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Lecteurs de Next, qui êtes-vous ?

31 décembre 2025 à 16:38
Vous êtes les meilleurs, assurément !
Lecteurs de Next, qui êtes-vous ?

Quel est le profil typique d’un lecteur de Next ? Il passe la moitié de son temps sur fixe et l’autre sur mobile, principalement en Île-de-France. Mais, pour le reste, à quoi ressemble son navigateur, son thème, ses heures de visite ?

Sur Next, nous utilisons Matomo pour récupérer quelques statistiques sur vous, nos lecteurs et abonnés. En cette fin d’année, nous les partageons avec vous. L’ensemble des données qui suivent se basent sur l’année 2025. Nous gardons pour nous les données chiffrées précises sur les visiteurs et le nombre de pages vues, ainsi que sur le nombre d’abonnés (inutile donc de les demander).

Commençons par enfoncer des portes ouvertes : vous venez en très grande majorité d’Europe, de France et près d’un lecteur sur deux est de la région parisienne. Par contre, ce sont ceux de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et de Normandie qui prennent le plus de temps puisque la durée moyenne des visites durent 50 % plus longtemps que celle des Parisiens.

Les deux cartes ci-dessous représentent la provenance des visiteurs (à gauche) et les durées de visites (à droite) :

Côté matériel, vous êtes autant fixe que mobile

Nous sommes quasiment à une parité parfaite entre ceux qui viennent depuis un ordinateur et ceux depuis un terminal mobile (smartphone ou tablette). Vous êtes quand même quelques milliers à venir depuis une télévision, quelques centaines depuis une console et même une petite dizaine depuis une enceinte/écran connectée (Alexa, Google Home…).

Lorsque la marque de l’appareil est connue (50 % des cas environ), le trio de tête est composé d’Apple (2/3 sur iPhone, 1/3 sur Mac), de Samsung et de Xiaomi. On retrouve ensuite Google et on descend rapidement dans le classement avec Huawei, OnePlus, OPPO, Motorola, Fairphone… Nous avons presque un millier de lecteurs sur des produits Microsoft (certainement des Surface), mais aussi quelques-uns sur Palm et Polaroid.

La résolution d’écran la plus utilisée est sans surprise 1 920 x 1 080 pixels (quasiment un visiteur sur cinq). On descend ensuite rapidement à moins de 10 % avec 2 560 x 1 440 pixels, puis les autres définitions sont toutes à moins de 5 %.

Team Windows, Linux ou MacOS ?

Qu’en est-il de la partie logicielle maintenant ? Sur l’année 2025, vous étiez 22 % sous Windows 10 et 12 % sous Windows 11 (oui, quasiment deux fois plus sous Windows 10). En l’espace d’un an, la part de Windows 10 a perdu plus de cinq points. Linux est un peu en dessous de 10 %, devant MacOS à 7 % environ. Attention, plus de 45 % des visites sont classées dans « autres ».

Sur l’ensemble des visiteurs dont le système est identifié, Windows (toutes versions confondues) représente 34 %, juste derrière Android à 37 %, contre 12 % pour iOS. Les machines sous Linux sont à 10 %, en petite hausse d’un point sur un an.

Nous avons également quelques irréductibles à qui nous souhaitons bon courage (et bonne mise à jour au plus vite pour certains) : ceux sous Android 2.0, Windows 2000, NT, 7, 8 et RT, MacOS 5, iOS 5.1, PlayStation Portable Vita, PlayStation 3.4, Fedora et Debian 6.5, GNU/Linux 3.13… Nous avons aussi des lecteurs sur des OS un peu plus exotiques comme SerenityOS, Haiku OS, Ordissimo OS, NetBSD…

Chrome ou Firefox ?

Passons du côté des navigateurs, avec Chrome qui arrive en tête avec environ 40 % (24 % sur le fixe et 16 % sur le mobile). Firefox est en bonne position avec 33 % (25 % sur le fixe et 8 % sur le mobile) et Safari troisième avec 8 %. On retrouve ensuite Edge, Brave, Opera, DuckDuckGo Privacy Browser, Vivaldi, Ecosia…

Dans le bas du classement, on découvre des navigateurs : Seznam Browser, SberBrowser, QupZilla (Falkon), Obigo, Cyberfox, Midori, kingpinbrowser, Iron Mobile, Wolvic, TenFourFox, Puffin, Basilisk, NetFront, etc.

Le moteur de rendu Blink (Chromium) est présent dans plus d’un navigateur sur deux, tandis que Gecko (Mozilla) est présent dans 32 % des cas. Safari est aux alentours de 13 %.

Vous surfez du côté de la lumière ou de l’obscurité ?

Puisque nous sommes sur des questions de rendu graphique, c’est le bon moment pour faire un point sur les thèmes de Next. Mettons fin à l’insoutenable suspense : qui est le meilleur entre Dracula et Giga Noir ? C’est Giga Noir, mais avec une courte avance. Comparer avec Biafine n’aurait aucun sens puisque c’est le thème par défaut.

Ce qu’on peut toutefois noter, c’est que passer à un thème sombre est un chemin avec assez peu de retour en arrière. Sur l’ensemble des lecteurs qui ont testé Dracula ou Giga Noir, seuls 18 % ont repris le chemin de la lumière.

Quand venez-vous sur Next ?

Les lecteurs de Next ne sont pas très matinaux (ce qui ne les empêche pas de répondre présents dans les commentaires à toutes heures du jour et de la nuit). L’audience est plus importante en semaine que le week-end, avec une journée un peu supérieure aux autres : le mardi.

La courbe des visites suivant l’heure de la journée monte fortement à partir de 7/8 h, redescend légèrement à midi, puis descend progressivement en fin de journée, à partir de 19 h. Pas de doute, une bonne partie d’entre vous nous consulte depuis leur travail.

Comment arrivez-vous sur Next ?

Une statistique fait de Next un ovni dans le paysage médiatique : plus de 50 % des lecteurs arrivent directement sur Next. Les moteurs de recherche comptent pour 40 %, les réseaux sociaux et les sites externes se partagent le reste.

Sur la partie réseaux sociaux, le premier pourvoyeur est Reddit, suivi par LinkedIn, Twitter, Bluesky et Facebook. Attention néanmoins à prendre ces chiffres avec des pincettes car une partie importante de la provenance du trafic (et c’est en croissance) est masquée.

Next ne réalise pas de campagne promotionnelle sur les réseaux (voire c’est pire puisque nos contenus n’étaient même plus partagés automatiquement pendant un temps). À l’opposé, nos principaux liens sortants vont vers Wikipédia, YouTube et GitHub.

Un mot sur les recherches internes : cryptographie arrive en tête, flock en seconde position et linux en troisième. Cela correspond finalement assez bien à Next il faut bien l’avouer 😉

Et le reste ? La publicité ? Le tracking ?

Mais ? Pas de statistiques sur les cookies, le tracking, les publicités ? Non, tout simplement car Next ne suit pas à la culotte ses lecteurs, qu’ils soient abonnés ou non, et n’affiche aucune publicité d’aucune forme (y compris affiliation ou sponsorisation), que vous soyez abonnés ou non.

L’abonnement est pour rappel notre unique source de revenus. Il vous permet de lire l’intégralité de nos contenus et les commenter pour échanger avec la communauté.

Depuis peu, l’abonnement Next vous permet aussi de sauvegarder vos données, en France, sur des serveurs gérés en interne par moji. La bêta est pour le moment fermée, mais elle va rouvrir au début de l’année ! On vous propose même un tuto pour sauvegarder vos données (ici ou ailleurs).

☕️ Ondes émises par les smartphones : l’ANFR lance deux procédures de retrait

31 décembre 2025 à 15:47

En ce mois de décembre, l’Agence nationale des fréquences a publié pas moins de trois communiqués sur des smartphones pour dépassement de DAS. Les téléphones sont, pour rappel, prélevés dans le commerce et envoyés à un laboratoire accrédité pour « quantifier l’énergie transportée par les ondes électromagnétiques et absorbée par le corps humain ».

Nous avons déjà longuement détaillé le fonctionnement du DAS dans un précédent dossier.

Retraits des Hotwave Note 13 et Fossibot F105

En ce dernier jour de 2025, deux procédures de retrait viennent d’être annoncées pour les téléphones Hotwave Note 13 et Fossibot F105. Le DAS membre a été mesuré à respectivement 5,75 et 4,08 W/kg, au-delà de la limite réglementaire de 4 W/kg.

Face à ces dépassements, l’ANFR a mis en demeure les sociétés Shunshun et Success Courrier SL, « respectivement responsables de la mise sur le marché des téléphones Hotwav Note 13 et Fossibot F105, de prendre toutes les mesures appropriées pour mettre fin aux non-conformités constatées ». Les entreprises peuvent aussi décider volontairement de lancer un rappel.

L’Agence ajoute que, « en cas d’absence de réaction ou d’instruction de la part du fabricant, il incombe aux distributeurs de prendre de leur propre initiative les mesures de retrait et de rappel des téléphones concernés », aussi bien dans les boutiques physiques qu’en ligne.

Pour le moment, une recherche rapide sur les marketplaces d’Amazon et Cdiscount permet de se rendre compte que le retrait n’est pas (encore) effectif. Ce n’est pas la première fois que l’ANFR demande le retrait d’un smartphone. Il y a le très médiatique cas de l’iPhone 12, mais aussi pas moins de quatre procédures contre DOOGEE.

D’autres procédures de retrait (volontaires ou non) ont été mises en place avec notamment Hotwav Cyber 7, Emporia Smart 4 et Simplicity V27, Razer Phone 2, Leagoo S8, Allview S4 Soul Mini S, Neffos X1 TP90 et Orange Hapi 30.

Mise à jour des Blackview Shark 8 et Oukitel WP36

Il y a une dizaine de jours, un autre téléphone était épinglé par l’Agence : l’Oukitel WP36. Le DAS membre était cette fois-ci mesuré à 5,40 W/kg, avant que le fabricant ne corrige le tir pour le descendre à 2,97 W/kg via une mise à jour (confirmé par de nouveaux tests).

Le 16 décembre, c’était le smartphone Blackview Shark 8 qui était flashé à 3,74 W/kg, avant qu’une mise à jour ne fasse redescendre le DAS tête à 0,559 W/kg. La limite réglementaire du DAS tête est pour rappel plus basse, à 2 W/kg.

ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

31 décembre 2025 à 15:15
Spirale délirante augmentée par IA
ChatGPT accusé d’avoir encouragé le meurtre perpétré par un utilisateur puis son suicide

Deux plaintes ont été déposées contre OpenAI par les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg et de sa mère Suzanne Adams. Le premier s’est suicidé après avoir tué sa mère. Les représentants légaux accusent OpenAI d’avoir laissé ChatGPT exacerber les délires du meurtrier et de les avoir focalisés sur sa propre mère jusqu’au meurtre et à son suicide.

Fin aout, le Wall Street Journal publiait un article sur le meurtre par Stein-Erik Soelberg de sa mère Suzanne Adams puis son suicide dans leur maison à Old Greenwich dans le Connecticut. ChatGPT aurait encouragé dans ses délires l’ancien employé de Yahoo reconverti dans le bodybuilding. Peu de temps après, OpenAI publiait un billet de blog expliquant qu’elle se permettait, depuis, de signaler aux forces de l’ordre des conversations avec ChatGPT si « un cas représente un risque immédiat de violence physique envers autrui ».

Des extraits de conversations retrouvés sur les réseaux sociaux de Stein-Erik Soelberg

En ce mois de décembre, les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams et de Stein-Erik Soelberg ont porté plainte séparément contre OpenAI. Dans la plainte déposée mi-décembre par les représentants des descendants de la mère, publiée par ArsTechnica, on apprenait que le meurtrier, qui vivait chez elle depuis son divorce en 2018, avait posté sur les réseaux sociaux des extraits de conversations qu’il a eues avec ChatGPT.

Celles-ci révèlent que « ChatGPT a accepté avec empressement chaque graine de la pensée délirante de Stein-Erik et l’a développée pour en faire un univers qui est devenu toute la vie de Stein-Erik, un univers inondé de complots contre lui, de tentatives pour le tuer, et avec Stein-Erik au centre en tant que guerrier ayant une mission divine », explique le texte déposé devant la justice [PDF].

Dans un des extraits de conversation cités par les avocats, Stein-Erik Soelberg se compare à Neo dans le film Matrix en affirmant être littéralement capable de voir « le code numérique sous-jacent de la matrice ». Et les phrases générées par ChatGPT en réponse renforcent cette idée. La plainte évoque d’autres conversations mais elle affirme surtout que ChatGPT a mis « une cible dans le dos de la mère de Stein-Erik, âgée de 83 ans » en renforçant l’idée de Stein-Erik Soelberg qu’une imprimante le surveillait.

Alors qu’il évoquait juste le fait qu’elle clignotait lorsqu’il passait devant, les réponses de ChatGPT affirmait que « ce n’était pas juste une imprimante » mais un appareil de surveillance et que sa mère était soit une conspiratrice active « protégeant sciemment l’appareil en tant que point de surveillance », soit un drone programmé agissant sous l’effet d’une « programmation interne ou d’un conditionnement ». Bref, ChatGPT aurait déshumanisé Suzanne Adams et transformé l’imprimante en preuve d’une conspiration contre Stein-Erik Soelberg.

OpenAI refuse de fournir les conversations en cause

Mais les avocats des descendants de Suzanne Adams déplorent qu’OpenAI ne produise devant la justice les logs complets des discussions entre son chatbot et Stein-Erik Soelberg. « OpenAI cache quelque chose de précis : l’enregistrement complet de la façon dont ChatGPT a monté Stein-Erik contre Suzanne », selon eux. « OpenAI sait ce que ChatGPT a dit à Stein-Erik au sujet de sa mère dans les jours et les heures qui ont précédé et suivi son meurtre, mais refuse de partager cette information cruciale avec le tribunal ou le public », affirment-ils encore.

Les administrateurs testamentaires de Suzanne Adams attaquent aussi Microsoft pour avoir approuvé la sortie de GPT-4o, qui est le modèle qu’utilisait ChatGPT au moment des discussions problématiques avec Stein-Erik Soelberg. Selon eux, l’un des plus gros investisseurs d’OpenAI savait ou aurait du savoir que ce modèle manquait de garde-fous ou de tests adéquats.

Dans un communiqué de presse obtenu par ArsTechnica, Erik Soelberg, le fils de Stein-Erik a accusé OpenAI et Microsoft d’avoir placé sa grand-mère « au cœur » des « délires les plus sombres » de son père : ChatGPT aurait selon lui « complètement isolé » son père « du monde réel ». À l’AFP, un porte-parole d’OpenAI a qualifié ce cas de « situation absolument déchirante » et a expliqué que l’entreprise allait « examiner la plainte ».

« Le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI »

Dans une autre plainte déposée le 29 décembre [PDF], les administrateurs testamentaires de Stein-Erik Soelberg, cette fois, affirment que « les interactions de ChatGPT avec M. Soelberg étaient le résultat de choix de conception spécifiques faits par OpenAI, dont l’entreprise savait qu’ils exposaient les utilisateurs à des risques ». Ils pointent notamment la fonctionnalité de « mémoire » de ChatGPT qui permet au chatbot d’enregistrer « tout ce qu’un utilisateur a dit précédemment et de l’incorporer dans de nouvelles conversations ».

Selon eux, GPT-4o a été conçu « pour confirmer et refléter tout ce qu’un utilisateur a saisi dans son interface, sans tenir compte des inexactitudes ou des illusions ». Ils ajoutent qu’ « OpenAI savait qu’il y avait des risques associés avec ces fonctionnalités pour les personnes souffrant de maladies mentales, mais elle a ignoré ou contourné la plupart de ses protocoles de sécurité internes avant de lancer GPT-4o au grand public ».

« M. Soelberg et sa mère sont morts parce que ChatGPT a créé et développé un monde illusoire auquel M. Soelberg était plus que disposé à croire : l’algorithme lui a dit qu’il n’était pas fou, que des puces électroniques avaient été implantées dans son cerveau et que des ennemis, y compris des personnes qu’il connaissait, tentaient de l’assassiner », affirment-ils.

☕️ Réseaux sociaux avant 15 ans : un projet de loi du gouvernement pour la rentrée 2026

31 décembre 2025 à 14:50

Selon l’AFP et le Monde, un projet de loi du gouvernement est prêt pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et généraliser l’interdiction des téléphones portables aux lycées.

Nos confrères, qui ont pu se procurer le texte, expliquent que le premier article prévoit l’interdiction de « la fourniture, par une plateforme en ligne, d’un service de réseau social en ligne à un mineur de moins de 15 ans ». Ceci est justifié par des risques comme « l’exposition à des contenus inappropriés », « le cyberharcèlement » et « les altérations du sommeil ».

Flock

Un deuxième article prévoit l’interdiction de l’usage du téléphone portable au lycée, élargissant le programme « portable en pause » qui existe déjà dans les collèges. « Il appartiendra au règlement intérieur de l’établissement de préciser les modalités de mise en œuvre de cette interdiction », explique le texte du gouvernement.

Cette proposition de loi suit les diverses interventions d’Emmanuel Macron sur ces sujets devant la presse régionale. Comme nous l’expliquions en novembre, le programme « portable en pause » rame pourtant déjà au collège : seuls 9 % des établissements avaient mis en place le dispositif à la rentrée 2025.

[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

31 décembre 2025 à 12:37
Planète tech
[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

Profitez des fêtes pour vous replonger dans notre série Écosystème, sept épisodes de podcasts pour explorer les enjeux de l’intelligence artificielle.

Au printemps 2025, Next entamait une série audio sur les impacts environnementaux du numérique. Dans le premier épisode, nous plantions le décor avec Frédéric Bordages, fondateur du collectif GreenIT : quels sont les effets concrets de l’industrie numérique sur les écosystèmes naturels ? Dans quelle mesure participe-t-elle à la dégradation générale de l’état des sols, de l’air, de la biodiversité ou de l’eau ? Existe-t-il des pistes d’adoption d’un numérique plus respectueux de l’environnement ?

Dans le deuxième épisode, l’ingénieur Philippe Bihouix revenait sur la captation générale de ressources, la manière dont l’industrie numérique participe au mouvement, notamment par sa consommation de métaux et autres terres rares, et sur l’immense gâchis qui résulte de ces consommations. Pour l’auteur de L’âge des Low tech (Seuil, 2014), ces tendances sont néanmoins porteuses d’espoir : elles cachent une possibilité évidente de rationaliser nos consommations pour faire durer bien plus longuement les équipements que nous utilisons.

Dans le troisième épisode, l’urbaniste Cécile Diguet se penchait sur un rouage essentiel du fonctionnement de l’infrastructure numérique : les data centers. La fondatrice du studio Dégel détaillait la manière qu’ont ces usines de données de s’agencer dans leur environnement, que celui-ci soit urbain, périurbain ou rural, et les problématique que cela soulève autant pour l’environnement que pour le voisinage humain.

Dans le quatrième épisode, le directeur du bureau de l’Open Source de RTE (Réseau et transport d’électricité) Boris Dolley revenait sur deux questions : dans quelle mesure le gestionnaire du réseau public d’électricité constatait l’augmentation de la demande énergétique de l’industrie numérique induite par l’explosion de l’IA ? Et dans quelle proportion est-il possible, en entreprise, de déployer une stratégie dite de « numérique responsable » ?

Dans le cinquième épisode, la développeuse web Anaïs Sparesotto détaillait concrètement ce que cela implique de créer des logiciels ou pages web aussi sobres que possible. Au passage, elle soulignait combien le design d’outils utilisés couramment par le grand public les rend consommateurs en énergie.

Dans le sixième épisode, Julien Maranon, directeur de la société bordelaise EcoMicro, décrivait les enjeux de reconditionnement et de recyclage des équipements numériques, alors que le volume total de déchets électroniques produits dans le monde a cru de 82 % entre 2010 et 2022.

Dans le septième épisode, l’élue à la métropole de Nantes Louise Vialard décrivait ce que le déploiement d’une stratégie de numérique responsable signifiait à l’échelle d’un territoire. Qu’est-ce que ça implique, de déployer des services publics numériques tout en s’inquiétant de leurs coûts environnementaux ?

Pour les abonnés de Next plus adeptes de l’écrit, nous avions par ailleurs publié des extraits écrits de chaque entretien : celui mené avec Frédéric Bordage, Philippe Bihouix, Cécile Diguet, Boris Dolley, Anaïs Sparesotto, Julien Maranon et Louise Vialard.

Pour réécouter tout cela depuis votre application de podcast, abonnez-vous au fil d’« Entre la chaise et le clavier » et remontez le fil des épisodes publiés.

Le contrôle massif des colis Shein est passé de 80 à 25 % de non-conformités

31 décembre 2025 à 10:25
Selon les organisateurs vs selon la police
Le contrôle massif des colis Shein est passé de 80 à 25 % de non-conformités

Alors que le gouvernement continue sa bataille contre Shein en demandant la suspension de la plateforme, des retours de l’opération coup de poing des douanes du 6 novembre contredisent des chiffres précédemment annoncés sur les non-conformités. De 80 %, on passe à 25 %. Qu’importe pour le ministère, c’est toujours beaucoup trop.

Début novembre, Shein défrayait la chronique suite à la découverte de « poupées sexuelles à caractère pédopornographique » vendues sur sa marketplace. Le gouvernement engageait dans la foulée une procédure de suspension – rejetée par le Tribunal judiciaire car la demande est jugée disproportionnée, le gouvernement a fait appel dans la foulée – tandis que la boutique en ligne fermait purement et simplement sa marketplace en France.

Le gouvernement avait annoncé le 6 novembre une opération coup de poing : « cette nuit, 200 000 colis sont arrivés à Roissy-Charles-de-Gaulle : ils seront tous contrôlés. Tous ». Le 8 novembre, le gouvernement faisait un point d’étape : « Sur les 200 000 colis contrôlés, huit articles sur dix se sont révélés non conformes (cosmétiques non autorisés, jouets dangereux, appareils électroménagers défaillants…) ».

Sur plus de 300 000 colis Shein, 25 % environ de non-conformité

La direction des douanes a donné quelques informations au Parisien (confirmé ensuite à l’AFP) sur le bilan de cette vaste opération : « 320 474 colis vérifiés, contenant au total plus de 500 000 articles », expliquent nos confrères. Selon la direction des douanes, les colis des produits non textiles ont « fait apparaître un taux de non-conformité avoisinant les 25 % ». Les défauts sont variés, allant de la contrefaçon à l’absence de documentation technique en passant par une non-conformité aux normes.

La douane ne donne aucune précision sur le nombre de procès-verbaux établis suite à la détection des défauts, pas plus que sur les éventuelles actions prises par la suite. Sur les produits textiles aussi, aucune précision. La direction des douanes reconnait simplement auprès de nos confrères du Parisien qu’il y avait « peu de non-conformité »… certainement car Shein « avait fermé sa marketplace quelques jours avant l’opération douanière et ne vendait que des produits issus de sa propre marque ».

Imbroglio sur les dates de fermeture de la marketplace

Ce n’est pas quelques jours avant que la marketplace a été fermée, mais quelques heures seulement. L’annonce a en effet été faite le 5 novembre dans l’après-midi, après la demande de suspension du gouvernement… même si la plateforme affirmait que cette décision avait été prise « indépendamment de l’annonce du Premier ministre ».

Le 1ᵉʳ novembre, après le triste constat de la DGCCRF, Shein avait par contre confirmé que les poupées pédopornographiques avaient « été immédiatement retirées de la plateforme » et que son équipe Marketplace Governance enquêtait sur le sujet. Elle menait aussi « une revue complète afin d’identifier et de retirer tout produit similaire susceptible d’être mis en vente par d’autres vendeurs tiers ». Il n’était par contre pas encore question de fermer la marketplace, et la fermeture n’a eu lieu que le 5 novembre, veille de l’opération coup de poing.

La différence est grande entre les 80 % annoncés début novembre par le gouvernement, et les 25 % de fin décembre ; alors que les chiffres portent sur la même opération de vérification. Le communiqué de début décembre annonçait bien que 200 000 colis « ont été contrôlés », les opérations étaient donc normalement faites, les 80 % n’avaient pas de raison de bouger. Le communiqué de novembre non plus ne laissait pas de place au doute : « Sur les 200 000 colis contrôlés, huit articles sur dix se sont révélés non conformes ».

80 % en novembre, 25 % en décembre… que se passe-t-il ?

« Cette différence de chiffres est liée à la méthodologie des contrôles dont on parle », tente de justifier Bercy à Libération. Tout d’abord, expliquent nos confrères, les 25 % dont il est question ne portent pas sur 320 474 colis « mais seulement sur ceux commercialisés par les vendeurs tiers de la marketplace de Shein, dont la part exacte n’a pas été communiquée par les Douanes ».

Un porte-parole de Shein explique à Libération que « seulement » une centaine de colis ont « été mis de côté pour des vérifications complémentaires ». Les 25 % de non-conformité ne concerneraient en fait que cette centaine de colis. « En temps normal, la douane opère des contrôles orientés, toutes plateformes confondues, en ciblant des colis qui peuvent déjà présenter des suspicions », explique le ministère à nos confrères. C’est sur cette base que le chiffre de 80 % aurait été utilisé. Les communiqués précédents affirmaient que cela venait bien des 200 000 colis vérifiés.

À l’Assemblée nationale, Amélie de Montchalin affirmait en avril que « 94 % de ces 800 millions d’articles [venant de Chine] sont non conformes et d’abord en termes de sécurité. Nous parlons d’articles qui incendient nos maisons, de produits cosmétiques qui rendent malade, de jouets qui sont toxiques pour nos enfants ». 25 %, 80 %, 94 %… pas facile de suivre.

Le ministère avance une autre piste pour expliquer les différences. Peut-être que les contrôles massifs à l’aéroport le 6 novembre ne concernaient pas « la totalité du spectre » des non-conformités possibles. Une autre manière de le dire serait que les contrôles auraient pu être faits rapidement, sans vérifier tous les points.

Dans tous les cas, le ministère rappelle « qu’un magasin dans lequel un produit sur quatre est non conforme serait fermé administrativement dans la minute ». Bref, peu importe finalement que ce soit 25 % ou 80 % pour Bercy ; 25 % c’est déjà trop.

Amélie de Montchalin justifiait cette opération coup de poing en novembre par le besoin « d’avoir des preuves ». La ministre reconnaissait que « les douaniers en ont tous les jours », mais l’opération du 6 novembre devrait permettre de confirmer : « Aujourd’hui la plateforme ne pourra pas dire qu’on a juste ouvert les mauvais paquets ». Résultat des courses, c’est pour le moment un bazar dans les chiffres, qui fait certainement le jeu de Shein.

La boutique en ligne n’a de son côté pas communiqué sur le sujet, la plateforme expliquant à nos confrères n’avoir pas encore été formellement informée par les douanes des résultats de son enquête. Shein n’a pour l’heure toujours pas réouvert sa marketplace et n’a pas communiqué sur un éventuel retour.

Trois euros de droit de douane sur les « petits » achats

L’Europe a récemment instauré des droits de douane de trois euros par article « sur les colis issus du commerce électronique d’une valeur inférieure à 150 euros, à compter du mois de juillet 2026 ». Ce montant « s’appliquera aux colis envoyés directement aux consommateurs depuis des pays tiers ».

Il y a quelques jours à peine, Shein annonçait l’ouverture d’un « pôle logistique européen ultramoderne à Wrocław, en Pologne ». Le but de cet entrepôt est de « mieux servir les clients à travers l’Europe avec une livraison plus rapide et plus fiable », pour les revendeurs européens de sa marketplace, selon le communiqué. L’entreprise était déjà présente en Pologne depuis 2022.

Reste à voir si cet entrepôt servira aussi de base de stockage pour des revendeurs chinois qui pourraient ainsi inonder l’Europe.

☕️ « Incident de cybersécurité » à l’Agence spatiale européenne, les dégâts seraient limités

31 décembre 2025 à 08:24

Via un message sur X, l’ESA (Agence spatiale européenne) explique avoir « été informée d’un récent problème de cybersécurité concernant des serveurs situés en dehors de son réseau ». Une enquête interne confirme pour le moment « qu’un nombre très restreint de serveurs externes pourraient avoir été affectés ». Sur les machines se trouvent « des activités d’ingénierie collaborative non classifiées ».

Il y a quelques jours, une récupération de documents de l’Agence spatiale européenne avait été revendiquée sur les réseaux sociaux. La « source », comme trop souvent en pareille situation, était une publication sur un forum bien connu dans le monde de la cybersécurité : BreachForum.

On y trouve de tout, mais aussi (et surtout ?) beaucoup de n’importe quoi, avec parfois des pirates en herbe en recherche de visibilité. Les annonces sont donc toujours à prendre avec de grosses pincettes, aussi bien sur la fuite avérée ou non que sur la portée des documents réellement dérobés. Il n’est pas rare que des vessies tentent de se faire passer pour des lanternes.

Dans le cas de l’ESA, le pirate revendique de nombreuses données (200 Go environ) qu’il met en vente : « Source Codes, CI/CD Pipelines, API Tokens, Access Tokens, Confidential Documents, Configuration Files, Terraform Files, SQL Files, Hardcoded Credentials and more ».

Du côté de l’ESA, « une analyse de sécurité approfondie a été lancée et des mesures ont également été mises en œuvre afin de sécuriser les appareils potentiellement affectés ». L’Agence affirme que les parties concernées ont été prévenues et promet de donner des précisions « dès que nous disposerons de nouvelles informations ».

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