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Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

23 janvier 2026 à 12:59
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Presse tech : Ebra rachète Clubic, qui rejoint FrAndroid et Numerama

Lui même propriété du groupe de presse Ebra, l’éditeur de FrAndroid et de Numerama vient de boucler l’acquisition du média en ligne Clubic, jusqu’ici indépendant. Le paysage de la presse tech francophone se retrouve désormais concentré autour de quelques groupes média, autour duquel gravite une poignée d’indépendants.

Clubic, vétéran de la presse informatique en ligne, change à nouveau de mains. Le site, édité par une structure indépendante (Clubic SAS) depuis qu’il a quitté le giron du groupe M6 en 2018, est racheté par le groupe de presse quotidienne régionale Ebra (propriété du Crédit Mutuel), qui renforce ainsi son portefeuille de marques tournées vers la tech. Ebra a en effet déjà racheté en 2022 la société Humanoid, née du succès de FrAndroid.

Complémentarité entre les marques

Dans un communiqué (.pdf) du 22 janvier, Ebra annonce donc l’acquisition de Clubic, saluant l’arrivée d’une « marque historique et incontournable du web français ». Fort de la contribution de ce nouvel entrant, le groupe revendique désormais une audience de près de 10 millions de visiteurs uniques pour sa filiale Humanoid, qui lui confèrerait le statut de « premier groupe médias tech et numérique en France », selon les chiffres d’audience mesurés par Médiamétrie en novembre 2025.

Pour Ebra, Clubic vient compléter efficacement l’éventail déjà adressé par les marques d’Humanoid, en apportant une « expertise » sur les thématiques informatique et logicielles ainsi que sur les services en ligne, là où FrAndroid se veut « la référence des tests et guides d’achat », et Numerama le média « qui anticipe l’avenir ».

Cette complémentarité, et la consolidation des audiences qui en résulte, confère à Humanoid « une offre publicitaire intégrée capable de proposer aux marques des dispositifs d’envergure, alliant prescription et performance sur l’ensemble du parcours d’achat », estiment ses cofondateurs.

D’un point de vue plus opérationnel, les actuels dirigeants de Clubic, Florent Maitre et Philippe Favier du Noyer, assurent que le média restera piloté par la même équipe, dans des conditions de fonctionnement similaires à l’existant. « Chaque média conservera son identité et son approche éditoriale », promettent-ils, tout en expliquant que Clubic profitera des compétences déjà développées par Humanoid autour de la vidéo et des usages sociaux. « Notre objectif est clair : s’appuyer sur ce savoir-faire pour renforcer la présence de Clubic au-delà du site, sans dénaturer ce qui fait sa voix ».

« Enfin, l’ambition sur les tests, les comparateurs et les services va clairement monter d’un cran. C’est un axe fort de notre rapprochement, à savoir enrichir et développer ces contenus, notamment dans les télécoms, les équipements et les services numériques, pour rester au plus près de vos besoins réels. », écrivent-ils encore.

Massifier les audiences face aux risques de marché

Cette logique de recommandation de services ou de « bons plans », monétisée grâce à des systèmes d’affiliation (le média est rétribué à la commission quand un internaute achète un produit par l’intermédiaire d’une de ses publications), est historiquement l’un des piliers économiques de Clubic, aux côtés des formes plus traditionnelles de publicité (bannières, habillages, articles sponsorisés).

Clubic avait repris son indépendance en 2018 à l’occasion d’un rachat orchestré par deux cadres du site et deux des cofondateurs qui l’avaient vendu à M6 dix ans plus tôt. Basé à Lyon, le site a réalisé en 2024 environ 320 000 euros de résultat net à partir d’un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros, en léger recul sur un an. Humanoid se révèle aussi une machine lucrative, puisqu’en 2024, la filiale d’Ebra a totalisé 7,58 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 1 million d’euros de résultat net.

La consolidation, et la massification des audiences qui en découle, sont présentées comme un moyen d’assurer une trajectoire de développement positive, dans un contexte de chamboulements structurels pour les médias, notamment touchés par l’évolution des modes de consommation de l’information. « On va partager nos compétences, nos bonnes pratiques, et soyons honnêtes, nos échecs aussi pour ne pas les reproduire. Et face aux plateformes américaines et aux bouleversements de l’IA, rester isolé est dangereux. En nous regroupant, nous construisons un groupe média solide, capable d’investir dans la qualité plutôt que dans le clic facile », conclut Ulrich Rozier, cofondateur et directeur de la publication de FrAndroid.

Un paysage tech de plus en plus concentré

Jusqu’ici, c’est le groupe d’origine suisse Keleops AG qui revendiquait la place de numéro un sur le marché français, en s’appuyant précisément sur les chiffres cités par Ebra dans sa communication. Construit à coup d’opérations de croissance externe, Keleops détient en effet quelques marques fortes, avec 01net (le site, pas le magazine papier, liquidé en 2024), Journal du Geek, Presse Citron et iPhon, ainsi que Gizmodo et Kotaku outre -Atlantique. Le groupe joue lui aussi la carte de la complémentarité entre ses marques, et décline auprès de ses clients annonceurs une palette d’outils publicitaires basée sur le triptyque affiliation, display (bannières) et brand content (contenus sponsorisés).

Derrière ces deux leaders revendiqués (en audience), qui reste-t-il ? Un temps passé par le groupe TF1, le spécialiste historique du test et de la recommandation produit Les Numériques fait depuis 2022 partie du large portefeuille de marques du groupe Reworld Media.

Le groupe Galaxie Media, qui édite notamment Tom’s Guide et Tom’s Hardware France, fait toujours figure d’indépendant, mais les chiffres consultés par Next font état d’une trajectoire descendante, confirmée par la cession, actée fin 2022, de ses marques Phonandroid et Papergeek à CCM Benchmark. Cette filiale du groupe Figaro opère sur un univers bien plus diversifié que la tech, mais elle agrège tout de même, elle aussi, des audiences significatives sur le secteur grâce à ses médias, dont le JDN ou L’Internaute, et ses services (Ariase, DegroupTest et d’autres).

Arrivent ensuite les indépendants. Dans le lot, on peut bien sûr citer MacG, qui a récemment lancé un appel à soutien, entendu par ses lecteurs, et cultive un modèle économique hybride basé sur un mélange d’abonnement, de publicité, et de vente de contenus ou de services. La scène plus spécifiquement hardware, marquée par la transformation de quelques marques historiques en sites zombies générés par IA, compte elle aussi quelques projets qui se maintiennent, comme Cowcotland ou Comptoir du Hardware, ou se développent, à l’image de HardwareandCo, fondé par quelques déçus du précédent.

Et puis il y a Next, bien sûr, qui cultive son sillon à contre-courant, mais c’est une autre histoire 😉

NB : l’auteur de cet article a été journaliste pour Clubic entre 2006 et 2016.

☕️ TikTok US : l’accord pour éviter l’interdiction aux États-Unis est en place

23 janvier 2026 à 09:04

Sur le site de TikTok.com, la coentreprise basée aux États-Unis TikTok USDS a annoncé sa création. Elle doit sécuriser les données, les applications et les algorithmes des utilisateurs états-uniens « grâce à des mesures de confidentialité des données et de cybersécurité ».

Cette création confirme l’accord annoncé en interne à l’entreprise en décembre dernier. Ainsi ByteDance obtient bien 19,9 % de la nouvelle entité. Les Américains Oracle et Silver Lake et l’émiratie MGX auront chacune 15 % de cette coentreprise. Le reste est complété par un consortium d’investisseurs. Petite surprise française parmi ceux-ci, puisque la holding NJJ de Xavier Niel apparaît dans la liste.

L’annonce affirme que cette coentreprise va protéger les données américaines sur un environnement de cloud d’Oracle basé aux États-Unis. Elle doit aussi « ré-entraîner, tester et mettre à jour l’algorithme de recommandation de contenu sur les données des utilisateurs américains ». Celui-ci tournera sur l’environnement d’Oracle. C’est elle qui sera responsable de la politique de sécurité et de la modération.

Adam Presser, qui était responsable des opérations mondiales du réseau social chinois, devient CEO de la co-entreprise dont le CTO est Will Farrell qui était jusque-là responsable de la sécurité des données de TikTok US.

Dans un message sur TruthSocial, Donald Trump s’est dit « tellement content » et a affirmé que TikTok « appartiendra désormais à un groupe de grands patriotes et investisseurs américains, le plus important au monde ». « Je tiens également à remercier le président Xi, de Chine, pour avoir collaboré avec nous et, finalement, approuvé l’accord », ajoute-t-il.

Un responsable de la Maison-Blanche a assuré à Reuters que l’accord avait été approuvé par les gouvernements américains et chinois.

La création de cette coentreprise devrait finaliser une affaire relancée par Joe Biden en 2023, après que Donald Trump eut déjà évoqué des menaces d’interdiction de TikTok sur le sol états-unien lors de son premier mandat.

☕️ Microsoft publie son outil de développement Winapp CLI en preview

23 janvier 2026 à 08:29

Microsoft a publié jeudi une première version de test publique (public preview) d’un nouvel outil baptisé Windows App Development CLI, abrégé en Winapp. Adressé aux développeurs d’applications Windows, il permet de travailler en ligne de commande en disposant d’un accès direct et simplifié aux interfaces de programmation et composants nécessaires au fonctionnement sur l’OS de Microsoft. « Cet outil comble le fossé entre le développement multiplateforme et les capacités natives de Windows », promet l’éditeur sur le Github dédié au projet.

« L’interface Winapp est spécialement conçue pour les frameworks multiplateformes et les développeurs travaillant en dehors de Visual Studio ou MSBuild. Que vous soyez un développeur web utilisant Electron, un développeur C++ expérimenté avec CMake, ou un développeur .NET, Rust ou Dart créant des applications pour Windows, l’interface de ligne de commande simplifie les complexités du développement Windows, de la configuration de votre environnement à la création des packages pour la distribution », détaille encore Microsoft dans un billet d’annonce.

Microsoft a publié le 22 janvier la préversion de winapp CLI

Entre autres avantages, l’éditeur met par exemple en avant la rapidité de mise en oeuvre d’un nouveau projet, avec la commande init qui permet de configurer automatiquement l’environnement, télécharger les paquets nécessaires, etc. Ou la simplicité de gestion des identités Windows grâce à l’intégration, en une ligne, de Package Identity, le composant qui sous tend la plupart des API du système.

Le projet, publié sous licence MIT, est ouvert à la fois aux contributions tierces et aux retours des utilisateurs.

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