Can you hear me, Major Tom?
Alors que l’administration de Donald Trump voulait diviser par deux le budget scientifique de la NASA, après négociation entre démocrates et républicains, le Congrès des États-Unis prévoit une baisse de 1 %. Toutefois le Sénat et la Chambre des représentants ont entériné la mort du projet Mars Sample Return que les États-Unis avaient déjà quasiment abandonné.
L’année 2026 devrait être moins problématique que prévu concernant le budget scientifique de la NASA. Alors que l’administration de Donald Trump proposait dès mars 2025 une baisse de 50 %, les élus républicains et démocrates du Congrès des États-Unis ont négocié qu’il baisse de 1 %, rendant à l’agence spatiale états-unienne les moyens dont elle a besoin pour effectuer ses recherches.
Une baisse de 2 % du budget total de la NASA au lieu des 25 % prévus par Trump
Comme l’explique ArsTechnica, le projet de budget total de la NASA avec notamment l’exploration spatiale (comprenant les missions vers la Lune voulues par Donald Trump) prévu par les élus pour 2026 devrait atteindre les 24,4 milliards de dollars. C’est 2 % de moins que les 24,9 milliards de dollars du budget de l’agence pour 2025, une baisse aussi beaucoup moins importante que celle voulue par Donald Trump qui avait prévu de l’amputer d’un quart. À titre de comparaison, le budget de l’ESA est de 22,1 milliards d’euros pour 2026, avec 3,787 milliards d’euros pour le programme scientifique.
« Franchement, c’est mieux que ce que j’aurais pu espérer. Il y a très peu de choses à redire à ce sujet », a déclaré Casey Dreier, responsable de la politique spatiale pour The Planetary Society à nos confrères, même s’il regrette la perte de temps et d’énergie qu’ont dû endurer ses équipes pour réfléchir à la manière de fonctionner avec les coupes drastiques prévues par Donald Trump.
Cette décision n’annulera cependant pas le plan de départs volontaires mis en place l’année dernière au sein de l’agence ni la fermeture de bâtiments et de services comme la principale bibliothèque.
Plus de budget pour Mars Sample Return
Le compromis sur le budget [PDF], explique par contre que « l’accord ne soutient pas le programme Mars Sample Return (MSR) existant ». C’est donc l’arrêt définitif du financement par les États-Unis du retour des échantillons géologiques de sol martien récoltés par le rover Perseverance. Le programme était déjà sur la sellette avant le retour de Trump au pouvoir. En avril 2024, la NASA lançait un appel pour trouver des solutions moins coûteuses.
En octobre dernier, des chercheurs de la NASA et de l’ESA publiaient quatre articles sur le sujet de la récupération de ces échantillons dans la revue scientifique Astrobiology. Une autre équipe de chercheurs proposait son regard sur la question dans la même revue en décembre dernier. Une des questions, explique l’ESA dans ce billet de blog est d’éviter la contamination des échantillons avec la chimie terrestre.
Mais le Congrès des États-Unis met donc une croix quasiment définitive sur le financement du projet de son côté de l’Atlantique. « Cependant, les capacités technologiques développées dans le cadre du programme MSR sont non seulement essentielles à la réussite des futures missions scientifiques, mais aussi à l’exploration humaine de la Lune et de Mars », explique quand même le document de compromis sur le budget.
« Par conséquent, l’accord prévoit une demande de 110 000 000 dollars pour le programme Mars Future Missions, y compris les efforts MSR existants, afin de soutenir les systèmes radar, spectroscopie, entrée, descente et atterrissage, ainsi que les technologies précurseurs translationnelles qui permettront de mener à bien les missions scientifiques de la prochaine décennie, y compris les missions lunaires et martiennes ».
« Mars Future Missions » n’était jusque là pas un nom de programme connu au sein de la NASA. L’argent prévu pour cette nouvelle mission pourrait permettre à la NASA d’appuyer sur le bouton reset, selon Jack Kiraly, directeur des relations gouvernementales à la Planetary Society cité par la revue Science.
ZefZERO, le plan B de l’ESA pour utiliser autrement l’Earth Return Orbiter
Vu les projets de coupes drastiques dans le budget de la NASA de Trump l’année dernière et les déboires passés du programme MSR, l’ESA a présenté en novembre dernier un plan B, nommé ZefZERO pour réutiliser sa contribution principale au projet, l’Earth Return Orbiter. Celui-ci devait récupérer les échantillons après s’être positionné en orbite martienne.
Dans cette nouvelle mission européenne, l’orbiteur devrait mesurer des vents martiens à différentes altitudes de la planète rouge, selon La Tribune. « Ces mesures directes de vents n’ont jamais été faites en dehors de la Terre à ce jour. Ce serait vraiment une première », expliquait Daniel Neuenschwander, le directeur de l’exploration humaine et robotique de l’ESA.