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Plus de 20 % des contenus recommandés par YouTube sont générés par IA

29 décembre 2025 à 17:11
La merdification plaît, et paie
Plus de 20 % des contenus recommandés par YouTube sont générés par IA

Les contenus générés par des intelligences artificielles sans réel contrôle continuent d’inonder Internet. Ce phénomène n’épargne évidemment pas les réseaux sociaux et plateformes de streaming. Une étude révèle l’étendue des dégâts sur YouTube.

Plus de 20 % des vidéos recommandées par l’algorithme de YouTube aux nouveaux utilisateurs sont des « AI slop » (ou bouillie d’IA en français), du nom donné à ces contenus bas de gamme générés par intelligence artificielle et conçus pour cumuler les vues afin de les monétiser par la publicité, rapporte The Guardian..

AI Slop sur YouTube : des millions d’abonnés, des milliards de vues

La société de montage vidéo Kapwing a en effet analysé 15 000 chaînes YouTube (les 100 plus populaires de chaque pays), et constaté que 278 ne contenaient que de l’AI slop. Elles avaient accumulé plus de 63 milliards de vues, et combinaient 221 millions d’abonnés, pour des revenus cumulés estimés à 117 millions de dollars par an.

Les chiffres varient en fonction des pays. Plus de 20 millions de personnes sont abonnées aux 8 chaînes d’AI slop espagnoles, 18 millions aux 14 chaînes égyptiennes, et 14,5 millions aux neuf chaînes états-uniennes. Kapwing ne précise pas combien de chaînes françaises figurent dans le Top100 de YouTube, mais indique que la France arrive en 16ᵉ position (sur 20) avec 4 millions d’abonnés.

La France ne figure pas, par contre, dans le classement des pays enregistrant le plus grand nombre de vues, dominé par la Corée du Sud (8,45 milliards de vues, dont plus de 2 milliards par une seule chaîne, lui permettant de générer 4 millions de dollars de revenus par an), suivie par le Pakistan (5,3) et les États-Unis (3,4), l’Espagne y figurant en cinquième position avec 2,5 milliards de vues.

Classements des chaînes YouTube d’AI slop cumulant le plus de vues et de revenus

Kapwing a également créé un nouveau compte YouTube, et constaté que 104 (21 %) des 500 premières vidéos recommandées dans son flux étaient des contenus AI slop. 165 (33 %) des 500 vidéos relevaient de la catégorie « brainrot » (littéralement « pourriture du cerveau » ou « pourriture cérébrale »), qui comprend les contenus AI slop et autres contenus de mauvaise qualité créés dans le but de monétiser l’attention.

Gagner de l’argent avec les pubs et les formations AI slop

« Il y a toute une foule de gens sur Telegram, WhatsApp, Discord et les forums qui échangent des conseils, des idées [et] vendent des cours sur la manière de créer du contenu suffisamment attrayant pour gagner de l’argent », explique au Guardian Max Read, un journaliste qui a beaucoup écrit sur le contenu généré par l’IA.

Nombre d’entre eux viennent de pays anglophones bénéficiant d’une connexion Internet relativement bonne, et où le salaire médian est inférieur à ce qu’ils peuvent gagner sur YouTube précise-t-il : « Il s’agit principalement de pays à revenu intermédiaire comme l’Ukraine, mais aussi de nombreux habitants de l’Inde, du Kenya, du Nigeria et d’un nombre important de Brésiliens ».

À l’instar de ce qui se passe avec les influenceurs et créateurs de contenus, si certains gagnent effectivement leur vie grâce à leurs chaines YouTube, Instagram, Snapchat, TikTok ou Facebook, une bonne partie en vivent en vendant des formations surfant sur la tendance, sans forcément vivre eux-mêmes de leurs propres chaînes.

« L’IA générative est un outil, et comme tout outil, elle peut être utilisée pour créer du contenu de haute ou de basse qualité », rétorque un porte-parole de YouTube au Guardian :

« Nous continuons à nous concentrer sur la mise en relation de nos utilisateurs avec du contenu de haute qualité, quelle que soit la manière dont il a été créé. Tout contenu téléchargé sur YouTube doit respecter nos règles communautaires, et si nous constatons qu’un contenu enfreint une politique, nous le supprimons. »

Voir aussi cet épisode du Dessous des images d’Arte consacré à l’AI slop et mis en ligne ce 28 décembre :

L’IA a encore enrichi les milliardaires de la tech, et en fait émerger 50 nouveaux

29 décembre 2025 à 14:35
Bulle run
L’IA a encore enrichi les milliardaires de la tech, et en fait émerger 50 nouveaux

En 2025, près de la moitié des 400 milliards de dollars d’investissements dans les startups ont été captés par des entreprises et start-ups liées à l’IA, générant une cinquantaine de nouveaux milliardaires. La fortune cumulée du Top10 des milliardaires de la tech’ a dans le même temps explosé de 550 milliards de dollars, en augmentation de 32 %, quand le S&P 500 ne progressait « que » de 18 %.

Les entreprises liées à l’IA ont capté près de 50 % de l’ensemble des financements mondiaux dédiés aux startups en 2025, contre 34 % en 2024, et 21 % en 2023, d’après les données collectées par Crunchbase. Au total, 202,3 milliards de dollars ont été investis dans les entreprises liées à l’IA en 2025, soit 75 % de plus que les 114 milliards de dollars investis en 2024, et 215 % de plus que les 64 milliards de 2023.

Ces levées de fonds massives ont aussi permis à une cinquantaine d’acteurs de l’IA de devenir milliardaires, relève Forbes. Les levées de fonds successives de 16,5 milliards de dollars enregistrées l’an passé par Anthropic ont ainsi valorisé l’entreprise à 61,55 puis 183 milliards, faisant entrer ses sept cofondateurs dans le cénacle des milliardaires.

Les investissements tout aussi massifs dans les centres de données liés à l’IA ont eux aussi générés une douzaine d’autres nouveaux milliardaires cette année. Dans le lot figurent les fondateurs de sociétés telles que Astera Lab (semiconducteurs), Fermi (foncière spécialisée), ISU Petasys (entreprise coréenne de semiconducteurs), Sanil Electric (transformateurs électriques), sans oublier Coreweave, spécialiste du cloud computing associé à plusieurs des projets d’OpenAI.

Sont également devenus milliardaires le fondateur de Surge AI, spécialisée dans l’étiquetage de données, ceux d’ElevenLabs, une start-up spécialisée dans la génération audio par IA, ceux de l’entreprise de « vibe coding » Lovable (qui vient de lever 330 millions de dollars et se targue d’avoir enregistré l’équivalent de 100 millions de dollars de revenu annuel récurrent en seulement huit mois), ou encore les trois co-fondateurs de la start-up Mercor, créée en 2023 et qui recrute des experts chargés d’évaluer et affiner les données pour le compte des grands laboratoires d’IA de la Silicon Valley. Âgés de seulement 22 ans, ils détrônent Mark Zuckerberg, qui était devenu milliardaire il y a près de 20 ans, à 23 ans.

La fortune du Top10 des milliardaires de la tech’ a explosé de 550 milliards de dollars

Les 10 milliardaires états-uniens les plus riches du secteur technologique ne sont pas en reste. Leur fortune combinée a en effet augmenté de plus de 550 milliards de dollars cette année, du fait de l’engouement des investisseurs pour les grandes entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle, relève le Financial Times.

D’après les données de Bloomberg, ils détenaient « près de 2 500 milliards de dollars en liquidités, actions et autres investissements » à la clôture de la Bourse de New York la veille de Noël, contre 1 900 milliards de dollars au début de l’année (soit + 31,6 %), quand le S&P 500 n’a grimpé « que » de plus de 18 % dans le même temps.

Les cofondateurs de Google détrônent ceux de Meta et Oracle

Elon Musk reste en tête du classement, avec une fortune nette ayant augmenté de près de 50 % pour atteindre 645 milliards de dollars. Et ce, alors qu’il a aussi conclu un plan de rémunération de mille milliards de dollars avec les actionnaires de Tesla, et que la valorisation de SpaceX a grimpé à 800 milliards de dollars.

Le FT relève également que Mark Zuckerberg et Larry Ellison d’Oracle ont été dépassés par les cofondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, grâce à leurs modèles d’IA et puces développés en interne.

Suivent en effet Larry Page (270 milliards de dollars,+ 61 %), Jeff Bezos (255 milliards ,+ 7 %), Sergey Brin (251 milliards ,+ 59 %), Larry Ellison (251 milliards,+ 31 %), Mark Zuckerberg (236 milliards ,+ 14 %), Steve Ballmer (170 milliards ,+ 16 %), Jensen Huang de NVIDIA (156 milliards , 37 %), Michael Dell (141 milliards ,+ 14 %).

Dernier du Top 10, Bill Gates (118 milliards ,- 26 %) est le seul à avoir vu sa fortune chuter d’un quart de sa valeur potentielle, du fait qu’il continue à vendre ses actions afin de financer ses activités philanthropiques, précise le FT.

Mark Zuckerberg passe de la 3e à la 6e position

Il note que d’autres ont profité de cette explosion des cours boursiers pour vendre une partie de leurs actions et empocher de substantiels gains. Les documents déposés auprès des autorités boursières montrent que Huang a ainsi cédé pour plus d’un milliard de dollars d’actions cette année, Michael Dell plus de 2 milliards et Jeff Bezos 5,6 milliards.

Mark Zuckerberg, PDG de Meta, est de son côté passé de la 3e à la 6e position du classement suite à la récente chute du cours de l’action du réseau social. Le FT l’explique du fait que les investisseurs s’inquiéteraient de ses « dépenses considérables » dans les infrastructures d’IA et des montants faramineux proposés pour débaucher les « meilleurs chercheurs en IA ».

Le cours de l’action d’Oracle explose, puis perd 40 %

Larry Ellison a pour sa part vu sa fortune personnelle monter en flèche après qu’Oracle a annoncé, il y a trois mois, un contrat de 300 milliards de dollars avec OpenAI pour la construction d’un centre de données. Depuis, rappelle le FT, les craintes concernant le financement de la construction de ce centre de données ont cela dit entraîné une chute de 40 % du cours de l’action Oracle par rapport à son pic de septembre.

Évolution du cours de l’action Oracle en bourse en 2025

Les dirigeants de la Silicon Valley ont certes tiré profit des centaines de milliards de dollars dépensés à l’échelle mondiale dans les puces, les centres de données et les produits liés à l’IA, « même si certains de leurs gains ont été réduits ces derniers mois en raison des inquiétudes suscitées par une bulle spéculative alimentée par l’IA », tempère le FT.

« Tout cela n’est que spéculation et dépend du succès de l’IA », résume Jason Furman, professeur d’économie à l’université Harvard et consultant pour la start-up OpenAI : « Il y a un énorme point d’interrogation quant à savoir si tout cela va porter ses fruits, mais les investisseurs parient que ce sera le cas. »

☕️ La Belgique annule le marché « i-police » de 299 millions d’euros attribué à Sopra-Steria

29 décembre 2025 à 07:57

Lancé en 2017, signé en 2021, le projet « i-Police » était censé « moderniser les outils informatiques de la police fédérale » belge. Mais, révèle Le Soir, « suite à une évaluation approfondie, j’ai décidé d’arrêter le projet », explique Bernard Quintin, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur.

« Les résultats sont loin des attentes », résume le cabinet du ministre, évoquant des « lacunes fondamentales dans l’exécution du marché public par le prestataire de services », à savoir le groupe français Sopra Steria, adossé à plusieurs partenaires.

Le Soir rappelle qu’il devait remplacer 80 applications existantes et « améliorer les services rendus aux citoyens ». Or, près de cinq ans plus tard, les 185 zones de police locales et les services fédéraux « doivent toujours composer avec une mosaïque de dizaines d’applications et de bases de données, dont certaines reposent sur des architectures héritées des années 1990 », souligne Le Soir.

Le système, précisait Télésambre, était censé pouvoir « rechercher automatiquement des informations dans d’autres bases de données auxquelles la police a accès », dont la Direction de l’immatriculation des véhicules et les bases de données de la Justice. Mais également proposer « une analyse et un recoupement automatiques des données, telles que les images des caméras, les photos, les empreintes digitales, les traces, les documents, … » :

« La standardisation des déclarations (numériques) et le suivi central des dossiers permettent d’assurer un échange d’informations plus rapide et efficace entre la police et les citoyens. En outre, le système offre aux citoyens une garantie de confidentialité et un contrôle transparent. Les fonctionnaires de police auront un accès limité et contrôlé aux informations des citoyens, sur la base de leur fonction et de leur mission à ce moment. »

Le logo de i-police, source : arch.partners

Le Soir évoque de multiples griefs, « par exemple : une connaissance insuffisante des produits proposés pour les missions, une appropriation limitée des processus, une méthodologie insuffisante, et une implication tardive des sous-traitants et éditeurs de logiciels ».

En 2023, un audit de Deloitte avait déjà dénoncé « un manque de vision sur la transformation numérique, des priorités floues » ainsi que des « failles dans la sécurisation des données », des « abus constatés par certains agents et un contrôle interne jugé insuffisant ».

Initialement estimé à 299 millions d’euros, le projet en a d’ores et déjà coûté 75,8 millions. La police fédérale souhaiterait désormais en récupérer une partie.

Les autorités voudraient également pouvoir réaffecter les sommes restantes dans des projets plus ciblés, « développés en fonction des besoins du terrain et en étroite collaboration entre la police fédérale, les zones locales et les services informatiques », précise le cabinet du ministre.

Le ministère de la Guerre US veut utiliser Grok & X.com, « du Pentagone jusqu’au terrain »

26 décembre 2025 à 09:19
Guest Star Wars
Le ministère de la Guerre US veut utiliser Grok & X.com, « du Pentagone jusqu’au terrain »

Le ministère de la Guerre (DoW) de l’administration Trump annonce des accords avec Google Gemini et xAI afin d’alimenter sa nouvelle plateforme GenAI.mil. Déployée sur tous les ordinateurs de bureau du Pentagone et des installations militaires américaines à travers le monde, elle vise à ouvrir une « nouvelle ère de domination mondiale » grâce au « génie commercial américain ».

War.gov, le site du ministère de la Guerre (DoW, ex-ministère de la Défense renommé en septembre) de l’administration Trump vient d’annoncer qu’il va « étendre son arsenal d’IA » grâce aux « capacités de pointe de la suite xAI for Government », mais sans expliquer comment, ni à quoi cela servira.

Tout juste apprend-on que, prévue pour un déploiement initial début 2026, cette intégration leur permettra d’utiliser les capacités de xAI « Impact Levels 5 (IL5), ce qui permettra le traitement sécurisé des informations contrôlées non classifiées (CUI) dans les flux de travail quotidiens ».

Protéger, stocker, traiter et transmettre des informations non classifiées

IL5 est le deuxième niveau de classification le plus élevé en matière de contrôles de sécurité pour les fournisseurs de services cloud du DoW, conçu pour protéger les informations sensibles contre les acteurs malveillants, explique IPKeys, un prestataire du DoW.

IL4 est en effet conçu pour protéger, stocker, traiter et transmettre des informations contrôlées non classifiées (CUI) liées à des opérations militaires ou d’urgence « qui, si elles étaient compromises, pourraient perturber les opérations, entraîner des pertes financières ou nuire à la vie privée ou au bien-être des personnes ».

IL5 vise pour sa part les informations non classifiées nécessitant un niveau de protection plus élevé, quand IL6 est réservé au stockage et au traitement d’informations classifiées jusqu’au niveau SECRET, et concerne les informations classifiées « qui, si elles étaient obtenues, pourraient menacer les intérêts de la sécurité nationale ».

IL5 viserait dès lors à protéger les Systèmes de sécurité nationale (NSSs) non classifiés soutenant les missions du ministère de la Guerre à :

  • la prévention des perturbations : IL5 protège les données nécessaires pour prévenir les défaillances logistiques, les retards opérationnels ou les vulnérabilités susceptibles de nuire aux missions.
  • la protection de la R&D : IL5 empêche les adversaires d’obtenir des informations sur les capacités militaires de pointe, ce qui permet de conserver un avantage technologique.
  • la protection des partenariats : IL5 garantit la sécurité des échanges de données avec les sous-traitants et les partenaires, protégeant ainsi les informations commerciales sensibles.

Utiliser Grok et X.com « du Pentagone jusqu’au terrain »

Ce nouveau partenariat entre xAI et le bureau du Chief Digital and Artificial Intelligence Officer (CDAO) du DoW permettra d’utiliser ses systèmes d’IA Frontier « alimentés par la famille de modèles Grok », se félicite le communiqué de xAI, « du Pentagone jusqu’au terrain ».

Il précise que xAI for Government est une plateforme d’IA qui combine l’accès aux modèles d’IA de pointe de xAI, à des outils agentiques, à une plateforme de recherche et à une API, et que xAI mettra à disposition une famille de modèles de base optimisés pour le gouvernement afin de prendre en charge les charges de travail opérationnelles classifiées.

Grok, le chatbot de xAI, est tristement connu pour défrayer régulièrement la chronique avec des propos négationnistes, faisant l’éloge d’Hitler, etc. De manière générale, Grok est un superdiffuseur de désinformation.

Le communiqué du DoW précise en outre que les 3 millions de militaires et de civils qu’il emploie « auront également accès à des informations mondiales en temps réel provenant de la plateforme X, ce qui procurera au personnel du ministère de la Guerre un avantage décisif en matière d’information ».

Une « nouvelle ère de domination mondiale » grâce au « génie commercial américain »

Les outils de xAI viendront compléter ceux de Gemini for Government de Google Cloud au sein de GenAI.mil, la nouvelle plateforme d’IA du DoW, qui « vise à former une main-d’œuvre axée sur l’IA, en tirant parti des capacités de l’IA générative pour créer une entreprise plus efficace et prête au combat », annoncée début décembre.

Le communiqué précisait que « d’autres modèles d’IA de classe mondiale seront mis à la disposition de tous les civils, sous-traitants et militaires, conformément au plan d’action de la Maison Blanche en matière d’IA ».

Annoncé par Donald Trump en juillet dernier, il vise à « atteindre un niveau sans précédent de supériorité technologique en matière d’IA ». Le DoW soulignait qu’en réponse à cette directive, « les capacités d’IA ont désormais été déployées sur tous les ordinateurs de bureau du Pentagone et des installations militaires américaines à travers le monde ».

Le communiqué précisait que « Gemini for Government offre un avantage concurrentiel grâce à la conversation en langage naturel, à la génération à enrichissement contextuel (RAG) et à son ancrage web basé sur Google Search, qui garantit la fiabilité des résultats et réduit considérablement le risque d’hallucinations de l’IA » :

« GenAI.mil est un autre élément constitutif de la révolution américaine en matière d’IA. Le ministère de la Guerre ouvre une nouvelle ère de domination opérationnelle, dans laquelle chaque combattant utilise l’IA de pointe comme un multiplicateur de force. Le lancement de GenAI.mil est un impératif stratégique indispensable pour nos forces armées, qui renforce encore la position des États-Unis en tant que leader mondial dans le domaine de l’IA. »

« Nous misons tout sur l’intelligence artificielle comme force de combat. Le département exploite le génie commercial américain et nous intégrons l’IA générative dans notre rythme de combat quotidien », avait déclaré le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth : « Les outils d’IA offrent des possibilités illimitées pour accroître l’efficacité, et nous sommes ravis de constater l’impact positif futur de l’IA au sein du département de la Guerre. »

« Nous avons gagné la Première Guerre mondiale. Nous avons gagné la Seconde Guerre mondiale. Nous avons gagné toutes les guerres avant et entre les deux. Puis nous avons décidé de devenir « woke » et nous avons changé le nom en ministère de la Défense », avait de son côté déclaré Donald Trump début septembre, pour justifier ce pourquoi « Nous allons donc devenir le ministère de la Guerre. »

TAJ : le pirate a eu accès pendant 26 jours à 14 fichiers policiers et dérobé 120 fiches

24 décembre 2025 à 12:45
Un « code à six chiffres », srsly
TAJ : le pirate a eu accès pendant 26 jours à 14 fichiers policiers et dérobé 120 fiches

Le Canard enchaîné révèle que c’est l’algorithme de surveillance des accès au fichier TAJ qui aurait déclenché l’alerte, 13 jours après que le pirate y a eu accès après avoir dérobé l’identifiant et le mot de passe d’un policier.

Le Canard enchaîné révèle que le « fric-frac informatique du ministère de l’Intérieur » avait duré du dimanche 9 novembre au jeudi 4 décembre, soit 26 jours, « une très longue journée portes ouvertes ».

L’intrusion, révélée dans la presse le jeudi 11 et confirmée par le ministre le lendemain, aurait été découverte le samedi 22 novembre, grâce à l’algorithme qui surveille les requêtes effectuées dans le Traitement des antécédents judiciaires (TAJ). Ce fichier recense « 16,4 millions de personnes » ayant été « mises en cause », et dès lors « défavorablement connues » des services de police et de gendarmerie, pour reprendre l’expression consacrée.

« C’est la consultation compulsive – le week-end et la nuit – de ce listing ultra-sensible qui a déclenché l’alerte », souligne le Canard. Il ne précise pas cependant pourquoi il a fallu 13 jours à l’algorithme pour repérer qu’un pirate avait réussi à accéder au système de Circulation Hiérarchisée des Enregistrements Opérationnels de la Police Sécurisés (CHEOPS), le portail permettant d’accéder aux fichiers de la police et de la gendarmerie.

L’article ne précise pas non plus combien de temps il a fallu pour disculper le policier soupçonné d’avoir abusivement farfouillé dans le TAJ, et identifier qu’il s’était fait dérober ses identifiant et mot de passe.

Il relève toutefois qu’alerté, le parquet de Paris a de son côté ouvert une enquête préliminaire le 4 décembre (soit 12 jours après le déclenchement de l’alerte), « date à laquelle le pirate, se sentant sans doute pisté, cesse d’arpenter CHEOPS ».

37 serveurs compromis, 14 fichiers visités, 120 fiches dérobées

D’après le dernier bilan du ministère de l’Intérieur, que le Canard a pu consulter, « les dégâts sont bien plus importants qu’annoncé : 37 serveurs de messagerie sur 250 ont été compromis, et 14 fichiers de police ont été visités, dont celui des personnes recherchées, qui contient notamment les fichés S » :

« Sur le TAJ, où il s’est bêtement fait repérer, Melvin L. a dérobé 120 fiches personnelles et procédé au siphonnage de dizaines de milliers de noms inscrits dans ce fichier sensible. »

Pour accéder à CHEOPS, il suffit d’un identifiant et d’un code à six chiffres

Le Canard souligne que le pirate, interpellé le 17 décembre, aurait profité du fait que « nombre de poulets se tamponnent le coquillard de la sécurité informatique ». Pour se connecter à CHEOPS, les policiers et gendarmes doivent normalement utiliser leur carte professionnelle, dotée d’une puce, ainsi qu’un code à quatre chiffres.

À ceci près que « les poulets, moins disciplinés que les pandores, utilisent à tort et à travers un système de secours sans carte, reposant sur le seul identifiant et un code à six chiffres ». Identifiant et code que le policier aurait partagé en clair dans un e-mail auquel le pirate avait pu accéder.

« Celui qui a fait le coup n’est pas spécialement un cador », précise au Canard un commissaire : « il a laissé plein de traces qui ont permis de remonter à lui ». À défaut de savoir combien d’autres pirates, plus discrets, auraient eux aussi déjà pu accéder à CHEOPS de la sorte, le ministre de l’Intérieur vient d’ouvrir une enquête administrative sur les manquements à la sécurité informatique.

Reste donc aussi à comprendre pourquoi, en 2025, le recours à la double authentification n’a pas encore été rendu obligatoire, surtout pour accéder à un système aussi sensible. Mais également, comme le souligne bohwaz en commentaire, « pourquoi ces systèmes et fichiers sont accessibles depuis n’importe quelle IP et ne sont pas restreints à un intranet sécurisé du ministère de l’intérieur… »

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