la mort du streamer.

Capture d’écran de la chaîne de Jean Pormanove sur Kick (archive)

Faute de réponse, le parquet indique donc l’ouverture d’une information judiciaire, avec réquisitions de mandats d’arrêt contre les personnes nommément visées. Ce nouveau volet de l’enquête doit, selon la procureure, permettre de clarifier les montages financiers par lesquels Kick administre ses activités en France, mais aussi les « flux financiers suspects » identifiés entre Kick et la chaîne de Jean Pormanove.

Ces derniers laissent, selon le parquet, suspecter que la plateforme ait directement contribué au financement de la chaîne, ce qui conforterait l’idée d’une forme de responsabilité dans le décès survenu.

L’information porte notamment sur les chefs de fourniture illicite de plateforme en ligne et de blanchiment d’un crime ou d’un délit en bande organisée, ainsi que de non-assistance à personne en danger et diffusion d’enregistrement d’images d’atteinte volontaire à l’intégrité de la personne.

En parallèle de cette information judiciaire, le parquet de Nice a pour sa part placé en garde à vue mardi 27 janvier les deux co-streamers de Jean Pormanove, Owen Cenazandotti, alias Naruto, et Safine Hamadi, dit Safine.

Les dates coïncident, mais les deux procédures ne sont pas directement liées. Le procureur de Nice a en effet prononcé cette garde à vue dans le cadre d’une enquête préliminaire lancée en décembre 2024 sur les deux streamers vedettes du « Lokal », soit avant le décès de Pormanove, survenu le 18 août 2025.

Les deux hommes sont entendus pour des chefs de violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences, d’après le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.

  •  

☕️ ChatGPT cite Grokipedia comme une source pertinente

ChatGPT avec le modèle GPT-5.2 commence à utiliser Grokipedia comme source pour appuyer les affirmations qu’il génère.

Le Guardian a fait quelques tests sur le chatbot d’OpenAI, et découvert que l’encyclopédie d’Elon Musk, concurrente raciste et désinformatrice de Wikipédia, est régulièrement citée par ChatGPT.

Le média britannique précise que le chatbot ne cite pas Grokipedia quand on lui demande directement de répéter de la désinformation sur l’attaque du Capitole le 6 janvier 2020, les biais médiatiques à propos de Donald Trump ou la pandémie de VIH/SIDA.

Par contre, selon le Guardian, ChatGPT a repris de fausses informations en citant Grokipedia sur le travail de l’historien Richard Evans qui a témoigné en tant qu’expert dans le procès du négationniste David Irving, alors que le journal britannique les avait démenties. Le chatbot a aussi cité l’encyclopédie d’Elon Musk sur des liens entre l’entreprise de télécom iranienne MTN-Irancell et Ali Khamenei.

Interrogé par le Guardian, OpenAI affirme que l’utilisation du web par son modèle « vise à s’appuyer sur un large éventail de sources et de points de vue accessibles au public ». « Nous appliquons des filtres de sécurité afin de réduire le risque d’afficher des liens associés à des préjudices graves, et ChatGPT indique clairement quelles sources ont inspiré une réponse à l’aide de citations », ajoute l’entreprise.

  •  

☕️ iPhone 5s, 6, 7, 8 et X : une mise à jour pour éviter une coupure en janvier… 2027

Cette semaine, Apple a déployé des mises à jour pour iOS 26.2.1 et 18.7.4, sans oublier les déclinaisons iPad OS. Mais le fabricant a aussi mis à jour d’anciens systèmes, un très ancien même avec iOS 12.5.8 puisque cette 12ᵉ déclinaison a été lancée en septembre 2018.

Cela concerne les iPhone 5 s, iPhone 6 (Plus), mais aussi les iPad Air, iPad mini 2 et 3 pour iPadOS 12.5.8. Il ne s’agit pas d’une mise à jour de sécurité, d’autant que ces terminaux sont depuis longtemps en fin de vie, mais de préparer une échéance qui arrivera dans un an :

« Cette mise à jour prolonge la validité du certificat requis par des fonctionnalités telles que iMessage, FaceTime et l’activation de l’appareil afin qu’elles continuent de fonctionner après janvier 2027 ».

La précédente mise à jour 12.5.7 date de janvier 2023, soit cinq ans après l’arrêt du support. Elle concernait cette fois-ci une vilaine faille de sécurité : la simple lecture d’une page web spécialement conçue permettait l’exécution d’un code arbitraire et malveillant.

Toujours sur de vieux smartphones dont la fin du support logiciel a été actée, Apple déploie une mise à jour pour iOS 15.8.6 (iPhone 6 s, 7 et SE de 1ʳᵉ génération, iPad Air 2, mini de 4e génération), mais aussi iOS 16.7.13 (iPhone 8 (Plus) et X, iPad 5ᵉ génération, iPad Pro de 1ʳᵉ génération). Les notes de version ne font état que de la correction « d’importants bugs ».

Apple ne corrige donc pas de faille de sécurité, mais fait en sorte que ces smartphones ne cessent pas de fonctionner à cause d’un certificat invalide à partir de 2027.

  •  

Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

Here comes (back) a new challenger
Tests Core Ultra Series 3 (Panther Lake) : Intel semble avoir redoré son blason

La publication, outre-Atlantique, des premiers tests consacrés aux processeurs Panther Lake d’Intel confirme que les promesses du fondeur autour de son procédé de gravure Intel 18A n’étaient pas vaines. C’est au moins vrai pour le Core Ultra X9 388H et son iGPU Intel Arc Pro B390, qui marquent des points tangibles face à la concurrence, en x86 comme en Arm.

Après la traversée du désert, le retour du roi ? Annoncés début janvier à l’occasion du CES de Las Vegas, les nouveaux processeurs Core Ultra Series 3 pour ordinateurs portables d’Intel, dits Panther Lake, semblent partis pour redorer le blason d’Intel.

La publication des premiers tests dans la presse tech outre-Atlantique confirme en effet que cette nouvelle génération, la première basée sur le procédé de gravure Intel 18A, délivre des performances et une efficacité énergétique qui ramènent ces puces x86 dans la course face aux Ryzen d’AMD (du moins en attendant l’arrivée des Ryzen AI 400), mais aussi et surtout face aux processeurs Arm d’Apple.

Des tests centrés sur le modèle le plus haut de gamme

À ce stade, il faut toutefois rappeler que tous les tests publiés mardi 27 janvier, date de levée de l’embargo, concernent le processeur le plus haut de gamme de la famille des Core Ultra Series 3, le Core Ultra X9 388H, lui-même accompagné du GPU intégré le plus performant de cette génération, l’Intel Arc Pro B390 (gravé par TSMC).

Il convient également de noter que ces tests ont été effectués, dans la plupart des rédactions, sur un même châssis, le ZenBook Duo d’Asus, une machine très haut de gamme (annoncée à 2 300 dollars aux États-Unis dans cette configuration) qui dispose de deux écrans, mais aussi d’une imposante batterie de 99 Whr.

Les résultats relayés ici ne valent donc que pour ce processeur, dans cette configuration, et ne présagent pas du ratio entre performances et efficacité énergétique du reste de la gamme (qui compte 14 références au lancement).

Tous les Core Ultra Series 3 bénéficieront cependant des avancées liées à leur nouveau procédé de gravure, grâce auquel Intel déclarait en janvier atteindre « jusqu’à 15 % de performances par watt et une densité de puces 30 % plus élevée par rapport au nœud de processeur Intel 3 ».

Pour une présentation plus générale de la gamme, et des bénéfices architecturaux promis par Intel, consultez notre article de présentation dédié.

Un Core Ultra X9 388H solide, mais derrière l’Apple M5

Au chapitre des tests synthétiques, Tom’s Hardware nous propose de positionner le nouveau venu face à ses principaux concurrents en un coup d’œil, puisque le X9 388H est opposé à un Core Ultra 7 255H (la génération précédente) au sein d’un portable Lenovo, au Ryzen 9 HX 375 d’AMD via une machine HP, et à deux processeurs Arm, signées respectivement Apple et Qualcomm, via un MacBook Pro M5 et un Dell XPS 13 doté d’un Snapdragon X Elite.

Crédit Tom’s Hardware

En monocœur, le X9 dépasse tous ses concurrents, à l’exception de la puce Apple M5, qui conserve une belle longueur d’avance. Sur des flux multithreadés en revanche, le nouveau venu d’Intel talonne la puce du MacBook Pro. Sur un encodage vidéo via Handbrake, Apple s’impose nettement devant le Ryzen 9 HX 375, lui-même talonné par le X9. « Intel ne peut toujours pas rivaliser avec Apple en termes de performances monocœur, et c’est là que l’amélioration est la plus modeste », résume aussi Wired, avant d’aborder ce qui constitue peut-être la meilleure surprise de cette nouvelle référence : sa partie graphique intégrée.

Un iGPU qui envoie

Sur le classique 3DMark Fire Strike, Tom’s Hardware mesure un score de 13 581 pour le Zenbook Duo, loin devant l’iGPU du Ryzen 9 HX 375 qui totalise 8 557 points.

En jeu, PC Gamer constate un débit moyen de 64 images par seconde (FPS) sur Cyberpunk 2077 en 1080p natif avec des réglages en moyen, mais c’est bien sûr avec les fonctions d’upscaling (XeSS chez Intel, équivalent du DLSS chez NVIDIA et du FSR chez AMD) que la magie opère, puisque la machine d’Asus délivre alors 92 images par seconde en moyenne.

Elle écrase alors sans difficulté l’iGPU Radeon 890M d’AMD, même si elle reste en retrait des performances obtenues par une RTX 4050 Mobile de NVIDIA.

Crédit PC Gamer

Usages fluides et autonomie record

Si la génération précédente de GPU mobiles de NVIDIA tient encore largement la corde en matière de performances, le ratio entre performances et autonomie se renverse assez largement au profit d’Intel, remarque encore PC Gamer. Le Zenbook Duo équipé du Core X9 tient en effet 146 minutes en jeu, en mode d’alimentation équilibré, quand la machine équipée d’une RTX 4050 calanche au bout de 92 minutes.

Tous les testeurs saluent de façon unanime l’autonomie de la machine d’Asus, qui franchit largement la journée d’utilisation loin de toute prise électrique, en rappelant tout de même qu’elle profite d’une batterie hors norme. Les tests lancés par Guillaume Henri des Numériques semblent eux aussi partis pour confirmer une excellente autonomie.

The Verge explore de son côté la concurrence entre X9 et M5 sur deux applications dites de création. D’abord, un export Premiere 4K qui se conclut à l’avantage d’Intel (183 secondes, contre 194 secondes pour le MacBook Pro), puis le test Classroom de Blender, qui lui consacre une victoire sans conteste de la puce Apple (44 secondes pour le M5, 61 secondes pour le X9).

S’ils confirment les ordres de grandeur généraux, ces deux chiffres sont toutefois difficiles à analyser plus avant, faute de détail précis quant au paramétrage des logiciels concernés. Est-ce le plus important ? « En pratique, la rapidité de Panther Lake est indéniable. Lorsque j’ai ouvert mon catalogue Adobe Lightroom Classic et commencé à retoucher certains de mes fichiers RAW de 50 mégapixels, j’ai constaté une fluidité comparable, voire supérieure, à celle d’un MacBook Pro », estime l’auteur du test.

Après cet accueil globalement favorable, reste à voir comment se comporte le reste de la gamme, et bien sûr dans quelle mesure les Core Ultra Series 3 tiendront leur nouveau rang face aux nouveaux venus attendus chez Apple (M5 Pro, M5 Max), AMD ou Qualcomm…

  •  

☕️ Google verse 68M de dollars pour se libérer d’accusations d’espionnage de son assistant

Google a accepté de verser 68 millions de dollars pour régler un procès dans lequel l’entreprise était accusée d’avoir laissé son assistant vocal espionner des utilisateurs d’Android.

Celui-ci devait normalement s’activer aux seuls mots de « Okay, Google » ou «Hey, Google », mais dans une plainte déposée en juillet 2019 [PDF], des particuliers accusaient l’assistant de les enregistrer sans qu’ils aient prononcé ces mots.

Les plaignants expliquaient dans ce document que « Google a également reconnu que “les appareils équipés de l’Assistant Google peuvent rencontrer ce que nous appelons une “fausse acceptation”. Cela signifie que notre logiciel a interprété certains bruits ou mots en arrière-plan comme étant le mot clé (tel que “Ok Google”) ».

Flock Google surveillance

Comme le remarque TechCrunch, Google n’a pas reconnu avoir commis d’infraction. L’accord [PDF] de la class action concerne aux États-Unis les personnes qui ont acheté des appareils Google ou qui ont fait l’objet de « fausses acceptations » de la part de l’Assistant Google depuis le 18 mai 2016. L’entreprise a refusé auprès de Reuters de faire tout commentaire.

Il y a un an, Apple avait mis 95 millions de dollars sur la table pour en finir avec une procédure similaire concernant Siri.

  •  
❌