« Le pouvoir américain est le produit d’un attelage diabolique entre populisme et haute technologie »
© Eduardo Munoz / REUTERS
© Eduardo Munoz / REUTERS


© MAXIME SCHMID / AFP

© OMAR AL-QATTAA / AFP

© CHIP SOMODEVILLA / Getty Images via AFP
© Ramadan Abed / REUTERS

© MIKHAIL METZEL / AFP
Elle offre un incroyable panorama sur la mer Noire, et se trouve à la fois à l’abri des regards et non loin de Sébastopol, la capitale de la Crimée. Mardi 30 décembre, la Fondation anti-corruption (FBK), l’ONG fondée par le défunt leader de l’opposition russe, Alexeï Navalny, a révélé qu’une luxueuse bâtisse construite sur la côte du territoire annexé par la Russie appartiendrait au président Vladimir Poutine.
Cette demeure, autrefois propriété de Viktor Ianoukovytch, l’ancien président pro-russe de l’Ukraine entre 2010 et 2014, vaudrait aujourd’hui plus de 10 milliards de roubles (plus de 105 millions d’euros) d’après l’ONG, qui a pu consulter des documents d’architectes. Après l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les autorités locales avaient déclaré que le domaine inachevé pourrait être transféré aux autorités russes, mais a finalement été placé sous la tutelle du Département de gestion des biens présidentiels, selon des informations antérieures.
Si l’on en croit FBK, ce palais "secret" n’appartiendrait néanmoins pas directement à Vladimir Poutine, trop attaché à son image publique d'"homme du peuple", mais à un réseau de sociétés liées à Iouri Kovaltchouk, souvent surnommé le "banquier personnel de Vladimir Poutine" – qui gère aussi une partie de la résidence présidentielle de Valdaï – et à un cabinet d’avocats associé à une autre demeure de Vladimir Poutine, dans la région de Krasnodar. L’enquête de l’ONG a également mis en lumière des documents techniques nécessitant la supervision du Service fédéral de protection (FPS), responsable de la sécurité de Vladimir Poutine, ainsi que d’entrepreneurs liés à d’autres sites qui auraient été utilisés par le président.
Ce lieu fastueux comporterait plusieurs spas, une salle de cinéma, des salons de plusieurs centaines de mètres carrés, ainsi qu’une piscine intérieure et extérieure. Se trouverait également une chambre de cryogénisation, symbole de l’obsession de Vladimir Poutine pour vivre longtemps. Si le palais est bien la propriété du dirigeant russe, cela ferait de lui l’heureux bénéficiaire d’au moins six demeures, à la fois à titre personnel et en tant que chef de l’Etat. Une telle propriété serait aussi "politiquement significative, car cela renforce le fait que le président russe n’acceptera jamais de rétrocéder la péninsule à l’Ukraine", souligne Stephen Hall, spécialiste de la Russie à l’université de Bath, interrogé par France 24.
Le Kremlin, de son côté, n’a pas immédiatement commenté ces allégations. Il faut dire que la prétendue attaque de la résidence présidentielle à Valdaï par des drones interceptés le 28 décembre, que la Russie impute à l’Ukraine, concentre toute l’attention politique et médiatique. Vladimir Poutine a même évoqué un "acte terroriste" qui le pousse à reconsidérer son attitude à l’égard des négociations de paix.
En 2021 déjà, l’équipe de Navalny avait publié une enquête largement diffusée sur un autre palais situé sur la côte russe de la mer Noire. D’après elle, cette bâtisse avait été construite pour le dirigeant, là encore, par le biais d’un réseau de sociétés écrans et aurait coûté plus d’un milliard de dollars - une information qui avait déclenché des manifestations à travers tout le pays.
© Sputnik/Mikhail Metzel/Pool via REUTERS