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Un corps découvert à Brest, reprise des vols Air France, négociations de paix en Ukraine : le point à la mi-journée

Une enquête pour homicide ouverte à Brest après la découverte du corps d’une homme ; retour à la normale pour les vols Air France ; des négociateurs ukrainiens s’envolent pour les États-Unis pour discuter du plan de paix américain… Voici ce qu’il faut retenir de l’actualité de ce samedi 29 novembre.

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Tunisie : de lourdes peines de prison en appel dans le méga-procès pour complot

Une quarantaine de personnes, dont des figures de l'opposition en Tunisie, ont été condamnées en appel à des peines allant jusqu'à 45 ans de prison dans un procès pour "complot contre la sûreté" de l'Etat, selon plusieurs avocats. L'ONG américaine Human Rights Watch a dénoncé "une parodie de justice, un procès politique, inéquitable et sans le début d'une preuve", fustigeant une "instrumentalisation éhontée de la justice pour liquider des opposants au président Kais Saied". Précisions de la correspondante de FRANCE 24 à Tunis, Lilia Blaise.

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Coup d'Etat en Guinée-Bissau: la vie reprend son cours

La junte ayant pris le pouvoir en Guinée-Bissau a conforté son pouvoir avec la nomination vendredi d'un Premier ministre, après l'investiture la veille d'un général au poste de président pour une transition censée durer un an, alors qu'à Bissau, la vie normale a repris. Reportage de Sarah Sakho et Aminata Diallo.

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Titre : Armes chimiques au Soudan : comment mener l’enquête ?

🇸🇩 Des armes chimiques commandées par une entreprise soudanaise liée à l’armée : c’est ce que révèle la dernière enquête des Observateurs de France 24. 🛢️En septembre 2024, du gaz de chlore a été utilisé comme arme chimique autour de la raffinerie al-Jaili, au nord de Khartoum. À l'époque, l’armée soudanaise cherche à la reprendre aux Forces de soutien rapide, la milice qu’elle affronte dans la guerre civile en cours. Quentin Peschard vous raconte les dessous de cette enquête exceptionnelle.

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Port-au-Prince Cotonou – Un roman sur les liens oubliés entre Haïti et l’Afrique

Dans Port-au-Prince Cotonou – Un écho sans retour, le journaliste et écrivain Philomé Robert raconte la trajectoire de deux Haïtiens partis servir l’Afrique après les indépendances. Un roman politique, intime et mémoriel, qui fait dialoguer Haïti et le continent africain à travers les liens invisibles de la diaspora et de la solidarité postcoloniale. Un récit profondément humain, entre lucidité et espoir, à découvrir dans le Journal de l’Afrique.

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Daria Kaleniuk, ONG ukrainienne anti-corruption : "Yermak aurait dû être démis de son poste bien plus tôt"

Deux semaines après la démission de deux ministres soupçonnés d’être impliqués dans le détournement de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique, nouveau séisme au sommet de l’Etat ukrainien. Ce vendredi, le bras droit et puissant chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Andriy Yermak, a remis sa démission après la perquisition menée un peu plus tôt à son domicile par l’agence anti-corruption (NABU) et le parquet spécialisé anti-corruption (SAPO). En cause, sa possible implication dans cette affaire tentaculaire qui empoisonne la présidence ukrainienne au pire moment, alors qu’elle est engagée dans d’âpres négociations avec les Etats-Unis autour d’un plan pour mettre fin à la guerre avec la Russie.

"Sa destitution par le président offre néanmoins au pays une chance de se renforcer, de repenser sa gouvernance et de la rendre plus résiliente, en nommant des personnes intègres et compétentes aux plus hauts postes", juge Daria Kaleniuk, directrice exécutive de l’Anti-corruption Action Center (AntAC), l’une des ONG les plus en pointe en Ukraine dans la lutte contre la corruption. Entretien.

L’Express : Andriy Yermak a été limogé ce vendredi à la suite des perquisitions menées à son domicile. Était-ce inévitable ?

Daria Kaleniuk : C’est à mon sens une décision très positive. Je regrette simplement qu'elle ne soit pas arrivée avant. Volodymyr Zelensky s’appuyait beaucoup trop sur Andriy Yermak, tant en matière de politique intérieure que de politique étrangère. Il était ainsi devenu une sorte de directeur des ressources humaines pour tous les postes clés : ministres, vice-ministres, directeurs d’entreprises publiques, et même pour la nomination de certains responsables des forces de l’ordre. En cela, Andriy Yermak disposait de pouvoirs supérieurs à ceux d’un Premier ministre.

Mais l’enquête Midas a démontré que ce type d’approche ne fonctionne pas. Cela s’est traduit par le détournement d’au moins 100 millions de dollars, rien qu’en 2025, dans le seul secteur énergétique ukrainien. On peut supposer que d’autres cas de corruption à grande échelle ont eu lieu dans des secteurs clés de l’économie ukrainienne. Et cela, au beau milieu de la guerre. Par conséquent, Andriy Yermak aurait dû être démis de son poste bien plus tôt. Sa destitution par le président offre néanmoins au pays une chance de se renforcer, de repenser sa gouvernance et de la rendre plus résiliente, en nommant des personnes intègres et compétentes aux plus hauts postes. Rien n’est encore acquis, mais le départ d’Andriy Yermak nous donne des raisons d’espérer.

Pouvait-il ignorer la corruption révélée dans l’affaire Midas ?

C’est impossible, car toutes les décisions relatives à la gestion du pays - au niveau des vice-ministres, mais aussi à celui des dirigeants des entreprises publiques -, étaient filtrées par lui. Cela signifie qu’Andriy Yermak, à la position qui était la sienne, ne pouvait pas ignorer cette corruption à grande échelle. Et même dans l’hypothèse où il n’aurait pas eu connaissance de ces détournements de fonds, le fait d’avoir choisi des personnes qui s’y adonnent pour occuper des postes aussi importants le discrédite. Pour ces deux raisons, son limogeage est largement justifié.

Par ailleurs, lorsque la NABU et le SAPO effectuent des perquisitions, cela signifie généralement qu’il existe déjà des preuves qui ont été examinées par le tribunal et que celui-ci a autorisé ces investigations. Cela signifie donc que des éléments importants pour l’enquête pouvaient se trouver chez Andriy Yermak. Pour l’heure, il n’y a pas eu d’inculpation, mais nous en saurons davantage dans les jours ou semaines à venir.

Volodymyr Zelensky se retrouve-t-il dans une position particulièrement précaire après ces nouveaux développements ?

Il est toujours le président élu de l’Ukraine. Et je pense qu’il peut maintenir sa légitimité après ce limogeage. A vrai dire, le fait d’écarter des personnes dont l’intégrité faisait défaut me semble le placer dans une bien meilleure position. A l’issue de l’enquête et de ce type de décision, il pourra s’entourer de professionnels honnêtes et compétents, et ainsi renforcer sa présidence. J’applaudis donc sa décision de limoger Andriy Yermak. Mais j’espère aussi qu’il tirera les leçons du passé et qu’il ne reproduira pas les erreurs commises.

C’est en tout cas le plus grand scandale de corruption de sa présidence à ce jour…

Je dirais même que cela ne se limite pas à la période de la présidence de Zelensky. C’est l’enquête la plus complexe et la plus marquante menée par les organismes anticorruption ukrainiens depuis l’indépendance de l’Ukraine. L’Ukraine, en tant qu’État, n’a jamais connu d’enquête d’une telle ampleur au sein de l’entourage du président. Mais je tiens à souligner que cela signifie que les organismes anticorruption ukrainiens fonctionnent bien malgré la guerre. Et c’est un grand succès pour eux.

Volodymyr Zelensky a-t-il commis une erreur en tardant autant à limoger Andriy Yermak ?

C’est ce que je pense. Il aurait pu le limoger plus tôt, dès la révélation de l’enquête Midas. Cela fait deux semaines. C’était à mon sens le moment pour Zelensky de prendre la bonne décision. Mais mieux vaut tard que jamais. Du reste, d’autres personnes seront peut-être impliquées dans cette enquête, car NABU a souligné qu’il existe mille heures d’enregistrements audios, et ils n’en ont probablement reconstitué que dix pour cent, voire moins. Il est donc probable que l’enquête ne s’arrête pas là.

Cette crise survient en tout cas à un moment critique pour l’Ukraine, alors que Kiev est engagé dans des négociations très difficiles avec les États-Unis concernant le plan russo-américain pour mettre fin à la guerre. Cela ne risque-t-il pas d’affaiblir sa position dans les négociations ?

Je pense qu’en réalité, il n’y a que l’état de nos forces armées et de nos institutions qui puissent affaiblir la position de l’Ukraine dans les négociations. Et en bâtissant des institutions intègres, nous renforçons nos positions et nous devenons plus forts. La Russie n’a de toute façon aucune intention de faire la paix. Son intention réelle est de nous rayer de la carte. Par ailleurs, ce n’est pas à Washington et à la Maison Blanche de décider comment mettre fin à cette guerre, mais au peuple ukrainien, avec l’aide de ses partenaires européens. Et nous sommes très reconnaissants envers l’Europe pour son soutien, et espérons qu’il se poursuivra, afin de gagner cette guerre et empêcher toute capitulation. Car toutes ces discussions sur un accord de paix ne consistent en définitive qu’à vendre l’Ukraine à la découpe. Or nous ne sommes pas prêts à cela. Ce n’est pas la paix, mais l’anéantissement du pays.

Craignez-vous que la Russie n’essaie d’exploiter la situation ?

La Russie diffuse constamment un narratif selon lequel l’Ukraine est le pays le plus corrompu du monde. Et elle continuera de répandre ce type de message quoi que nous fassions. Mais peu importe ce que dit la Russie, car elle n’est autre que l’Etat agresseur. Ce qui m’importe, c’est de savoir que nos institutions sont capables d’enquêter sur la corruption à grande échelle, même en temps de guerre. Et elles ont prouvé qu’en Ukraine, nous disposons d’un système de contrôle et d’équilibre des pouvoirs. Il existe des institutions démocratiques capables d’identifier la corruption et de la sanctionner pénalement. En Ukraine, des individus ou des institutions ont la capacité de contester le président, et c’est une bonne chose. Et la réalité, c’est que la Russie ne peut pas en dire autant.

Pensez-vous que NABU et SEP puissent être la cible de nouvelles attaques du pouvoir après ces récents développements ?

Ce risque me semble limité aujourd’hui, parce qu’ils n’ont plus d’ennemis clairement identifiés. Je crois qu’il est donc peu probable que des attaques, telles que celles de l’été dernier, lorsqu’une loi sapant l’indépendance des instances anticorruption avait été votée, avant que le pouvoir ne fasse marche arrière sous la pression, se reproduisent. A mon sens, ce type d’attaque portrait la marque d’Andriy Yermak, mais il n’est plus en poste aujourd’hui.

Que devrait faire Volodymyr Zelensky pour renforcer la lutte contre la corruption en Ukraine ?

Il doit suivre les recommandations du rapport d’adhésion à l’UE. A cet égard, il me semble nécessaire de restructurer le Bureau du Procureur général et le Bureau d’enquêtes d’État. Les responsables de ces services de police doivent être sélectionnés dans le cadre d’une procédure de sélection concurrentielle et rigoureuse. Jusqu’à présent, le Procureur général, Ruslan Kravchenko, obéissait aux ordres illégaux d’Andriy Yermak et lançait des attaques contre les organismes anticorruption en fabriquant des accusations contre eux. Il doit donc démissionner, tout comme Andriy Yermak.

De plus, le Parlement doit voter une loi en bonne et due forme, prévoyant la nomination d’un nouveau Procureur général. C’est ce que prévoit le rapport d’adhésion à l’UE. Il devrait en être de même pour le Bureau d’enquêtes d’État. Ce service menait également des persécutions, notamment politiques, contre des agents de NABU et SAPO, ainsi que contre notre organisation, et en particulier contre notre président, Vitaly Chabounine. Il est donc essentiel d’assainir tous ces services.

Comment la lutte contre la corruption s’inscrit-elle dans le combat plus large que mène l’Ukraine contre la Russie ?

La lutte contre l’agression russe et celle contre la corruption sont étroitement liées. Pour le comprendre, prenons l’exemple de l’affaire Midas. Lorsqu’il y a détournement de fonds dans les infrastructures énergétiques critiques, cela signifie que ces mêmes infrastructures ne seront pas aussi bien préparées qu’elles devraient l’être pour faire face aux attaques régulières de missiles et de drones russes. Et que par là même, cela entraînera davantage de coupures de courant aux conséquences graves et parfois mortelles dans certaines situations.

De même, s’il y a détournement de fonds dans le secteur de la défense, cela signifie que l’Ukraine ne produira, par exemple, pas autant d’armements et d’équipements qu’elle le pourrait. Et que l’armée ne recevra de facto pas tout le matériel qu'elle aurait dû avoir en temps voulu. Ce qui, là encore, peut se traduire par davantage de morts au sein de nos forces. La lutte contre la corruption et celle contre l’envahisseur russe sont donc très directement liées. La corruption, comme l’incompétence au sein de nos institutions étatiques, est une chose que nous ne pouvons pas nous permettre. Cela contribue à notre affaiblissement. Toutes nos décisions doivent reposer sur le professionnalisme, l’intégrité, le patriotisme, et la volonté de servir le peuple en temps de guerre. Pas sur l’intérêt particulier d’une poignée d’individus.

© AFP

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Derrière des promesses d’embauche en Russie, des Sud-Africains enrôlés de force dans l’armée

Comme d’autres, il pensait suivre une formation d’un an de garde du corps en Russie. Père de trois enfants, sans emploi : l’homme de 46 ans a vu une opportunité pour résoudre ses difficultés. D’autant que la proposition, séduisante, émane de Duduzile Zuma-Sambudla, la fille de Jacob Zuma, l’ancien président sud-africain : à l’issue de cette période d’un an à apprendre le métier, elle lui promet qu’il pourra travailler en tant qu’agent de sécurité pour le parti politique de son père.

Mais une fois sur place, le rêve devient cauchemar : les "formateurs" donnent au quadragénaire un treillis militaire et un fusil, et l’emmènent à Rostov, dans le sud du pays. Peu de temps après, le voilà en première ligne de la guerre en Ukraine, dormant dans des tranchées au milieu des champs de bataille du Donbass, des chars et des drones. "On nous a menti. Il n’y a pas eu d’entraînement pour les gardes du corps. On partait à la guerre", témoigne-t-il au New York Times ce 29 novembre, amer. Au total, 17 autres hommes seraient tombés dans un piège similaire.

Une enquête ouverte

En Afrique du Sud, cette affaire a progressivement pris de l’ampleur, au point que le président, Cyril Ramaphosa, a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de leur "recrutement". Une unité d’élite de la police, elle, examine la possibilité de poursuites pénales contre Duduzile Zuma-Sambudla, visée aussi par une plainte de sa sœur, Nkosazana Zuma-Mncube. Dans un communiqué publié le 22 novembre, cette dernière accuse Duduzile Zuma-Sambudla et deux autres personnes de trafic d’êtres humains, d’escroquerie et de soutien à une armée étrangère, assurant que huit membres de leur propre famille auraient été illégalement enrôlés dans l’armée russe. L’Alliance démocratique, deuxième parti politique d’Afrique du Sud, a également porté plainte, après avoir présenté des captures d’écran de ce qu’ils ont décrit comme des échanges de SMS entre Duduzile Zuma-Sambudla et certains de ces recruteurs.

De son côté, la principale mise en cause, aussi députée du premier parti d’opposition, Umkhonto we Sizwe (MK), a démissionné de son poste, déclarant sous serment qu’elle pensait que ces hommes se rendaient en Russie pour un entraînement "légal". La fille de l’ex-président avait elle-même participé à un de ces fameux stages en Russie pendant un mois, affirmant n’avoir jamais été exposée à des combats. "Ces personnes sont arrivées environ une semaine après moi. J’ai partagé des informations innocemment : je n’ai persuadé ni fait pression sur aucune d’entre elles. Le fait que des membres de ma propre famille aient choisi de participer prouve que je n’avais aucune raison de soupçonner que le programme était dangereux", mentionne-t-elle dans sa déclaration à la police, consultée par le média sud-africain Daily News.

Nathi Nhleko, organisateur national du MK, a assuré de son côté que le parti n’était "pas impliqué dans l’affaire russo-ukrainienne", et a souligné que la démission de l’ancienne députée ne constituait en aucun cas un aveu de culpabilité. La loi sud-africaine criminalise en effet le fait de servir dans une armée étrangère sans autorisation gouvernementale.

Une réputation sulfureuse

Au cœur de ce dossier brûlant, Duduzile Zuma-Sambudla a une réputation sulfureuse. L’ancienne élue est actuellement jugée pour trahison, incitation au terrorisme et à la violence, en raison de son rôle présumé dans les émeutes meurtrières qui ont secoué le pays en 2021, après l’arrestation de son père, ayant fait plusieurs centaines de morts. Depuis plusieurs années, Jacob Zuma entretenait des liens étroits avec le gouvernement russe, et Duduzile Zuma-Sambudla elle-même a exprimé à plusieurs reprises son soutien à la Russie sur les réseaux sociaux. La Direction des enquêtes sur les crimes prioritaires, connue en Afrique du Sud sous le nom de Hawks, a confirmé qu’elle enquêtait actuellement sur elle, bien que les charges restent encore à déterminer, ont précisé les autorités.

En dehors de cette affaire, l’Ukraine a accusé à plusieurs reprises la Russie de recourir à la ruse pour recruter des combattants à travers l’Afrique, où de nombreux gouvernements entretiennent des liens étroits avec le Kremlin, hérités du soutien apporté par l’Union soviétique aux mouvements d’indépendance africains. Andrii Sybiha, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a publié ce mois-ci sur les réseaux sociaux que plus de 1 400 citoyens de 36 pays africains combattaient pour la Russie, des chiffres néanmoins impossibles à vérifier de manière indépendante.

© AFP

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Menaces, pressions… Aux Etats-Unis, une vague de départs d'élus républicains inquiète le camp MAGA

C’est une démission qui a fait l’effet d’une petite bombe dans le camp de Donald Trump. Le 21 novembre dernier, l’une des plus virulentes représentantes du mouvement MAGA (Make America Great Again), Marjorie Taylor Greene, a quitté le Congrès américain, après avoir ouvertement critiqué la gestion de l’affaire Epstein par le président américain. Si ce dernier l’a désavouée en retour, il est pour autant de plus en plus contesté dans ses rangs, au point que 41 élus républicains à la Chambre, sur 435, prévoient de ne pas se représenter en novembre 2026, un chiffre inhabituellement élevé à un an de l’échéance.

"La lune de miel est finie", a commenté auprès de l’AFP Andrew Koneschusky, ex-conseiller parlementaire du chef démocrate Chuck Schumer, pour qui certains républicains sont aujourd’hui profondément déçus par la seconde administration Trump. Parmi les griefs, l’ancien politique cite "la crise croissante du coût de la vie", "la concentration du pouvoir dans l’exécutif", "la diminution des pouvoirs du Congrès" ou, là encore, l’affaire du criminel sexuel Jeffrey Epstein, l’administration Trump ayant longtemps tergiversé avant de promulguer une loi contraignant à rendre public l’ensemble des documents relatifs au dossier.

Interrogé par Axios, le représentant du Nebraska, Don Bacon, qui prendra sa retraite en 2027, a quant à lui déclaré être "tellement en colère" contre le plan de paix pour l’Ukraine proposé par Donald Trump la semaine dernière qu’il avait "envisagé" de démissionner. Le document, qui comportait 28 points, prévoyait notamment la cession par l’Ukraine de territoires n’étant même pas occupés par la Russie et son renoncement à intégrer l’Otan, des propositions qui ont suscité un tollé à l'international. "Nous détestons […] jeter l’Ukraine, qui aspire à la liberté et à l’indépendance, sous le bus de Poutine", a écrit Don Bacon sur les réseaux sociaux, dénonçant un "plan de reddition […] écœurant". Le sénateur du Kentucky Mitch McConnell a pour sa part estimé que le président russe Vladimir Poutine avait "passé l’année à faire passer Trump pour un imbécile", enjoignant le président américain à trouver de nouveaux conseillers.

Une explosion des menaces

Au-delà de la politique menée par Donald Trump, les parlementaires assurent que les menaces à leur encontre ont explosé, notamment après l'assassinat du militant conservateur Charlie Kirk. "C'est éprouvant", concède à Axios le représentant du Tennessee, Tim Burchett, assurant que cette violence avait pesé dans la décision de certains membres de quitter leurs fonctions - Marjorie Taylor Greene l’ayant elle-même évoqué. "Vous ne pouvez pas exercer un jugement politique indépendant sans risquer des représailles", appuie Andrew Koneschusky, évoquant les pressions en interne que subissent aussi les élus. "De nombreux républicains semblent estimer n’avoir que deux options : accepter ou se retirer de la scène", poursuit le consultant politique, et ce alors que Donald Trump multiplie les décrets, fragilisant encore le pouvoir des deux chambres.

Dans son communiqué de quatre pages, Marjorie Taylor Greene avait dénoncé ce "complexe politico-industriel" plus enclin à servir les élites que les électeurs américains, et fustigeait le chef républicain de la Chambre des représentants, Mike Johnson, plus occupé selon elle à soumettre au vote des projets de loi dénués de sens et à tester la loyauté des élus, qu’à réellement mettre en application les promesses de campagne de Donald Trump. "Le moral n’a jamais été aussi bas", a soutenu un autre membre de la majorité à Punchbowl News, évoquant une "bombe à retardement". Car avec une petite poignée seulement de sièges d’avance à la Chambre - actuellement de 219 contre 213 -, le parti présidentiel ne peut se permettre de perdre beaucoup d’élus.

© afp.com/DANIEL HEUER

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