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Au sud de Téhéran, la morgue de Kahrizak débordée par l’afflux de cadavres

Des vidéos, téléchargées sur les réseaux sociaux malgré la coupure d’Internet, montrent de très nombreux corps entassés dans le hangar du centre médico-légal et alignés dans la cour. Des témoignages recueillis par « Le Monde » corroborent ces images, qui laissent entrevoir l’extrême violence de la répression en cours dans les rues de la capitale.

© Social Media / via REUTERS

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Yémen : jusqu'où ira l'escalade dans le sud du pays ?

Jusqu’où ira l’escalade dans le sud du Yémen ? La rivalité entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis s’affiche au grand jour. Les forces militaires du sud sont désormais placées sous le commandement de Riyad, une décision qui freine les séparatistes soutenus par Abou Dhabi. Le Yémen est-il pris en étau entre deux anciennes puissances alliées ? Décryptage avec Quentin Müller, spécialiste de la région.

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L'Iran "ne cherche pas la guerre" mais y est "préparé": Téhéran se dit prêt à des négociations basées sur le "respect mutuel" après les menaces de Donald Trump

Abbas Araghchi, ministre iranien des affaires étrangères, a assuré que Téhéran était prêt à des négociations basées sur le "respect mutuel". Dans le même temps, si l'Iran ne cherche pas la guerre, le pays y est "tout à fait préparé", a-t-il assuré.

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EN DIRECT, Iran : l’ayatollah Ali Khamenei compare Donald Trump aux « tyrans et aux arrogants de ce monde » et affirme qu’il « sera renversé »

Le président américain a déclaré dimanche que le régime iranien était prêt à « négocier » après ses menaces d’opération militaire, ajoutant qu’« une rencontre est en cours de préparation ». Il a cependant prévenu que les Etats-Unis pourraient « devoir agir avant une rencontre ».

© Bureau du Guide suprême iranien/Agence WANA via REUTERS

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Manifestations en Iran : Reza Pahlavi, le fils du chah déchu qui attend son heure

"Je me prépare (…) à rentrer dans ma patrie pour être avec vous, grande nation iranienne, lorsque notre révolution nationale aura triomphé. Je crois que ce jour est très proche." Depuis le début des mobilisations contre la vie chère en Iran, qui ont pris progressivement une tournure politique appelant à la chute du régime, Reza Pahlavi multiplie les messages de soutien aux opposants sur X. Âgé de 65 ans, le fils du dernier chah d'Iran, renversé par la révolution islamique en 1979, est depuis exilé aux Etats-Unis, et détient le titre symbolique de souverain successeur, non reconnu par le régime iranien en place.

"C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra !", ont scandé certains manifestants, démontrant la popularité croissante de celui qui se fait appeler prince lors de ses interventions publiques. "Aux yeux de nombreux Iraniens, notamment les jeunes, qui appellent à la fin du régime militaro-politique et ses pratiques rétrogrades, Reza Pahlavi incarne la modernité, la laïcité, et la possibilité pour l’Iran de renouer avec la communauté internationale", témoigne ainsi une ex-partisane du mouvement réformiste, auprès du Figaro.

Il faut dire que son nom revient sans cesse au gré des périodes de tensions qui agitent le pays. En 2009, lorsque des manifestations éclatent après la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad, Reza Pahlavi appelle par exemple "les forces de l'ordre à la désobéissance civile et à la neutralité" (un appel réitéré ce dimanche 11 janvier). En 2013, il crée également le Conseil national iranien pour des élections libres, un mouvement installé à Paris qui se donne pour objectif de regrouper les minorités ethniques, des religieux, des monarchistes et des républicains unis dans le même but de renverser le régime, mais dont les divisions internes ont fortement réduit l'influence, rappelle la BBC. En 2022 enfin, Reza Pahlavi a soutenu le mouvement Femme, Vie, Liberté, ces Iraniennes descendues dans les rues après la mort de Mahsa Amini, arrêtée et tuée par la police des mœurs pour un voile mal porté.

Une figure qui divise

S'il rejette l'usage de la violence et appelle à un référendum pour décider de la future organisation politique de son pays, Reza Pahlavi ne fait néanmoins pas consensus. Bien que son nom évoque le progressisme de son père (droit de vote des femmes en 1963, modernisation de l’industrie), il est également associé à l’extrême violence exercée par la Savak, la police politique d’alors – des années sombres que le prince héritier s’est toujours gardé de dénoncer. En outre, la proximité de Reza Pahlavi avec l’entourage de Benyamin Netanyahou - avec lequel il s’affiche en photo sur sa page X en 2023 - fait grincer des dents. Selon une enquête conjointe du quotidien israélien Haaretz et TheMarker, appuyée par les recherches de Citizen Lab, un centre de recherche de l’Université de Toronto, une vaste opération d’influence israélienne en langue persane aurait été orchestrée et financée par Israël dès juin dernier, pour présenter le fils du chah comme la figure légitime d’un futur Iran.

Conséquence : certains manifestants se méfient de ce "héros" autodéclaré, au point de scander "ni chah, ni mollah" dans les rues de la capitale. "La question des circonstances de son retour interroge. Si c'est à la faveur d'une intervention étrangère, il pourrait être perçu comme un personnage importé", souligne aussi l'historien Jonathan Piron pour France 24, alors que Donald Trump a menacé de "frapper très fort" le régime iranien, que l'armée américaine a déjà bombardé fin juin 2025. Vendredi, le locataire de la Maison-Blanche a d'ailleurs déclaré qu'il n'était "pas certain qu'il soit approprié" de rencontrer le fils du dernier chah d'Iran, démontrant que le soutien de Washington n'était pas acquis. Il "n'a pas, à proprement parler, les qualités qui plaisent à Trump. Il est plutôt intellectuel et manque du charisme nécessaire pour séduire quelqu'un comme Trump", subodore le politologue Arash Azizi, cité par CNN.

© REUTERS

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Etats-Unis : mis sous pression par Donald Trump, le président de la Fed menacé de poursuites pénales

La pression auquel il fait face monte encore d'un cran. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a déclaré dimanche 11 janvier que l'administration du président Donald Trump l'avait menacé de poursuites pénales en lien avec l'une des auditions qu'il a effectuées l'été dernier devant le Congrès, à propos des rénovations du siège de la banque centrale.

Régulièrement visé par des critiques de Donald Trump, qui lui reproche depuis son retour au pouvoir en janvier dernier de ne pas baisser suffisamment les taux d'intérêt, Jerome Powell a dénoncé un "prétexte" destiné à accentuer la pression sur la Fed pour qu'elle réponde aux demandes du président américain.

Il a fait savoir que la Réserve fédérale avait reçu vendredi des convocations du département de la Justice pour témoigner devant un grand jury, une étape préalable à de possibles inculpations et qui constitue une escalade significative dans les tensions entre Donald Trump et Jerome Powell.

Réagissant au communiqué diffusé dimanche soir par le patron de la Fed, le sénateur républicain Thom Tillis, membre de la commission sénatoriale des Banques, a déclaré que la menace d'inculpation soulevait des questions sur l'"indépendance et la crédibilité" du département de la Justice. Thom Tillis a ajouté sur le réseau social X qu'il s'opposerait à de quelconques candidats nominés par Donald Trump pour siéger à la Fed "tant que cette question juridique ne sera pas complètement réglée". La commission sénatoriale des Banques a notamment pour mission d'examiner les candidatures proposées pour les postes à la Réserve fédérale, dont sa présidence.

"Démarche sans précédent"

Jerome Powell a été nommé à la tête de la Fed en 2018 par Donald Trump, lors du premier mandat présidentiel de ce dernier, avant d'être confirmé à son poste par Joe Biden. Son mandat actuel doit prendre fin en mai prochain.

"J'ai un profond respect pour la règle de droit et l'imputabilité dans notre démocratie", a dit Jerome Powell dans le communiqué. "Mais cette démarche sans précédent doit être regardée dans le contexte plus large des menaces et des pressions de l'administration" à propos des taux d'intérêt. "Cette nouvelle menace ne concerne pas mon audition en juin dernier, ni les rénovations des bâtiments de la Réserve fédérale", a-t-il ajouté. "Ce sont des prétextes", a-t-il poursuivi, y voyant la "conséquence" de la politique monétaire de la Fed. Celle-ci, a-t-il dit, est fixée pour "servir le public, pas pour suivre les préférences du président".

Donald Trump a nié avoir connaissance des mesures prises par le département de la Justice. "Je ne sais rien du tout à propos de cela", a-t-il déclaré dimanche soir à la chaîne de télévision NBC News. "Mais (Powell) n'est pas très bon à la Fed, et il n'est pas très bon pour construire des bâtiments".

Un porte-parole du département de la Justice a décliné une demande de commentaire, se contentant de déclarer que la ministre fédérale de la Justice avait demandé aux procureurs du pays d'enquêter en priorité sur toute malversation qui concernerait l'argent des contribuables.

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump presse la Fed de réduire nettement les taux d'intérêt, reprochant à la banque centrale de nuire à l'économie et évoquant à plusieurs reprises l'hypothèse de limoger Jerome Powell, bien qu'un locataire de la Maison-Blanche n'a pas autorité pour prendre une telle décision uniquement en raison d'un désaccord sur la politique monétaire.

Le président américain a également tenté en août de limoger une gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook, une mesure bloquée par une juge fédérale. L'affaire a été transmise à la Cour suprême américaine.

La présidence de Donald Trump "touche le fond"

L'indépendance des banques centrales, tout du moins pour fixer les taux d'intérêt afin de contrôler l'inflation, est considérée comme un pilier d'une politique économique solide, protégeant les responsables monétaires face à de quelconques considérations politiques à court terme et leur permettant de se focaliser sur des objectifs à long terme.

Aux yeux de Peter Conti-Brown, historien spécialiste de la Fed à l'université de Pennsylvanie, la présidence de Donald Trump "touche le fond" avec l'enquête ouverte contre Jerome Powell. "Le Congrès n'a pas conçu la Fed pour qu'elle reflète les fluctuations quotidiennes du président, et comme la Fed a repoussé les efforts du président Trump (...), il jette tout le poids du droit pénal américain" contre le patron de la Fed, a-t-il dit.

La Maison-Blanche a multiplié depuis l'an dernier les critiques contre le projet de rénovation du siège de la Fed, situé à Washington, dont le coût est estimé à 2,5 milliards de dollars. Certains analystes ont estimé à l'époque que l'administration Trump cherchait ainsi à faire pression pour obtenir de la Fed des taux d'intérêt plus bas - en vain, Jerome Powell détaillant même les raisonnements de la banque centrale sur le site internet de celle-ci et transmettant des lettres explicatives à des membres de l'administration.

En juin dernier, dans le cadre d'auditions annuelles devant le Congrès sur la politique monétaire, Jerome Powell a été interrogé sur les travaux de rénovation, qu'il a décrits comme nécessaires en raison d'infrastructures obsolètes. Donald Trump a effectué le mois suivant une rare visite présidentielle au siège de la Fed, lors de laquelle Jerome Powell lui a servi de guide.

Jerome Powell, qui s'est globalement gardé de répondre aux multiples critiques et menaces de Donald Trump, a de nouveau promis dimanche de "continuer à faire le travail pour lequel le Sénat" l'a nommé. Si son mandat de président de la Fed prend fin en mai, il est en droit de rester au conseil des gouverneurs jusqu'au 31 janvier 2028, ce qui, le cas échéant, empêcherait Donald Trump de nommer un gouverneur à la place de Jerome Powell avant son ultime année à la Maison-Blanche.

© via REUTERS

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Iran : "La rue défie les mollahs"

A la Une de la presse, ce lundi 12 janvier, la répression de la contestation en Iran, où des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d'autres arrêtées, selon les associations de défense des droits humains. Les conditions de vie extrêmement précaires des Gazaouis et, dans une moindre mesure, des Havanais. Une semaine judiciaire décisive pour Marine Le Pen en France. Et "des gars contre le gras".

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Iran : Donald Trump doit-il intervenir ?

Alors que les manifestations se poursuivent en Iran et que la répression a fait plusieurs dizaines de morts, l'Amérique de Donald Trump devrait-elle intervenir comme elle l'a fait au Venezuela ? C'est ce que réclame le fils de l'ancien chah d'Iran en exil. On en parle avec le chercheur David Rigoulet-Roze.

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Comment des internautes pro-régime tentent de minimiser la mobilisation iranienne

Depuis près de 15 jours, des milliers d'Iraniens bravent le danger pour réclamer de meilleures conditions de vie et un changement de régime. Mais selon certains internautes, aux positions proches du pouvoir, ces mobilisations seraient en réalité beaucoup moins importantes qu'il n'y paraît. Les vidéos de manifestations ? Générées ou modifiées via l'Intelligence Artificielle. Les photographies ? Détournées, pour exagérer le phénomène. Décryptage avec Jules Boiteau dans Info Intox. 

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