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Guerre en Ukraine : cette nouvelle opération ingénieuse de Kiev pour piéger des espions russes

Kiev continue de faire preuve d’imagination pour combattre les forces russes. Nommé ce vendredi 2 janvier comme nouveau chef de cabinet de la présidence ukrainienne, Kyrylo Boudanov, jusqu’alors directeur du renseignement militaire ukrainien (GUR), a annoncé jeudi, avant sa promotion, que ses services avaient simulé la mort d’un chef militaire russe anti-Poutine pour piéger plusieurs espions russes. Le combattant en question, Denis Kapoustine, est à la tête du Corps des volontaires russes (RDK), composé de membres aux idéologies variées, combattant en faveur de l’Ukraine. "Bienvenue à la vie", lui a lancé Kyrylo Boudanov, lors d’un échange sur une vidéo publiée sur la messagerie cryptée Telegram.

De l’argent et des informations

Concrètement, quel est le principe de cette opération ? Le 27 décembre, le RDK indique que leur leader a été tué au combat. "Tous les détails seront annoncés ultérieurement, dès que les circonstances de l’incident auront été établies", communique ainsi le groupe sur Telegram. "Nous te vengerons, Denis." Ce nationaliste russe anti-Poutine, connu pour ses positions d’extrême droite, voire néonazies, aurait alors été abattu dans la nuit précédente par un drone sur le front près de Zaporijia, au sud-est de l’Ukraine. Mais cette mort n’était en réalité qu’une mise en scène, orchestrée depuis plusieurs semaines par les services secrets ukrainiens.

Pour Kiev, l’objectif de la mission était clair : faire croire au décès de Denis Kapoustine pour duper Moscou, puis en profiter pour obtenir des informations sur les espions russes… et quelques liquidités. En effet, si la mort de chef militaire était si stratégique, c’est avant tout parce que le Kremlin avait mis à prix la tête du combattant anti-Poutine. Ainsi, 500 000 dollars étaient promis par la Russie à toute personne qui parviendrait à l’assassiner. Une somme qui, grâce à la réussite de cette mission, a directement été versée aux forces ukrainiennes. "Je suis heureux que l’argent destiné à votre assassinat ait servi à soutenir notre combat", s’est félicité Kyrylo Boudanov, lors de l’annonce de cette simulation.

Denis Kapoustine, une figure russe extrémiste

D’autre part, l’autre enjeu côté ukrainien était de faire croire Moscou à ce meurtre afin d’identifier des espions au sein des services secrets russes. Une mission réussie, d’après le GUR. Comme relevé par le média russe indépendant Meduza, le renseignement ukrainien a d’ailleurs publié ce vendredi des vidéos fabriquées de toutes pièces et envoyées à la partie russe pour prouver la prétendue mort du chef militaire. Denis Kapoustine, lui, se dit prêt à reprendre les armes dès que possible. "Mon absence temporaire n’a pas affecté la qualité ni le succès de l’exécution des missions de combat", a-t-il assuré. "Je suis prêt à retourner sur le terrain et à reprendre le commandement de l’unité RDK."

S’il défend l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, ce militant extrémiste est une personnalité sulfureuse dans le pays. Figure du milieu hooligan et amateur de sports de combat comme le MMA, il promeut une vision ultranationaliste de la Russie. En 2019, une enquête de Der Spiegel avait révélé que ce dernier avait vécu une dizaine d’années en Allemagne. Le ministère de l’Intérieur du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie indiquait alors au journal que Denis Kapoustine avait "contribué de manière significative à la professionnalisation de la scène néonazie des arts martiaux" outre-Rhin. En 2023, le chercheur Adrien Nonjon, spécialiste de l’Ukraine et de l’extrême droite post-soviétique, décrivait ainsi à L’Express cet homme comme "un néonazi businessman, avant-tout guidé par ses propres intérêts, notamment financiers".

© REUTERS

Le chef militaire russe anti-Poutine et d'extrême-droite Denis Kapoustine lors d'une conférence de presse à Kiev (Ukraine), le 21 mars 2024.
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"Ma santé est parfaite" : la contre-attaque de Donald Trump après les rumeurs sur sa forme physique

Début novembre, conférence de presse à la Maison-Blanche. Autour de Donald Trump, assis derrière son bureau, plusieurs experts prennent la parole. Le sujet du jour ? Un accord destiné à faire diminuer le tarif des médicaments anti-obésité aux États-Unis. Depuis le retour au pouvoir du milliardaire républicain, ce genre de scène est plutôt classique. Mais cette fois, un élément a davantage attiré l’attention des caméras présentes dans la pièce : le président américain est surpris à plusieurs reprises en train de somnoler lors des déclarations de ses interlocuteurs. Donald Trump en pleine sieste ? La Maison-Blanche dénonce immédiatement une "manipulation". Un mois plus tard, la scène se répète, cette fois lors d’une réunion avec ses ministres. Ces épisodes font en tout cas émerger de nouveaux doutes sur la santé du dirigeant, âgé de 79 ans.

Donald Trump "parfaitement apte à exercer ses fonctions"

En ce début d’année 2026, Donald Trump, lui, n’en démord pas : avec un brin de mauvaise foi, il assure avoir simplement les yeux fermés sur ces vidéos. "C’est très relaxant pour moi", assure-t-il auprès du Wall Street Journal. "Parfois, ils me prennent en photo en train de cligner des yeux." Des propos cités dans un long article du quotidien économique publié jeudi 1er janvier, qui revient en détail sur les rumeurs autour de la santé du président américain. Ces derniers mois, alors que Donald Trump a pu paraître plus fatigué en public, le sujet a donné lieu à de nombreux commentaires, voire des théories complotistes.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes se sont même interrogés – sans preuve – sur la capacité physique du républicain à terminer son second mandat. Donald Trump préfère balayer ces affirmations d’un revers de main. "Ma santé est parfaite", expose-t-il, tout en regrettant d’évoquer ce sujet "pour la 25ᵉ fois". Ses médecins, de leur côté, se veulent tout aussi rassurants. Le Wall Street Journal a ainsi pu consulter les résultats positifs d’examens passés par le dirigeant conservateur. D’après ces tests, son âge cardiaque serait en réalité semblable à celui d’une personne de seulement 65 ans. Sean Barbarella, le principal praticien en charge du président, promet ainsi que ce dernier est en "excellente santé et parfaitement apte à exercer ses fonctions de commandant en chef".

Recommandations pas toujours suivies

Les rumeurs autour de la forme de Donald Trump sont néanmoins prises très au sérieux par son équipe. La problématique revêt un important caractère symbolique : jouant de son image d’homme puissant, le conservateur a régulièrement moqué les problèmes de santé connus par son prédécesseur Joe Biden. Le démocrate, surnommé "Sleepy Joe" ("Joe le dormeur") par Donald Trump, subissait constamment ses quolibets en raison de sa fatigue apparente. L'argumentaire pourrait aujourd’hui se retourner contre lui. Ses petits sommes piqués face caméra font désormais eux aussi l’objet de railleries en ligne, y compris de la part des démocrates. Sur son compte X, le service de presse du gouverneur de Californie Gavin Newsom – maintes fois renommé "Gavin Newscum" ("scum" signifiant "ordure" en anglais) par Donald Trump – n’a pas manqué l’occasion de baptiser le républicain comme "Dozy Don" ("Don le somnolent").

Pour l’intéressé, il est donc crucial de déminer les différents questionnements sur ses aptitudes physiques à diriger les États-Unis. Cependant, certaines des déclarations de Donald Trump au Wall Street Journal laissent en tout cas penser que le président américain ne se soucie pas vraiment de son état de santé. Plus préoccupant : il assume de ne pas respecter certaines des recommandations des médecins qui le suivent. Il assume ainsi de prendre de l’aspirine à hauteur de 325 mg par jour d’aspirine, soit une dose quotidienne bien supérieure à celle souhaitée par les spécialistes qui l’accompagnent. "Ils préféreraient que je prenne la dose plus faible [d’aspirine]", lance Donald Trump. "Je prends une plus forte […] depuis des années, et ça cause des hématomes."

Des hématomes, qui, justement, ont aussi fait l’objet de multiples allégations ces derniers mois. En août, les observateurs avaient en effet remarqué des ecchymoses bleues sur la main du républicain, lors d’une rencontre avec le Premier ministre sud-coréen dans le bureau Ovale. De quoi alimenter, là encore, toutes sortes d’hypothèses fantaisistes sur l’origine de ces bleus. Plus tôt dans l’année, Sean Barbarella avait indiqué que ces marques étaient "compatibles avec une irritation mineure des tissus mous due à des poignées de main fréquentes et à l’utilisation d’aspirine, prise dans le cadre d’un régime standard de prévention cardiovasculaire". Mais pourquoi donc Donald Trump refuse-t-il de réduire sa quantité d’aspirine ingérée chaque jour ? "Je suis un peu superstitieux", dit-il, en ajoutant qu’il prend ce traitement depuis 25 ans.

Remise en cause de la parole médicale

Dans la même veine, Donald Trump s’est vu prescrire le port de chaussettes de contention par les médecins, après un léger gonflement des jambes dont il a souffert l’été dernier. Une habitude que le locataire de la Maison-Blanche a adoptée… seulement un temps. Il ne porte aujourd’hui plus ces chaussettes. "Je ne les aimais pas", justifie-t-il sans plus d’explications. Autre regret exprimé par le président américain : le passage d’un scanner cardiovasculaire et abdominal, mi-octobre. "Avec le recul, c’est dommage que j’aie fait cet examen, car cela leur a donné des arguments", déplore-t-il, en référence aux spéculations liées à la réalisation de ces tests. "J’aurais été bien mieux loti s’ils ne l’avaient pas fait, car le simple fait que je l’aie passé a suscité des interrogations : 'Tiens, il y a un problème ?' Or, tout va bien."

Plus que sur des éléments factuels, Donald Trump s’appuie sur la conviction qu’il dispose d'"une très bonne génétique", avec des parents restés en forme jusque tard dans la vie. L’ensemble de ces paroles, agrémentées d’un soupçon de remise en cause de la parole médicale, fait écho aux positions parfois ambiguës du républicain vis-à-vis du consensus scientifique sur les problématiques sanitaires. Avant son entrée en fonction à Washington, la nomination du vaccinosceptique Robert Kennedy Jr. en tant que secrétaire à la Santé avait déjà donné le ton de la future politique fédérale en la matière. En septembre, Donald Trump avait lui-même créé la polémique en déconseillant aux femmes enceintes de prendre du paracétamol pour limiter les risques d’autisme de leurs enfants – un lien qui n’est pas établi par la science.

© REUTERS

Le président américain Donald Trump, lors d'une réunion à Washington, le 2 décembre 2025.
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Volodymyr Zelensky nomme Kyrylo Boudanov chef du renseignement militaire, pour diriger le cabinet présidentiel

Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi avoir choisi le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Boudanov pour le poste de directeur de cabinet de la présidence, laissé vacant par la démission d'Andriy Yermak le 28 novembre. Kyrylo Boudanov , 39 ans, dirigeait le renseignement militaire (GUR) depuis août 2020. Depuis le début de la guerre contre l'Ukraine, le 24 février 2022, il a notamment présidé aux échanges de prisonniers de guerre entre les deux pays et a participé à plusieurs opérations spéciales. Il a été fait "Héros de l'Ukraine", le plus haut titre honorifique attribué par le gouvernement ukrainien.

I had a meeting with Kyrylo Budanov and offered him the role of the Head of the Office of the President of Ukraine. At this time, Ukraine needs greater focus on security issues, the development of the Defense and Security Forces of Ukraine, as well as on the diplomatic track of… pic.twitter.com/SCs6Oj2Rb7

— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 2, 2026

L'officier a fait savoir qu'il avait accepté la proposition de Volodymyr Zelensky. "A l'heure actuelle, l'Ukraine doit se concentrer davantage sur les questions de sécurité, le développement des forces de défense et de sécurité ukrainiennes, ainsi que sur la voie diplomatique des négociations, et le cabinet du président aura pour mission principale de mener à bien ces tâches de notre Etat", a écrit le président ukrainien sur X. "Le cabinet du président aura pour mission principale de mener à bien ces missions, a-t-il poursuivi. Kyrylo possède une expertise pointue dans ces domaines et les compétences nécessaires pour obtenir des résultats concrets."

Le directeur de cabinet de Volodymyr Zelensky, négociateur en chef pour la partie ukrainienne et proche du chef de l'Etat, avait été contraint à la démission dans le cadre d'une enquête sur un scandale de corruption impliquant les plus hautes autorités de l'Etat. Un scandale qui a politiquement fragilisé le président ukrainien.

© via REUTERS

Le chef des renseignements militaires ukrainiens, Kyrylo Budanov, rencontre le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, alors que la Russie attaque l'Ukraine, à Kiev, en Ukraine, sur cette photo diffusée le 2 janvier 2026. Service de presse présidentiel ukrainien/Document fourni par REUTERS
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Iran : Donald Trump menace d'une intervention américaine si Téhéran réprime violemment les manifestations

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les Etats-Unis étaient prêts à intervenir pour défendre les manifestants en Iran en cas de répression violente des autorités de Téhéran. "Nous sommes prêts à intervenir", a déclaré le président américain dans un message publié sur Truth Social. Les États-Unis ont frappé des installations nucléaires en Iran en juin dernier, se joignant ainsi à Israël dans une brève guerre contre Téhéran.

Cette prise de position américaine intervient alors que plusieurs personnes ont été tuées jeudi en Iran lors de troubles liés aux plus importantes manifestations depuis trois ans, déclenchées par une inflation exponentielle - 42,5 % en décembre. Le mouvement de protestation a été déclenché par des commerçants, qui ont défilé dimanche dans les rues de Téhéran pour dénoncer la plaie de l'inflation et sa gestion par le gouvernement.

"Déstabilisation de la région"

Dans plusieurs provinces du pays, les manifestations ont pris une tournure violente. Un responsable local de l'ouest de l'Iran, où plusieurs décès ont été signalés, a averti que toute agitation ou tout rassemblement illégal seraient traités "de manière décisive et sans indulgence", selon des propos rapportés par les médias officiels. Les médias affiliés à l'État et les groupes de défense des droits humains ont fait état d'au moins six morts depuis mercredi, dont un homme qui, selon les autorités, était membre du Bassidj, milice affiliée aux Gardiens de la révolution. Le groupe Hengaw, une ONG de défense des droits humains kurde basée en Norvège, a déclaré que 29 manifestants avaient été arrêtés lors de la dernière vague de manifestations, dont 14 Kurdes, sept Lors (minorité apparentée aux Persans), sept femmes et deux enfants.

Répondant aux commentaires de Donald Trump, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a averti qu'une ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures iraniennes équivaudrait à déstabiliser toute la région. L'Iran soutient des groupes armés au Liban, en Irak et au Yémen.

La flambée des prix est attisée par l'effondrement de la monnaie nationale. Le rial chute sous l'effet des sanctions occidentales contre l'économie iranienne et a perdu près de la moitié de sa valeur en un an. Il a atteint mardi un plus bas record de 1 400 000 rials par dollar, d'après des chiffres agrégés par des plateformes en ligne.

S'exprimant jeudi, avant les propos de Donald Trump, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que les défaillances des autorités étaient à l'origine de la crise. "Nous sommes responsables... Ne cherchez pas à blâmer les États-Unis ou qui que ce soit d'autre. Nous devons servir correctement afin que les gens soient satisfaits de nous... C'est à nous de trouver une solution à ces problèmes", a-t-il déclaré.

© via REUTERS

Des passants devant des magasins fermés à la suite de manifestations contre la chute de la valeur de la monnaie, dans le Grand Bazar de Téhéran, Téhéran, Iran, 30 décembre 2025. Majid Asgaripour/WANA (Agence de presse d'Asie occidentale)
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"Pays frère" : le président vénézuélien Maduro tend la main aux États-Unis et laisse entrevoir des discussions sérieuses

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a tendu la main au président américain Donald Trump, proposant des discussions sérieuses sur la lutte contre le trafic de drogue et offrant aux entreprises américaines un accès facile au pétrole vénézuélien. Nicolas Maduro a déclaré que le Venezuela était un "pays frère" des États-Unis et un gouvernement ami. Il a souligné que lors de leur dernier entretien en novembre, le président américain avait reconnu son autorité en l'appelant "Monsieur le Président".

Le dirigeant vénézuélien, au pouvoir depuis de nombreuses années, s'est exprimé dans une interview filmée la veille du Nouvel An et diffusée sur la télévision d'Etat vénézuélienne le soir du jour de l'An. Dans l'émission, Nicolas Maduro et son intervieweur traversent une zone militarisée de la capitale, Caracas. On y voit le président au volant d'une voiture, le journaliste étant assis à ses côtés et son épouse, Cilia Flores, à l'arrière – un geste que les commentateurs ont interprété comme une tentative d'afficher sa confiance face aux craintes d'une frappe américaine, malgré la réduction de ses apparitions publiques ces dernières semaines.

Changement de ton

Ces déclarations marquent un changement de ton dans la position de Maduro à l'égard des États-Unis depuis le déploiement militaire massif de ces derniers dans le sud des Caraïbes. Donald Trump a accusé Nicolas Maduro, qu'il qualifie d'"illégitime", de diriger un narco-État et a menacé de le destituer. Nicolas Maduro affirme que les États-Unis cherchent à l'évincer pour prendre le contrôle des vastes réserves de pétrole et des gisements de terres rares du Venezuela.

Lors d'un événement organisé peu avant Noël, Nicolas Maduro a exhorté Donald Trump à se concentrer sur les problèmes intérieurs, déclarant : "Honnêtement, si je lui reparle, je lui dirai que chacun devrait s'occuper de ses affaires intérieures." Dans ses dernières déclarations, Nicolas Maduro a déclaré à son interlocuteur : "Au peuple des États-Unis, je dis ce que j'ai toujours dit : le Venezuela est un pays frère… un gouvernement ami."

"Nous devons commencer à parler sérieusement, en nous basant sur les faits. Le gouvernement américain le sait, car nous l'avons répété à maintes reprises à ses interlocuteurs : s'il souhaite discuter sérieusement de l'accord de lutte contre le trafic de drogue, nous sommes prêts à le faire. S'il veut le pétrole vénézuélien, le Venezuela est prêt à accepter des investissements américains comme ceux de Chevron, quand, où et comment il le souhaite."

© via REUTERS

Nicolas Maduro, à La Guaira, au Venezuela, le 28 décembre 2025.
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Condamnation de Marine Le Pen : des magistrats français dans le viseur de l'administration Trump

Des juges français dans le collimateur de Washington. Dans une enquête, le magazine allemand Der Spiegel révèle que l'administration Trump aurait envisagé de mettre en place de nouvelles sanctions contre plusieurs fonctionnaires de pays européens, responsables selon le département d'État américain d'alimenter une "censure" qui serait à l'œuvre sur le continent. Parmi ses cibles ? Les trois magistrats qui ont fait condamner en première instance l'ex-candidate à l'élection présidentielle du Rassemblement national, Marine Le Pen.

Quatre ans de prison, dont deux fermes aménagés sous bracelet, ainsi que cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, avaient été prononcés contre elle lors du délibéré le 31 mars dernier. Son procès en appel dans cette affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national doit se tenir à Paris à partir du 13 janvier prochain. Alors que Donald Trump avait appelé à "libérer" Marine Le Pen après sa condamnation, les États-Unis auraient donc réfléchi à punir les juges français ayant mené les débats lors de l'audience.

Des responsables allemands aussi ciblés

Cette décision américaine, qui n'est pas encore actée, marquerait une nouvelle étape d'une défiance grandissante entre Washington et ses alliés du Vieux continent. Outre ses désaccords avec les Européens en matière géopolitique, notamment sur le dossier ukrainien, l'administration républicaine n'a cessé ces derniers mois d'afficher un certain mépris à l'égard des responsables des différents pays alliés de la zone. "La liberté d’expression est en déclin" en Europe, avait ainsi déploré le vice-président américain, J.D. Vance, lors de son discours à la conférence de Munich (Allemagne), en février dernier. Lors de cette prise de parole, il avait par exemple dénoncé la réglementation européenne en matière de numérique ou le traitement réservé selon lui à certains partis d'extrême droite.

Durant ce discours, J.D. Vance avait plus particulièrement fait allusion à la logique du "pare-feu" mise en place en Allemagne contre le parti nationaliste allemand AfD. Les formations politiques traditionnelles, y compris la CDU/CSU de l'actuel chancelier Friedrich Merz, se refusent ainsi à trouver des accords avec l'AfD. Or, depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le mouvement populiste allemand multiplie les contacts avec la sphère MAGA ("Make America Great Again", du nom du slogan phare du président américain). Plusieurs hauts responsables américains, dont le secrétaire d'État Marco Rubio, s'étaient insurgés au printemps lorsque l'Office fédéral de protection de la Constitution, une branche des services secrets allemands, avait classifié l'AfD comme un "parti d'extrême droite".

Aujourd'hui suspendue en raison d'une plainte déposée par le parti allemand, cette qualification aurait également pu déboucher sur des sanctions américaines. En effet, toujours d'après Der Spiegel, le département d'État américain aurait ainsi réfléchi à prononcer des interdictions de séjour aux États-Unis contre les responsables des services secrets allemands à l'origine de la classification de l'AfD comme une formation d'extrême droite. Dans son article, l'hebdomadaire mentionne même l'option d'hypothétiques sanctions financières à l'égard de ces hauts fonctionnaires. Contacté par le journal à la fois sur ce dossier, mais aussi sur celui concernant Marine Le Pen, le département d'État n'a ni confirmé, ni nié avoir la volonté d'entreprendre ce genre de sanctions.

Sanctions américaines contre Thierry Breton

Les États-Unis attendraient-ils l'issue des prochaines étapes judiciaires en France et en Allemagne pour mettre à exécution de telles mesures ? C'est un scénario à ne pas écarter. Ces derniers mois, le pouvoir américain a montré qu'il était prêt à passer à l'acte pour défendre sa vision du monde. Ainsi, le 23 décembre, Washington a ainsi interdit de séjour cinq personnalités européennes promouvant la régulation de la tech ou la lutte contre la désinformation et la haine en ligne dans des organisations basées au Royaume-Uni et en Allemagne. Le Français Thierry Breton, ex-commissaire européen à l'initiative du Digital Services Act (DSA), fait également partie de ces figures ciblées par les États-Unis, au prétexte qu'il aurait contribué à construire "un complexe industriel mondial de la censure" avec cette réglementation.

Au Brésil, Alexandre de Moraes, le juge le Cour suprême chargé de la procédure judiciaire visant Jair Bolsonaro avait aussi été concerné cet été par des sanctions américaines. L'administration Trump estimait alors que sa position lui avait permis de "cibler des opposants politiques", tel que l'ex-président d'extrême droite. En première instance, l'ex-dirigeant avait été condamné à 27 ans de prison pour "tentative de coup d'État", mais était resté soutenu par Donald Trump durant tout son procès.

Une peine finalement rapportée à un peu plus de 2 ans à rester derrière les barreaux, après le vote d'une loi par les parlementaires brésiliens avant Noël. Ce texte semble en tout cas avoir contenté le président américain et ses soutiens : avant même que cette réduction de peine ne soit définitivement votée, Washington avait déjà retiré Alexandre de Moraes de sa liste des personnalités sous sanctions.

© REUTERS/Evelyn Hockstein/File Photo

Donald Trump à la Maison-Blanche, le 19 décembre 2025.
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Chaman, cocaïne et procès pour viols : en Norvège, la famille royale la plus scandaleuse d'Europe

Bonne nouvelle pour les Britanniques : en matière de scandales, leur famille royale se trouve sur le point d’être détrônée. Oubliez Harry et Meghan, le couple sulfureux de 2026 se nomme Durek Verret et Märtha Louise de Norvège. La princesse de 54 ans, fille du roi Harald V, a eu la brillante idée de se marier, il y a deux ans, avec un chaman californien et d’ouvrir grand les coulisses de leurs noces aux caméras de Netflix. Le documentaire sorti en septembre 2025, intitulé Rebel Royals : l’improbable romance, ressemble davantage à un règlement de comptes royaux qu’à un conte de fées. "Clairement, ce documentaire a bien plus embarrassé les Norvégiens qu’il ne les a éclairés", souffle Tove Taalesen, ancienne employée de la Couronne, désormais écrivaine.

Au sein du paisible royaume scandinave, Durek Verret et la princesse Märtha Louise constituent une source inépuisable de scandales. Lui se dit "à moitié reptilien", sixième génération d’une lignée de chamans, ancien mannequin new-yorkais toxicomane. Il a été accusé d’avoir abusé sexuellement de certains de ses clients, affirme que "le cancer est un choix" et, pendant la pandémie, vendait des "médaillons magiques" pour guérir du Covid-19… La princesse n’est pas en reste, elle qui a commencé sa carrière en ouvrant un centre pour communiquer avec les anges.

Après un millénaire de discrétion, tous les projecteurs se braquent aujourd’hui sur la monarchie norvégienne. Chaque jour ou presque, la famille royale fait la une des journaux : le roi a été accusé de racisme par son gendre, la princesse Mette-Marit espère une transplantation pulmonaire, une des petites-filles du roi Harald V s’éclate dans l’émission Danse avec les stars… "J’écris des polars et j’ai développé une imagination débordante, mais jamais je n’aurais pu concevoir tous les événements qui secouent la famille royale depuis deux ans, assure Tove Taalesen, auteure de Dronningen (Panta, 2020), un thriller au cœur du palais royal d’Oslo. Le job d’expert de la royauté n’a jamais été aussi passionnant !"

Le procès qui va secouer la monarchie

C’est toutefois une affaire sordide qui fait trembler l’institution millénaire en ce début de 2026. Dans la glaciale Oslo, où le mercure affiche -15°C, les médias norvégiens sont en ébullition. "Je n’ai jamais rien vu de tel", témoigne Caroline Vagle, malgré sa longue carrière de "reporter royale" pour le magazine Se og Hør.

190 journalistes accrédités, sept semaines d’audience : à partir du 3 février, la Norvège va vivre au rythme du procès de Marius Borg Høiby, 28 ans. Le fils de la princesse héritière Mette-Marit se retrouve poursuivi pour quatre viols, plusieurs cas de violences conjugales, une agression contre un fonctionnaire ou encore des menaces de mort. Trente-deux chefs d’accusation au total, pour lesquels il risque jusqu’à seize ans de prison. "Peu importe le verdict, ce procès pèsera lourd sur la réputation de la famille royale, explique Caroline Vagle. Bien qu’il n’ait pas de rôle officiel au sein de la Couronne, Marius en est inséparable aux yeux du public : son procès fait tanguer l’image de stabilité et de confiance sur laquelle s’est bâtie la monarchie norvégienne." Circonstance aggravante, un des viols se serait déroulé sur le domaine royal de Skaugum, où vivait le jeune homme.

Marius Borg Hoiby
Marius Borg Hoiby

Depuis sa première arrestation, en août 2024, les médias norvégiens multiplient les révélations sur "l’affaire Marius". Les enquêteurs ont saisi des centaines de milliers de fichiers sur ses téléphones et ordinateurs, qui révéleraient un véritable modus operandi de prédateur sexuel : le fils de la princesse héritière aurait abusé de ses partenaires dans leur sommeil, filmant à chaque fois ses agressions.

Pour enfoncer le clou, un livre choc paru en octobre, Hvite striper, sorte får ("Rayures blanches, moutons noirs"), détaille la vie tumultueuse de Marius Borg Høiby, sa violence, sa toxicomanie et ses liens avec des réseaux de trafic de cocaïne. "En Norvège, personne ne vit au-dessus des lois, même s’il est proche de la famille royale, souligne Tove Taalesen, qui a connu Marius enfant, lors de son arrivée au palais. Les Norvégiens attendent de la justice une indépendance totale vis-à-vis de la politique ou d’éventuelles pressions de la Couronne, ce procès sera un véritable test pour nos institutions."

La famille royale reste populaire

La monarchie se trouve-t-elle en danger pour autant ? Historiquement populaire en Norvège, sa cote varie au gré des scandales. En 2017, 81 % des Norvégiens se disaient en faveur de la royauté, avant de toucher le fond en septembre 2024, juste après l’arrestation de Marius Borg Høiby, avec seulement 62 % d’opinions favorables. Récemment, les sondages remontent autour de 70 % de popularité. "Mais il y aura d’autres scandales dans les années qui viennent, nous prédit Eva Grinde, chroniqueuse au Dagens Næringsliv. L’institution royale est, par nature, bourrée de paradoxes et devient de plus en plus difficile à défendre."

Chaque année, le palais coûte près de 26 millions d’euros à l’Etat norvégien, et les affaires donnent des ailes au mouvement républicain. "La monarchie reste toutefois un symbole d’unité et de continuité pour notre pays, tout en jouant un rôle diplomatique important, soutient Caroline Vagle. Pour de nombreux Norvégiens, la famille royale représente la stabilité au-dessus des partis politiques et le roi Harald joue le rôle de grand-père de la nation."

Ces dernières semaines, la Couronne met en avant une carte maîtresse avant le procès de Marius : sa demi-sœur, la princesse Ingrid Alexandra, qui sera un jour la première reine de Norvège (une réforme de 1990 permet à la fille aînée d’hériter du trône). Etudiante en Australie après avoir effectué son service militaire, la jeune femme de 21 ans a profité de son passage dans le royaume pour visiter maisons de retraite, casernes de pompiers ou encore assister à la remise du prix Nobel de la Paix. "C’est une jeune femme magnifique, grande, très populaire, et qui apprécie de remplir ses devoirs royaux, raconte Tove Taalesen. Elle incarne l’espoir de la famille royale !" God save the future Queen ?

© Marius Gulliksrud/ STELLA Pictur

Le roi Harald et la reine Sonja, entourés de la famille royale norvégienne, le 17 mai 2025 à Oslo.
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Attaque présumée contre la résidence de Vladimir Poutine : ce que dit un rapport de la CIA

C’est une information qui donne du crédit au démenti de Kiev. Alors que la Russie accuse l’Ukraine d’avoir attaqué avec 91 drones la résidence de Vladimir Poutine à Valdaï, entre la capitale russe et Saint-Pétersbourg, dans la nuit de dimanche à lundi 29 décembre, la CIA a jugé dans un rapport, qui n'a pas été rendu public, que l’Ukraine n’avait pas ciblé le président russe ni l’une de ses résidences, confirmant la version des autorités ukrainiennes, rapporte le Wall Street Journal.

Les États-Unis ont ainsi établi que l’Ukraine cherchait à frapper une cible militaire située dans la même région que la résidence de campagne de Poutine, mais pas à proximité immédiate, a précisé un responsable des renseignements américains. Selon le quotidien américain, Donald Trump aurait été informé mercredi 31 décembre du contenu du rapport par le directeur de la CIA, John Ratcliffe, le poussant à changer de ton. Le dirigeant des Etats-Unis a en effet diffusé sur son réseau social un éditorial du New York Post, intitulé "Les fanfaronnades de Poutine (sur l’attaque supposée de sa résidence) montrent que c’est la Russie qui fait obstacle à la paix". Deux jours plus tôt, le président américain se disait "très en colère" après une discussion téléphonique avec son homologue russe, qui lui avait au contraire assuré que des drones ukrainiens avaient ciblé sa résidence.

Envenimer les relations

Si Volodymyr Zelensky a déjà reconnu par le passé l’implication de son pays dans certains assassinats et actes de sabotage en territoire russe, il a toujours nié toute responsabilité dans une quelconque attaque contre la résidence de Poutine. Les autorités ukrainiennes affirment que le président russe cherche un prétexte pour envenimer les relations entre Washington et Kiev et affaiblir la position de son adversaire dans les négociations menées sous l’égide des Etats-Unis, en vue de mettre fin à la guerre.

De son côté, le Kremlin persiste et signe. Le ministère de la Défense a diffusé mercredi une vidéo montrant un appareil qui aurait été abattu lors de cette attaque, dans laquelle un soldat au visage dissimulé se tient près des débris d’un drone et prétend qu’il portait une charge explosive de six kilos. L’armée russe a également publié une carte montrant la trajectoire des engins lancés lors de cette attaque présumée, ainsi que le témoignage d’un homme présenté comme un habitant d’un village situé près de la résidence.

Des inquiétudes à l’étranger

Cette accusation russe intervient après la rencontre de près de trois heures entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, dimanche, qualifiée d'"excellente" par le premier. Donald Trump a même évoqué la possibilité d’un déplacement à Kiev pour plaider en faveur de la paix, alors que la Russie ne semble pas prête, elle, à faire des concessions. En réponse à cette attaque présumée, Moscou a d’ailleurs menacé de durcir encore sa position dans les négociations, et a lancé des frappes de drones dans la région portuaire d’Odessa.

A l’étranger, le Premier ministre indien, Narendra Modi, a déclaré mardi être "profondément préoccupé" par cette opération présumée, tandis que le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, l’a qualifiée d'"acte odieux". Le ministère des Affaires étrangères des Emirats arabes unis a également exprimé son inquiétude face à cette allégation. Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, a indiqué dans un message sur les réseaux sociaux avoir discuté mercredi avec les conseillers à la sécurité nationale britannique, français et allemand des prochaines étapes à franchir pour parvenir à la paix. Rustem Umerov, haut responsable ukrainien de la sécurité nationale et négociateur, a également participé à l’échange.

© Sputnik/Alexander Kazakov/Pool via REUTERS

Vladimir Poutine, au Kremlin, le 19 décembre 2025.
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Manifestations en Iran : où en est la mobilisation qui s'étend dans tout le pays ?

Quatre jours. C’est le temps qu’il aura fallu pour que la mobilisation contre la vie chère, partie d’un marché de Téhéran où des commerçants dénonçaient une inflation record, s’étende dans tout l’Iran. Ce 31 décembre, un membre des forces de sécurité iraniennes a été tué lors d’une nouvelle journée de manifestations, dans la ville de Kouhdasht, a rapporté l’agence de presse semi-officielle Fars, ajoutant que 13 membres des forces de sécurité avaient également été blessés par des jets de pierre. Plusieurs manifestants ont aussi été tués et blessés jeudi matin, révèle Reuters.

Sur des images authentifiées par BBC Persian, on y voit des policiers tirant sur des manifestants de la ville le jour où l’incident s’est déroulé. Ce 1er janvier, des affrontements ont également été signalés dans la province méridionale de Fars et dans les provinces occidentales de Hamedan et du Lorestan, où des manifestants ont tenté de pénétrer dans un bâtiment administratif local. La veille, les autorités de la capitale avaient pourtant décrété un jour férié où les écoles, universités et banques étaient fermées, officiellement pour économiser l’énergie en raison du froid, officieusement pour apaiser les troubles et calmer les retraits de liquide désordonnés, alors que les taux de change s’envolent.

Une flambée des prix

La flambée des prix dénoncée par les manifestants, avec une hausse de 72 % pour les denrées alimentaires et de 50 % pour les articles de santé par rapport à l’année précédente, s’explique par l’effondrement de la monnaie nationale. Le rial chute sous l’effet des sanctions occidentales contre l’économie iranienne et a perdu près de la moitié de sa valeur en un an, pour atteindre mardi un plus bas record de 1 400 000 rials par dollar, d’après des chiffres agrégés par des plateformes en ligne.

Le régime iranien, qui a réprimé par la force des protestations similaires dans le passé, s’est engagé à instaurer un dialogue avec les manifestants, mais les tensions sont fortes. A Fasa, ville de la province du Fars, "un groupe organisé a tenté (mercredi) de pénétrer dans le bâtiment du gouvernorat", selon l’agence de presse Tasnim, bien que "leur attaque ait échoué après l’intervention des forces de sécurité".

Une mobilisation étendue

Initialement circonscrit à une poignée de vendeurs du plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran, le mouvement s’est ensuite étendu à la jeunesse iranienne, qui a scandé des slogans contre la politique de la République islamique. "Les manifestations pacifiques pour la défense des moyens de subsistance […] sont compréhensibles", a reconnu le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, cité par la télévision d’État. Avant toutefois de mettre en garde : "Toute tentative visant à transformer les manifestations économiques en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse légale, proportionnée et ferme."

Le régime des mollahs redoute en effet l’implication de l’État hébreu, après que le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, a invité en persan les protestataires iraniens à intensifier leur mobilisation, affirmant sur X être présent avec eux "sur le terrain". L’Iran avait déjà connu des manifestations en 2022 contre la hausse des prix, dont celui du pain. En 2023, un mouvement de protestation consécutif à la mort d’une jeune Kurde aux mains de la police des moeurs, Mahsa Amnini, avait aussi été violemment réprimé.

© Fars News Agency via ZUMA Press Wire

Après les commerçants, les étudiants : le mouvement de protestation contre la vie chère et la dégradation de la situation économique s'étend en Iran, où le président s'est dit à l'écoute des "revendications légitimes" des manifestants.
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Après plusieurs revers judiciaires, Donald Trump contraint de retirer la Garde nationale dans plusieurs villes

C’est un nouveau revers pour le président américain. Mercredi 31 décembre, Donald Trump a annoncé sur son réseau social Truth Social le retrait de la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland (Oregon), alors même que les troupes y étaient déjà déployées, à la suite de poursuites judiciaires menées par ces Etats pour empêcher leur déploiement.

"Nous retirons la Garde nationale de Chicago, Los Angeles et Portland, même si la CRIMINALITÉ (sic) a considérablement diminué grâce à la présence de ces grands patriotes dans ces villes, et UNIQUEMENT grâce à ce fait", a-t-il écrit, une affirmation non confirmée par les données disponibles.

Donald Trump avait jugé nécessaire l’envoi de soldats de la Garde nationale sur ces territoires pour lutter contre la criminalité et protéger les biens fédéraux face aux contestataires, alors que des manifestations majoritairement pacifiques ont eu lieu plus tôt cette année pour dénoncer les raids anti-immigration effectués par des agents fédéraux à travers le pays. Mais le déploiement de la Garde nationale dans ces trois villes avait été jugé inutile par les autorités locales et par les démocrates, qui accusaient la Maison-Blanche d’utiliser des incidents isolés comme prétexte pour envoyer des troupes. Après plusieurs recours judiciaires, des juges ont effectivement déclaré que l’administration Trump avait outrepassé son autorité, estimant qu’il n’y avait aucune preuve pour justifier du caractère indispensable du déploiement de soldats.

Circonstances exceptionnelles

"Le président a déployé ces hommes et ces femmes courageux contre leurs propres communautés, au mépris de la Constitution et du droit fédéral", a réagi Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, quelques heures après une décision d’une cour d’appel fédérale qui a ordonné à l’administration de remettre les troupes de la Garde nationale de Californie sous son contrôle. "Nous sommes heureux d’accueillir à nouveau les membres de la Garde nationale de Californie au service de l’Etat", a-t-il poursuivi dans un communiqué.

Jusqu’à ces décisions, Donald Trump revendiquait une autorité quasi illimitée pour déployer la Garde nationale généralement placée sous l’autorité des gouverneurs, mais les juges ont statué qu’il ne pouvait fédéraliser les troupes que dans des circonstances exceptionnelles, telles qu’une invasion étrangère, une rébellion ou lorsque l’armée régulière est incapable de faire appliquer la loi fédérale en raison d’une rupture de l’ordre public. "À ce stade préliminaire, le gouvernement n’a pas identifié de fondement juridique permettant à l’armée d’appliquer les lois de l’Illinois", indique la décision rapportée par le Washington Post. C’est "une étape importante pour freiner les abus de pouvoir constants de l’administration Trump et ralentir sa dérive autoritaire", s’est félicité dans un communiqué le gouverneur démocrate de l’Illinois, Jay Robert Pritzker.

En août dernier, Trump avait également ordonné le déploiement de milliers de membres de la Garde nationale à Washington pour lutter contre la criminalité violente, ce qui a provoqué une action en justice du procureur général du district de Columbia, Brian Schwalb. Dans ce cas néanmoins, une cour d’appel fédérale a statué, dans une ordonnance préliminaire rendue en décembre, que la Garde nationale pouvait rester pour le moment et que l’administration Trump avait de fortes chances d’obtenir gain de cause en appel contre une décision de première instance, car l’absence d’autonomie juridique du district de Columbia conférait au président un large pouvoir sur la mise en œuvre de la Garde nationale dans les limites de la ville.

© REUTERS/Jonathan Ernst

Donald Trump, à Mar-a-Lago, en Floride, le 29 décembre 2025.
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En Crimée, le très luxueux palais caché de Vladimir Poutine

Elle offre un incroyable panorama sur la mer Noire, et se trouve à la fois à l’abri des regards et non loin de Sébastopol, la capitale de la Crimée. Mardi 30 décembre, la Fondation anti-corruption (FBK), l’ONG fondée par le défunt leader de l’opposition russe, Alexeï Navalny, a révélé qu’une luxueuse bâtisse construite sur la côte du territoire annexé par la Russie appartiendrait au président Vladimir Poutine.

Cette demeure, autrefois propriété de Viktor Ianoukovytch, l’ancien président pro-russe de l’Ukraine entre 2010 et 2014, vaudrait aujourd’hui plus de 10 milliards de roubles (plus de 105 millions d’euros) d’après l’ONG, qui a pu consulter des documents d’architectes. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les autorités locales avaient déclaré que le domaine inachevé pourrait être transféré aux autorités russes, mais a finalement été placé sous la tutelle du Département de gestion des biens présidentiels, selon des informations antérieures.

Si l’on en croit FBK, ce palais "secret" n’appartiendrait néanmoins pas directement à Vladimir Poutine, trop attaché à son image publique d'"homme du peuple", mais à un réseau de sociétés liées à Iouri Kovaltchouk, souvent surnommé le "banquier personnel de Vladimir Poutine" – qui gère aussi une partie de la résidence présidentielle de Valdaï – et à un cabinet d’avocats associé à une autre demeure de Vladimir Poutine, dans la région de Krasnodar. L’enquête de l’ONG a également mis en lumière des documents techniques nécessitant la supervision du Service fédéral de protection (FPS), responsable de la sécurité de Vladimir Poutine, ainsi que d’entrepreneurs liés à d’autres sites qui auraient été utilisés par le président.

Une salle de cryogénisation

Ce lieu fastueux comporterait plusieurs spas, une salle de cinéma, des salons de plusieurs centaines de mètres carrés, ainsi qu’une piscine intérieure et extérieure. Se trouverait également une chambre de cryogénisation, symbole de l’obsession de Vladimir Poutine pour vivre longtemps. Si le palais est bien la propriété du dirigeant russe, cela ferait de lui l’heureux bénéficiaire d’au moins six demeures, à la fois à titre personnel et en tant que chef de l’Etat. Une telle propriété serait aussi "politiquement significative, car cela renforce le fait que le président russe n’acceptera jamais de rétrocéder la péninsule à l’Ukraine", souligne Stephen Hall, spécialiste de la Russie à l’université de Bath, interrogé par France 24.

Le Kremlin, de son côté, n’a pas immédiatement commenté ces allégations. Il faut dire que la prétendue attaque de la résidence présidentielle à Valdaï par des drones interceptés le 28 décembre, que la Russie impute à l’Ukraine, concentre toute l’attention politique et médiatique. Vladimir Poutine a même évoqué un "acte terroriste" qui le pousse à reconsidérer son attitude à l’égard des négociations de paix.

En 2021 déjà, l’équipe de Navalny avait publié une enquête largement diffusée sur un autre palais situé sur la côte russe de la mer Noire. D’après elle, cette bâtisse avait été construite pour le dirigeant, là encore, par le biais d’un réseau de sociétés écrans et aurait coûté plus d’un milliard de dollars - une information qui avait déclenché des manifestations à travers tout le pays.

© Sputnik/Mikhail Metzel/Pool via REUTERS

Vladimir Poutine, lors de ses vœux télévisés aux Russes, le mercredi 31 décembre 2025.
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Suisse : une quarantaine de morts après un incendie dans un bar de la station de ski de Crans-Montana

Une quarantaine de personnes ont péri dans l'incendie qui a ravagé un bar bondé lors d’une fête du Nouvel An dans la station de ski huppée de Crans-Montana, dans le sud-ouest de la Suisse, ont déclaré jeudi 1er janvier les autorités suisses. Le sinistre s’est produit à 1h30 dans un établissement appelé "Le Constellation".

"Une quarantaine de personnes sont décédées et 115 blessés dont la plupart grièvement", a indiqué en fin de journée Frédéric Gisler, le commandant de la police cantonale du Valais

Parmi les victimes, certaines sont de nationalité étrangère, a précisé plus tôt Stéphane Ganzer, responsable de la sécurité du canton du Valais. Le Quai d’Orsay a précisé de son côté que deux Français figuraient parmi les nombreux blessés. Les autorités suisses ont précisé que 10 hélicoptères et 40 ambulances avaient été mobilisés.

La piste de l’attentat écartée

La police avait précédemment indiqué que de nombreuses personnes étaient soignées pour des brûlures. La plupart des blessés sont dans un état grave, a déclaré Mathias Reynard, chef du gouvernement cantonal. Le service de réanimation de l’hôpital du Valais est saturé et des patients ont été transférés vers d’autres établissements, a-t-il précisé.

Deux Françaises qui se trouvaient dans le bar ont déclaré à BFMTV avoir vu l’incendie se déclarer au sous-sol de l’établissement après qu’une bouteille contenant des "bougies d’anniversaire" a été approchée trop près du plafond en bois. "Le feu s’est propagé au plafond à une vitesse fulgurante", a déclaré l’une des deux femmes, qui se sont présentées comme Emma et Albane, à BFMTV. Elles ont expliqué avoir réussi à emprunter un escalier étroit pour rejoindre le rez-de-chaussée, prises de panique, et à s’échapper du bâtiment. Quelques minutes plus tard, le feu avait également atteint le rez-de-chaussée, ont-elles ajouté. Il n’a pas été possible dans l’immédiat de vérifier leur version des faits auprès d’autres sources. Des images vidéo, authentifiées par Reuters, montrent le feu se propageant depuis le bâtiment, tandis que des personnes se trouvent à l’extérieur de la boîte de nuit, certaines courant et criant.

Incendie mortel à Crans-Montana: les images du départ de feu à l'intérieur du bar pic.twitter.com/SLNlDFPChD

— BFM (@BFMTV) January 1, 2026

La zone a été totalement bouclée et une zone d’exclusion aérienne a été instaurée au-dessus de Crans-Montana, a indiqué la police dans un communiqué.

L’explosion est considérée comme un incendie et non comme un attentat, a déclaré ce matin lors d’une conférence de presse la procureure Béatrice Pilloud, ajoutant que les autorités s’efforçaient de restituer les corps des victimes à leurs familles. Plus de 100 personnes étaient présentes dans le bar au moment de l’explosion, a rapporté le média suisse Blick, citant la police.

© REUTERS/Denis Balibouse

Le feu s'est déclaré à 1h30 dans un établissement appelé "Le Constellation", situé dans la station huppée du sud-ouest de la Suisse.
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Taïwan, heavy metal et nucléaire : Sanae Takaichi, la Première ministre qui dynamite la diplomatie du Japon

En cette fin d'année 2025, le zoo d’Ueno, à Tokyo, ne désemplit pas. La faute à Xiao Xiao et Lei Lei. Les deux pandas stars doivent retourner fin janvier en Chine, leur propriétaire, et ne seront pas remplacés. Pour la première fois depuis 1972 et le rétablissement des liens diplomatiques entre les deux voisins, il n’y aura plus de panda dans l’archipel. Un crève-cœur pour nombre de Japonais et une nouvelle preuve de la dégradation, depuis novembre, des relations entre Tokyo et Pékin. La Chine a appelé ses ressortissants à renoncer à se rendre au Japon, a annulé plusieurs événements culturels nippons et des incidents ont eu lieu entre les deux armées.

La montée des tensions suit de près l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi, le 21 octobre. Depuis, la première femme à diriger un gouvernement nippon impose sa marque, nationaliste et décomplexée. Sa rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, fin octobre en marge du sommet de l’APEC en Corée du Sud, a été "fraîche", dixit des sources diplomatiques. Les deux dirigeants ont certes accepté d'établir une "relation stratégique mutuellement bénéfique". Mais Takaichi a titillé Xi sur la question brûlante des activités militaires de son pays en mer de Chine orientale, notamment autour des îlots disputés Senkaku-Diaoyu. Le 7 novembre, ses déclarations au Parlement sur la "menace existentielle pour le Japon" que représenterait une attaque sur Taïwan, ont mis le feu aux poudres. Ses propos suggéraient une possible intervention nippone.

Taïwan, colonie japonaise entre 1895 et 1945 mais aujourd'hui en bons termes avec Tokyo, est un sujet ultrasensible pour la Chine, qui considère l’île comme un territoire rebelle lui appartenant. "Personne ne devrait se faire d'illusions en pensant pouvoir franchir la ligne rouge sur la question de Taïwan sans en payer le prix" a tonné Le Quotidien du peuple, organe officiel chinois, après les déclarations de Takaichi.

Fin décembre, malgré les appels de Pékin à revenir sur ses propos, la Première ministre campait sur ses positions. Celle qui a pour modèle la "Dame de fer" britannique Margaret Thatcher (au pouvoir de 1979 à 1990) n'a pas pour habitude de faire des concessions.

Esprit rebelle et politique d'extrême droite

Née en 1961 à Nara, dans l’ouest du Japon, Sanae Takaichi est la fille d’un commercial de Toyota et d’une policière. Ses parents lui inculquent le Rescrit impérial sur l’éducation de 1890, texte considéré comme un fondement de l’idéologie militariste nippone d’avant-guerre. Diplômée en gestion d'entreprise, elle passe par le très libéral Institut Matsushita, école inspirée de l’ENA.

Esprit rebelle, Sanae Takaichi assume son goût pour la moto – elle roule en Kawasaki Z400GP jusqu’à son entrée au parlement, en 1993 –, le heavy metal, découvert à 9 ans grâce à un voisin employé d’une maison de disques, et la batterie. Elle se délecte d’Aces High d'Iron Maiden et de Painkiller de Judas Priest, dont elle apprécie les paroles. "Un sauveur vient du ciel pour donner de l’espoir au monde. J'adore ça", a-t-elle raconté en novembre au très droitier quotidien Sankei, qui se pâme : "Même dans l'obscurité, elle semble croire que le Japon, comme le heavy metal, peut renaître, fort, fier et invincible."

Une conviction qu’elle incarne depuis son entrée en politique après quelques années comme présentatrice sur une chaîne privée. Elle rejoint en 1996 le Parti libéral démocrate (PLD) et sa très droitière faction Seiwakai où elle rencontre le futur Premier ministre Shinzo Abe, figure montante d’une nouvelle génération de politiciens. Ils n’ont pas connu la guerre, rejettent toute forme de repentance pour les crimes de l’armée impériale, et amorcent un "virage vers la droite sur fond de déclin économique propice à la montée du nationalisme", explique Koichi Nakano, politologue de l’université Sophia.

Takaichi baigne dans son élément. N’a-t-elle pas, en 1994 vanté l’ouvrage d'un élu du PLD, intitulé "la stratégie électorale d’Hitler, une bible pour gagner les élections modernes". Elle adhère à la Nippon Kaigi, la "Conférence du Japon", une organisation politique d'extrême droite créée pour promouvoir une réforme de la Constitution pacifiste, la remilitarisation du Japon et le révisionnisme historique. Elle devient une habituée du sanctuaire Yasukuni, où sont honorés, outre les morts au combat, les criminels de guerre nippons. Niché au cœur de Tokyo, le site reste un symbole du militarisme japonais pour la Corée comme pour la Chine.

L’élue de Nara décroche un poste ministériel dans le premier gouvernement Abe en 2006, un portefeuille qui inclut l'égalité des sexes même si elle reste cloîtrée dans le carcan des valeurs familiales traditionnelles. Abe apprécie cette bûcheuse qui ne dort que deux à quatre heures par nuit et ne goûte guère les longues soirées à boire avec les autres élus. De nouveau ministre pendant le second mandat d’Abe, entre 2012 et 2020, elle apparaît comme un successeur possible.

L’assassinat en 2022 de l’ancien chef de gouvernement lui ouvre la voie pour s’imposer comme vitrine de la puissante frange nationaliste du PLD, qui regroupe une centaine de parlementaires. Sa niaque paye. Elle succède en octobre au trop indécis Shigeru Ichiba à la tête de la quatrième économie mondiale.

La fin de l'ambiguité stratégique

En s’exprimant sur Taïwan, Sanae Takaichi rompt avec l’ambiguïté stratégique maintenue jusque-là par le Japon. Avant même son entrée en fonction, elle s'est rendue à Taïwan en avril, où elle a appelé à une coopération sur les "défis en matière de défense". "Ses propos s'inscrivent dans le cadre d'une initiative plus large visant à [...] faire passer le Japon du statut de 'pays normal capable de faire la guerre' à celui de puissance sécuritaire à part entière, souligne Park So-young, éditorialiste du quotidien sud-coréen JoongAng. Pékin ne considère pas les commentaires de Takaichi comme de la simple rhétorique diplomatique, mais comme le signe d'un changement d'orientation politique du Japon".

D’où la virulence des réactions chinoises après sa déclaration du 7 novembre : "Il faut couper le cou sale qui s'immisce dans nos affaires", ose le consul général chinois à Osaka, dans un message publié sur X, supprimé par la suite. Ses propos irritent même Washington. "Ne vous mêlez pas de la question taïwanaise", lui aurait notifié fin novembre un Donald Trump soucieux de ses relations avec Xi Jinping, selon la presse japonaise.

Pas de quoi ébranler Takaichi. Le 18 décembre, un de ses conseillers a même évoqué la nécessité pour le Japon de "se doter d’un arsenal nucléaire". Sujet explosif qui a fait réagir Pékin mais aussi Washington, qui s’est cru obligé de rappeler la solidité de l’alliance bilatérale de sécurité et de souligner l’attachement du Japon à la lutte contre la prolifération.

Or Takaichi écrivait en 2024 qu’interdire l'introduction d'armes nucléaires au Japon "est irréaliste, si nous attendons des Etats-Unis qu'ils nous offrent une dissuasion élargie", en référence à l'engagement des Etats-Unis à défendre l'archipel. En novembre, elle a éludé une question sur les trois principes selon lesquels le Japon ne doit pas posséder, fabriquer ou accueillir sur son sol des armes nucléaires et a annoncé une révision de la stratégie de défense. Avec la "Dame de fer" nippone, la diplomatie se joue au rythme du heavy metal, ce qui ne déplaît pas aux Japonais : sa cote de popularité planait à 75 % fin décembre.

© via REUTERS

Sanae Takaichi, Première ministre japonaise, s'exprime lors d'une conférence de presse le 17 décembre 2025.
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"La démocratie en Europe est en danger" : la mise en garde de la présidente de la Moldavie

Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont entretenus autour d’un déjeuner à Palm Beach (Floride), dimanche 28 décembre. Devant un parterre de journalistes, les deux chefs d’Etat se félicitent d’un accord "presque conclu à 95 %". Washington applaudit de "nombreux progrès" et Kiev se réjouit d’une "très bonne rencontre". Car le président des Etats-Unis persiste et signe : il mettra très prochainement fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Pourtant, les présages réels de cette paix ne se manifestent pas. Dans un entretien mardi 30 décembre accordé au Telegraph, la présidente de la Moldavie, Maia Sandu, tranche : "Vladimir Poutine n’a aucun intérêt à faire la paix avec l’Ukraine."

Dans les colonnes du quotidien britannique, la cheffe d’Etat voisine de l’Ukraine alerte sur l’ambition moscovite de semer le chaos en Europe, à coups d’ingérences électorales.

Le Kremlin a bien besoin d’une pause. Après quatre ans de guerre, l’industrie militaire du pays est à bout de souffle. En décembre 2024, Moscou a annoncé allouer environ 126 milliards de dollars à la défense nationale, soit plus d’un tiers des dépenses publiques en 2025. Un record depuis la fin de la guerre froide.

Aussi, un accord de paix asymétrique ne pourrait garantir une paix durable. Au contraire, Maia Sandu y perçoit une occasion pour la Russie de reprendre son souffle avant de frapper de plus belle, et ce en l’espace de quelques mois. Et une telle issue ne mettrait pas que l’Ukraine en péril mais aussi les autres États post-soviétiques, et par ricochet, le reste de l’Europe, assure la Moldave. "Je crois que le président Trump veut la paix, et nous l’apprécions beaucoup", a-t-elle déclaré au Telegraph. Et la présidente de regretter : "Je ne crois simplement pas qu’il y ait aujourd’hui suffisamment de pression sur la Russie pour les amener à accepter de mettre fin à la guerre en Ukraine."

"Plus de 700 opérations d’influence"

Et lorsqu’il est question des capacités de Vladimir Poutine à ébranler l’Europe, Maia Sandu a acquis une expertise de terrain. En septembre, se tenaient les élections législatives moldaves, échéance dans laquelle le Kremlin a investi quelque 115 millions d’euros. Selon Ksenia Iliuk, cofondatrice de LetsData, entreprise ukrainienne spécialisée dans le renseignement sur les opérations informationnelles, "plus de 700 opérations d’influence ont été détectées à l’approche de l’élection, dont beaucoup visaient à discréditer personnellement Maia Sandu", rapportait à l’époque le média en ligne Politico.

Le but de cette ingérence ? Renverser le parti pro-européen, au pouvoir depuis 2021, de la cheffe d’Etat moldave. Raté : son mouvement, le PAS a rassemblé 50,03 % des voix, contre 24,26 % pour le Bloc électoral patriotique, pro-Kremlin. Malgré cet échec, la tentative russe a été décrite par des "diplomates occidentaux chevronnés […] comme l’attaque la plus soutenue contre un processus démocratique qu’ils aient jamais observée" selon le Telegraph.

Moscou ne relâche pas pour autant sa pression. Sur les 14 derniers mois, le Kremlin a orchestré deux autres ingérences en Moldavie : un référendum entérinant la volonté de la Moldavie d’adhérer à l’Union européenne ainsi que la (ré) élection présidentielle de Maia Sandu.

"La cible, c’est l’Europe"

Et la Moldave d'avertir : les ambitions de Vladimir Poutine dépassent largement son pays, "il veut contrôler le continent". Un projet qu’elle n’imagine pas seulement par la force armée mais aussi par une campagne massive d’ingérences électorales.

Dans les colonnes du Telegraph, Maia Sandu décrit son pays comme un "terrain d’essai" où Moscou a testé la mise en pratique de ses capacités à structurer une guerre électronique et des campagnes de désinformation, le tout pour influencer les électeurs. La présidente perçoit un avenir sombre pour le continent : "La cible, c’est l’Europe […] qui devrait s’inspirer des pays qui sont en première ligne dans la lutte pour la démocratie."

Et à l’approche de plusieurs scrutins européens, la présidente met en garde : "La démocratie sur le continent est en danger." Si l'élection présidentielle française se tient en 2027, notre pays n’est pas le seul à voir le rassemblement national, populiste et proche du Kremlin caracoler dangereusement en tête des sondages. Les Allemands, qui se rendront aux urnes en 2029, se confrontent à l’ascension fulgurante de l’AfD, accusé d’espionnage pour Moscou.

© COSTAS BALTAS / Anadolu via AFP

La présidente de la Moldavie, Maia Sandu, à Athènes, en Grèce, le 15 décembre 2025.
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Donald Trump – Elon Musk : comment J.D. Vance a désamorcé la bombe Musk

Entre Elon Musk et Donald Trump, on le sait, la relation battait de l’aile après les déboires du premier à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE). Mais en réalité, ce sont les actions d’un proche d’Elon Musk, Jared Isaacman, qui ont mis le feu aux poudres, raconte cette semaine le Washington Post. Nommé à la tête de la Nasa en janvier sur proposition du patron de Tesla, ce dernier s’est trouvé au coeur d’une controverse au mois de mai. Un rapport gouvernemental a révélé qu’il avait fait des dons conséquents à plusieurs élus démocrates. De quoi horripiler le président américain, qui a immédiatement suspendu Isaacman de ses fonctions.

La même semaine, Elon Musk, qui venait de démissionner du DOGE, ne digère pas la mise à l’écart de son allié de la Nasa - qui finance l’entreprise d’exploration spatiale de Musk Space X. Il multiplie alors les reproches envers le président américain sur les réseaux sociaux, fustigeant d’une part sa loi fiscale (dite "One Big Beautiful Bill"), lançant de l’autre la piste d’une implication de Donald Trump dans le dossier Epstein. Et annonce même créer son propre parti, en concurrence directe, donc, avec le parti républicain (GOP). Ce dernier élément alarme aussitôt le vice-président américain J.D. Vance, inquiet de voir les républicains perdre la majorité aux midterms de 2026.

Médiation sur plusieurs mois et par personnes interposées

Ni une ni deux, J.D. Vance s’improvise alors comme médiateur entre le président américain et son ex-soutien financier. Une opération de réconciliation qui va prendre plusieurs mois, et impliquer plusieurs proches d’Elon Musk, pour parvenir à ses fins, relate le Washington Post, qui a interrogé plus d’une dizaine de personnes familières de la relation entre les deux hommes.

Au fil des mois, les conseillers de Trump et Vance arrivent à la conclusion suivante : le soutien d’Elon Musk implique des exigences plus élevées que celles habituellement fixées par les donateurs riches. Le patron de Tesla étant parfois désireux de capter l’attention des médias — et d’orienter la politique selon sa propre vision du monde. "Il aime ce rôle de faiseur de rois", explique au Washington Post un proche du milliardaire. De son côté, Elon Musk accepte de rester éloigné de la politique et de laisser la place à ses alliés. Il ose même une audacieuse comparaison : "Le Bouddha est-il nécessaire au bouddhisme ? N’était-il pas plus fort après sa disparition ?".

Opération réconciliation réussie ?

L’opération rabibochage menée par J.D. Vance se solde finalement par une réussite, du moins en apparence : Jared Isaacman retrouve ses fonctions à la tête de la Nasa et Elon Musk sera même invité à la Maison-Blanche en novembre pour un dîner avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane. Mais un autre événement, tout à fait extérieur à J.D. Vance, contribue également à l’abandon par Elon Musk de son projet de troisième parti : l’assassinat de l’activiste conservateur Charlie Kirk. Assassinat à la suite duquel le milliardaire aurait décidé d’injecter ses fonds dans des groupes conservateurs existants plutôt que de fonder son propre parti.

Le jeu s’est calmé entre les deux hommes, et J.D. Vance y est pour beaucoup. Mais à en croire plusieurs proches de Trump et Musk, la trêve reste toutefois fragile. Et pourrait avoir des impacts sur la suite de la carrière de Vance, qui loin d’être un médiateur désintéressé, compte bien sûr le soutien de Musk s’il officialisait sa candidature à la prochaine présidentielle…

© afp.com/Kevin Dietsch

Elon Musk et le président Donald Trump, dans le bureau Ovale à Washington le 30 mai 2025.
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Finlande : un navire parti de Russie saisi par la police après des dégâts à un câble sous-marin

La police finlandaise a annoncé, ce mercredi 31 décembre, avoir saisi un navire soupçonné d'avoir endommagé, dans le golfe de Finlande, un câble de télécommunications sous-marin reliant Helsinki à Tallinn, la capitale estonienne.

La police n'a divulgué aucun détail sur l'origine du navire, mais la chaîne de télévision publique finlandaise Yle, citant le site spécialisé MarineTraffic, a déclaré qu'il s'agissait du Fitburg, un cargo de 132 mètres de long battant pavillon de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, parti de Saint-Pétersbourg, en Russie, pour Haïfa, en Israël. Le bateau est soupçonné d'être "responsable des dégâts causés au câble", qui appartient au groupe finlandais de télécoms Elisa et se situe dans la zone économique exclusive estonienne, a indiqué la police dans un communiqué.

Elisa a déclaré dans un communiqué que les dommages causés au câble n'avaient "en aucune façon affecté le fonctionnement" de ses services. Le golfe de Finlande, qui fait partie de la mer Baltique, est bordé par l'Estonie, la Finlande et la Russie. Ces dernières années, des infrastructures énergétiques et de communication, dont des câbles et pipelines sous-marins, ont été endommagées en mer Baltique. Depuis l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022, de nombreux experts et responsables politiques considèrent le sabotage présumé de câbles comme un élément de la "guerre hybride" menée par la Russie contre les pays occidentaux.

Tôt mercredi matin, le groupe de télécoms avait détecté une anomalie sur son câble et l'avait signalée aux autorités finlandaises. Un patrouilleur et un hélicoptère des garde-côtes finlandais ont localisé le navire suspect dans la zone économique exclusive de la Finlande. Sa chaîne d'ancre était à l'eau, a précisé la police. Les garde-côtes ont ordonné au navire de s'arrêter et de relever son ancre, puis de se déplacer et de mouiller dans les eaux territoriales finlandaises.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires"

La police finlandaise a annoncé enquêter sur l'incident pour "dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et entrave aggravée aux télécommunications". Elle a précisé coopérer avec plusieurs autorités nationales et internationales, notamment estoniennes.

"La Finlande est préparée à relever les défis sécuritaires de toutes sortes et nous y répondons en conséquence", a déclaré le président finlandais Alexander Stubb dans un communiqué publié mercredi sur X.

Le procureur général adjoint Jukka Rappe a déclaré à Yle avoir ordonné une enquête préliminaire sur l'affaire, qui sera menée par le Bureau national d'enquête finlandais. "Le cargo est soupçonné d'avoir sectionné le câble de données dans des circonstances dans lesquelles il apparaît désormais évident qu'il y a également l'éventualité d'un acte criminel", a-t-il estimé, sans toutefois exclure la possibilité d'un accident.

© Mikkel Berg Pedersen / Ritzau Scanpix / AFP)

Image d'illustration.
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"Les terroristes méritent la mort" : en Israël, le retour de la peine capitale fait débat

Le 8 janvier 2017, Chir Hadjadj visite Jérusalem avec ses camarades d'un cours d'officiers de l'armée israélienne. Vers 13h15, la soldate de 23 ans sort du car stationné sur la promenade Hass, un célèbre promontoire offrant un panorama époustouflant sur la ville sainte. A cet instant, un Palestinien du village voisin de Jabel Moukaber surgit au volant un camion. Il fauche Chir et trois autres soldats avant d'être abattu. "Si cet homme savait qu'il risquait la peine de mort, il aurait peut-être hésité avant de tuer ma fille", soupire Meirav Hadjadj, la mère de Chir. Depuis, elle milite avec son mari pour la restauration de la peine de mort en Israël. Proche d'Itamar Ben-Gvir, ministre de la police et chef du parti d'extrême droite Puissance Juive, le couple vient d'obtenir une victoire : le 10 novembre dernier, la Knesset a voté pour le rétablissement de la peine capitale en Israël.

Le texte, qui doit encore franchir deux lectures devant le Parlement, imposera aux magistrats d'appliquer automatiquement la peine de mort aux auteurs d'attentats terroristes contre des Israéliens "dans le but de nuire à la renaissance du peuple juif sur sa terre".

Pour les Hadjadj, ce vote du Parlement découle directement du traumatisme des massacres du 7 octobre 2023. "Avant le 7-Octobre, les gens nous prenaient pour des illuminés", raconte Meirav. "Maintenant ils nous comprennent parce que chaque personne dans ce pays connaît au moins une victime de ces massacres. Et les gens comprennent que pour arrêter ou au moins ralentir le terrorisme, la peine de mort reste la seule solution", estime-t-elle.

L'exception Eichman

Prévue lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948, la peine capitale est abolie en 1954 après avoir été appliquée une seule fois – à tort, la victime ayant été innocentée par la suite. En 1961, un tribunal de Jérusalem condamne exceptionnellement à mort le criminel nazi Adolf Eichman dans le cadre d'une loi spéciale sur les crimes contre l'humanité. "A cette époque, même les rescapés de la Shoah se montraient divisés sur la peine de mort, indique Hannah Yablonka, une historienne spécialiste du procès Eichman. Beaucoup estimaient que tuer Eichman bafouait le principe de proportionnalité au regard de l'immensité de son crime. Et aussi que cela ne ramènerait pas les six millions de victimes juives du nazisme." Le Premier ministre de l'époque, David Ben Gourion, penche pour l'application de la peine de la mort en invoquant le procès de Nuremberg à l'issue duquel douze hauts dignitaires du régime nazi ont été condamnés à mort. Eichman sera pendu le 1er juin 1962.

Depuis, le débat sur la peine de mort ressurgit régulièrement, notamment lors de vagues d'attentats terroristes. La Knesset la plus à droite de l'histoire du pays a donc décidé de franchir le pas en votant un texte transpartisan. Le parti russophone d'Avigdor Lieberman, opposant à Benyamin Netanyahou, a voté pour. En revanche, les partis orthodoxes, membres de la coalition, ont voté contre au nom de principes religieux. Le 9 décembre, une commission de la Knesset a examiné les modalités d'exécution : pendaison, chaise électrique ou injection létale. "Nous envoyons un message très clair : les terroristes méritent la mort", s'est réjoui Itamar Ben-Gvir devant la commission. Il arborait un pin's représentant une corde de pendaison.

Tirer sans sommation

Le rétablissement de la peine de mort s'inscrit dans une radicalisation de la répression de la lutte armée palestinienne, en témoigne la modification des règles d'engagement lors de confrontations entre des soldats de Tsahal et des combattants palestiniens. Strictement encadrées avant le 7-Octobre, elles ont été assouplies par une hiérarchie militaire régulièrement accusée de mettre en danger les soldats pour ne pas risquer d'enfreindre les lois internationales de la guerre. Désormais, à la moindre menace, les soldats peuvent tirer, quitte à exposer leur armée à la vindicte. Fin novembre, des images montrant des soldats israéliens abattant deux combattants palestiniens levant les mains en l'air ont déclenché un tollé. L'ONU a dénoncé une "apparente exécution sommaire" et ordonné une enquête.

"Aujourd'hui, la priorité, c'est de se défendre. On doit d'abord tirer. Après, on voit si vraiment il y a eu une exagération", assume Meïr Ben Hayoun, porte-parole francophone de Puissance Juive. Selon lui, l'assouplissement des règles d'engagement résulte également du traumatisme du 7-Octobre. "Ce jour-là, des pilotes d'hélicoptères ont vu des dizaines de pick-up du Hamas s'introduire en Israël et ils n'ont pas voulu tirer. Tout simplement parce que les conseillers juridiques de l'armée ne leur ont pas donné le feu vert. Aujourd'hui, ce serait impensable. Nous avons changé d'ère", constate-t-il.

Ce changement de paradigme effraie les organisations de défense des droits de l'Homme, vent debout contre la loi sur la peine de mort et la modification des règles d'engagement. "De nombreuses études montrent que la peine de mort ne dissuade pas les auteurs d'attentats. Cette loi ne répond pas à une exigence sécuritaire. Elle étanche la soif de vengeance de ce gouvernement et d'une partie de la population", déplore Noa Sattah, directrice du centre israélien pour les droits civiques. Elle envisage un recours devant la Cour suprême en cas d'adoption définitive du texte.

© AFP

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir (à droite), se rendent sur les lieux d'une fusillade dans la partie est de Jérusalem annexée par Israël, le 8 septembre 2025.
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Résidence de Vladimir Poutine : pourquoi le scénario d’une attaque ukrainienne est peu crédible

La Russie n’en démord pas. Selon Moscou, des dizaines de drones ukrainiens auraient attaqué cette semaine une résidence de Vladimir Poutine. Info ou intox ? Ce que l’on sait, à ce stade, c’est que la Russie n’avait fourni jusqu’à ce matin aucune preuve de cette attaque présumée. Et que parmi tous les habitants de la région en question interrogés par la presse, aucun n’a été témoin d’activité de drones à ce moment-là.

Un manque de preuves qui n’a pas empêché plusieurs alliés de Moscou de lui réitérer aussitôt tout leur soutien. A commencer par les présidents kazakh et ouzbek, ou encore les Premiers ministres indien et pakistanais, "profondément préoccupés" par cette "menace grave pour la paix, la sécurité et la stabilité".

48 heures sans aucune preuve

Vladimir Poutine s’est également empressé de téléphoner à Donald Trump, pour l’informer de l’attaque présumée et indiquer que la Russie réexaminait sa position sur les négociations en conséquence. Le président américain a indiqué avoir cru Vladimir Poutine sur parole… avant de reconnaître que l’attaque n’avait peut-être pas eu lieu. Mais en semant le doute, le président russe participe quand même à amadouer son homologue américain, qui aurait même déclaré : "Dieu merci, nous n’avons pas fourni de missiles Tomahawk à Zelensky !", à en croire le conseiller diplomatique du Kremlin.

Au micro de CNN mardi, le président ukrainien a de son côté fait état de ses échanges avec les Américains. "Ils ont examiné les détails et nous comprenons qu’il s’agit d’une fausse information. Et, bien sûr, nos partenaires peuvent toujours utiliser leurs outils technologiques pour vérifier qu’il s’agissait bien d’une fausse information", a fait valoir Volodymyr Zelensky. "La Russie n’a fourni aucune preuve de cette attaque. Et ils n’en auront pas. Parce qu’il n’y en a pas. Aucune attaque de ce genre n’a eu lieu", a renchéri sur X son ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha.

Dans la même veine, une source proche du président français Emmanuel Macron a déclaré qu’"il n’existe aucune preuve solide permettant de corroborer les graves accusations portées par les autorités russes, même après avoir recoupé les informations avec nos partenaires". Mercredi sur X, la cheffe de la diplomatie européenne a elle aussi haussé le ton : "L’affirmation de la Russie selon laquelle l’Ukraine aurait récemment pris pour cible des sites gouvernementaux clés en Russie est une diversion délibérée", a déclaré Kaja Kallas, ajoutant que "Moscou cherche à faire dérailler les progrès réels vers la paix réalisés par l’Ukraine et ses partenaires occidentaux".

Pour répondre aux accusations d’allégations infondées, Moscou a publié ce jour une vidéo sur Telegram, montrant un appareil qui aurait été abattu lors de cette attaque, ainsi qu'un soldat au visage dissimulé se tenant près des débris d'un drone. L'armée russe a également divulgué une carte montrant la trajectoire des engins lancés lors de cette attaque présumée, ainsi que le témoignage d'un homme présenté comme un habitant d'un village proche de la résidence du président russe. Des éléments qui n’ont pour l’instant pas pu être authentifiés.

Durcir la position russe

S’agit-il alors d’une vraie attaque, comme l’assure la Russie, ou d’un prétexte pour légitimer de futures frappes russes contre l’Ukraine ? L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) basé à Washington penche clairement pour la seconde hypothèse. "Les circonstances de cette frappe présumée ne correspondent pas au schéma des preuves observées lorsque les forces ukrainiennes mènent des frappes en Russie", avance-t-il auprès de CNN, notant l’absence de déclarations des autorités russes locales et régionales.

Le média russe indépendant Agentstvo a même noté mardi que le chef du district de Valdaï avait tenu une allocution télévisée en direct lundi à 17 heures, heure locale, au cours de laquelle il n’a mentionné aucune attaque. L’Agentstvo a déclaré qu’elle n’avait pas non plus pu trouver de rapports faisant état d’attaques de drones sur les réseaux sociaux publics de la ville de Valdaï, qui compte 14 000 habitants et se situe à 20 kilomètres de la résidence.

Sans parler du manque de cohérence entre les déclarations officielles russes, lesquelles divergent tant sur le nombre de vecteurs que sur les régions visées. Lundi, dès 7h45, le ministère de la Défense évoquait une attaque de drones sur la région de Novgorod, puis sur celle de Briansk, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, intervenant deux heures plus tard, évoquait pour sa part la résidence présidentielle de Valdaï comme seule cible.

Selon l’expert militaire Iouri Fiodorov, cité par Le Monde, "Décidé à empêcher Trump d’adopter des sanctions contre la Russie, Poutine doit lui présenter une explication plausible pour ne pas risquer d’entrer en conflit avec lui. D’où cette provocation". La presse russe ne s’en cache pas : "Moscou a désormais les mains libres", titrait mardi le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.

© Mikhail METZEL / POOL / AFP

Vladimir Poutine, au Kremlin, le mardi 30 décembre 2025.
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Yémen : tout comprendre aux tensions croissantes entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis

Ce mardi 30 décembre, l’Arabie saoudite a frappé le port de d’Al-Mukalla, dans le sud du Yémen, accusant les Emirats arabes unis de fournir des armes aux séparatistes yéménites du Conseil de transition du Sud (STC). Un bombardement symptomatique des tensions entre Ryad et Abou Dhabi qui pèsent sur leur voisin de la péninsule arabique, en proie à un conflit à la fois, civil, religieux et régional depuis 11 ans. Le 21 septembre 2014, les rebelles houthistes - chiites zaydites - ont pris Sanaa, la capitale, marquant ainsi le début de leur coup d’Etat au Yémen. La milice, classée comme "terroriste" par les Etats-Unis, est épaulée par l’Iran dans son offensive. Quant au gouvernement, sunnite, il est reconnu par l'ONU et bénéficie depuis du soutien d’une coalition militaire menée par l’Arabie saoudite. Mais depuis le mois de décembre, un nouveau front s’est ouvert. L’offensive est appuyée par les Emirats arabes unis.

A distance, Ryad et Abou Dhabi s’affrontent, chacun dans l’objectif d’imposer sa vision pour l’avenir politique du pays. L’Express décrypte la situation en trois points.

Que se passe-t-il au Yémen ?

Aux premières heures de la matinée, la coalition militaire dirigée par Ryad a annoncé des frappes sur le port d’Al-Mukalla, capitale de la province de l’Hadramout récemment conquise par les séparatistes du STC. La cible était une cargaison chargée d'"une grande quantité d’armes et de véhicules de combat" séparatistes yéménites, soutenus par Abou Dhabi, selon l’agence officielle saoudienne SPA, qui précise que cette "opération militaire limitée" n’a fait aucune victime.

Et ce bombardement n’est pas la première riposte militaire du mois. Menacé par cette progression du STC dans son pays, le gouvernement yéménite a demandé à Ryad de prendre "mesures militaires" afin de "protéger les civils innocents dans la province de Hadramout et d’aider les forces armées à ramener le calme", selon l’agence de presse officielle du pays, Saba. Requête à laquelle l’allié a répondu le 28 décembre, indique la chaîne - proche des séparatistes - Aden Independent.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a accusé les Emirats d’être derrière la récente avancée de l’organisation dissidente. Et jugé que les actions d’Abou Dhabi étaient "extrêmement dangereuses" et constituaient "une menace pour la sécurité" de l’Arabie saoudite et de la région.

Une source proche de l’armée saoudienne a indiqué que la coalition avait été "contrainte d’agir, les efforts diplomatiques ayant été ignorés". Mais "la diplomatie reste une option pour empêcher toute nouvelle escalade", a-t-elle ajouté. L’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, traditionnellement de proches alliés, avaient initialement uni leurs forces contre les Houthis au sein de la coalition au Yémen. En 2015, Abou Dhabi s’est engagé militairement pour défendre le gouvernement yéménite et ses troupes sont parvenues à libérer Aden, alors aux mains des Houthis. Après cette victoire, Mohammed Ben Zayed, président émirati hostile aux printemps arabes, a alors décidé de miser sur le STC, plutôt que sur les loyalistes pro- gouvernement, à ses yeux trop proches des Frères musulmans.

Qui sont les séparatistes soutenus par Abou Dhabi ?

Pendant le mois de décembre, le mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud, qui est pourtant membre du gouvernement - avec qui il lutte contre les Houthis - s’est emparé de vastes portions du pays, sans rencontrer de grande résistance. Le territoire saisi constituait l’ancienne République populaire du Sud, qui avait déclaré son indépendance en 1967 jusqu’à la réunification du pays 23 ans plus tard. Désormais, les partisans du STC appellent l’organisation à y rétablir un Etat.

Cette zone qui comprend les provinces de l’Est du Yémen - l’Hadramaout et Al-Mahra - permet aux dissidents de prendre le contrôle de sites pétroliers, de l’ensemble de la frontière avec Oman ainsi que de 600 kilomètres de celle avec l’Arabie saoudite. De plus, les dissidents n’ont pas dissimulé leur volonté de déloger des régions conquises par un chef tribal proche de Ryad.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait averti courant décembre que les avancées du STC augmentaient le risque d’une "plus grande escalade" dans le pays, déjà frappé par l’une des pires crises humanitaires au monde, selon son organisation.

Comment ont réagi les Emirats arabes unis ?

Dans les minutes qui ont suivi le bombardement, le ministère émirati des Affaires étrangères a démenti les accusations saoudiennes. Dans un communiqué, il assure que "la cargaison en question ne comprenait aucune arme, et les véhicules déchargés n’étaient destinés à aucun acteur yéménite", mais aux forces émiraties opérant au Yémen. Et le pays le certifie : l’arrivée de cette cargaison avait été coordonnée avec Ryad. Quant à son implication dans la montée des tensions, Abou Dhabi nie en bloc, il n’a jamais été question d'"attiser le conflit au Yémen".

Toutefois, deux heures après la frappe, les Emirats arabes unis ont annoncé retirer leurs "équipes antiterroristes" du Yémen… Après que l’Arabie saoudite a fixé un délai de 24 heures pour leur départ. Mais le pays l’assure, cette décision relève "de sa propre initiative". Rien avoir avec l’ultimatum donc, le seul enjeu est de veiller "à la sécurité de son personnel et en coordination avec les partenaires concernés".

Mais les tensions risquent de ne pas retomber de sitôt, car les séparatistes yéménites refusent de reculer. "Il n’est pas question de se retirer. Il est déraisonnable de demander au propriétaire d’une terre de la quitter. La situation exige de rester et de se renforcer", a déclaré à l’AFP Anwar Al-Tamimi, porte-parole du STC.

© afp.com/Saleh Al-OBEIDI

De membres de tribus manifestent leur soutien au mouvement séparatiste sudiste à Aden, dans le sud du Yémen, le 14 décembre 2025
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Manifestations en Iran : le régime des mollahs face au réveil de la rue

Vers un soulèvement d’ampleur importante ? Des manifestations ont éclaté depuis plusieurs jours en Iran, sur fond de tensions sociales et de mécontentement grandissant à l’égard du régime iranien, très affaibli ces derniers mois. La contestation s’est amorcée dimanche 28 décembre, au moment où plusieurs commerçants, notamment à Téhéran, ont décidé de fermer boutique. La raison ? Des conditions dégradées pour leur activité marchande, en raison de l’incertitude du contexte économique dans le pays. Selon l’agence semi-officielle ILNA, détenue par un syndicat contrôlé par le gouvernement, ces professionnels "réclament une intervention immédiate du gouvernement pour enrayer les fluctuations du taux de change et définir une stratégie économique claire".

Crise économique

En cause, selon les vendeurs et acheteurs ? La dégringolade sans fin du taux du rial, la devise du pays, vis-à-vis du dollar américain. Ce week-end, la monnaie iranienne a ainsi atteint son plus bas historique, d’après le taux informel en vigueur sur le marché noir. Un dollar s’échange désormais contre 1,4 million de rials. Concrètement, cette dépréciation crée une volatilité importante de la monnaie, rendant difficilement lisible l’évolution des prix des produits en vente. Sous l’effet de l’inflation, ces tarifs sont souvent tirés vers le haut. Dans ces conditions, "de nombreux commerçants ont préféré suspendre leurs transactions pour éviter d’éventuelles pertes", a indiqué une autre agence de presse proche du gouvernement, Irna.

Ce mardi, la mobilisation s’est étendue au-delà du milieu marchand. Des étudiants d’universités disséminées dans tout le pays ont rejoint le mouvement. En plus de la capitale, des manifestations ont été constatées dans les villes d’Ispahan, Chiraz, Mashhad, ou encore Hemedan. Vérifiées par une agence spécialisée associée au groupe du Wall Street Journal, plusieurs vidéos montrent des protestataires défiler dans les rues, criant parfois quelques slogans, comme le mot "azadi" ("liberté" en farsi). L’une d’entre elles, citée par le prestigieux quotidien économique américain, affiche des manifestants sur l’île de Qeshm Island, au bord du golfe Persique, scandant la formule "mort au dictateur !".

Ces différents faits sont notables, précise le journal, puisque la répression des opposants et de toute forme de rébellion par le régime des mollahs n’a pas faibli en Iran depuis le dernier soulèvement populaire dans le pays, lors du mouvement "Femme, vie, liberté" en 2022. De nombreuses peines de prison sont régulièrement prononcées pour ce type de motif. Pour le moment, l’ampleur de cette contestation demeure difficile à chiffrer. Toutefois, les autorités iraniennes ont de quoi s’inquiéter, car le contexte social devient de plus en plus explosif, tant l’économie du pays se porte mal. Pour le gouvernement, il existe un risque de voir la grogne se généraliser. D’après Mustapha Pakzad, analyste géopolitique spécialisé sur l’Iran interrogé par le Wall Street Journal, les circonstances du moment "ont découragé même les plus optimistes".

Message inhabituel du président iranien

Depuis la répression du mouvement de 2022, la République islamique a affronté différentes crises militaires. La dernière en date, cet été, a participé à faire grossir la colère des Iraniens. Tandis que Téhéran menace perpétuellement ses ennemis occidentaux de réponse "sévère" en cas d’agression, l’armée iranienne s’est révélée incapable de protéger efficacement sa population lors de la guerre contre Israël, au mois de juin. Au total, d’après les autorités, plus de 1 000 Iraniens sont morts dans les bombardements menés par l’État hébreu. Sur le plan militaire, le pays s’est par ailleurs affaibli, plusieurs frappes américaines ayant visé des sites de son programme nucléaire. Dans le même temps, face à l’hyperinflation, le pouvoir d’achat des Iraniens s’est encore amenuisé. Pénuries d’eau et coupures de courant sont devenues monnaie courante.

Tant de facteurs qui ont poussé le président iranien, Massoud Pezeshkian, à diffuser ce mardi un message d’une inhabituelle tonalité dans ce genre de circonstances. "J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’écouter les revendications légitimes des manifestants en dialoguant avec leurs représentants afin que le gouvernement puisse agir de toutes ses forces pour résoudre les problèmes et agir de manière responsable", a-t-il détaillé, dans une déclaration publiée sur son compte X. D’après les médias iraniens, le dirigeant a lui-même rencontré des responsables syndicaux ce mardi pour tenter de trouver des solutions à la crise économique.

Dimanche, Massoud Pezeshkian a en parallèle présenté le budget pour l’an prochain, promettant entre autres une augmentation de 20 % des salaires en 2026. Mais ce taux demeure bien inférieur à celui de l’inflation, qui a culminé en décembre à 52 % sur un an, d’après les données officielles iraniennes. D’autre part, les médias d’État iraniens ont relayé ces dernières semaines une autre information, bien moins favorable aux ménages : la volonté du gouvernement d’augmenter les impôts à compter de mars prochain, mois du Nouvel An iranien.

Pression internationale

Sur le plan politique, les gardiens de la Révolution, eux, maintiennent des positions inflexibles. Si, en marge de la signature du plan de paix à Gaza, le président américain Donald Trump avait ouvert la voie à une reprise des négociations diplomatiques avec Téhéran, l’espoir a aujourd’hui fait long feu. Le milliardaire républicain vient d’ailleurs de menacer de nouveau le régime d’une nouvelle intervention militaire si Téhéran cherchait à se réarmer. Dans le même temps, les pays européens ont activé l’été dernier le mécanisme de "snapback" dans le cadre de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA), arrivé à échéance cette année, afin de rétablir les sanctions contre l’économie iranienne.

Mais, pour le pouvoir iranien, pas question pour autant de montrer quelque signe de détente. "À mon avis, nous sommes en guerre totale contre les États-Unis, Israël et l’Europe, ils veulent mettre notre pays à terre", a lancé Massoud Pezeshkian plus tôt dans la semaine, sur le site du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Les autorités du pays ont d’ailleurs mis en garde sa population contre toute contestation qui pourrait être selon elles instrumentalisées par des pays étrangers dans l’optique de semer "le chaos et des troubles". En 2019, de précédentes manifestations contre la hausse du prix du carburant avaient fait plusieurs centaines de morts. Un scénario que souhaite à tout prix éviter Téhéran, alors que le gouvernement vient d’annoncer une hausse des tarifs à la pompe pour les conducteurs les plus consommateurs en la matière.

© AFP

Une photo fournie par le bureau du président iranien le 30 août 2025 montre le président Masoud Pezeshkian s'exprimant lors d'une interview télévisée à Téhéran.
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Vladislav Sourkov, Alain Aspect, Robert Kaplan... Nos dix grands entretiens qui ont marqué l’année 2025

Ils pensent le monde, bousculent les croyances ou sont les grands acteurs de la géopolitique et de l’économie internationale… De Moscou à New York, des arcanes du pouvoir russe aux vertiges de la physique quantique, de la crise démographique aux métamorphoses du travail, L’Express a donné la parole à celles et ceux qui éclairent notre époque.

Stratèges de l’ombre, philosophes, économistes, scientifiques, ou intellectuels en alerte face à Donald Trump ou Vladimir Poutine. Tous ces entretiens, qui ont marqué 2025, vont vous permettre de vous replonger dans l’année écoulée - et celles à venir. Voici notre sélection :

1) Vladislav Sourkov, le vrai mage du Kremlin

Jamais, depuis le début del’invasion russe en Ukraine, il n’a accordé d’interview politique. Ni fait le moindre commentaire public sur cette guerre qui ravage le cœur de l’Europe. Vladislav Sourkov, sans doute le personnage le plus mystérieux de Russie, s’est muré dans le silence. Pourtant, l’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, le conseiller de l’ombre qui a inspiré son formidable Mage du Kremlin au romancier Giuliano da Empoli, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.

2) Nicolas Puech, l’héritier ruiné d’Hermès brise le silence

Celui qui fut toute sa vie le richissime héritier Hermès et son premier actionnaire familial ne s’était pas exprimé publiquement depuis 2011, quand bien même, ces trois dernières années, la presse de toute l’Europe – et jusqu’aux Etats-Unis - s’est interrogée sur l’escroquerie phénoménale dont il se dit victime, décortiquant sa vie affective, soupesant ses capacités cognitives ou interrogeant sa désarmante bonhomie.

3) L’avertissement du patron de l’Essec

Y a-t-il une crise du management à la française ? Selon Vincenzo Vinzi, la formation au management en France est l’une des meilleures en Europe. Toutefois, l’approche verticale des managers tricolores "engendre de la rigidité, qui ne favorise pas la créativité". Entretien décapant.

4) Le regard avisé de Fabian Hoffmann sur la Russie de Poutine

Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou
Le président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse annuelle, le 19 décembre 2025 à Moscou

Méfiez-vous des apparences, surtout quand la conversation concerne les ambitions du Kremlin. C’est, en substance, l’avertissement que donne Fabian Hoffmann, chercheur à l’Oslo Nuclear Project de l’Université d’Oslo et au Center for European Policy Analysis. Selon lui, le fait que la Russie subisse des pertes humaines et matérielles record en Ukraine ne signifie pas qu’une attaque contre l’Otan serait vouée à l’échec. Pour l’expert,Vladimir Poutine a un plan : une opération éclair, de haute intensité, susceptible d’escalader à très court terme vers une véritable guerre.

5) Alain Aspect et les "bizarreries" de la physique quantique

Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.
Le Prix Nobel de physique Alain Aspect, le 7 décembre 2022 à Stockholm.

Alain Aspect a donné tort à Einstein, décroché le Graal scientifique et cofondé un champion français de l’ordinateur quantique (Pasqal). Mais ce fils d’instituteurs du Lot-et-Garonne assure que ce dont il est le plus fier, c’est de "son rôle de professeur et de mentor". Cette passion de la transmission anime son livre Si Einstein avait su. Dans l'entretien accordé à L'Express, il dénonce les détournements pseudoscientifiques du mot "quantique".

6) La mise en garde d’un éminent psychiatre italien

"Voici les signes que vous avez grandi avec un parent pervers narcissique", "Comment repérer un narcissique à sa manière de faire des câlins", "Plus on est narcissiques et moins l’on fait d’enfants", "Le narcissisme pathologique de Trump"… Pour le psychiatre italien Giancarlo Dimaggio, l’emballement médiatique relève de la caricature. Ce spécialiste de la psychothérapie démonte les idées reçues.

7) La charge de David Frum, ex-plume de Bush, contre Trump

David Frum, éditorialiste vedette au magazine The Atlantic, ancienne plume de George W. Bush et anti-Trump acharné, prévenait déjà dans nos colonnes qu’un second mandat de Donald Trump serait cataclysmique aussi bien sur le plan intérieur que sur la scène internationale. Ce fin connaisseur des rouages de la politique américaine analyse les conséquences possibles de ce revirement brutal des Etats-Unis.

8) Les projections vertigineuses de McKinsey

On ne mesure pas encore l’ampleur de cette lame de fond, qui va bouleverser nos sociétés et nos économies dans quelques dizaines d’années. D’ici la fin du siècle, certains pays vont voir leur population se contracter de 20 à 50 %. La faiblesse de la natalité dans la plupart des régions du monde va recomposer les équilibres internationaux. Consommation, marché du travail, implantation des sites de production des entreprises, modèle social… Le bureau de recherche McKinsey Global Institute a récemment publié un rapport balayant les répercussions de ce déclin démographique mondial.

9) L'interview décapante d'André Comte-Sponville

Passer du temps en sa compagnie vous donne le sentiment (l'illusion ?) d'avoir gagné quelques modestes points de sagesse. Crinière grise, regard mélancolique, phrasé limpide de celui qui se sait sûr de son propos, André Comte-Sponville a le physique de l'emploi. Le succès phénoménal du Petit traité des grandes vertus en 1995 l'a imposé comme le champion d'une philosophie rigoureuse, mais accessible à tous. Et le penseur n'a pas sa langue dans sa poche.

10) Les prédictions de Robert Kaplan sur la Russie post-Poutine

Le dernier ouvrage du reporter américain Robert Kaplan,Waste Land : A World in Permanent Crisis (non traduit), paru outre-Atlantique, se lit comme un thriller. Il ne s’agit pourtant en rien d’une fiction.

Géopolitologue et auteur de nombreux ouvrages à succès, Kaplan juge "troublantes" les similitudes entre notre époque et celle qui précipita l’Allemagne, puis le monde entier, dans le chaos des années 1930. Selon lui, "la Russie post-Poutine sera sans doute la première grande puissance à s’effondrer".

© L'Express

Vladislav Sourkov. L’homme qui a "fabriqué" Vladimir Poutine, a beaucoup de choses à dire sur la Russie et l’homme qui la dirige.
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Vladimir Poutine visé par des drones ukrainiens ? A Valdaï, la résidence très secrète du maître du Kremlin

Une "attaque terroriste" pour Moscou, un "mensonge" d'après Kiev. Lundi 29 décembre, la Russie a accusé l'Ukraine d'avoir ciblé la "Dolgiye Borody", une résidence d'État de Vladimir Poutine du nord-ouest du pays, avec 91 drones. Druss'après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tous ces appareils auraient été interceptés. De quoi conduire Moscou à "réexaminer" sa position dans les négociations actuelles menées par Washington pour mettre un terme à la guerre en Ukraine. En réaction à ces propos, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a immédiatement nié avoir mené une telle opération. "Près d'une journée s'est écoulée et la Russie n'a toujours pas fourni de preuves plausibles à l'appui de ses accusations", a encore réagi le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrïï Sybiga, ce mardi.

Bowling, terrain de golf et espace spa

Au moment où les efforts diplomatiques s'accentuent pour cheminer vers un plan de paix à l'est de l'Europe, l'épisode risque de laisser des traces dans les futures tractations. Quelle que soit la vérité, le lieu au cœur de cette affaire représente en tout cas le symbole de la puissance de Vladimir Poutine à la tête de la Russie. Qu'il soit perçu comme – potentiellement – attaqué constitue un marqueur fort pour le pouvoir russe afin de justifier de nouvelles opérations en Ukraine. Longeant un lac et bordant une forêt, le complexe est situé près de la ville de Valdaï, dans la région de Novgorod. Il s'agit d'une "datcha", une résidence secondaire destinée à octroyer à ses occupants du repos au grand air.

En 2021, le domaine avait fait l'objet de nombreuses révélations de la Fondation anticorruption (FBK) créé par l'ex-opposant au président russe, Alexeï Navalny. Une enquête qui permet d'en savoir un peu plus sur les nombreux services proposés au sein des quelque 80 bâtiments présents en son sein. Grand de 250 hectares, le terrain de la "Dolgiye Borody" se structure comme une sorte de ville à taille miniature. La demeure principale, haute de quatre étages, dispose d'une superficie de 3 500 mètres carrés. Plus loin, un immense bâtiment de 7 000 mètres carrés permet aux occupants de la datcha de profiter de différents équipements nécessaires à des soins de bien-être : massages, cryothérapie, solarium... Une piscine, un cabinet dentaire et un institut de beauté sont également présents.

Outre cet espace spa, il prévoit par ailleurs différents lieux pour divertir ses visiteurs. Une aire de jeux avec toboggans, un cinéma, une salle de billard, un bowling et même... un casino ont été construits dans cette résidence secondaire. Au niveau sportif, le terrain comprend par ailleurs un parcours de golf. Une église, un bâtiment à l'architecture d'inspiration chinoise et une maison traditionnelle russe en bois ont aussi été érigés sur le site. D'après la FBK, qui a publié des plans du complexe, la "Dolgiye Borody" serait le lieu de villégiature préférée de Vladimir Poutine. Il s'y rend en effet régulièrement.

Réplique du bureau de Vladimir Poutine

En novembre dernier, une autre enquête, publiée par Radio Free Europe/Radio Liberty, a montré que des répliques du bureau de la résidence principale de Vladimir Poutine, près de Moscou, avait été fabriquée au sein de deux sites étatiques russes, dont la maison de Valdaï. L'objectif ? Pouvoir camoufler les déplacements du président russe hors de la capitale. Certaines photographies communiquées par les services du Kremlin montrent ainsi le chef de la Fédération russe en train de travailler dans son bureau de Moscou... alors qu'il se trouve en réalité à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile. La même copie du bureau a été observée dans une seconde résidence de Vladimir Poutine, située près de Sotchi. D'après les journalistes à l'origine de l'enquête, le pouvoir russe aurait menti à plusieurs centaines de reprises sur l'emplacement du président.

Outre l'opulence longtemps tenue secrète de ce complexe de Valdaï, un autre élément majeur a été révélé par l'enquête de la FBK en 2021. Seule une partie du site appartiendrait en réalité à l'État russe. L'autre est détenue par un oligarque russe, Iouri Kovaltchouk. Cet homme d'affaires, actionnaire de la banque Rossiya et proche de Vladimir Poutine, loue donc cette parcelle d'environ 100 hectares au Kremlin. Toujours selon la FBK, la facture s'élèverait chaque année à 300 millions de roubles, soit 3,15 millions d'euros. Une dépense réalisée "juste pour que Poutine ait un endroit où se prélasser (...) et inviter des artistes", s'offusquait la Fondation anticorruption dans sa vidéo.

Dans une autre enquête de 2021, Alexeï Navalny avait également dévoilé l'existence d'une gigantesque demeure située près de Sotchi, au bord de la mer Noire. Aménagé pour accueillir le président russe, le site avait été baptisé par le militant anti-corruption comme le "palais de Poutine". Ce domaine, là aussi particulièrement luxueux, comprendrait amphithéâtre, vignoble, terrain de hockey sur glace, héliport ou encore jacuzzi. D'après l'opposant, décédé en prison en février 2024, 100 milliards de roubles, soit plus d'un milliard d'euros ont été dépensés par Moscou pour réaliser cet immense palais. À l'époque des révélations, Vladimir Poutine avait nié ces accusations. "Je n’ai pas vu ce film, faute de temps", avait-il lancé. "Rien de ce qui est montré dedans comme étant mes biens ne m’appartient à moi ou à mes proches."

© afp.com/Vyacheslav PROKOFYEV

Le président russe Vladimir Poutine face à la presse à Moscou (Russie) le 23 octobre 2025, sur une photographie distribuée par l'agence étatique Spoutnik.
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Guerre en Ukraine : nos analyses, décryptages et entretiens

Le 24 février 2022, la Russie a déclenché son attaque sur l'Ukraine, tentant de s'emparer de la capitale Kiev dans une offensive éclair. Mais les forces ukrainiennes ont opposé une résistance farouche, obligeant les troupes russes à la retraite et déplaçant les combats vers le bassin du Donbass, dans l'est du pays, et dans son sud agricole. Du côté de l'Occident, le temps diplomatique a laissé place à celui des sanctions contre Moscou. Alors que la guerre se poursuit, inexorablement, peu de signes de progrès sont visibles.

© afp.com/Tetiana DZHAFAROVA

Kramatorsk, est de l'Ukraine, le 15 septembre 2025
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Hamas, Iran, Syrie… Ce qu’il faut retenir de la rencontre entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou

Le décor a un peu changé, mais les protagonistes restent les mêmes. Plutôt qu’à la Maison-Blanche, théâtre de leurs précédentes rencontres aux États-Unis, Donald Trump a cette fois convié lundi 29 décembre Benyamin Netanyahou dans sa résidence privée de Mar-a-Lago (Floride), où il passe les fêtes de fin d’année. Le contenu des échanges, lui, s’est inscrit dans la même tonalité que lors de leurs récents tête-à-tête : malgré quelques désaccords, le Premier ministre israélien a pu constater que son allié américain continuait d’afficher un puissant soutien à sa politique. Israël "n’existerait peut-être pas" sans le rôle de Benyamin Netanyahou depuis les attaques terroristes du 7 octobre 2023, a ainsi loué le milliardaire conservateur. "Nous n’avons jamais eu d’ami comme le président Trump à la Maison-Blanche", lui a rendu la pareille le dirigeant israélien.

Menaces américaines contre le Hamas

Pourtant, avant ce nouveau rendez-vous, Washington avait mis une certaine pression sur Israël, l’enjoignant à accélérer la mise en œuvre du plan de paix à Gaza. Comme rapporté dans la presse américaine, certains hauts responsables américains avaient notamment fait part de leur "frustration" face aux choix israéliens dans l’enclave palestinienne. Des critiques évacuées d’un revers de main par Donald Trump ce lundi. "Je suis préoccupé par ce que font, ou peut-être ne font pas, d’autres acteurs, mais, en ce qui concerne Israël, je ne suis pas inquiet : ils ont respecté le plan", a lancé le républicain. Israël est notamment mis en cause par le Hamas pour plusieurs violations du cessez-le-feu depuis la signature du plan de paix, au début de l’automne.

Donald Trump a préféré concentrer ses critiques contre le mouvement islamiste palestinien. La deuxième phase de l’accord prévoit entre autres un désarmement de ses forces. "S’ils ne se désarment pas comme ils s’y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé. Or, la branche armée du Hamas a réaffirmé lundi qu’elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l’occupation perdurera". Cette nouvelle étape doit aussi permettre un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza. Vendredi, le média américain Axios a indiqué que Washington souhaitait faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier. Une solution pour laquelle Benyamin Netanyahou traîne des pieds. Des désaccords persistent aussi sur l’action israélienne en Cisjordanie.

Nouvel avertissement à Téhéran

En parallèle, les deux hommes ont également évoqué la position à tenir vis-à-vis du régime iranien. Samedi, le président du pays, Massoud Pezeshkian, avait déclaré que les États-Unis, Israël et les Européens menaient une "guerre totale" contre Téhéran. En juin, Américains et Israéliens avaient frappé plusieurs sites iraniens, dans l’optique de mettre à mal le programme nucléaire développé par la République islamique. Depuis ces bombardements, des sanctions ont aussi été rétablies contre l’Iran grâce au mécanisme du "snapback", prévu dans l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA), conclu en 2015 et arrivé à échéance cette année.

Ce lundi, Donald Trump a une nouvelle fois mis en garde les dirigeants iraniens. "J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement", qu’il s’agisse d’installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti. "Toute agression" envers l’Iran serait "immédiatement suivie d’une réponse très sévère", a réagi sur X Ali Shamkhani, un proche conseiller du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Cette montée en tension n’empêche pas Donald Trump de penser que l’Iran reste intéressé par un accord avec les États-Unis au sujet de ses programmes nucléaires et balistiques, quand bien même Téhéran "se comporte peut-être mal".

Les relations entre la Syrie et Israël ont aussi fait l’objet de discussions entre le président américain et le Premier ministre israélien. Donald Trump a ainsi dit espérer que Benyamin Netanyahou pourrait "s’entendre" avec le nouveau président syrien et ancien djihadiste, Ahmed al-Charaa, reçu en grande pompe par le républicain à la Maison-Blanche en novembre. Ces derniers mois, Israël a mené plusieurs frappes sur le territoire syrien. Pour conclure un nouveau compromis de sécurité, Benyamin Netanyahou, exige notamment une démilitarisation de toute la partie du territoire syrien allant du sud de la capitale, Damas, jusqu’à la ligne de démarcation fixée par l’accord de 1974 entre les deux pays. Une demande pour le moment fermement rejetée par les autorités syriennes.

© JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou tiennent une conférence de presse le 29 décembre, à Mar-a-Lago, en Floride (États-Unis).
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