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Incendie à Crans-Montana: les députés observent une minute de silence en hommage aux victimes

Les députés ont observé une minute de silence en l'honneur des victimes de l'incendie au début des Questions au Gouvernement. Face à ce "terrible drame", Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, a exprimé, au nom de la représentation nationale, ses "condoléances aux familles endeuillées" et "tout son soutien" au peuple suisse et aux blessés.

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Insalubre, ultra violente... Pourquoi la prison où est détenu Nicolás Maduro est qualifiée "d'enfer sur terre"

Nicolás Maduro et Cilia Flores, le président vénézuélien et son épouse sont incarcérés depuis samedi 3 janvier au Metropolitan Detention Center de Brooklyn dans l'attente de leur procès. Ils rejoignent une longue liste de détenus célèbres qui ont séjourné dans cet établissement fédéral souvent décrié pour ses conditions inhumaines et insalubres.

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En Turquie, nouvelle condamnation contre le chef de file kurde Selahattin Demirtas pour « insulte au président »

Figure emblématique et charismatique du mouvement kurde en Turquie, M. Demirtas a été arrêté en 2016, au sommet de sa carrière politique, et emprisonné pour de multiples accusations liées au terrorisme, malgré une décision définitive de la Cour européenne des droits de l’homme en sa faveur.

© Lefteris Pitarakis/AP

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Soldes d’hiver 2026 : Top départ demain ! Voici les secrets pour ne pas rater les meilleures pépites

L'heure des soldes d'hiver 2026 a sonné pour les passionnés de technologie et de gaming. Découvrez notre guide stratégique pour identifier les catégories où les remises seront les plus intéressantes sur le matériel high-tech, les jeux vidéo et les objets connectés. Ne perdez pas une minute et...

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« Le gouvernement espagnol de coalition a fait le choix de lier explicitement transition écologique et justice sociale »

Alors que l’urgence climatique, sociale et économique s’intensifie, la comparaison entre la France et l’Espagne montre que la transition écologique progresse lorsqu’elle est portée par le compromis démocratique et la justice sociale, souligne, dans une tribune au « Monde », Jérémie Fosse, président d’Eco-Union.

© « Le Monde »

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Accouchement prématuré : les hausses de température pourraient accentuer les risques !

La naissance prématurée est la principale cause de mortalité infantile dans le monde, et son taux est en constante augmentation. Face au réchauffement climatique, de nouvelles études mettent en évidence un lien de plus en plus clair : les épisodes de forte chaleur seraient directement associés à un risque plus élevé d’accouchement avant le terme.

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Venezuela : les racines d’un effondrement, par la réalisatrice Margarita Cadenas

Les difficultés que traverse aujourd’hui le Venezuela ne sont ni conjoncturelles ni exagérées : elles sont profondes, structurelles et exigent des réponses concrètes. Derrière les chiffres de la production et les débats géopolitiques, il y a une réalité humaine faite d’hôpitaux sans électricité, d’écoles désertées et de familles contraintes à l’exil. Pour comprendre cette crise, il est indispensable de revenir brièvement sur l’histoire du pays et sur les choix qui ont façonné son économie, en particulier dans le secteur pétrolier.

Au moment où ce texte est soumis, l’arrestation de Nicolas Maduro par les forces américaines relance une crise vénézuélienne déjà profonde et remet au premier plan la question de notre industrie pétrolière. Plus que des réactions immédiates ou des débats de plateau, c’est une vision stratégique à long terme - la capacité à réparer, moderniser et relancer la production - qui déterminera si l’immense potentiel de nos réserves pourra devenir une réalité pour notre peuple, plutôt qu’un simple enjeu géopolitique.

Le pétrole vénézuélien est exploité en partenariat avec les États-Unis depuis plus d’un siècle. Extrêmement lourd, il nécessite des procédés de raffinage complexes pour être exploitable. Dès la découverte des premiers gisements, ce sont les États-Unis qui ont historiquement investi dans la création des infrastructures pétrolières indispensables à son extraction et à sa transformation. Cette relation explique en grande partie la structure technique et commerciale de l’industrie pétrolière vénézuélienne.

En 1960, la création de l’Opep, à l’initiative du Chah d’Iran et avec la participation déterminante des ministres du pétrole vénézuélien et saoudien, marque une étape majeure. Dans les décennies suivantes, entre les années 1970 et 1990, l’État vénézuélien investit massivement dans la formation de ses élites techniques. Des milliers de Vénézuéliens bénéficient de bourses pour se spécialiser à l’étranger dans les technologies de raffinage. Grâce à ces compétences, PDVSA devient une entreprise d’excellence, pleinement vénézuélienne après sa nationalisation en 1976 sous le gouvernement de Carlos Andrés Pérez, et entreprise publique depuis lors.

Une crise économique avant tout technologique

Cette réussite a été largement démantelée, notamment après le licenciement public en 2002 par Hugo Chavez de plus de 20 000 ingénieurs, managers et techniciens, privant ainsi PDVSA d’une partie essentielle de son capital humain formé au cours des décennies précédentes. Alors, pour que le Venezuela puisse aujourd’hui se relever, il est impératif de remettre en état une infrastructure pétrolière profondément dégradée après des années de négligence, d’abandon et de détournement principalement sous les gouvernements d’Hugo Chavez puis de Nicolas Maduro. En moins de vingt ans, la production s’est effondrée et ne représente plus qu’une fraction de ce qu’elle était lorsque le pays figurait parmi les principaux producteurs mondiaux.

La crise économique vénézuélienne est désormais avant tout technologique. L’industrie pétrolière est gravement endommagée et requiert un savoir-faire que même la Chine ne maîtrise pas entièrement. Les États-Unis demeurent des partenaires historiques incontournables : même sous Chavez et Maduro, les exportations de brut vers les États-Unis n’ont jamais cessé. Il serait naïf de nier que leur intérêt est d’abord énergétique. Mais il serait tout aussi irresponsable d’ignorer que le Venezuela a besoin d’investissements massifs, de plusieurs milliards de dollars, pour réparer ses infrastructures, relancer la production et recréer des revenus. Le pétrole, à lui seul, ne nourrit pas une population. Au-delà de l’énergie, c’est un pays entier qu’il faut reconstruire : la santé, l’éducation, l’économie, la sécurité, les institutions et le tissu social. Il faudra également créer les conditions permettant d’accueillir les 8,5 millions de Vénézuéliens contraints à l’exil au cours des dix dernières années. À cela s’ajoute une dimension sécuritaire majeure : Chavez puis Maduro ont ouvert le pays à l’influence de puissances et d’acteurs extérieurs - l’Iran, la Russie, la Chine, le Hezbollah - ainsi qu’aux guérillas colombiennes des Farc et de l’ELN, fragilisant durablement la souveraineté nationale.

Le Venezuela ne manque ni de ressources ni de talents. Ce qui lui fait défaut aujourd’hui, ce sont des institutions fonctionnelles, une vision à long terme et la volonté politique de reconstruire sur des bases réalistes. La sortie de crise ne sera ni rapide ni indolore, mais elle ne pourra commencer qu’à partir d’un diagnostic lucide, débarrassé des mythes et des slogans qui ont déjà tant coûté au pays.

*Margarita Cadenas est réalisatrice et documentariste franco-vénézuélienne. Son travail porte notamment sur le Venezuela, l’Amazonie et les enjeux politiques et sociaux contemporains.

© REUTERS

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Vague de froid ou simple illusion ? Les données qui remettent les pendules à l’heure

Ces derniers jours, le froid a envahi une grande partie de la France et le seuil des -10 °C a été atteint dans certaines villes de l'est le matin. Un temps véritablement glacial… qui enflamme les discours ! S'il fait froid, c'est qu'il n'y a pas de réchauffement climatique ? Futura vous propose...

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Nicolas Maduro : le "deux poids-deux mesures" de Donald Trump dans sa lutte anti-drogue

Véritable menace ou prétexte pour lancer une opération ? Depuis l'intervention américaine au Venezuela, le week-end dernier, Donald Trump ne cesse de se réjouir de la capture par l'armée du dirigeant jusque-là au pouvoir à Caracas, Nicolas Maduro. Selon lui, le chaviste représentait un danger pour la sécurité des États-Unis, où il aurait participé à exporter de gigantesques quantités de cocaïne depuis son pays. Il aurait ainsi été "la cheville ouvrière d’un vaste réseau criminel". Désormais emprisonné dans un centre pénitentiaire du sud de New York, le président vénézuélien a comparu pour la première fois devant un juge ce lundi 5 janvier, notamment pour "narcoterrorisme". Des charges contre lesquelles il plaide non coupable.

Quoi qu'il en soit, l'administration Trump a fait de la lutte anti-drogue son principal motif d'intervention au Venezuela. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, jure ainsi que l'opération se référait aux "forces de l'ordre" et non pas à l'armée. Pourtant, comme étayé dans un article du New York Times, le Venezuela est loin d'être l'acteur majeur du narcotrafic américain décrit par le camp républicain. Certes, une part non négligeable (10 à 13 % du trafic mondial) de cocaïne est exportée depuis le pays. Mais ces envois sont bien davantage à destination de l'Europe que des États-Unis, où la majeure partie de la drogue qui circule provient de la côte pacifique. Le fentanyl, qui ravage la santé de nombreux Américains, n'est par ailleurs pas produit au Venezuela, mais au Mexique. Restent néanmoins les accusations de liens de Nicolas Maduro avec de puissants cartels.

Grâce polémique de l'ex-président hondurien

Une chose est sûre : le discours très offensif de Donald Trump vis-à-vis du narcotrafic tranche avec de multiples prises de position bien plus conciliantes sur le sujet. Par le passé, le milliardaire républicain a en effet affiché son soutien à plusieurs personnalités reconnues coupables de trafic de drogue – ou fortement suspectées d'y être liées. Dernier épisode de ce type en date ? La grâce, début décembre, de l'ex-président du Honduras, Juan Orlando Hernandez. Au pouvoir dans ce petit pays d'Amérique centrale entre 2014 et 2022, il avait été extradé à la fin de son mandat vers les États-Unis pour être jugé pour son implication dans le trafic de drogue à destination du pays.

L'ancien dirigeant avait alors été reconnu coupable d'avoir empoché des pots-de-vin de la part de gangs pour faciliter l'exportation de 400 tonnes de cocaïne vers le marché américain. Jusqu'à sa grâce il y a quelques jours, il purgeait une peine de 45 ans de prison dans un centre pénitentiaire de Virginie-Occidentale. À présent libéré, Juan Orlando Hernandez a remercié Donald Trump pour son geste. Le locataire de la Maison-Blanche n'a d'ailleurs pas vraiment donné d'éléments concrets pour justifier cette grâce. "Les habitants du Honduras pensaient vraiment qu'il s'agissait d'un piège, et c'était une chose terrible", a-t-il lancé devant la presse. "Ils ont dit qu'il était un trafiquant de drogue parce qu'il était le président du pays. Et ils ont dit que c'était un coup monté par l'administration Biden. J'ai examiné les faits et j'ai été d'accord avec eux".

Soutien d'Alvaro Uribe... aux liens présumés avec Escobar

Outre-Atlantique, au moment où Donald Trump affiche la sévérité de sa politique anti-stupéfiants, le timing d'une telle décision a surpris. Ce n'est cependant pas une première. En 2020, l'ex-président colombien Alvaro Uribe (2002-2010), avait déjà été chaleureusement félicité sur les réseaux sociaux par le républicain après avoir été libéré de son assignation à résidence dans une affaire impliquant des paramilitaires. L'occasion pour Donald Trump de saluer "un allié de notre pays dans la lutte contre le castrisme et le chavisme", qui s'affiche aussi comme Maga-compatible – il a d'ailleurs applaudi la récente opération militaire au Venezuela voisin. Mais l'homme politique sud-américain est également suspecté d'avoir des liens troubles avec le trafic de stupéfiants.

En 1991, un rapport déclassifié de la DIA, une agence de renseignement américaine reliée au Pentagone, décrivait Alvaro Uribe comme un "ami personnel de Pablo Escobar", le célèbre narcotrafiquant ayant terrorisé la Colombie dans les années 70 à 90. D'après ce document, aujourd'hui relayé par l'université George Washington, il "collaborait activement avec le cartel de Medellin au plus haut niveau de l'État". Sans nier certains liens avec des figures du cartel de Medellin, Alvaro Uribe – par ailleurs cité dans de nombreux autres scandales – a toujours démenti avoir contribué au trafic de drogue. Le rapport en question a aussi été contesté aux États-Unis. Toujours est-il que les doutes autour de sa possible implication dans l'exportation de cocaïne vers le territoire américain n'ont pas empêché Donald Trump de le congratuler.

Proche d'un narcotrafiquant dans les années 80

Plusieurs journalistes ont enquêté sur les liens présumés de Donald Trump avec la mafia, en particulier lorsqu'il a construit sa fortune. C'est le cas de David Cay Johnston, lauréat du prix Pulitzer en 2001. Cette figure de la presse américaine a ainsi révélé en 2016 les relations troubles du milliardaire avec un certain Joseph Weichselbaum. Dans les années 80, ce dernier gérait une société d'hélicoptères permettant à Donald Trump d'acheminer certains richissimes clients vers ses casinos d'Atlantic City, dans le New Jersey. Les deux hommes deviennent alors très proches.

Mais, déjà concerné par des condamnations judiciaires dans le passé, Joseph Weichselbaum est de nouveau inculpé en 1985 pour trafic de cannabis et de cocaïne. Des faits dont il est reconnu coupable durant le procès. Donald Trump décide à cet instant de défendre tant bien que mal l'accusé, en réclamant par écrit une peine clémente pour ce dernier. Il qualifie alors le trafiquant de drogue d'"atout pour la communauté" et d'homme "consciencieux, franc et assidu", raconte David Cay Johnston, dans un article publié dans Politico. Contacté pour réagir à ces informations, le président américain a affirmé à l'époque au reporter "connaître à peine" Joseph Weichselbaum.

© REUTERS

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Après Maduro, Khamenei ?... Parlons-en avec Sepideh Farsi, Azadeh Kian et Armin Arefi

Le président américain Donald Trump, qui vient de capturer le président du Venezuela, a menacé l'Iran de frappes si la répression se poursuivait contre la mobilisation populaire. Comme à chaque fois qu’une partie des Iraniens se soulève, l’espoir d’un changement de régime renaît au sein de l’opposition et de la diaspora. Cet espoir sera-t-il à nouveau balayé par toute la puissance apparente de la République islamique ? La situation économique, qui fait souffrir des millions d’Iraniens au quotidien sera-t-elle l’étincelle qui a manqué au mouvement Femmes, Vie, Liberté ?

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Après le Venezuela, l’Iran ? Le dernier cauchemar de l’ayatollah Khamenei

En pleine nuit en ce 2 janvier, réunion d’urgence au Conseil suprême de la sécurité nationale iranien. Confronté depuis le 28 décembre à un vaste mouvement de contestation contre l’hyperinflation et la violence des autorités, Donald Trump a provoqué un vent de panique à Téhéran, en menaçant directement le régime des mollahs : si l’Iran venait à éliminer encore des "manifestants pacifiques" - les ONG dénombrent déjà une vingtaine de victimes -, alors les Etats-Unis seraient prêts à venir à leur "secours", a averti le président américain...

Enième coup de menton d’un Donald Trump imprévisible ou volonté réelle de provoquer une bonne fois pour toutes la chute de l’ayatollah Khamenei ? Au moment où le républicain joue la carte de l’intimidation, à Téhéran, personne n’est encore au courant de ce qui se trame dans la "war room" de Washington... Dans une spectaculaire opération militaire, Nicolas Maduro et sa femme sont arrêtés par une unité des forces spéciales et déportés manu militari vers les Etats-Unis.

"Il y a désormais une jurisprudence vénézuélienne en matière de changement de régime", analyse David Khalfa, cofondateur de l’Atlantic Middle East Forum (Amef). "En Iran, Donald Trump pourrait aussi franchir le Rubicon lors d'une opération qui consisterait à capturer, voire à éliminer le guide suprême, pour faire en sorte que l'aile la plus modérée du régime prenne le relais et devienne plus conciliante vis-à-vis des intérêts américains, golfiens et israéliens", anticipe le chercheur. Les chiffres de l’activisme militaire du président républicain, notamment dans le monde arabe, accréditent cette thèse. Au total, 637 frappes aériennes - du Yémen au Nigeria en passant par la Syrie et l’Iran - ont été menées par les Etats-Unis entre son retour à la Maison-Blanche et le 8 décembre 2025, selon les données de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data. Déjà plus que Joe Biden en quatre années de mandat !

Caracas, un allié fidèle de l’Iran

Alors que les Gardiens de la révolution n’ont pas encore eu le temps de digérer la débâcle de la guerre des douze jours en juin 2025, le nouveau coup de force est déjà un sérieux revers pour "l’Axe de la résistance" iranien, dont Caracas est un allié fidèle.

La manne financière en provenance du Venezuela, qui irrigue l’Iran et ses proxys dans la région, risque de se tarir avec la prise de contrôle de Washington. Rien que les exportations clandestines de pétrole iranien - via des réseaux parallèles au Venezuela - auraient rapporté près de 54 milliards de dollars annuels entre 2022 et 2023. Le Hezbollah, la principale milice chiite du Liban, est accusé depuis plusieurs décennies d’avoir mis en place au Venezuela un vaste réseau criminel mêlant drogue, blanchiment et trafic d’armes afin de financer ses activités et d’aider l’Iran à contourner les sanctions américaines.

En Israël, l’opération XXL de Donald Trump contre le "parrain" vénézuélien a été unanimement saluée par la classe politique. Benyamin Netanyahou y voit une nouvelle occasion d’affaiblir un régime iranien qui doit faire face simultanément à une contestation intérieure grandissante, combinée à une pression militaire israélo-américaine maximale.

"Mais en Iran, comme au Venezuela, la question du regime change pose celle de la future séquence politique. Il faut un plan", tempère Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord de Chatham House. "En changeant seulement la tête du pouvoir iranien, le système en place ne sera pas nécessairement remis en cause", précise la chercheuse. Dans le cercle proche de l’ayatollah Khamenei, tous les scénarios sont sur la table. Même celui de fuir vers la Russie, comme le rapporte le Times sur la base d’un rapport du renseignement britannique. Pour le Guide, mieux vaut Moscou que New York.

© ZUMA Press Wire via Reuters Conn

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Nicolas Maduro, la chute d'un agent de Cuba : comment il a été formé, protégé et téléguidé par La Havane

A quoi pense un dictateur au moment de son arrestation ? Et à l’instant où il réalise qu’il vient de perdre son pouvoir absolu et la liberté ? Et à quoi songe Nicolas Maduro maintenant, seul dans sa cellule new-yorkaise de la prison Metropolitan Detention Center, à Brooklyn, à quelques encablures de Manhattan ? Dans cet endroit sordide connu pour ses conditions de détention inhumaines, la mauvaise qualité de sa nourriture, la présence de rats et les coupures d’électricité pendant les périodes de froid, le sort du narco-président panaméen Manuel Antonio Noriega – arrêté en 1989 par l’armée américaine, mort en détention vingt-sept ans plus tard – lui vient sans doute à l'esprit. Mais il doit aussi se souvenir de Fidel Castro (mort en 2016), personnage clé de son destin sans lequel il ne dormirait pas aujourd’hui derrière les barreaux.

"Nicolas Maduro est un pur produit du système cubain et de Fidel Castro", prévient la chercheuse Maria C. Werlau, auteure de l’indispensable Cuba’s intervention in Venezuela (2019, non traduit). "Le président déchu a été formé par La Havane, entraîné par La Havane, placé au cœur du pouvoir vénézuélien par La Havane, télécommandé par La Havane et même protégé par des gardes du corps de La Havane", explique cette Cubano-américaine. Et d'ajouter : "On ne comprend rien au Venezuela actuel si l’on ignore à quel point le pouvoir de Caracas est infiltré par la pensée cubaine, mais aussi par les espions et les agents de La Havane." Un seul exemple : trente-deux membres de la protection rapprochée de Maduro, tous des militaires d'élite cubains, ont été abattus par les soldats de la Force Delta américaine lors de l’opération spéciale contre le "bunker" de Nicolas Maduro, dans la nuit du 2 au 3 janvier. Une défaite militaire et psychologique colossale pour Cuba.

Voici comment Maduro est devenu un agent cubain

Pour comprendre comment Nicolas Maduro est devenu un "agent" cubain, il faut remonter aux années 1980. En 1983, alors âgé de 21 ans, cette armoire à glace d’1,90 mètre est le garde du corps d’un certain José Vicente Rangel, le candidat communiste à la présidentielle, qui deviendra ultérieurement le vice-président d’Hugo Chavez. L'année suivante, en 1984, Nicolas Maduro, qui gagne sa vie en conduisant un minibus, s’envole pour La Havane afin d’y étudier la politique à l’université Ñico López.

Nicolas Maduro (à dr.) à Cuba dans les années 1980 pendant sa formation idéologique à l'université Ñico Lopez.
Nicolas Maduro (à dr.) à Cuba dans les années 1980 pendant sa formation idéologique à l'université Ñico Lopez.

Créée par Fidel Castro en 1960, c’est le centre de formation idéologique et politique des dizaines de milliers d’apprentis révolutionnaires, non seulement cubains mais aussi latino-américains. Forces vives de l’internationale castriste, ces étudiants deviennent ensuite, dans leurs pays respectifs, dirigeants syndicaux ou politiques, responsables d’ONG, leaders indigènes, diplomates, enseignants ou encore activistes avec pour mission de propager le marxisme-léninisme et le castrisme à travers l’Amérique latine et au-delà.

En rentrant à Caracas après deux ans d’endoctrinement à La Havane, l’ancien chauffeur de bus Nicolas Maduro devient rapidement – avec l’aide de réseaux castristes établis sur place – un leader du syndicat des conducteurs d’autobus de banlieue de Caracas. A peu près au même moment, au début des années 1990, un certain Hugo Chavez apparaît sur le radar des services de renseignements cubains qui suivent de près la vie politique vénézuélienne (et de tous les pays du monde). Jusqu'alors inconnu au bataillon, ce colonel trentenaire lance, en 1992, un putsch meurtrier qui échoue tandis que le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez, que Chavez veut assassiner, échappe de justesse à la mort.

Hugo Chavez en 1992, après son putsch manqué à la
Hugo Chavez en 1992, après son putsch manqué à la "une" d'El Nacional.

Condamné et emprisonné, le colonel des tanks reçoit bientôt la visite, en prison, d’un certain leader syndical nommé Nicolas Maduro qui lui propose ses services. De là à penser que Maduro agit en service commandé par La Havane, il n’y a qu’un pas. Visiteur de prison mais aussi messager, secrétaire et homme à tout faire du désormais célèbre prisonnier, le leader syndical se rend indispensable. Au passage, il fait la connaissance de Cilia Flores, avocate de Chavez et future épouse de Maduro, elle aussi capturée le week-end dernier par les forces spéciales américaines.

L'ex-chauffeur de bus devient conseiller du président

Lorsque Hugo Chavez est gracié et libéré de prison après seulement vingt-cinq mois de détention dans des conditions confortables, le géant Maduro retrouve son premier métier : il devient le garde du corps de l’ex-putschiste. Aussi ce dernier se précipite-t-il à La Havane où il a été invité par le Lider maximo – invitation probablement transmise par Maduro. À sa descente d’avion, Fidel Castro reçoit Chavez avec les honneurs, flatte son ego et devient instantanément son mentor à vie. Peu de temps après, Nicolas Maduro rejoint la direction du Mouvement bolivarien révolutionnaire MBR-200 créé par Chavez. Fait troublant : il est le seul civil parmi une bande d’officiers conspirationnistes, unis par les liens du putsch manqué de 1992. "À coup sûr, c’est Fidel Castro, dont l’ascendant psychologique sur Chavez était considérable, qui l'a convaincu de laisser Maduro entrer dans ce cercle fermé", estime l’analyste bolivien Juan Lechín.

Quoi qu’il en soit, en 1999, le messianique Hugo Chavez devient président dans un pays pétrolier en crise économique, sociale et politique. L’ex-chauffeur de bus Maduro, lui, devient conseiller spécial du président puis ministre des Affaires étrangères. Belle ascension professionnelle ! Coup de chance extraordinaire, le cours mondial du pétrole qui stagnait à 8 dollars le baril s’envole soudain à 150 dollars. Les pétrodollars pleuvent sur Caracas et la révolution "bolivarienne" peut tout se permettre, y compris financer Cuba et ses alliés idéologiques partout en Amérique latine, au Nicaragua, en Bolivie ou en Argentine, où le couple Kirchner est aux manettes.

À l’instigation de Fidel Castro, Cuba et le Venezuela déclarent qu’ils fusionnent leurs économies : ainsi voit le jour le concept de "Venecuba" ou "Cubazuela". Les deux pays n’en font qu’un, au bénéfice, avant tout, de La Havane. Mieux : le rusé Fidel Castro invente une alliance diplomatique avec le Venezuela d’Hugo Chavez, le Nicaragua de Daniel Ortega et la Bolivie d’Evo Morales : c’est l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Dans le même temps, le colonel président Chavez transforme le Venezuela en pays "illibéral", puis dictatorial, avant de mourir en 2013 des suites d’un cancer qui suscite de folles spéculations. Selon une hypothèse invérifiable mais plausible, les Cubains auraient tardé à soigner le cancer du président (Chavez était traité à La Havane) pour mieux le laisser mourir à l’âge de 57 ans et le remplacer par leur "agent" : Nicolas Maduro.

Pourquoi un tel choix ? "À ce stade de la coopération entre les deux pays, les Cubains étaient exaspérés par l’histrionisme et la logorrhée incessante d’Hugo Chavez", répond Enrique Garcia, ancien membre de la direction du renseignement cubain qui dépend du ministère de l’Intérieur de La Havane. "Aussi, c’était l’époque où Fidel Castro était malade et retiré des affaires. Or, Hugo Chávez était obsédé par l’idée qu’il allait le remplacer en tant que symbole et leader de l’anti-impérialisme à l'échelle mondiale. Non seulement le Vénézuélien commençait à lasser Fidel, qu’il contactait à tout propos pour lui demander des conseils ou faire part de ses idées 'lumineuses', mais, de plus, son frère Raul Castro, désormais au pouvoir, n’a jamais pu supporter Chavez", complète l’ancien espion formé, aussi, à l’école du KGB, en Union soviétique.

Fin connaisseur de la politique latino-américaine, l’analyste Juan Lechin – dont le père fut une figure historique de la gauche syndicale bolivienne – renchérit : "Il n’y a aucun mal à imaginer que Raúl Castro, dont on sait depuis la révolution cubaine qu’il peut se comporter en assassin froid et calculateur, ait décidé de précipiter la fin de Chavez. C’est parfaitement cohérent avec le machiavélisme castriste." Seule certitude : deux mois avant sa mort, Hugo Chavez, plus que jamais soumis à l’influence des frères Castro, annonce qu’il a choisi son successeur au cas où il lui arriverait quelque chose. Son nom ? Nicolas Maduro, pardi ! Et voilà comment Diosdado Cabello, compagnon de route de Chavez jusqu’alors considéré comme l’héritier naturel, voit ses ambitions stoppées net. La Havane ne veut pas de ce militaire nationaliste qui a toujours affiché sa défiance vis-à-vis de Cuba et affirmé, qu’au contraire, le Venezuela, fort de son pétrole, n’avait besoin d’aucune alliance ou tutelle. Mi-mars 2013, Nicolas Maduro est donc proclamé président du Venezuela. "Du point de vue de Cuba, il est 'notre agent à Caracas', pour paraphraser le roman d’espionnage de Graham Greene", pointe Maria C. Werlau.

Comme son prédécesseur, le nouveau président hérite d’une protection rapprochée 100 % cubaine ainsi que d’un médecin attitré, également cubain. "À ce stade de l’histoire du chavisme, les services de renseignement, l’armée, l’appareil répressif ou encore les médias étaient depuis longtemps infiltrés par les Cubains", précise aussi l’experte cubano-américaine. La présence cubaine prend aussi la forme de 'missions médicales', composée de 20 000 médecins en tout qui, à partir de leurs dispensaires, effectuent aussi un travail d’endoctrinement politique dans les bidonvilles et les campagnes. "Enfin, ajoute Juan Lechin, Nicolas Maduro – comme Hugo Chavez avant lui – se rend fréquemment à La Havane, toujours pour bénéficier de conseils des Cubains, experts en ingénierie politique, en travail d’influence et en manipulation de l’opinion mondiale."

Il y a chez Maduro un côté Idi Amin Dada...

La présidence de Nicolas Maduro tourne vite à la répression la plus brutale. Aux manifestations monstres contre Chavez en 2002, 2004 et 2009 succèdent celles de 2014, 2016 et 2019 contre son successeur. "Dès le début, on assiste à une orgie de violence, estime le Vénézuélien Pedro José García Sanchez, maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Nanterre, qui est né et a grandi dans un bidonville de Caracas. Le président fait tirer sur la foule à balles réelles. Les emprisonnements politiques et les exécutions extrajudiciaires se multiplient. Dans les prisons, la torture se généralise, souvent à l’aide de décharges électriques sur les testicules. Quant aux prisonnières, les gardiens les transforment en esclaves sexuelles et les violent sans limite."

Il y a chez Maduro un côté Idi Amin Dada, du nom du dictateur ougandais violent et sanguinaire qui multipliait provocations et déclarations délirantes. "S’ils veulent me qualifier de dictateur, eh bien soit !", fanfaronne-t-il un an après son accession au pouvoir. Que la violence se pratique au grand jour et non à l’ombre des prisons ne le dérange nullement, au contraire. En 2019, il commande aux blindés de foncer sur des manifestants afin de les écraser vivants. Pour l’exemple. Et à chaque crise, nationale ou internationale, il se fait filmer en train d’exécuter des pas de salsa. Lors du réveillon de Noël, on l’a encore vu se trémousser avec sa femme Cilia Flores – une manière de faire un immense pied de nez à Donald Trump qui, dit-on, n’a guère goûté la plaisanterie. À coup sûr, c’était la dernière chorégraphie du couple présidentiel : les prisons américaines sont, paraît-il, dépourvues de dancefloor.

Dans sa cellule, l’ex-président aura tout loisir de se remémorer le talent de son épouse pour la danse tropicale, mais pas seulement. "La vraie femme de pouvoir, c’était elle, estime l’historienne Elizabeth Burgos. Avocate et femme de confiance d’Hugo Chavez au début des années 1990, elle a occupé d’innombrables fonctions à partir des années 2000 : présidente de l’Assemblée nationale, procureure générale de la nation, ou encore 'première dame' depuis son mariage avec Nicolas Maduro en 2013. Au cœur du pouvoir, elle a placé de nombreux membres de sa famille à des postes clés, permettant d’engranger de l’argent. Elle s'est aussi mobilisée pour sauver la peau de ses célèbres 'narco-neveux' arrêtés en Haïti en 2015 par l’agence de lutte antidrogue américaine DEA (et libérés sept ans plus tard dans le cadre d’un échange de prisonniers conclu avec l’administration Biden).

Dans l’acte d’accusation émis par le tribunal de New York, Cilia Flores est par exemple accusée d’avoir accepté des centaines de milliers de dollars en remerciement d’une rencontre organisée par elle entre un grand narcotrafiquant et le directeur général du Bureau antidrogue du Venezuela, Nestor Reverol Torres. Celle que son mari appelait la 'première combattante' est aussi accusée, avec son mari, d’avoir participé à un trafic de drogue avec l’aide de leur escorte militaire vers 2015, à partir de stupéfiants préalablement saisis par la police.

"Si j’étais à La Havane, je serais inquiet"

Quelques heures après l’arrestation du couple présidentiel le 3 janvier, les Cubains réunis devant l’estrade de la "tribune anti-impérialiste" (un lieu de meeting, avec scène, installé en l’an 2000 en face de l’ambassade des Etats-Unis à La Havane) ne semblaient guère affectés par le spectaculaire coup de force américain. Beaucoup, en revanche, se demandaient quel serait le sort réservé à leur île, Cuba. Quelques heures plus tard, le puissant ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, qui est aussi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, leur apportait une première réponse. Dans l’émission dominicale Meet the Press, sur la chaîne NBC, le Cubano-Américain rappelait que le gouvernement de La Havane avait directement protégé Nicolas Maduro à l’aide de gardes du corps et des services de renseignement cubains. "Le régime cubain constitue un énorme problème", expliqua-t-il en ajoutant : "Si j’étais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais inquiet."

© via REUTERS

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