À Minneapolis, deux policiers impliqués dans la mort d'Alex Pretti suspendus

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Il aura fallu attendre quatre ans. Ce 22 janvier, un tribunal russe a reconnu, visiblement sans le vouloir, que le "Moskva", un croiseur lance-missiles russe attaqué par l'Ukraine, avait effectivement été coulé lors de cette attaque, le 13 avril 2022. "Une frappe de missiles a touché le croiseur lance-missiles de la Moskva, provoquant un incendie et un envahissement de fumée à l’intérieur du navire", indique le communiqué du tribunal, cité par le média indépendant russe, Mediazona."L’explosion, l’incendie et la fumée ont tué 20 membres de l’équipage du croiseur, 24 ont été blessés à des degrés divers, et huit ont été portés disparus, notamment au cours des plus de six heures de lutte pour la survie du navire", précise encore la publication, depuis retirée du site du tribunal, car contraire à la version officielle russe selon laquelle l'engin aurait sombré à la suite d’un accident exceptionnel.
Considéré comme l’un des navires de guerre les plus importants de la Russie avant sa destruction seulement sept semaines après l'invasion de l'Ukraine par Moscou, le Moskva avait été frappé par Kiev à l'aide d'un missile de croisière antinavire, le Neptune. Mais la Russie a toujours soutenu que cette attaque n'était pas la cause de sa destruction, un accident à bord ayant prétendument provoqué une explosion de munitions selon les autorités russes, conduisant à l'évacuation de l'équipage. D'après Mediazona, le tribunal militaire de Moscou a corrigé par inadvertance cette version officielle du Kremlin la semaine dernière, dans le cadre d'un communiqué annonçant la condamnation d’un commandant de la marine ukrainienne qui avait ordonné des frappes contre le Moskva et un autre navire, la frégate Amiral Essen.
Interrogé par CNN, Dmytro Pletenchuk, porte-parole des forces navales ukrainiennes, a déclaré qu’il était difficile pour la Russie de nier les faits du naufrage, d’autant plus que les familles de l’équipage du Moskva s’expriment publiquement. De leur côté, ni Irina Jirnova, porte-parole du deuxième tribunal militaire du district occidental qui aurait publié le communiqué désormais supprimé, ni l’armée russe n’ont fait de commentaires.
Ce volte-face judiciaire s’inscrit dans une série plus large de ratés de la communication officielle russe. Dès les premiers jours de l'offensive, l’agence de presse russe RIA Novosti avait publié, avant de le retirer en urgence, un éditorial célébrant prématurément la victoire de Moscou. Près de quatre ans plus tard, les forces russes progressent péniblement sur le terrain, au prix de pertes très élevées et pour des avancées territoriales limitées, tandis que l’Ukraine est parvenue à reconquérir d’importantes zones occupées au début du conflit.
Le Kremlin et l’état-major imposent par ailleurs un contrôle très strict du discours entourant le conflit ukrainien, allant jusqu’à interdire l’usage du terme "guerre", remplacé officiellement par celui d’"opération militaire spéciale". De nombreux journalistes ayant rendu compte de la réalité du terrain — notamment en enquêtant sur les exactions commises par des soldats russes à Boutcha et dans d’autres localités — ont ainsi été poursuivis et emprisonnés pour "diffusion de fausses informations" sur l’armée.
Selon le Comité pour la protection des journalistes, au moins 27 reporters ont été incarcérés depuis le début de l’invasion de l'Ukraine à grande échelle, en lien avec leur travail. Quatre ont depuis été libérés, deux contraints à l’exil et un a été tué, tandis que les autres demeurent détenus.

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Mise sous pression par ses partenaires européens, la France a annoncé ce mercredi 28 janvier soutenir l'inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des "organisations terroristes" de l'Union européenne. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a par ailleurs confirmé que l'Union européenne prendrait jeudi à Bruxelles des sanctions contre les représentants iraniens "responsables des exactions" dans le pays. "Il ne peut y avoir d'impunité", at-il écrit sur le réseau social X. "L'insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse".
Iran : il ne peut y avoir d’impunité.
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 28, 2026
L’insoutenable répression de la révolte pacifique du peuple iranien ne peut rester sans réponse. Son courage inouï face à la violence qui s'est abattue aveuglément sur lui ne peut rester vain.
Avec nos partenaires européens, nous prendrons…
Plus tôt dans la journée, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a affirmé que la France n'avait "aucun tabou" sur le statut à donner et a également jugé "infondées" les "critiques sur la prétendue faiblesse de la France" face à la répression engagée par le régime iranien.
Le bras armé du régime théocratique en Iran est accusé d'avoir joué un rôle clé dans la répression meurtrière des manifestations qui ont secoué le pays, et qui aurait fait jusqu'à 30 000 morts.
La France rejoint la voix de l'Italie et de l'Allemagne. Selon des diplomates européens, l'Espagne devrait suivre, Madrid ayant fait savoir à ses partenaires qu'elle ne s'opposerait pas au consensus si la France se prononçait en faveur de cette inscription. Selon les règles de l'Union européenne, la décision doit être prise à l'unanimité des 27 Etats membres.
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept doivent se prononcer jeudi sur de nouvelles sanctions contre 21 responsables politiques et sécuritaires iraniens ainsi que dix entreprises impliquées dans la fabrication de drones. Les Gardiens de la révolution font déjà l'objet de sanctions européennes depuis 2021, mais celles-ci ont la forme de sanctions individuelles ou de gel de leurs avoirs. Le Parlement européen ainsi que la majorité des Etats membres plaident pour ajouter le Corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne. Jusqu'à maintenant, la France s'était toujours opposée à une telle décision, justifiant sa position par la nécessité de garder le dialogue diplomatique ouvert avec Téhéran.
Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ont déjà classé les Gardiens de la révolution iranienne comme organisation terroriste.
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