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[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

31 décembre 2025 à 12:37
Planète tech
[Rediffusion] Écosystème, le podcast qui explore les enjeux environnementaux du numérique

Profitez des fêtes pour vous replonger dans notre série Écosystème, sept épisodes de podcasts pour explorer les enjeux de l’intelligence artificielle.

Au printemps 2025, Next entamait une série audio sur les impacts environnementaux du numérique. Dans le premier épisode, nous plantions le décor avec Frédéric Bordages, fondateur du collectif GreenIT : quels sont les effets concrets de l’industrie numérique sur les écosystèmes naturels ? Dans quelle mesure participe-t-elle à la dégradation générale de l’état des sols, de l’air, de la biodiversité ou de l’eau ? Existe-t-il des pistes d’adoption d’un numérique plus respectueux de l’environnement ?

Dans le deuxième épisode, l’ingénieur Philippe Bihouix revenait sur la captation générale de ressources, la manière dont l’industrie numérique participe au mouvement, notamment par sa consommation de métaux et autres terres rares, et sur l’immense gâchis qui résulte de ces consommations. Pour l’auteur de L’âge des Low tech (Seuil, 2014), ces tendances sont néanmoins porteuses d’espoir : elles cachent une possibilité évidente de rationaliser nos consommations pour faire durer bien plus longuement les équipements que nous utilisons.

Dans le troisième épisode, l’urbaniste Cécile Diguet se penchait sur un rouage essentiel du fonctionnement de l’infrastructure numérique : les data centers. La fondatrice du studio Dégel détaillait la manière qu’ont ces usines de données de s’agencer dans leur environnement, que celui-ci soit urbain, périurbain ou rural, et les problématique que cela soulève autant pour l’environnement que pour le voisinage humain.

Dans le quatrième épisode, le directeur du bureau de l’Open Source de RTE (Réseau et transport d’électricité) Boris Dolley revenait sur deux questions : dans quelle mesure le gestionnaire du réseau public d’électricité constatait l’augmentation de la demande énergétique de l’industrie numérique induite par l’explosion de l’IA ? Et dans quelle proportion est-il possible, en entreprise, de déployer une stratégie dite de « numérique responsable » ?

Dans le cinquième épisode, la développeuse web Anaïs Sparesotto détaillait concrètement ce que cela implique de créer des logiciels ou pages web aussi sobres que possible. Au passage, elle soulignait combien le design d’outils utilisés couramment par le grand public les rend consommateurs en énergie.

Dans le sixième épisode, Julien Maranon, directeur de la société bordelaise EcoMicro, décrivait les enjeux de reconditionnement et de recyclage des équipements numériques, alors que le volume total de déchets électroniques produits dans le monde a cru de 82 % entre 2010 et 2022.

Dans le septième épisode, l’élue à la métropole de Nantes Louise Vialard décrivait ce que le déploiement d’une stratégie de numérique responsable signifiait à l’échelle d’un territoire. Qu’est-ce que ça implique, de déployer des services publics numériques tout en s’inquiétant de leurs coûts environnementaux ?

Pour les abonnés de Next plus adeptes de l’écrit, nous avions par ailleurs publié des extraits écrits de chaque entretien : celui mené avec Frédéric Bordage, Philippe Bihouix, Cécile Diguet, Boris Dolley, Anaïs Sparesotto, Julien Maranon et Louise Vialard.

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Les chatbots d’IA alimentent-ils le climatoscepticisme ? Grok plutôt oui, Meta AI pas tant


26 décembre 2025 à 15:01
Idéologie générative
Les chatbots d’IA alimentent-ils le climatoscepticisme ? Grok plutôt oui, Meta AI pas tant


Les chatbots d’IA générative font-ils le jeu des thèses conspirationnistes et climatosceptiques ? L’ONG Global Witness a fait le test, et Grok les alimente bien plus que Meta AI.

Comment Grok, ChatGPT et MetaAI réagissent-ils aux sujets climatiques ? L’ONG Global Witness a testé les trois modèles d’IA génératives (et seulement ces trois-là) pour observer dans quelle mesure ils produisaient de la désinformation climatique.

Elle cherchait aussi à savoir s’ils la formulaient de la même manière selon que l’internaute se déclare climatosceptique ou convaincu que leur gouvernement devrait prendre davantage de mesures en matière de lutte contre le changement climatique (comme 89 % des 75 000 personnes interrogées en 2024 par le programme des Nations Unies pour le développement).

Grok et ChatGPT promeuvent des désinformateurs

En pratique, l’étude a consisté à créer deux personas, qui décrivaient en introduction leur manière de se placer dans l’écosystème de l’information. L’un affirmait « ne pas aimer les scientifiques, ne pas considérer que le Covid-19 est réel, considérer les vaccins comme dangereux » et « faire confiance à des influenceurs pour apprendre la vérité ». À l’inverse, l’autre déclarait « aimer les scientifiques, penser que le Covid-19 est réel, ne pas considérer les vaccins comme dangereux » et « faire confiance aux institutions et aux médias grand public pour apprendre la vérité ».

Pour limitée qu’elle soit, l’étude démontre des variations de comportements d’un modèle à l’autre. Comme on pourrait s’y attendre, vu la ligne éditoriale affichée par le chatbot de xAI, Grok est celui qui s’est le plus ouvertement aligné avec le point de vue climatosceptique et conspirationniste lorsque celui-ci lui a été présenté. Il a notamment cité des influenceurs connus d’organismes de fact-checking climatiques comme Desmog, ou encore des internautes qui attribuent l’Holocauste à des problématiques environnementales ou publient des propos islamophobes.

S’il lui a recommandé des noms de personnalités scientifiques et des « voix qui appellent à la prudence », ChatGPT a, de son côté, spécifiquement souligné le consensus scientifique sur l’origine humaine du réchauffement climatique. Les recommandations de MetaAI, elles, ont peu varié en fonction des profils qui lui étaient soumis. Le chatbot a proposé aux deux types d’internautes des noms d’activistes pour le climat et d’institutions spécialisées dans les questions environnementales.

Grok s’adapte au climatoscepticisme, Meta AI très peu

En termes de propos, Grok a produit de nombreux textes reprenant des éléments de désinformation climatique à destination du persona climatosceptique. Le chatbot a notamment généré des textes suggérant que la crise climatique était « incertaine », que les données relatives au climat étaient manipulées, ou encore que l’internaute « ressentirait les conséquences des réglementations bien avant les conséquences climatiques » – quand bien même une personne meurt chaque minute en moyenne sous les effets des bouleversements en cours (canicules, sécheresses, pollutions), en nette hausse par rapport au rythme de 1990, selon une récente étude publiée dans The Lancet.

Outre le fait de nier la réalité de la situation, le chatbot produit par ailleurs de nombreux propos alarmistes sur les effets concrets des régulations climatiques. Il en va de critiques que Global Witness qualifie de « légitimes », soulignant notamment l’inefficacité des conférences sur le climat à enrayer les émissions de CO2 à l’échelle du globe, mais il y mêle divers éléments de désinformation, dont l’idée selon laquelle les politiques visant à atteindre la neutralité carbone auraient provoqué des problématiques énergétiques européennes comme le black-out de la péninsule ibérique en avril 2025.

Globalement, Grok est non seulement le modèle génératif le plus prompt à produire des textes et des recommandations climatosceptiques, mais également des résultats incitant les internautes à critiquer tout ce qui touche à la protection de l’environnement en ligne, suggérant notamment l’usage du hashtag #ClimateScam (arnaque climatique), ou poussant les usages à produire des médias taillés pour la viralité. Si ChatGPT a aussi suggéré d’optimiser « les hashtags, le ton et la structure pour avoir la meilleure diffusion », il a néanmoins indiqué veiller à produire un message « responsable et exact » pour éviter toute modération pour désinformation.

Réalisée pendant la COP 30, qui se déroulait à Belem, au Brésil, fin novembre, l’expérimentation de Global Witness se fait dans un contexte plus large dans lequel Donald Trump déploie une politique d’attaques directes envers les activités relatives à la protection du climat, mais aussi de lutte contre toute initiative de modération de la violence et contre la désinformation sur les réseaux sociaux.

D’un point de vue réglementaire, aux États-Unis comme en Europe, avec le récent vote du Parlement européen pour réduire diverses dispositions du Pacte vert, la tendance est à la réduction des cadres incitant les entreprises à minimiser leurs impacts sur la planète ou la désinformation sur les enjeux climatiques. Que ce soit au niveau mondial, européen ou français (.pdf), les populations sont pourtant en demande d’actions plus fortes de leurs responsables politiques pour faire face aux bouleversements climatiques.

[Rediffusion] Algorithmique, la série qui explore les enjeux de l’intelligence artificielle

26 décembre 2025 à 14:12
IA Next dans les enceintes
[Rediffusion] Algorithmique, la série qui explore les enjeux de l’intelligence artificielle

Profitez des fêtes pour vous replonger dans notre série Algorithmique, six épisodes de podcast pour explorer les enjeux de l’intelligence artificielle.

À l’automne 2025, Next ouvrait son fil de podcasts avec une série sur les enjeux de l’intelligence artificielle. Dans le premier épisode, nous y interrogions l’informaticien et philosophe Jean-Gabriel Ganascia et la docteure en intelligence artificielle Amélie Cordier sur les définitions de l’intelligence artificielle (IA). De quoi s’agit-il, dans quelle mesure l’appellation concerne-t-elle un champ de recherche, un domaine économique, que dit ce relatif flou de la frénésie autour du concept ?

Dans le deuxième épisode, l’enseignante-chercheuse en science de l’éducation Isabelle Collet et la chercheuse en IA Raziye Buse Çetin détaillaient les enjeux techniques et sociaux posés par la présence de biais dans les systèmes d’IA.

Dans le troisième épisode, Valérie, la responsable numérique du collectif Change de Cap, et Camille Lextray, autrice du compte Instagram Hystérique mais pas que, détaillaient deux cas de tentatives citoyennes d’interroger les effets concrets de systèmes d’IA : celui qui détecte les paiements indus de la Caisse d’Allocation Familiale (CAF), et ceux qui président à la modération d’Instagram.

Dans le quatrième épisode, le sociologue Clément Marquet et l’informaticienne Anne-Laure Ligozat détaillaient les besoins énergétiques des systèmes d’IA et les enjeux que l’explosion des grands modèles de langage posaient en termes environnementaux.

Dans le cinquième épisode, la juriste Imane Bello et le sociologue Bilel Benbouzid revenaient sur les forces en présence dans les débats politiques et réglementaires autour de l’IA, en particulier dans ceux qui ont mené à l’écriture du règlement européen sur l’IA.

Dans le sixième épisode, le co-président de Data for Good Théo Alves, le co-président de Designers éthiques Karl Pineau et le chargé de formations chez Latitudes Valentin Hacault revenaient sur diverses manières de s’emparer des questions relatives à l’IA, de participer aux débats relatifs à ces technologies en tant que citoyennes ou citoyens.

Pour les abonnés de Next plus adeptes de l’écrit, nous avions par ailleurs publié les versions longues et les transcriptions de certains entretiens : celui mené avec Jean-Gabriel Ganascia, avec Isabelle Collet, Raziye Buse Çetin, Clément Marquet, Bilel Benbouzid et Théo Alves da Costa.

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Cinq Européens dont Thierry Breton interdits d’entrée aux États-Unis

24 décembre 2025 à 09:37
Free speech, mais pas pour tout le monde
Cinq Européens dont Thierry Breton interdits d’entrée aux États-Unis

Dans un contexte d’attaques régulières contre les réglementations européennes, les États-Unis ont interdit de visa cinq Européens travaillant sur les questions de modération et de régulation des discours de haine et de la désinformation, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton.

Mise à jour du 24.12 à 12:41 : ajout de la déclaration de la Commission européenne.

Le ministère des Affaires étrangères (State Department) des États-Unis a interdit à cinq Européens d’entrer sur son territoire, les accusant d’avoir obligé les entreprises de la tech à censurer ou invisibiliser les points de vue de la population américaine.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a décrit les cinq personnes visées par l’interdiction de visa en « activistes radicaux et ONG arsenalisées pour pousser la censure et sévir sur les États étrangers – en l’occurrence en visant des personnalités et des entreprises américaines ».

Un ancien commissaire européen et quatre membres de la société civile

Ancien commissaire européen au Marché intérieur, très actif sur les travaux relatifs au règlement européen sur les services numériques, Thierry Breton est concerné, aux côtés du Britannique Imran Ahmed, directeur exécutif du Center for Countering Digital Hate (CCDH), de Josephine Ballon et Anna-Lena von Hodenberg, directrices de l’ONG allemande de défense des droits numériques HateAid, et de la directrice du Global Disinformation Index (GDI) Clare Melford. Washington précise qu’aucun d’entre elles et eux n’exerce actuellement de fonctions officielles au sein des gouvernements britanniques ou européens.

Sur X, le ministre des Affaires étrangères français Jean-Noël Barrot a dénoncé « avec la plus grande fermeté » les restrictions annoncées. « Le règlement sur les services numériques (DSA) a été démocratiquement adopté en Europe pour que ce qui est illégal hors ligne le soit aussi en ligne. Il n’a absolument aucune portée extraterritoriale et ne concerne en aucun cas les États-Unis. Les peuples de l’Europe sont libres et souverains et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique. »

Ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad a de son côté signifié son « soutien » aux cinq personnes sanctionnées. « Un vent de maccarthysme souffle-t-il à nouveau ? », s’interroge Thierry Breton, qui rappelle que « 90 % du Parlement européen — démocratiquement élu — et les 27 États membres à l’unanimité ont voté le DSA », et conclut : « À nos amis américains : « La censure n’est pas là où vous le pensez ». »

La Commission européenne a, elle aussi, « condamné fermement » la décision des États-Unis. « La liberté d’expression est un droit fondamental en Europe et une valeur fondamentale partagée avec les États-Unis dans l’ensemble du monde démocratique », écrit-elle dans un communiqué. Nous avons demandé des éclaircissements aux autorités américaines et restons engagés. Indiquant avoir demandé des « éclaircissements » aux autorités américaines, la commission précise : « Si nécessaire, nous réagirons rapidement et de manière décisive pour défendre notre autonomie réglementaire contre des mesures injustifiées. »

Attaques rangées contre les régulations européennes…

Depuis le début de l’année 2025, les entreprises américaines de la tech ont obtenu un soutien inégalé du pouvoir en place, en particulier sur les questions de soutien au développement de l’intelligence artificielle, des cryptoactifs, et la lutte contre les régulations étrangères, voire des États locaux. Depuis plusieurs mois, les équipes de Trump obligent ainsi les diplomates américains à construire une opposition frontale au DSA, dont l’un des objets est de minimiser la violence et la désinformation en ligne.

L’amende de 120 millions d’euros infligée à X, début décembre, a notamment été décrite par Marco Rubio comme une « attaque contre les plateformes technologiques américaines et le peuple américain par des gouvernements étrangers ». Elle résultait d’une procédure formelle ouverte deux ans plus tôt pour suspicions de violations du DSA.

… et contre toute forme de modération en ligne

Outre ces prises de parole très visibles, entamées dès le discours de J.D. Vance à Munich, en février, dans lequel le vice-président critiquait un « recul » de la liberté d’expression en Europe pour mieux soutenir le parti d’extrême-droite Alternative für Deutschland, les États-Unis travaillent par ailleurs officiellement à réduire l’accès aux visas H-1B (qui permettent de travailler sur le territoire) de toute personne travaillant sur les questions de modération.

En pratique, le mémo révélé par Reuters intime aux fonctionnaires de l’administration de vérifier les profils LinkedIn des potentiels candidats, pour mieux empêcher l’entrée sur le territoire à toute personne qui serait « responsable ou complice de censure ou de tentative de censure de l’expression aux États-Unis ». Si tous les secteurs sont théoriquement concernés, le document pousse à vérifier plus spécifiquement les activités des personnes issues des industries de la tech ou des réseaux sociaux.

Face aux incursions de drones, les pays européens cherchent la meilleure réponse

24 décembre 2025 à 08:19
Objets volants non identifiés
Face aux incursions de drones, les pays européens cherchent la meilleure réponse

Alors que les incursions de drones dans l’espace aérien de différents pays européens se multiplient, le débat sur les réponses à adopter bat son plein.

En Irlande, pays traditionnellement neutre d’un point de vue militaire, la détection de drones sur l’itinéraire de vol du président ukrainien Volodymyr Zelensky, début décembre, a attisé les inquiétudes. Dublin attribue en effet ces engins à des acteurs prorusses et, si Moscou dément être impliquée, d’anciens membres des forces spéciales irlandaises regrettent auprès de l’AFP l’absence de « système radar primaire », de « sonar » ou, encore « de détection antidrones ».

L’épisode n’est après tout qu’un élément supplémentaire dans une tendance toujours plus évidente : les drones font partie intégrante des logiques de guerre hybride, un phénomène particulièrement visible en Ukraine. D’autre part, l’Europe est soumise à des survols réguliers, dont le nombre croît nettement depuis quelques mois.

De multiples pays européens survolés courant 2025

Pendant le seul été 2025, la Lettonie, la Lituanie, le Danemark, la Norvège, la Roumanie, la Pologne, l’Estonie, l’Allemagne et la France avaient tous signalé des survols de drones sur leurs territoires, en provenance de la Russie (pour un pays limitrophe comme la Lituanie) ou qui lui étaient, régulièrement, attribués.

L’essentiel des violations des espaces aériens nationaux européens avaient alors concerné la Pologne, la Roumanie et la Lituanie, selon une cartographie de Grand Continent, et les objets « civils » observés n’étaient pas équipés du moindre explosif. Outre les drones, l’Estonie avait néanmoins dénoncé l’incursion de trois chasseurs russes dans son espace aérien au mois de septembre.

En réaction à cette activité intense dans les airs, l’Irlande devrait dépenser 19 millions d’euros dans de nouveaux systèmes antidrones. Elle aussi visée par des survols réguliers, l’Allemagne renforce ses dispositifs à un rythme inhabituellement élevé, rapporte Bloomberg.

Pour autant, les engins dont ces différents pays cherchent à se protéger ne sont pas tous pilotés par le gouvernement de Vladimir Poutine. Auprès de Bloomberg, le spécialiste du renseignement Dan Lomas alerte sur le fait qu’à trop suggérer le contraire, le risque est de « faire involontairement le jeu des Russes ».

Aéroports civils : une diversité de réactions

En France, depuis le début de l’année 2025, la gendarmerie des transports aériens (GTA) estimait en novembre à plus de 700 le nombre de signalements concernant des vols de drones, que ces derniers soient autorisés ou non. Auprès du Parisien, la GTA affirmait que la majorité des interventions (menées par elle, la gendarmerie départementale ou la police nationale) concernaient avant tout des usages de loisirs, ou des survols dus à la méconnaissance réglementaire.

Directeur général d’Air Space Drone (ASD), Alain Bascoulergue précisait au média : « on a à Roissy le même type de menace qu’à Copenhague ou à Munich ». Différence principale : les aéroports de nos voisins européens ont pris la décision d’interrompre le trafic, alors que la France joue la carte de la relative normalité : en un an, le fondateur d’ASD indique avoir repéré 5 000 drones dans un rayon de 10 km autour de l’aéroport parisien, mais cantonne l’essentiel d’entre eux dans la catégorie de la « bêtise » plutôt que celle des actes malveillants.

De fait, le débat sur la gravité des différentes incursions et sur les manières d’y réagir reste ouvert. Même en France, lorsque des engins ont été détectés aux abords de la base militaire de Mourmelon-le-Grand, les dispositifs de sécurité ont été renforcés. En 2024, le lieu avait accueilli des soldats ukrainiens pour des formations.

À Munich, à Oslo ou à Bruxelles, plusieurs aéroports civils ont préféré fermer temporairement ou détourner tout ou partie du trafic après que des drones ont été aperçus. Si ces opérations sont coûteuses – de l’ordre de 514 000 euros pour une fermeture de 30 minutes, selon une étude de l’Agence européenne de la sécurité aérienne de 2021 –, elles traduisent une évolution dans le type d’objets aperçus, un peu plus fréquemment d’aspect professionnel que les drones utilisés par le grand public.

Mais les arrêter aux abords des zones aéroportuaires commerciales n’a rien de simple : les brouilleurs électroniques risquent d’interférer aussi avec les systèmes des aéroports. Une solution physique, pas toujours simple à mettre en place, consiste aussi à les attraper dans des filets.

Depuis quelques mois enfin, l’idée d’un « mur antidrone » européen est régulièrement discutée. En pratique, il s’agirait avant tout d’investir, notamment dans des solutions technologiques, pour la mise en place d’un bouclier aérien. La solution ne convainc pas tout le monde, dont ceux qui aimeraient voir l’Europe devenir plus efficace dans la dissuasion pure et simple de ce type de désagréments.

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