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Pourquoi les Etat-Unis s’intéressent-ils au pétrole vénézuélien ? Comprendre en trois minutes

7 janvier 2026 à 06:00
Alors que Donald Trump justifiait initialement l’intervention des Etats-Unis au Venezuela par la lutte contre le narcotrafic, il a depuis mis en avant son intérêt pour les ressources du pays et plus particulièrement, son pétrole.

© Illustration : Arthur Navet

Alors que Donald Trump justifiait initialement l’intervention des Etats-Unis au Venezuela par le narcotrafic, il a depuis mis en avant son intérêt pour les ressources du pays et plus particulièrement, son pétrole.

Depuis Paris, les émissaires américains de Donald Trump promettent d’offrir à l’Ukraine des garanties de sécurité

7 janvier 2026 à 05:50
Les pays membres de la coalition des volontaires, réunis mardi dans la capitale française, se disent prêts, en cas de cessez-le-feu, à fournir des troupes à Kiev s’ils ont l’assurance que les Etats-Unis dissuaderont toute nouvelle attaque russe.

© KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

Les négociateurs américains, Steve Witkoff et Jared Kushner, lors du sommet de la coalition des volontaires, à l’Elysée, à Paris, le 6 janvier 2026.

"Aux Etats-Unis, l'Etat de droit résiste à Trump, mais…" : les scénarios de Laurent Cohen-Tanugi

7 janvier 2026 à 05:45

Avocat international et essayiste, auteur notamment de Guerre ou paix, essai sur le monde de demain (Grasset, 2007) et Résistances, la démocratie à l’épreuve (L’Observatoire, 2018), Laurent Cohen-Tanugi est un fin connaisseur du droit et des institutions politiques américains. Sous le titre, Les Etats-Unis sont-ils encore un Etat de droit ?, il dresse un bilan un an après le retour de Donald Trump au pouvoir.

L’Express : L’agression des Etats-Unis contre le Venezuela sonne-t-elle le glas du droit international et l’avènement de la loi du plus fort ?

Laurent Cohen-Tanugi : Le droit international est malmené de tous côtés depuis longtemps. Il s’est construit sur plusieurs siècles et survivra à cette opération, qui n’est pas en elle-même la plus grave des violations qu’il a subies ces dernières années. De même, l’avènement de la loi du plus fort et le changement de paradigme géopolitique sont en germe depuis le début des années 2000 ; je les avais anticipées dans un essai de 2007 intitulé Guerre ou paix.

Les Etats-Unis ont souvent pris des libertés avec le droit international. Les Européens s’alarmeraient sans doute moins de l’opération Maduro si elle ne s’inscrivait pas dans une visée impérialiste et prédatrice affirmée, qui englobe le Groenland, donc l’Europe et l’Otan eux-mêmes. C’est là que se situe la gravité du moment présent.

Cette opération militaire a mis les dirigeants européens dans l’embarras. Ils sont apparus divisés. L’Europe, comme puissance normative internationale, n’est-elle pas en train de prendre conscience de son impuissance ?

En effet, et il était temps ! L’Europe apparaît aujourd’hui comme seule porteuse des valeurs du droit contre la force et de la coopération internationale contre la confrontation et la transaction généralisées. Le défi pour elle est de parvenir à rejoindre le club des puissances mondiales ou régionales sans pour autant renoncer aux valeurs qui fondent son identité.

Peser à son juste poids dans le monde est depuis longtemps la finalité de la construction européenne : l’Europe en a les moyens, à condition d’approfondir son unité politique, de renforcer sa compétitivité économique et de se doter d’une capacité de défense autonome.

Vieille antienne, mais la Russie de Poutine, la Chine de Xi Jinping et aujourd’hui surtout l’Amérique de Donald Trump en ont fait une urgence absolue.

La Chambre des représentants et le Sénat n’ont été ni consultés ni informés avant l’opération vénézuélienne. Un pas de plus vers la marginalisation du pouvoir législatif aux Etats-Unis ? Ne disposant pas de majorité parlementaire, Donald Trump préfère légiférer par décret.

Le second mandat de Donald Trump se caractérise par une extension à l’extrême des pouvoirs présidentiels, déjà historiquement très importants depuis Franklin Roosevelt et en expansion continue depuis. Au cours de l’année écoulée, nombre de décrets présidentiels ont empiété sur les pouvoirs du Congrès ou contrevenu à des lois votées ou à des financements déjà attribués. Le Congrès n’exerce plus sa fonction de contre-pouvoir, les démocrates y étant minoritaires et les républicains, qui ne disposent que d’une courte majorité, restant officiellement muets face à la Maison-Blanche. Mais les opérations militaires de ces derniers mois dans les Caraïbes et au large de l’Amérique centrale ont commencé à faire des vagues.

Un an après sa réélection, l’Etat de droit américain est "fortement dégradé", écrivez-vous dans votre contribution au dernier numéro de la revue Commentaires. Jusqu’à quel point ?

Il est clair que l’administration américaine actuelle n’a qu’un respect très relatif pour l’Etat de droit, qu’elle instrumentalise ou dévoie de manière opportuniste. La mise sous tutelle du département de la Justice, donc du ministère public, par un exécutif qui s’assoit sur le principe d’impartialité et les droits de la défense est à cet égard particulièrement préoccupante.

Cependant, l’Etat de droit résiste et cette résistance est portée par les tribunaux fédéraux et les institutions qui les saisissent quasi quotidiennement pour combattre les décrets et les mesures individuelles de l’exécutif : États, villes, associations, universités, syndicats... Et ces recours judiciaires invalident ou suspendent fréquemment les actes de l’administration, contrainte de se justifier sur le terrain du droit.

Les pères fondateurs de l’Amérique, rappelez-vous, avaient conçu les institutions afin que "le pouvoir arrête le pouvoir". Qui peut encore arrêter le pouvoir trumpiste aujourd’hui ?

Les tribunaux fédéraux aujourd’hui, le Congrès demain si les démocrates y retrouvent une majorité, mais aussi les marchés, comme ce fut le cas en avril dernier lors de la première salve de droits de douane lancée par Donald Trump, ou encore l’opinion publique américaine. La popularité du président a fortement baissé, et il n’est pas sûr que l’aventure vénézuélienne la renforce.

La Cour suprême peut-elle encore faire respecter ces principes alors qu’elle paraît acquise à Trump ? A ce stade, elle n’a pas encore rendu de décisions de fond.

Le camp conservateur y dispose en effet d’une majorité de six contre trois, dont trois juges nommés par Donald Trump, et la Cour, saisie en urgence par l’administration pour invalider certaines décisions des juridictions inférieures qui lui étaient défavorables, lui a souvent donné provisoirement raison. Mais les décisions de fond restent à venir, notamment sur la légalité des tarifs douaniers ou le droit du sol, et la Cour a récemment invalidé le recours à la garde nationale à Chicago.

Elle est traditionnellement prudente et cherche à éviter une confrontation directe avec le président, mais elle joue sa crédibilité et sur certains sujets clés, une majorité de cinq juges contre quatre peut parvenir à défendre les principes fondamentaux.

Dans votre conclusion, vous expliquez que "la mondialisation ne permet plus aujourd’hui d’insulariser les atteintes à l’Etat de droit". Pourquoi ?

Je faisais allusion à la théorie de "l'Etat dual" caractéristique de l’Allemagne nazie, où l’Etat de droit coexistait formellement avec les pires violations des droits de l’homme pour certaines minorités, notamment les juifs.

Aujourd’hui, la mondialisation de l’économie et de l’information interdit tout cantonnement national d’un effondrement de l’Etat de droit : l’impact sur les flux d’investissements internationaux, les marchés, la monnaie serait immédiat.

© DR

Laurent Cohen-Tanugi

Aux Etats-Unis, l’impérialisme débridé de Donald Trump soulève de plus en plus de questions

7 janvier 2026 à 05:30
Alors que la gestion du dossier vénézuélien laisse apparaître un certain nombre de contradictions, les intentions de l’administration à propos du Groenland suscitent l’inquiétude ou le rejet d’élus du Congrès, y compris républicains.

© Molly Riley/Maison Blanche via AP

Sur cette photo publiée par la Maison Blanche, Donald Trump et Marco Rubio suivent l’opération militaire américaine au Venezuela. A Mar-a-Lago, à Palm Beach (Floride), le 3 janvier 2026.

Au Venezuela, la première mesure de Delcy Rodriguez est répressive

7 janvier 2026 à 05:30
Trois jours après l’enlèvement de Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, Caracas a pris un décret de « commotion extérieure », sorte d’état d’urgence qui octroie des pouvoirs élargis au chef de l’Etat et qu’avait préparé Nicolas Maduro en septembre face à la menace d’une « agression de l’empire américain ».

© Service de presse du palais de Miraflores/AFP

Sur cette photo fournie par le service de presse du palais de Miraflores, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez (à gauche), salue des partisans, à Caracas, le 6 janvier 2026.

Le pétrole du Venezuela, une manne potentielle pour les raffineries américaines

7 janvier 2026 à 05:15
Ces installations situées sur le pourtour du golfe du Mexique sont configurées pour traiter le brut lourd et visqueux produit au Venezuela. Un allègement des sanctions pourrait leur profiter rapidement en redirigeant vers les Etats-Unis des cargaisons aujourd’hui destinées à la Chine.

© RONALDO SCHEMIDT/AFP

La raffinerie Valero de Houston (Texas), le 29 août 2025.

Ivan Krastev : “Les États-Unis et la Russie se partagent le gâteau, l’Europe reste sur la touche”

7 janvier 2026 à 05:00
L’issue de la guerre en Ukraine, pays épuisé par bientôt quatre années de conflit, risque de déboucher sur un partage du Vieux Continent entre les Russes et les Américains. Au détriment des Européens, estimait, au début du mois de décembre, l’influent politologue bulgare Ivan Krastev dans le journal autrichien “Falter”.

© PHOTO FOCKE STRANGMANN/DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Dans le sud-est de la Turquie, les Kurdes sont désormais menacés par l’activité minière

7 janvier 2026 à 05:00
Outre les enjeux environnementaux, la prolifération des projets d’extraction minière – dopés par les négociations entre le pouvoir central et le PKK – risque de détruire le “mode de vie kurde” et engendrer, paradoxalement, une nouvelle vague de déplacement, cette fois en temps de paix, raconte ce journaliste dans “Turkey Recap”.

© SEDAT SUNA / Getty Images via AFP

Vers une fracture numérique : quand la géopolitique redessine l’open source en 2026

7 janvier 2026 à 04:39

Un article signé GOODTECH.info

L’époque où le logiciel libre et l’open source étaient considérés comme des espaces neutres, protégés des soubresauts diplomatiques, semble toucher à sa fin. Selon les dernières analyses de Ben Cotton, figure respectée de la communauté (ancien de Fedora et Docker), […]

L’article Vers une fracture numérique : quand la géopolitique redessine l’open source en 2026 est apparu en premier sur Goodtech.

Aide à mourir: le débat sur la fin de vie reprend enfin, au Sénat

Par :AFP
7 janvier 2026 à 03:50
Longtemps mis entre parenthèses en raison de l'instabilité politique, le sensible débat parlementaire sur la fin de vie reprend mercredi en commission au Sénat, où des réticences persistent sur la création d'une aide à mourir, espérée par l'exécutif dans les prochains mois. Erigée par Emmanuel Macron comme priorité du second quinquennat sur le volet sociétal, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027? C'est en tout cas l'objectif du président de la République et du gouvernement.

Nouvel épisode de neige et verglas attendu sur le nord et l'ouest de la France

Par :AFP
7 janvier 2026 à 03:50
Neige et verglas vont de nouveau toucher le nord et l'ouest de la France mercredi matin, un phénomène d'une "ampleur rare dans le climat actuel" selon Météo-France, qui va entraîner d'importantes perturbations sur les routes et dans le transport aérien. De nouvelles chutes de neige sont attendues mercredi "dès la fin de la nuit", selon le prévisionniste, qui prévoit 3 à 7 cm "des Hauts-de-France au nord de la région Centre en passant par la région parisienne". Trente-huit départements ont été placés en vigilance orange pour la neige et le verglas pour une partie de la nuit et toute la journée de mercredi, a annoncé Météo-France.

DOJ surging prosecutors to Minnesota to bring fraudsters to justice – Bondi vows ‘severe consequences’ for those convicted

7 janvier 2026 à 05:04
“The Department of Justice is dispatching a team of prosecutors to Minnesota to reinforce our US Attorney’s Office and put the perpetrators of this widespread fraud behind bars,” Bondi said in a statement to The Post. “We will deliver severe consequences in Minnesota and stand ready to deploy to any other state where similar fraud...

Ivan Krastev : “Les États-Unis et la Russie se partagent le gâteau, l’Europe reste sur la touche”

7 janvier 2026 à 05:00
L’issue de la guerre en Ukraine, pays épuisé par bientôt quatre années de conflit, risque de déboucher sur un partage du Vieux Continent entre les Russes et les Américains. Au détriment des Européens, estimait, au début du mois de décembre, l’influent politologue bulgare Ivan Krastev dans le journal autrichien “Falter”.

© PHOTO FOCKE STRANGMANN/DPA PICTURE-ALLIANCE/AFP

Le politologue bulgare Ivan Krastev lors de la remise du prix Hannah-Arendt à Masha Gessen, à Brême, en Allemagne, le 16 décembre 2023.

Dans le sud-est de la Turquie, les Kurdes sont désormais menacés par l’activité minière

7 janvier 2026 à 05:00
Outre les enjeux environnementaux, la prolifération des projets d’extraction minière – dopés par les négociations entre le pouvoir central et le PKK – risque de détruire le “mode de vie kurde” et engendrer, paradoxalement, une nouvelle vague de déplacement, cette fois en temps de paix, raconte ce journaliste dans “Turkey Recap”.

© SEDAT SUNA / Getty Images via AFP

Un jeune homme saute en brandissant un portrait du chef historique du PKK, Abdullah Öcalan, lors des célébrations de Nouvel An kurde, le 21 mars 2025 à Diyarbakir, en Turquie.

2026, l’année du retour de l’impérialisme américain ?

7 janvier 2026 à 05:00
Panorama et prospective : comment vont évoluer les relations internationales en 2026 ? Est-ce l’année du basculement vers un nouveau « désordre » international ? Dans ce podcast, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », analyse la géopolitique de l’année à venir.

© REUTERS/Agustin Marcarian

La géopolitique est bouleversée depuis un an par le retour au pouvoir aux Etats-Unis de Donald Trump, qui a rebattu les usages de la diplomatie.

Confronté aux convoitises de Washington pour le Groenland, le Danemark reçoit le soutien de sept pays européens membres de l’OTAN

7 janvier 2026 à 05:00
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré, mardi, que Donald Trump étudiait « plusieurs options » y compris le recours à l’armée, à propos de l’île arctique, sur laquelle rien n’empêche pourtant les Etats-Unis, en vertu des accords existants, d’accroître leur présence militaire.

© ODD ANDERSEN/AFP

Confronté aux convoitises de Washington pour le Groenland, le Danemark reçoit le soutien de sept pays européens membres de l’OTAN

7 janvier 2026 à 05:00
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré, mardi, que Donald Trump étudiait « plusieurs options » y compris le recours à l’armée, à propos de l’île arctique, sur laquelle rien n’empêche pourtant les Etats-Unis, en vertu des accords existants, d’accroître leur présence militaire.

© ODD ANDERSEN/AFP

Un navire de la marine danoise au large de Nuuk, le 8 mars 2025. Donald Trump avait déclaré quelques jours plus tôt devant le Congrès américain que « d’une manière ou d’une autre, nous allons obtenir » le Groenland.

La plongée en eau glacée, oui, mais…

7 janvier 2026 à 05:00
Dans sa Carte blanche au « Monde », la chercheuse en psychologie Sylvie Chokron défend les bienfaits des immersions en eau froide. A condition de les pratiquer de façon progressive et régulière.

© CHEZ GERTRUD

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