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Comment la passion française pour le déclin sert le récit trumpiste

Face à la menace croissante représentée par les Etats-Unis, les discours déclinistes ont le vent en poupe en France, de quoi augurer d’une campagne présidentielle articulée autour de la question de la puissance de la France et de l’Europe.

© Colcanopa

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En Iran, Reza Pahlavi, fils du chah déchu, exhorte les manifestants à « se préparer à conquérir » les centres-villes

Cette figure de l’opposition en exil appelle les manifestants « à descendre dans la rue aujourd’hui et demain (10 et 11 janvier), dès 18 heures, munis de drapeaux, d’images et de symboles nationaux, afin d’occuper l’espace public ».

© Thomas Padilla/AP

Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, lors d’une conférence de presse, à Paris, le 23 juin 2025.
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Viktor Orban menacé, Peter Magyar en tête: en Hongrie, ce que disent les sondages à trois mois des législatives

Aux prises avec des scandales d’abus d’enfants et une conjoncture économique grisâtre, le premier ministre sortant multiplie les déplacements ces dernières semaines.

© AFP / ATTILA KISBENEDEK / AFP / ATTILA KISBENEDEK

Le jeune Peter Magyar, 44 ans, s’est imposé comme cheffe de file d’une opposition jusqu’ici fragmentée pour concurrencer Viktor Orban.
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Sébastien Lai : « L’histoire de mon père à Hongkong est un rappel que la liberté d’expression n’est jamais totalement acquise »

Le fils de Jimmy Lai, magnat de la presse condamné à Hongkong à l’issue d’un simulacre de procès dénoncé par les démocraties occidentales, alerte sur le sort réservé à son père par un système judiciaire fragilisé et désormais inféodé à Pékin.

© Paul Delort / Le Figaro Magazine

Sebastien Lai, fils de Jimmy Lai, homme d'affaires hongkongais emprisonné par Pékin.
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«Pour se sauver, il est prêt à tout» : Benyamin Netanyahou, ou l’art de la survie politique

GRAND RÉCIT - Acculé par la justice, fragilisé par le traumatisme du 7 octobre et dépendant de l’extrême droite, le premier ministre israélien a fait de la guerre un levier de survie politique. Portrait d’un dirigeant qui confond désormais son destin personnel avec celui de l’État.

© Nathan Howard / REUTERS

«Il faut lui reconnaître une capacité de survie politique hors norme », dit Emmanuel Navon, ancien du Likoud qui a collaboré avec le premier ministre.
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En Iran, une répression sanglante et à huis clos

Le régime, qui a coupé l’Internet, qualifie désormais les manifestants d’« agents terroristes » à la solde d’Israël et des Etats-Unis.

© UGC via AP

Lors d’une manifestation à Téhéran, le 9 janvier 2026. Capture d’écran extraite d’une vidéo filmée par une source indépendante.
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"Nous ne voulons pas être Américains" : les partis groenlandais réagissent aux menaces de Trump

Dans une déclaration commune publiée vendredi soir, les cinq partis représentés au Parlement groenlandais ont déclaré que l’avenir du Groenland relevait exclusivement du choix des Groenlandais, en réaction aux propos de Donald Trump évoquant un possible recours à la "manière douce" ou "forte" pour acquérir l'île.

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EN DIRECT, Groenland : les partis groenlandais affichent leur unité face aux revendications de Donald Trump

Dans une déclaration commune, les dirigeants des cinq partis groenlandais représentés au Parlement local affirment que « l’avenir du Groenland doit être décidé par le peuple groenlandais », alors que le président des Etats-Unis convoite ce territoire.

© Guglielmo Mangiapane / REUTERS

Des soldats danois à l’entraînement, le 17 septembre 2025, à Kangerlussuaq, au Groenland.
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Après la capture de Maduro, la crainte et l'espoir à Cuba

À Cuba, le régime castriste, ouvertement menacé par Washington, se retrouve en première ligne après la capture de Nicolas Maduro au Venezuela. Selon les autorités, des dizaines de ressortissants cubains auraient perdu la vie lors de l'opération. Comment les Cubains perçoivent-ils ce qui se joue au Venezuela et les conséquences possibles pour leur propre pays ? Reportage d'Ed Augustin et Laurence Cuvillier.

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Corée du Nord : pour Kim Jong-un, hors de question de subir le même sort que Nicolas Maduro

La capture, le 3 janvier, du président vénézuélien Nicolas Maduro rend nerveux le régime nord-coréen. Sa crainte : voir son leader, Kim Jong-un, subir le même sort que le satrape de Caracas. D’où un communiqué au vitriol, dès le lendemain de l’opération américaine, par l’agence officielle KCNA, fustigeant un "acte hégémonique des Etats-Unis" ou encore une "violation grave de la souveraineté du pays" et une "atteinte flagrante à la Charte des Nations Unies et au droit international".

Pyongyang en a rajouté une couche le 5 janvier, à la faveur de tirs de missiles hypersoniques menés sous la supervision de Kim Jong-un. Ces lancements ont été présentés par les organes de propagande comme une "tâche stratégique très importante" pour maintenir et développer une "force de dissuasion nucléaire puissante et fiable" dans un contexte de "crise géopolitique et des événements internationaux complexes". Une allusion claire à l’arrestation de Nicolas Maduro et un message pour le président américain, Donald Trump : l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord distingue la famille Kim du clan Maduro. Et il peut servir si nécessaire.

Pour les exégètes du régime nord-coréen, la réaction du régime prouve que la spectaculaire opération menée au cœur de la nuit sur Caracas a surpris Pyongyang. "Kim Jong-un constate une nouvelle fois la puissance et la menace que représentent les États-Unis, qui peuvent faire tout ce qu’ils veulent", observe Koh Yu-hwan, professeur d'études nord-coréennes à l'université Dongguk, à Séoul.

Une paranoïa compréhensible

Tout en étant convaincus que les États-Unis ne peuvent pas mener une telle opération contre eux, les dirigeants du Nord devraient renforcer davantage les contrôles internes pour faire face à toute éventualité et écarter le risque d’infiltrations au sein du pouvoir.

La prudence - voire la paranoïa - nord-coréenne peut se comprendre. Le Venezuela est un des rares pays d'Amérique latine à entretenir des liens diplomatiques avec son régime. Avant Nicolas Maduro, il y a eu le dictateur irakien Saddam Hussein, chassé du pouvoir par les Américains en 2003, et le tyran libyen Mouammar Kadhafi, renversé et tué en 2011 parce qu’il avait - selon les analystes nord-coréens - renoncé à son arsenal nucléaire. A la mort de Mouammar Kadhafi, la Corée du Nord avait interdit à ses ressortissants de l’étranger de rentrer au pays et avait renforcé les contrôles idéologiques internes. Le régime s’inquiétait des risques de troubles internes et avait jugé nécessaire de bloquer les informations sur la disparition du chef d'Etat Libyen.

Pyongyang n’oublie pas non plus que Donald Trump a envisagé pendant son premier mandat (2016-2020) des frappes préventives sur des sites sensibles nord-coréens afin de dissuader le pays de poursuivre son programme nucléaire et balistique - avant de se tourner vers des solutions diplomatiques pour tenter de négocier la dénucléarisation du pays. L’administration Trump a aussi commandité des opérations militaires secrètes sur le sol nord-coréen, révélées à travers l’échec d’une mission de la SEAL Team 6 des forces spéciales, menée au début de 2019 pour installer un système d’écoutes en Corée du Nord.

"Unité de décapitation"

Même si Séoul et Washington ont déclaré ne pas chercher à faire tomber le gouvernement nord-coréen, ces deux pays ont bien établi des stratégies visant à renverser Kim Jong-un. En 2017, l’armée sud-coréenne a créé une "unité de décapitation" sur le modèle de l’unité d’élite américaine Delta Force qui a capturé Nicolas Maduro. Sa mission : éliminer les dirigeants nord-coréens en cas de guerre. Des entraînements spécifiques sont régulièrement inclus dans les exercices annuels organisés par les deux alliés.

Face à ces menaces, le régime nord-coréen a modifié en 2022 sa loi sur la politique nucléaire. Désormais, l’usage des armes atomiques peut être décidé en cas d’attaque contre ses dirigeants. "Si les États-Unis éliminaient Kim Jong-un, le vice-président Pak Jong-chon, numéro 2 de la puissante Commission militaire centrale du Parti, hériterait du contrôle des armes nucléaires et lancerait une frappe contre les États-Unis, précise Cheong Seong-chang, de l’institut Sejong à Séoul. Et s’il était capturé, Pak Jong-chon ou Kim Yo-jong, sœur du dirigeant et directrice adjointe du Comité central du Parti, brandirait la menace de frappes nucléaires contre les États-Unis ou leur allié sud-coréen pour exiger le retour du leader."

L’affaire vénézuélienne donne ainsi l’opportunité à la propagande nord-coréenne d’insister sur l’idée que "malgré les difficultés économiques, le développement des armes nucléaires est justifié", complète Lim Eul-chul, de l’université Kyungnam. Le coup de force américain à Caracas interroge aussi sur les répercussions du coup de force américain à Caracas sur l’organisation d’un éventuel sommet Kim-Trump, envisagé en marge de la visite du président américain en Chine, prévue en avril. Michael Bosack, ancien de la Commission militaire d’armistice des Nations unies en Corée, estime que le régime "pourrait déterminer que c’est le refus de Nicolas Maduro de traiter avec Donald Trump qui a conduit à son arrestation, ce qui l’inciterait à changer de cap et à rouvrir les canaux de dialogue".

Koh Yu-hwan, de l’université Dongguk, rappelle toutefois que la situation a changé depuis le premier mandat de Donald Trump, quand le président américain menaçait de déchaîner sur la Corée du Nord le "feu et la furie". "Aujourd’hui, Kim Jong-un a achevé le développement de ses capacités nucléaires. Il peut même se permettre de refuser que la dénucléarisation soit un prérequis pour discuter."

Le "leader suprême" peut aussi compter sur le soutien de la Russie, avec laquelle il a signé en juin 2024 un accord de partenariat stratégique prévoyant une assistance mutuelle en cas d’agression. La Chine devrait aussi l’épauler. Pékin retisse les liens avec son allié historique nord-coréen, comme l’a montrée l’invitation de Kim Jong-un aux célébrations, en septembre, du 80e anniversaire de la victoire sur le Japon. Mais même protégé par son puissant parrain, une chose est certaine : Kim Jong-un ne baissera jamais la garde.

© via REUTERS

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un visite les principales entreprises d'armement au cours du dernier trimestre 2025, sur cette photo publiée par l'agence de presse officielle nord-coréenne Korean Central News Agency le 26 décembre 2025. KCNA via REUTERS
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