Qui est cette Iranienne jugée à Paris qui pourrait être échangée contre deux Français?

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Le président américain Donald Trump a exhorté, mardi 13 janvier, les Iraniens à poursuivre leurs manifestations contre leur gouvernement, promettant que "l'aide" arrivait. "Patriotes iraniens, CONTINUEZ DE PROTESTER – REPRENEZ LE CONTRÔLE DE VOS INSTITUTIONS !!!... L'AIDE EST EN ROUTE", a-t-il écrit sur son réseau social Truth Social, ajoutant qu'il avait "annulé toutes les réunions avec des responsables iraniens tant que les massacres insensés de manifestants ne s'arrêtaient pas".
Paris, Rome, Berlin, et d'autres capitales européennes ont convoqué les ambassadeurs iraniens pour dénoncer la répression "inacceptable" menée par les autorités iraniennes. "Ces jours-ci, des hommes et des femmes à travers tout l'Iran combattent dans les rues et sur les places publiques, et paient un prix très élevé", a déclaré le ministre italien Antonio Tajani à la chambre basse du Parlement.
Selon l'ONG Hrana, basée aux Etats-Unis, la répression a fait au moins 2 000 mots, dont 1 850 manifestants. Une estimation confirmée par un responsable iranien, une reconnaissance rare de la part des autorités. S'exprimant auprès de Reuters, un autre responsable iranien a affirmé que des individus, qu'il a qualifiés de terroristes, étaient responsables de la mort de manifestants et de membres des forces de sécurité. Ce responsable, qui a requis l'anonymat, n'a pas précisé l'identité des victimes.
Donald Trump avait auparavant affirmé que des frappes aériennes pourraient être menées si le pays continuait de tuer des manifestants. Le président américain a également annoncé l'instauration de droits de douane de 25 % sur les importations en provenance de tout pays commerçant avec l'Iran. Téhéran n'a pas encore réagi publiquement à cette annonce mais la Chine a rapidement critiqué cette mesure. L'Iran, déjà soumis à de lourdes sanctions américaines, exporte une grande partie de son pétrole vers la Chine, la Turquie, l'Irak, les Emirats arabes unis et l'Inde.
Ce message du président américain intervient quelques heures seulement après que les Iraniens ont pu passer des appels vers l'étranger, pour la première fois depuis six jours. Le blocage d'Internet avait ralenti la diffusion d'informations hors du pays et masqué la gravité de la répression des manifestations antigouvernementales, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a indiqué que les services téléphoniques avaient été rétablis, mais que les connexions Internet avec l'Iran restaient instables.
Ces manifestations, déclenchées par une situation économique désastreuse, constituent le plus grand défi interne auquel les dirigeants religieux iraniens ont été confrontés depuis au moins trois ans. L'ayatollah Ali Khamenei, au pouvoir depuis plus de 36 ans, s'est exprimé vendredi dernier, accusant les manifestants d'être des "saboteurs" et des "vandales" contre qui "la République islamique d'Iran ne reculera pas".
De son côté, la Russie a condamné ce qu'elle a qualifié d'"ingérence extérieure subversive" dans la politique intérieure iranienne, déclarant que les menaces américaines de nouvelles frappes militaires contre le pays étaient "catégoriquement inacceptables". "Ceux qui envisagent d’utiliser des troubles d’origine extérieure comme prétexte pour réitérer l’agression commise contre l’Iran en juin 2025 doivent être conscients des conséquences désastreuses de telles actions pour la situation au Moyen-Orient et pour la sécurité internationale", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.
Malgré ces manifestations, qui surviennent à un moment particulièrement vulnérable pour les autorités en raison de l'ampleur des problèmes économiques et des années de pressions extérieures, il n'y a pour l'instant aucun signe de fracture au sein de l'élite sécuritaire susceptible de mettre fin au système clérical au pouvoir depuis la révolution islamique de 1979. Toutefois, soulignant l'incertitude internationale quant à l'avenir de l'Iran , qui est l'une des puissances dominantes du Moyen-Orient depuis des décennies, le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré qu'il pensait que le gouvernement allait tomber. "Je suppose que nous assistons actuellement aux derniers jours et aux dernières semaines de ce régime", a-t-il déclaré, ajoutant que si celui-ci avait dû se maintenir au pouvoir par la violence, "il est effectivement arrivé à son terme".
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