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Usurpation de numéro, spam : l’Arcep ouvre une enquête contre l’ensemble des opérateurs

30 janvier 2026 à 15:42
À l’attaqueeeeee !!!
Usurpation de numéro, spam : l’Arcep ouvre une enquête contre l’ensemble des opérateurs

Joyeux Hunger Games ! C’est ainsi que l’on pourrait résumer la dernière décision de l’Arcep d’ouvrir une enquête administrative à l’encontre de l’ensemble des opérateurs téléphoniques. Il s’agit de comprendre comment passent encore les appels frauduleux, malgré les protections mises en place depuis plus d’un an.

Si vous avez un téléphone fixe ou mobile, vous avez certainement déjà été confronté (et pas qu’une fois) à des spams commerciaux, des appels frauduleux ou bien de personnes mécontentes d’avoir été appelées avec votre numéro usurpé. Malgré la mise en place de protections supplémentaires, la situation est loin d’être apaisée.

De 531 signalements en 2023 à plus de 19 000 en 2025

L’Arcep, le gendarme des télécoms, l’a également remarqué. En même temps difficile de passer à côté vu les derniers chiffres en date : « les signalements enregistrés sur la plateforme “J’alerte l’Arcep” relatifs à l’usurpation de numéros sont passés de 531 signalements en 2023 à 8 500 en 2024, et à plus de 19 000 en 2025 ». Ces deux dernières années, l’usurpation de numéros était la cause première des signalements.

Dans ce genre de situation, le numéro d’une personne est utilisé comme identifiant d’appelant à son insu, « souvent pour de la prospection commerciale téléphonique » Le portable d’un inconnu appelle, la tentation de répondre est grande. Les titulaires des numéros usurpés sont alors contactés « par des personnes qui leur reprochent de les avoir appelées ». Cela conduit parfois à des conversations lunaires : « pourquoi m’avez-vous appelé ? – Mais je ne vous ai pas appelé ! – Mais si ! ». Oui, c’est du vécu, et pas qu’une fois.

Dans sa décision du 22 janvier 2026, l’Arcep rappelle l’obligation légale des opérateurs de l’authentification du numéro d’appelant, comme stipulé dans la loi du 24 juillet 2020. Elle vise « à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux ».

Rappel des règles existantes, renforcées en 2024, 2025 et 2026

Elle impose aux opérateurs de mettre en place des protections et, si besoin, d’engager des actions : « S’assurer que, lorsqu’un de leurs abonnés émet un appel ou un message en présentant un numéro d’appelant, cet abonné soit bien l’affectataire du numéro concerné, ou qu’il a donné son accord pour que son numéro soit présenté ; mettre en place un dispositif interopérable d’authentification des numéros d’appelant qui atteste que l’opérateur concerné “confirme l’authenticité” du numéro présenté […] ; d’interrompre l’acheminement des appels dont le numéro n’aurait pas été correctement authentifié, que ce soit au départ, à l’arrivée ou en transit ».

Depuis maintenant un peu plus d’un an, plusieurs mécanismes ont été mis en place. Fin 2024, c’était MAN (Mécanisme d’Authentification des Numéros) pour couper les appels non authentifiés et ainsi limiter les appels indésirables, mais cela ne concernait alors que les numéros de téléphone mobile (06 et 07). Début 2025, l’Arcep nous confirmait que MAN était en place pour les fixes (01 à 05) et les numéros en 09, en plus des mobiles.

Il restait un trou dans la raquette : les appels en roaming (depuis l’étranger) avec un numéro français. Si « le spammeur utilise un 06 depuis l’international, il y a 100 % de chance que ça passe », nous confirmait à l’époque Free.

L’Arcep a imposé aux opérateurs de mettre en place une rustine à partir du 1er janvier 2026 : « les opérateurs doivent masquer un numéro d’appelant mobile lorsque le dispositif d’authentification n’est pas utilisé ou ne permet pas de confirmer l’authenticité du numéro d’appelant pour des appels reçus sur leurs interconnexions internationales entrantes ».

Il ne devrait donc en théorie plus y avoir d’usurpation d’identité possible. Soit le numéro est authentifié et il s’affiche, soit il ne l’est pas et le smartphone devrait alors indiquer « numéro masqué ». Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Les pratiques frauduleuses persistent malgré tout

Non seulement les usurpations continuent, mais en plus « certains utilisateurs, moins nombreux, relèvent également que des personnes qui ont essayé de les escroquer ou de leur extorquer des données à caractère personnel ont pu afficher comme numéro d’appelant le numéro d’une autorité publique (commissariat de police, gendarmerie, Arcep, etc.) ou d’un établissement financier, pour crédibiliser leur appel ».

L’Arcep esquisse une piste. « Ce phénomène d’usurpation pourrait s’expliquer par des défauts dans l’application des règles d’authentification […] soit au départ de l’appel par l’authentification d’un numéro usurpé ou par l’acheminement d’un appel non authentifié qui n’a pas été interrompu ».

L’Arcep veut savoir ce qu’il se passe et veut donc « obtenir des informations permettant de reconstituer la provenance d’appels dont le numéro est susceptible d’avoir été usurpé, d’identifier les opérateurs de transit et d’arrivée qui ont pris part à leur acheminement et de vérifier le respect des obligations ».

Afin d’essayer de démêler le sac de nœuds que représentent les interconnexions entre opérateurs (français et étrangers), le régulateur des télécoms cible le plus large possible, dans les limites de ses possibilités. Son enquête concerne ainsi « l’ensemble des opérateurs attributaires par l’Arcep de numéros de téléphone du plan national de numérotation ».

Un détricotage complet est prévu. Pour cela, l’Autorité va « recueillir l’ensemble des documents et informations lui permettant d’établir la provenance et le chemin emprunté par les appels dont le numéro a été usurpé et de vérifier le respect des obligations ». Cela pourra aussi passer par des « enquêtes et constatations sur place ».

Datacenters en France : 26 sites sécurisés, dont 5 projets « fast track » d’au moins 700 MW

30 janvier 2026 à 14:58
« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… Comment ça mon reuf ?
Datacenters en France : 26 sites sécurisés, dont 5 projets « fast track » d’au moins 700 MW

Le gouvernement a organisé ses premières Rencontres des centres de données. Peu d’annonce pour le moment, mais des pistes de travail pour accélérer les projets. La France compte actuellement 26 sites sécurisés, dont cinq « fast track », pour un total de 28,6 GW.

Ce vendredi, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a réuni une soixantaine d’acteurs pour les premières « Rencontres des centres de données ». Ces datacenters sont présentés par Bercy comme des « infrastructures numériques essentielles au développement de l’IA ».

Il y a un an, c’était le Premier ministre de l’époque (François Bayrou) qui annonçait une liste de 35 sites industriels « clés en main » dédiés à la création de datacenters, jusqu’à 1 GW. Une déclaration forte, mais remise en question par l’AFNUM (Alliance Française des Industries du Numérique) qui nous confiait en septembre 2025 s’être rendue sur place et avoir constaté que ces « sites ne sont pas vraiment des sites clés en main, pas un seul », car il n’y avait aucune infrastructure sur place.

Quoi qu’il en soit, en novembre, les ministres Roland Lescure et Anne Le Hénanff ont publié un guide pour accompagner l’implantation de centres de données en France. Ils annonçaient au passage que de nouveaux sites étaient identifiés, avec désormais « 63 sites favorables à l’implantation de centres de données en France métropolitaine ». Pas de clés en main, mais des lieux favorables.

Cinq sites « fast track » avec un potentiel de plus de 700 MW

Cette « aptitude » passe par plusieurs points : disponibilité foncière, capacités de raccordement électrique et « acceptabilité locale ». Lors de cette Rencontres des Centres de données, la ministre a annoncé vendredi que « 26 sites sont d’ores et déjà sécurisés par un porteur de projet ».

Dans le lot, cinq sites sont dits « fast track », c’est-à-dire qu’ils « présentent un potentiel de raccordement électrique supérieur à 700 MW dans un délai de trois à quatre ans ». Ce n’est pas une nouveauté puisque quatre des cinq sites avaient déjà été identifiés « comme propices pour l’application de la procédure dite “ fast track” ».

L’État avait alors demandé à RTE de pré-réserver  700 MW pour chaque site, sauf 1 GW pour le site de Bosquel. « Ces pré-réservations sont effectives pendant 9 mois (au plus) à compter du 20 mai 2025 (prorogeable de trois mois en cas de processus de sélection pour l’attribution du foncier en cours à l’issue des 9 mois) », expliquait le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.

Escaudain, Boquel, Dunkerque, Fouju et Montereau

Le « petit » nouveau de ce début d’année est le projet du Grand Port Maritime de Dunkerque. Bercy résume la situation ainsi : « sur ces cinq sites, deux sont en voie d’attribution [Bosquel et Dunkerque, ndlr] et trois ont trouvé un porteur. D’autres sites sont en cours d’identification afin d’amplifier cette dynamique ».

Sur les porteurs de projets justement, parmi les 13 « ayant formulé des annonces lors du Sommet pour l’action sur l’IA […] plus de 75 % ont déjà sécurisé, ou sont en cours de sécurisation, un site ». Le gouvernement ajoute que « 52 entreprises bénéficient aujourd’hui de l’accompagnement de la Task Force de l’État [mise en place il y a un an, ndlr], réunissant la DGE, Business France et RTE ».

« 5,8 GW déjà sécurisés par un site »… combien ???

Dans le communiqué, la ministre annonce que la « puissance électrique recherchée atteint 28,6 GW, dont 5,8 GW déjà sécurisés par un site et faisant l’objet d’engagements de raccordement ». 5,8 GW sur « un site », voilà qui correspondrait un projet pharaonique, quatre fois plus important que le mégaprojet de datacenter Campus IA avec 1,4 GW annoncé !

Pour rappel, l’ordre de puissance d’un réacteur nucléaire est de 1 GW environ, ce projet en occuperait donc l’équivalent de 6 sur les 57 que compte la France. Erreur ou véritable chiffre ? La question se pose. Cette puissance est de l’ordre de grandeur du projet Stargate des États-Unis, de celui des Émirats arabes unis, d’Hyperion de Meta (5 GW) ou encore des centres Colossus de xAI.

En février, à l’occasion du sommet sur l’IA de la France, l’Élysée annonçait « 5 GW de capacité de centres de données déjà en cours de connexion ». Avec un projet fast track de plus, les 5,8 GW pourraient correspondre à l’ensemble des projets en cours de raccordement, mais ce n’est pas ce qui est écrit dans le communiqué.

S’agirait-il d’une coquille ? Nous avons contacté le cabinet d’Anne Le Hénanff, la DGE et Bercy afin d’avoir de plus amples détails, sans réponse pour l’instant.

Quatre axes de travail pour accélérer les projets :

Le communiqué explique aussi que ces Rencontres « ont également permis d’identifier les leviers permettant d’accélérer la mise en œuvre des projets », sur la base de quatre axes de travail : le raccordement électrique (anticipation et planification), l’exemplarité environnementale, le renforcement des relations avec les collectivités territoriales et enfin la « valorisation d’une chaîne de valeur souveraine, créatrice d’emplois et de compétences en France ».

Elon Musk envisagerait de fusionner SpaceX avec xAI ou Tesla pour aller en bourse

30 janvier 2026 à 13:18
The Everything Compagny
Elon Musk envisagerait de fusionner SpaceX avec xAI ou Tesla pour aller en bourse

Plusieurs indices laissent penser qu’Elon Musk travaille au rapprochement capitalistique entre SpaceX et xAI en préambule à une introduction en bourse programmée aux alentours de la fin du mois de juin. Le véhicule ainsi assemblé serait en mesure de lever un montant record sur les marchés, au risque d’un certain mélange des genres.

Depuis plusieurs semaines, la presse financière internationale s’agite autour de l’hypothèse d’une introduction en bourse de SpaceX. L’opération, pilotée par Elon Musk, aurait pour objectif d’aller chercher des fonds sur les marchés, de façon à financer le développement de l’entreprise et notamment ses coûteux travaux autour d’un lanceur de grande capacité, dimensionné pour le fameux voyage vers Mars dont rêve le milliardaire.

SpaceX valorisée 1 500 milliards de dollars à l’IPO ?

Mercredi, le Financial Times synthétisait les rumeurs persistantes en précisant à la fois la valorisation envisagées et le calendrier.

Sur le volet purement financier, les indiscrétions relayées par la presse ces dernières semaines convergent vers une même ambition : SpaceX chercherait à lever 50 milliards de dollars, sur la base d’une valorisation estimée à 1 500 milliards de dollars, sans qu’on sache si cette dernière est calculée pré-entrée en bourse ou post ouverture du capital.

Quelles que soient les modalités exactes, l’opération constituerait un record absolu dans le monde financier, avec une levée de fonds près de deux fois supérieure à celle réalisée par Saudi Aramco (29 milliards de dollars en 2019).

Compte tenu de son envergure, l’entrée en bourse de SpaceX mobiliserait déjà un aréopage de grandes banques d’affaires, qui auraient à composer avec un calendrier serré.

D’après plusieurs sources proches du milliardaire, Elon Musk souhaiterait en effet que l’opération se fasse dès le mois de juin, peut-être en raison d’une forme de superstition, peut-être parce que son anniversaire tombe le 28 juin. À moins que ce soit en raison de l’alignement programmé entre Vénus et Jupiter entre les 8 et 9 juin prochains, supposent très sérieusement les médias financiers.

Un rapprochement avec xAI ou avec Tesla à l’étude ?

La rumeur a connu un regain d’intérêt jeudi 29 janvier, avec l’émergence d’une nouvelle hypothèse. D’après Reuters, Elon Musk étudierait la possibilité d’intégrer xAI, la société dédiée à ses projets en matière d’intelligence artificielle, à SpaceX.

De ce fait, l’entrepreneur ne proposerait pas aux marchés d’investir uniquement dans ses activités spatiales : il introduirait un groupe aux dimensions plus larges intégrant les modèles d’IA génératives Grok, les gigantesques datacenters construits pour entraîner ces derniers, et le réseau social X, lui même fusionné dans xAI en mars 2025.

Le même jour, Bloomberg a suggéré un scénario différent : celui d’un rapprochement entre SpaceX et Tesla, qui reviendrait donc à la consolidation des deux plus grosses entreprises de l’empire Musk, et confèrerait au projet une envergure encore supérieure à ce qui était imaginé au départ. SpaceX était en effet valorisée aux alentours de 800 milliards de dollars fin 2025, et la capitalisation de Tesla en bourse se situait, vendredi 30 janvier, aux alentours de 1 310 milliards de dollars.

À ce stade, ni Musk, ni ses entreprises, n’ont confirmé ou commenté ces rumeurs. Dans ce contexte, quel crédit leur apporter ? L’hypothèse d’un rapprochement entre SpaceX et Tesla semble la moins plausible, même si une mécanique d’échange d’actions la rend techniquement possible.

L’idée que xAI rejoigne SpaceX semble quant à elle plus réaliste. xAI a des besoins immenses en capitaux pour financer ses datacenters Colossus, et les 20 milliards de dollars récemment levés seront vite épuisés, au vu des trajectoires d’investissement revendiquées par l’entreprise (au mépris d’un certain nombre de considérations environnementales et éthiques).

Ce rapprochement participerait également au narratif d’Elon Musk et de certains de ses homologues comme Jeff Bezos, quant à la possibilité d’installer des datacenters dédiés à l’IA dans l’espace. Elon Musk a une nouvelle fois évoqué cette idée lors de son intervention au forum économique mondial de Davos.

Selon lui, elle illustre les possibilités offertes par la réduction des coûts d’accès à l’espace permis par les lanceurs réutilisables de SpaceX. « L’endroit le plus économique pour déployer l’IA sera l’espace. Et ce sera le cas d’ici deux ans, peut-être trois au plus tard », a-t-il notamment déclaré, sans préciser que le déploiement de serveurs dans l’espace soulève bien d’autres défis techniques que leur simple transport.

WhatsApp lance son mode Lockdown et adopte Rust à grande échelle

30 janvier 2026 à 10:25
De rouille et dors
WhatsApp lance son mode Lockdown et adopte Rust à grande échelle

Afin de sécuriser WhatsApp, Meta a procédé au « plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust sur un ensemble diversifié de plateformes et de produits », et annonce vouloir accélérer l’adoption du langage de programmation sécurisé Rust au cours des prochaines années. La messagerie intègre par ailleurs un mode anti-logiciels espion ou malveillants.

WhatsApp vient d’annoncer, ce mardi 27 janvier, « une nouvelle mesure de protection de la confidentialité : les paramètres de compte stricts » (« Strict Account Settings » en VO), semble-t-il inspirée du mode de protection avancé (« Advanced Protection Mode » en VO) introduit par Google en 2020 puis du mode Lockdown mis en œuvre par Apple en 2022 pour réduire la surface d’attaque des Android et iPhone face aux logiciels espion « mercenaires ».

Elle s’adresse en effet elle aussi aux personnes qui, journalistes ou personnalités publiques notamment, « peuvent avoir besoin de mesures de sécurité extrêmes pour se protéger contre les cyberattaques rares et hautement sophistiquées », ou qui pensent « être la cible d’une attaque informatique », précise WhatsApp sur son blog :

« Si vous activez cette fonctionnalité, certains réglages de compte seront verrouillés sur les paramètres les plus restrictifs, ayant pour effet de limiter le fonctionnement de WhatsApp dans certains cas de figure, en bloquant par exemple les pièces jointes et les médias envoyés par des personnes qui ne figurent pas dans vos contacts. »

Les paramètres de compte stricts, qui seront déployés progressivement au cours des prochaines semaines, seront accessibles en accédant à Paramètres > Confidentialité > Avancé.

Une décision qui remonte à la faille Stagefright de 2015

WhatsApp précise que ces paramètres de compte stricts « constituent l’un des nombreux moyens que nous avons développés pour vous protéger des cybermenaces les plus avancées ». L’entreprise indique également avoir « déployé en coulisses un langage de programmation appelé Rust pour protéger vos photos, vidéos et messages face aux logiciels espions, et vous permettre de partager et de discuter en toute confiance ».

Dans un billet technique séparé, mais publié dans la foulée, Meta revient plus en détails sur le fait que WhatsApp a « adopté et déployé une nouvelle couche de sécurité pour ses utilisateurs, développée avec le langage de programmation sécurisé Rust », dans le cadre de ses efforts visant à renforcer ses défenses contre les menaces liées aux logiciels malveillants.

Meta explique que cette décision fait suite à la découverte, en 2015, de la vulnérabilité Stagefright qui permettait de pirater les terminaux Android à partir d’un simple MMS :

« Le bug résidait dans le traitement des fichiers multimédias par les bibliothèques fournies par le système d’exploitation, de sorte que WhatsApp et d’autres applications ne pouvaient pas corriger la vulnérabilité sous-jacente. Comme la mise à jour vers la dernière version d’un logiciel peut souvent prendre des mois, nous avons cherché des solutions qui permettraient d’assurer la sécurité des utilisateurs de WhatsApp, même en cas de vulnérabilité du système d’exploitation. »

Les développeurs de WhatsApp ont réalisé qu’une bibliothèque C++ utilisée par l’application pour envoyer et formater des fichiers MP4 (appelée « wamedia ») pouvait être modifiée afin de « détecter les fichiers qui ne respectaient pas la norme MP4 et qui pouvaient déclencher des bogues dans une bibliothèque OS vulnérable du côté du destinataire, mettant ainsi en danger la sécurité de la cible ».

Plutôt que de la réécrire, ils en ont développé une version Rust compatible avec la version C++ originale, puis « remplacé 160 000 lignes de code C++(hors tests) par 90 000 lignes de code Rust (tests compris) ».

Le « plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust »

Meta précise avoir rajouté « davantage de contrôles » au fil du temps, et que WhatsApp vérifie désormais les « types de fichiers à haut risque » tels que les .pdf, qui « sont souvent vecteurs de logiciels malveillants » :

« Nous détectons également lorsqu’un type de fichier se fait passer pour un autre, grâce à une extension ou un type MIME falsifié. Enfin, nous signalons de manière uniforme les types de fichiers connus pour être dangereux, tels que les exécutables ou les applications, afin qu’ils soient traités de manière spéciale dans l’expérience utilisateur de l’application. »

Cet ensemble de vérifications, qu’ils appellent « Kaleidoscope », « protège les utilisateurs de WhatsApp contre les clients non officiels et les pièces jointes potentiellement malveillantes », avance Meta : « Bien que les vérifications de format ne permettent pas d’arrêter toutes les attaques, cette couche de défense contribue à en atténuer bon nombre ».

Rappelant que le chiffrement de bout en bout de WhatsApp est utilisé par ses trois milliards d’utilisateurs, Meta avance que « nous pensons qu’il s’agit du plus grand déploiement jamais réalisé de code Rust sur un ensemble diversifié de plateformes et de produits destinés aux utilisateurs finaux dont nous ayons connaissance », et précise que « nous prévoyons d’accélérer l’adoption de Rust au cours des prochaines années ».

Une faille de sécurité corrigée, et une plainte « ridicule »

WhatsApp vient par ailleurs de corriger une faille de sécurité, découverte dans l’application Android par les équipes du Projet Zero de Google en septembre 2025. Elle permettait à un attaquant de rajouter des victimes à des groupes, « puis de leur envoyer un fichier multimédia malveillant automatiquement téléchargé sur l’appareil de la victime sans aucune interaction de sa part », rapporte Neowin.

Il était cela dit possible de s’en prémunir en activant la confidentialité avancée des discussions dans WhatsApp (en appuyant sur les trois petits points en haut à droite, puis sur Infos du groupe), soulignait Neowin dans un précédent article, ou en désactivant le téléchargement automatique des médias (via Paramètres -> Stockage et données).

Ces explications détaillées sur le renforcement de la sécurité de WhatsApp ont par ailleurs été mises en ligne alors que le 23 janvier, trois cabinets d’avocats ont porté plainte contre Meta. Ils l’accusent rien moins que d’avoir comploté pour cacher le fait que les messages WhatsApp ne seraient pas chiffrés de bout en bout, et qu’il serait extrêmement simple à ses employés d’y accéder.

Une accusation qualifiée de « fiction sans fondement » par le porte-parole de Meta et de « ridicule » par plusieurs experts en cryptographie, d’autant que l’un de ces cabinets d’avocats est aussi celui de NSO, l’éditeur du logiciel espion Pegasus condamné l’an passé pour avoir piraté WhatsApp.

☕️ Municipales de 2026 : la CNIL réactive son observatoire des élections

30 janvier 2026 à 09:52

Vous avez certainement remarqué que les partis et figures politiques de votre ville multiplient les communications ces temps-ci. La cause n’est pas à chercher bien loin : les 15 et 22 mars 2026 se dérouleront les élections municipales en France. Il ne vous reste d’ailleurs que quelques jours pour vous inscrire sur les listes électorales si ce n’est pas fait.

À cette occasion, la CNIL réactive son observatoire (lancé pour la première fois en 2012) : « Ses missions sont de surveiller les pratiques de communication politique, de dialoguer avec les partis et candidats et d’informer les électeurs sur leurs droits ».

Lors des précédentes élections municipales de 2020, la Commission avait reçu « 3 948 signalements, dont 3 034 dès le 1er tour et 914 au 2e tour dans 329 communes, en majorité dans les grandes agglomérations ». 45 % des signalement concernaient des SMS, 36 % des appels téléphoniques, 12 % des emails, 5 % des courriers et enfin 1 % seulement pour des réseaux sociaux.

La CNIL annonce qu’elle « sera particulièrement attentive au respect des nouvelles règles applicables aux candidats, aux partis politiques et à leurs sous-traitants : les données doivent être collectées directement par le responsable de traitement auprès de la personne concernée ; la seule base légale admise est le consentement de la personne concernée ; le profilage utilisant des données sensibles est interdit ;
le ciblage des mineurs de moins de 17 ans est interdit
 ». Des ressources à destination des partis et candidats sont disponibles ici.

Pour les électeurs, une fiche pratique rappelle les droits et un formulaire permet de signaler à la CNIL des pratiques jugées interdites. La Commission examinera les signalements tout au long de la campagne afin de « réagir rapidement aux pratiques qui pourraient révéler une méconnaissance des règles applicables et, si nécessaire, de mener des contrôles ».

La CNIL parle bien de signalements, pas de plaintes : « un signalement vise à porter à la connaissance de la CNIL une pratique, non pas à traiter une situation individuelle. Ainsi, les personnes ne sont pas tenues informées des suites apportées à ce signalement, mais la CNIL pourra l’utiliser pour contacter le candidat concerné ou de décider de procéder à des investigations ». Un bilan sera proposée après les élections.

la surveillance des contenus politiques par l'ARCOM en temps d'élection selon Flock

En France, une autre autorité est chargée de surveiller les élections et plus particulièrement la pluralité politique : l’Arcom. Comme nous l’expliquions en 2024, elle ne voit qu’une partie du spectre – TV et radio – laissant de côté Internet et réseaux sociaux.

C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous le giron de l’État

30 janvier 2026 à 08:51
Ça bulle ?
C’est la « renaissance » de la marque Bull, sous le giron de l’État

Alors que l’État finalise le rachat de la branche des supercalculateurs à Atos, on apprend que la nouvelle entité sera baptisée… Bull. Un retour aux sources avec une marque historique lancée il y a presque 100 ans pour concurrencer IBM.

Hier, un communiqué a été publié sur le site de Bull : la marque « est officiellement lancée aujourd’hui », enfin relancée devrions nous dire. En effet, c’est « le retour d’une icône technologique historiquement ancrée, réinventée pour une nouvelle ère ». Elle dispose d’une « nouvelle identité et d’une vision clairement affirmée » : « façonner un monde numérique plus performant et responsable, guidé par la durabilité, la souveraineté et des résultats concrets ».

Pourquoi parle-t-on de retour ? Car Bull n’est pas une nouvelle société, loin de là, puisqu’elle a été créée il y a quasiment 100 ans, au début des années 30, afin de concurrencer IBM.

Bull nationalisée en 1982, privatisée en 1994, rachetée par Atos en 2014

En 2014, lors du rachat de Bull par Atos, nous avions rapidement retracé son parcours : « La société connait après la Seconde guerre mondiale une forte croissance, mais durant les années 60, elle cumule de lourdes pertes, se fait manger en partie par les Américains General Electric puis Honeywell, avant de racheter des sociétés puis d’être nationalisée en 1982. L’entreprise affiche ensuite une nouvelle vague de croissance, avant de sombrer à nouveau dans les pertes durant les années 90, plombée par de mauvais choix stratégiques ».

Bull est ensuite privatisée en 1994, puis rachetée par Atos en 2014. Suite à cette opération, c’est un certain Thierry Breton qui devient président du conseil d’administration de Bull. Quelques années auparavant, en 2010, Bull récupérait Amesys, avant de s’en séparer deux ans plus tard suite à l’affaire de la vente de solutions de surveillance à la Libye. Encore un peu avant, en 2004, Bull revendiquait l’« attribution du premier contrat de supercalculateur par le CEA ».

D’Atos à Eviden et maintenant à l’État

Avançons d’une vingtaine d’années, jusqu’en 2022 quand le groupe Atos annonce un plan de transformation en divisant ses activités en deux : Atos Tech Foundations (services d’infogérance, espaces de travail numériques et services professionnels) et Eviden (digital, cybersécurité, calcul avancé, IA et cloud).

C’est alors le « début des opérations sous la marque Eviden, au sein du Groupe Atos ». « Les activités historiques de Bull sont regroupées au sein de la nouvelle entité Eviden, qui devient en 2023, une marque commerciale », explique Eviden. En 2023 toujours, c’est Eviden qui est retenue pour piloter la construction du premier supercalculateur exascale d’Europe : JUPITER (avec l’architecture BullSequana XH3000).

Ensuite, fin 2024, l’Agence des participations de l’État (APE) dépose une offre (non engageante) pour racheter des activités Advanced Computing d’Atos (qui était alors encore le propriétaire de Bull). En juin 2025, l’État français confirme avec une offre ferme pour récupérer les activités historiques de la branche Eviden d’Atos : « les divisions Calcul Haute Performance (HPC) & Quantique ainsi que les divisions Business Computing & Intelligence Artificielle ».

2026, c’est la « renaissance de la marque Bull »

Nous voilà donc en janvier 2026 avec la « renaissance de la marque Bull, opérée au sein du Groupe Atos et de sa branche Eviden jusqu’à la finalisation de la vente à l’État français ». La finalisation de cette transaction est attendue « au premier semestre 2026 ».

« La renaissance de Bull constitue une étape stratégique majeure dans son parcours vers le statut d’entreprise privée et indépendante, dans la continuité de la signature d’un accord de cession de titres entre Atos et l’État français le 31 juillet 2025. La finalisation de la transaction, attendue au premier semestre 2026, permettra à Bull d’accélérer sa vision du futur numérique – plus puissant, plus durable, plus souverain et plus ouvert », explique le communiqué.

Bull revendique « plus de 2 500 ingénieurs et experts » ainsi qu’une « R&D de classe mondiale appuyée sur près de 1 500 brevets ». L’entreprise joue sur la notion de souveraineté et se présente comme « le seul acteur européen à concevoir, fabriquer et déployer à la fois des solutions matérielles et logicielles ».

« Avec le lancement de Bull, nous renouons avec notre héritage technologique pour préparer l’avenir. Notre ambition est claire : fournir des technologies de calcul et d’IA puissantes, durables et souveraines, au service d’une innovation maîtrisée et responsable pour les États et les industries », explique Emmanuel Le Roux, directeur de Bull.

Ce dernier semble confiant sur l’avenir, comme il l’expliquait récemment aux Échos : « Le changement d’actionnaire va apporter de la stabilité après des années troublées ». Toujours selon nos confrères, l’intégration de Bull dans Eviden et Atos « n’a jamais été totalement parachevée […] Sur les serveurs et les supercalculateurs demeurait le nom de “Bull”, malgré le rachat par Atos et le placement sous la marque Eviden ». Par exemple avec la gamme BullSequana chez Eviden.

☕️ Apple s’offre Q.ai pour 1,6 milliard de dollars

30 janvier 2026 à 08:43

Apple aurait-elle identifié le next big thing en matière d’interaction avec nos appareils électroniques ? L’entreprise, qui a annoncé jeudi soir des résultats financiers record, portés par les ventes d’iPhone 17, a discrètement annoncé l’acquisition de Q.ai, une startup israélienne dont les activités se concentrent sur la façon dont le machine learning peut faciliter la reconnaissance vocale dans des environnements difficiles.

D’après Reuters, qui relaie un communiqué d’Apple (non diffusé sur le site du groupe), Q.ai travaillerait également sur des aspects complémentaires de la reconnaissance vocale : la startup aurait ainsi déposé une demande de brevet portant sur une technologie d’analyse des micro-mouvements du visage à des fins de détection des mots prononcés, des émotions, du rythme cardiaque et d’autres indicateurs.

Q.ai promet une techno « magique » mais ne communique aucun détail

Si Q.ai était jusqu’ici absolument inconnue du grand public, le nom de son cofondateur éveillera peut-être quelques souvenirs chez certains : le CEO de Q.ai n’est autre que Aviad Maizels, dont la précédente entreprise, PrimeSense, a déjà été rachetée par Apple en 2013.

PrimeSense travaillait à l’époque sur la détection de mouvements et le mapping 3D via caméra. Sa technologie, qui a participé au développement de Face ID (apparue en 2017 avec l’iPhone X), équipait d’ailleurs la première génération du Kinect de Microsoft.

Reste à voir quelles sont les possibilités réelles de la technologie développée par Q.ai, et les intégrations possibles au sein de la gamme Apple. Q.ai « est une entreprise remarquable qui innove en proposant des méthodes nouvelles et créatives pour utiliser l’imagerie et l’apprentissage automatique », commente simplement Johny Srouji, vice-président en charge des technologies hardware chez Apple.

En attendant, la firme de Cupertino fait preuve d’une certaine conviction. Elle aurait en effet mis 1,6 milliard de dollars sur la table pour acquérir Q.ai et sa centaine d’employés, affirme Reuters, ce qui ferait de la startup la deuxième plus grosse acquisition de l’histoire d’Apple, derrière le rachat de Beats (3 milliards de dollars en 2014).

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