Costa Rica : Une mégaprison antigang sur le modèle de celle du Salvador
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui se prépare à des élections difficiles en avril, a déclaré ce vendredi 16 janvier qu'il allait lancer une "pétition nationale" pour obtenir le soutien de la population à sa politique consistant à rejeter toute aide financière européenne à l'Ukraine voisine, qui lutte contre une invasion russe depuis février 2022.
Alors que le conflit ne montre aucun signe de fin et que l'économie hongroise stagne, Viktor Orban a présenté les élections à venir comme un choix entre la guerre et la paix, dépeignant l'Ukraine comme indigne de soutien, et son gouvernement comme le seul rempart contre la guerre et ses répercussions économiques.
Depuis l'année dernière, les panneaux électoraux du parti Fidesz de Viktor Orban cherchent à associer le chef de l'opposition, Peter Magyar, à Bruxelles et à l'Ukraine, suggérant que voter pour son parti Tisza signifie voter pour les chars et la guerre.
La campagne de Viktor Orban cible principalement les électeurs ruraux et fait écho à ses précédentes campagnes anti-migrants, alors que la plupart des sondages montrent que le Fidesz est devancé par Tisza.
Les détails de la "pétition" sont flous à ce stade, mais il semble selon Reuters qu'il s'agirait d'un référendum informel, sous la forme d'un bulletin de vote envoyé aux citoyens. "Tout le monde recevra cette pétition nationale et aura la possibilité de dire 'non' et de dire, avec le gouvernement, que nous ne paierons pas", a déclaré Viktor Orban à la radio d'État ce vendredi, accusant l'opposition d'être pro-ukrainienne.
Le Premier ministre d'extrême droite a déclaré, sans apporter la moindre preuve, que l'Union européenne était prête à faire pression sur la Hongrie pour qu'elle envoie ses jeunes combattre en Ukraine. "Et il y a lieu de craindre, à juste titre, que les forces pro-ukrainiennes cèdent aux pressions de Bruxelles", a-t-il ajouté.
Peter Magyar a de son côté affirmé que Tisza soutenait la paix en Ukraine, rejetait l'idée de la conscription et ne soutiendrait aucune escalade du conflit.
Dans une vidéo de campagne publiée cette semaine, plusieurs dirigeants d'extrême droite, parmi lesquels Giorgia Meloni, Marine Le Pen ou encore Alice Weidel, apportent leur soutien à Viktor Orban, saluant notamment la politique qu'il mène vis-à-vis de Kiev. Le Premier ministre hongrois "se bat pour la paix en Ukraine", assure ainsi la cheffe de l'AfD, tandis que l'Italien Matteo Salvini déclare : "Si vous voulez la paix, votez pour le Fidesz".
La Commission européenne a présenté mercredi sa proposition de prêter 90 milliards d'euros à l'Ukraine. En décembre, lorsque le plan a été finalisé, la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont donné leur accord à condition de ne pas être affectées financièrement.
Un sondage réalisé en décembre par Policy Solutions et Zavecz Research a révélé une opposition croissante en Hongrie à l'aide financière européenne à destination de l'Ukraine. En 2023, 57 % des personnes interrogées y étaient favorables et 41 % y étaient opposées ; l'année dernière, elles n'étaient plus que 36 % à y être favorables, contre 63 % qui y étaient opposés.
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À l’issue d’une réunion nocturne dans la "Situation Room", mardi 13 janvier, l’hypothèse d’une escalade américaine semblait imminente. Selon CNN, le président Donald Trump aurait été profondément marqué par la diffusion de vidéos d’anciennes exécutions ordonnées par le régime iranien. Le locataire de la Maison-Blanche assurait alors aux Iraniens que "l'aide était en route", tandis que des soldats de la base américaine au Qatar étaient évacués pour anticiper les représailles. À Washington, beaucoup pensaient donc voir se rejouer le scénario du mois de juin, lorsque les États-Unis avaient mené des frappes aériennes contre trois sites nucléaires pour tenter d’entraver le programme nucléaire de Téhéran.
Alors que l’option militaire semblait sérieusement envisagée, Donald Trump a finalement calmé le jeu. Mercredi 14 janvier, il a affirmé avoir reçu des informations émanant de "sources très importantes de l’autre côté", selon lesquelles l’Iran aurait cessé de tuer des manifestants et renoncé à lancer de nouvelles exécutions — un signal qui, de toute évidence, a suffi à le satisfaire. 800 exécutions prévues la veille auraient été annulées, a précisé la Maison-Blanche jeudi. "Bonne nouvelle", a commenté Donald Trump sur les réseaux sociaux, ajoutant : "Espérons que cela continue !". Des déclarations laissant entendre que le président américain écarte, au moins provisoirement, l’hypothèse d’une frappe contre l’Iran.
Une posture attentiste encouragée par plusieurs alliés régionaux de Washington, inquiets des conséquences d’une frappe américaine. Un haut responsable américain a ainsi confié jeudi au New York Times que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait demandé à Donald Trump de différer tout projet d’attaque contre l’Iran.
D’après CNN, les autorités israéliennes doutent en effet d’un effondrement rapide du régime iranien sans une campagne militaire prolongée. Autre sujet de préoccupation, selon la chaîne : "L’état du système de défense antimissile israélien — déjà fortement sollicité lors du précédent affrontement israélo-iranien — nourrissait également de sérieuses inquiétudes quant à la capacité du pays à encaisser de nouvelles représailles".
Le Qatar, l’Arabie saoudite, Oman et l’Égypte — tous partenaires stratégiques de Washington — ont eux aussi exhorté l’administration Donald Trump à renoncer à une attaque contre l’Iran, a confié un responsable d’un pays arabe du Golfe. Cette prudence s’explique aussi par un réchauffement notable des relations entre Téhéran et ses voisins, comme le souligne The Guardian. L’an dernier, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi s’est ainsi rendu à Bahreïn — une première pour un chef de la diplomatie iranienne depuis 2010 — et a multiplié les déplacements en Égypte, avec quatre visites au Caire visant à rétablir des relations rompues de longue date. Riyad et Téhéran sont par ailleurs engagés sur la voie d’une normalisation progressive depuis près de trois ans.
Dans les coulisses de la Maison-Blanche, certains responsables américains s’interrogent toutefois sur la sincérité de cette désescalade, redoutant une manœuvre de diversion de la part de Donald Trump. Ils rappellent notamment les allégations volontairement floues du président en juin 2025, quelques jours seulement avant qu’il n’ordonne des frappes iraniennes. Jeudi, la Maison-Blanche a d’ailleurs maintenu l’ambiguïté, affirmant que toutes les options — y compris militaires — restaient sur la table.
D’autant que des signaux contradictoires continuent d’alimenter le doute. Profitant de cette accalmie apparente, le Pentagone a engagé l’acheminement en urgence de nouveaux armements et équipements de défense vers la région. Le porte-avions Abraham Lincoln et une partie de son groupe d’escorte font ainsi route vers le Moyen-Orient depuis la mer de Chine méridionale — un transit d’environ une semaine, selon deux responsables américains cités par le New York Times, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité des questions opérationnelles.
"En réalité, seul le président Trump sait ce qu'il va faire, et un cercle très restreint de conseillers est informé de sa décision", a précisé la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point de presse. Un haut responsable américain a ajouté mercredi soir que sa décision d'ordonner une attaque dépendrait des actions que les services de sécurité iraniens entreprendront face aux manifestations. "Le président Trump est un homme d'action, pas un beau parleur comme on le voit aux Nations unies", a appuyé Mike Waltz, le représentant américain auprès de l'ONU, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.
De son côté, l’ambassadeur adjoint de l’Iran auprès des Nations unies, Gholamhossein Darzi, a de nouveau mis en garde le Conseil de sécurité : "Tout acte d’agression, direct ou indirect, se verra répondre de manière décisive, proportionnée et conforme au droit. Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’un constat de la réalité juridique." Selon l’organisation Human Rights Activists in Iran (HRANA), plus de 2 500 personnes ont été tuées depuis le début des manifestations. Alors que la répression sanglante se poursuit dans le pays des mollahs, les regards restent une nouvelle fois braqués sur le président américain. Comme le résume CNN : "La suite dépend de Donald Trump."
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Donald Trump sourit, un énorme cadre doré serré entre les mains. À ses côtés, Maria Corina Machado, tailleur blanc immaculé, joue son va-tout. La scène, immortalisée par la Maison-Blanche, résume à elle seule un nouvel épisode de théâtre politique. Jeudi 15 janvier, l’opposante vénézuélienne a remis au président américain sa médaille du prix Nobel de la paix. Un geste hautement symbolique, destiné à peser sur les orientations de Washington quant à l’avenir politique du Venezuela, après le kidnapping de son président Nicolas Maduro. Selon un responsable de la Maison-Blanche, Donald Trump n’aurait en tout cas aucune intention de se séparer du prix.
Dans un message publié jeudi soir sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé à affluer. Donald Trump s’est félicité du geste : "Maria m’a remis son prix Nobel de la paix pour le travail que j’ai accompli. Un magnifique signe de respect mutuel. Merci Maria !". De son côté, la principale intéressée a salué une rencontre "excellente" et présenté ce don comme la reconnaissance de l’engagement du président américain en faveur, selon elle, de la liberté du peuple vénézuélien. Le message joint à la médaille évoquait "un leadership exceptionnel pour la promotion de la paix par la force" et décrivait cette offrande comme un "symbole personnel de gratitude au nom du peuple vénézuélien".
Cette opération de séduction intervient après le refus du président américain de soutenir Maria Corina Machado comme alternative à Nicolas Maduro. The Washington Post y voit de fait "une offre de paix destinée à gagner les faveurs d’un Trump méfiant". Le geste n’a rien d’anodin. L'ex-magnat de l'immobilier avait publiquement fait campagne pour l’obtention du prix Nobel de la paix avant que Maria Corina Machado ne le reçoive le mois dernier, et n’avait pas caché son amertume face à ce qu’il considérait comme un camouflet. En lui offrant sa médaille, l’opposante vénézuélienne touche donc un point sensible.
Réfugiée hors du Venezuela depuis décembre après une fuite spectaculaire par la mer, Maria Corina Machado avance désormais ses pions avec prudence. Face aux représentants du pouvoir chaviste, elle cherche à s’imposer comme une interlocutrice crédible capable de peser, à terme, sur la gouvernance du pays. Jeudi, la quinquagénaire a ainsi rencontré plus d’une douzaine de sénateurs républicains et démocrates au Capitole, où elle bénéficie traditionnellement d’un accueil plus favorable. La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a toutefois tempéré cet enthousiasme : si Donald Trump se dit "heureux" de l’avoir rencontrée, il juge toujours, de manière "réaliste", qu’elle ne dispose pas, à ce stade, du soutien nécessaire pour diriger le pays à court terme.
Offrir son Nobel de la paix ne lui a visiblement pas ouvert les portes espérées. "En échange, elle est repartie avec un sac de cadeaux, mais sans la moindre promesse de soutien", raille CNN. Une déconvenue qui en dit long sur les limites de l’opération de charme. Le Washington Post enfonce le clou : "La rencontre s’est tenue à huis clos — une rareté pour Donald Trump, coutumier des mises en scène diplomatiques. Cette discrétion inhabituelle pourrait moins traduire un appui à Maria Corina Machado qu’un signal adressé au pouvoir en place à Caracas, suggérant la volonté de Washington de préserver, voire de consolider, ses canaux avec le gouvernement vénézuélien actuel".
La veille de son entrevue avec Maria Corina Machado, Donald Trump s'est ainsi entretenu par téléphone avec Delcy Rodriguez, leur première conversation directe connue, et tous deux ont fait part de leurs impressions positives – un revirement de situation surprenant "compte tenu des échanges virulents qu'ils avaient eus par le passé", note le Washington Post. "Nous avons eu une excellente conversation aujourd'hui, et c'est une personne formidable " a déclaré le président américain aux journalistes dans le bureau Ovale mercredi.
Alors que la mise en scène diplomatique de Maria Corina Machado n’a manifestement pas produit les effets escomptés à Washington, elle a en revanche provoqué des remous à Oslo. Les tentatives de rapprochement avec Donald Trump ont suscité une franche désapprobation en Norvège, où le prix Nobel de la paix est perçu à la fois comme une distinction d’exception, lourdement chargée de symboles, et comme "l’un des principaux instruments de soft power du pays", rapporte The New York Times.
Toujours dans le quotidien américain, Lena Lindgren, chroniqueuse à l’hebdomadaire Morgenbladet, souligne les limites du pouvoir de l’institution : "Un comité Nobel ne peut jamais empêcher les lauréats du prix Nobel de la paix de commettre des actes contraires à l’esprit du prix". Avant d’ajouter : "La nouveauté, c’est que le prix est désormais instrumentalisé à des fins politiques, voire belliqueuses."
Le 9 janvier dernier, le comité du prix Nobel avait rappelé que l'attribution d'un prix était définitive, et que la récompense ne pouvait être ni révoquée, ni partagée ni transférée. Ce jeudi, le Centre Nobel de la paix, musée situé à Oslo, n'a pas manqué de réagir aux derniers événements, en faisant remarquer sur X qu'"une médaille peut changer de mains, mais pas le titre d’un lauréat."
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