Pourquoi le roi du Maroc a accepté de rejoindre le « conseil de la paix » de Donald Trump

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La guerre commerciale est-elle relancée et va-t-elle se transformer en duel ? Le Parlement européen a décidé de geler ce mardi 20 janvier la ratification de l’accord commercial conclu avec les Etats-Unis en juillet dernier, marquant un tournant politique dans les relations transatlantiques. Une décision explicitement présentée comme une première réponse aux pressions exercées par Donald Trump pour s'emparer du Groenland, territoire arctique sous souveraineté du Danemark, pays membre de l'Union européenne et de l'Otan.
Ces derniers jours, le président américain a brandi la menace de sanctions économiques pour faire plier les Européens, évoquant une surtaxe de 10 % à partir du 1er février, susceptible de grimper à 25 % au 1er juin, et conditionnant sa levée à la "vente totale du Groenland".
Ce gel empêche de facto l'entrée en vigueur de l'accord, qui prévoyait notamment l'instauration de droits de douane de 15 % sur les exportations européennes vers les Etats-Unis, tout en supprimant les droits de douane sur les produits américains exportés vers l'Union européenne. En l'absence de ratification par le Parlement, aucune de ces dispositions ne peut donc s'appliquer.
"Notre réponse sera ferme, unie et proportionnelle", a martelé Ursula von der Leyen lors de son discours à la tribune du Forum économique mondial de Davos. La France semble même vouloir aller plus loin. "La France ne se soumet à aucun chantage. Elle assume de dire NON. Elle soutient la suspension de l'accord commercial avec les Etats-Unis voulue par le Parlement européen. Si toutefois la coercition se confirmait, l'Europe en tirerait toutes les conséquences. La Commission s'y prépare. Elle dispose de moyens très puissants pour le faire", a déclaré Jean-Noël Barrot lors de la séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale. "Non à la menace de droits de douane brandie comme un chantage pour obtenir des concessions injustifiables", a poursuivi le ministre.
La France ne se soumet à aucun chantage. Elle assume de dire NON. Elle soutient la suspension de l'accord commercial avec les Etats-Unis voulue par le Parlement européen. Si toutefois la coercition se confirmait, l'Europe en tirerait toutes les conséquences. La Commission s'y… pic.twitter.com/kdJCwjgVbT
— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) January 20, 2026
Au-delà de l'accord lui-même, c'est la méthode qui est contestée. En gelant la ratification, le Parlement européen entend refuser tout accord perçu comme déséquilibré ou obtenu sous la contrainte. Le message est clair : l'Union européenne ne validera pas un compromis commercial conclu dans un climat de chantage économique. Mardi matin, Donald Trump a proféré de nouvelles menaces envers les pays européens, en visant spécifiquement la France, évoquant une taxe "de 200 %" sur les vins et champagnes, si Emmanuel Macron refuse de rejoindre son "Conseil de la paix".
L'Union européenne envisage désormais une riposte plus structurée. Selon le Wall Street Journal, l'UE pourrait décider d'appliquer des droits de douane sur plus de 93 milliards d'euros de produits américains dès le 6 février. De son côté, Paris pousse pour l'activation de l'instrument "anti-coercition", un mécanisme juridique européen permettant de riposter lorsqu'un pays extérieur tente d'imposer ses choix politiques ou stratégiques par des pressions économiques.
Pour Emmanuel Macron, la situation actuelle justifie l'utilisation de cet arsenal. "Nous passons à un monde sans loi, un monde où règne la loi du plus fort", a-t-il estimé en ouverture de son discours au Forum économique mondial, à Davos, ce mardi, appelant l'Europe à utiliser "ses outils très puissants" quand elle "n'est pas respectée". Une situation "folle", a-t-il jugé, dans laquelle l'Union européenne pourrait être contrainte de s'en servir pour la première fois... contre les Etats-Unis.
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