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Semiconducteurs : les États-Unis et Taïwan main dans la main, la Chine agacée

19 janvier 2026 à 17:30
L’ennemi de mon ennemi est…
Semiconducteurs : les États-Unis et Taïwan main dans la main, la Chine agacée

Dans la guerre des semiconducteurs, les États-Unis et Taïwan annoncent la signature d’un vaste accord portant sur des investissements de plusieurs centaines de milliards de dollars pour produire des puces aux États-Unis. La Chine rappelle qu’elle est « toujours opposée fermement » à ce genre d’accord. Ambiance…

Le 15 janvier 2026, le département du Commerce des États-Unis a publié une fiche d’information sur un accord avec Taïwan visant à « restaurer le leadership américain dans la fabrication de semi-conducteurs grâce à un accord sur le commerce et l’investissement ».

L’eneu est important, comme le rappelle l’AFP : « L’île fabrique plus de la moitié des puces à l’échelle mondiale, et presque la totalité des plus perfectionnées » Certains parlent d’un « bouclier de silicium » pour Taïwan face à la Chine, qui considère que Taïwan fait partie de son territoire et menace régulièrement depuis de très nombreuses années d’un blocus ou carrément d’une invasion. À l’opposé par contre, ce bouclier « inciterait les États-Unis à la défendre ».

500 milliards de dollars pour faire des États-Unis « le centre mondial »

C’est pour rappel à Taïwan que se trouve le géant TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company). C’est le principal fondeur de semiconducteurs dans le monde. Parmi ses clients, on retrouve AMD, Intel, NVIDIA, Qualcomm… excusez du peu ! Cela fait des années que les États-Unis font les yeux doux à TSMC, cet accord est une forme de concrétisation.

L’accord prévoit que « les entreprises taïwanaises de semiconducteurs et de technologie réaliseront de nouveaux investissements directs totalisant au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis, afin de développer la production locale de puces. Il est aussi question de « garanties de crédit d’au moins 250 milliards de dollars supplémentaires ».

Enfin, les deux nouveaux meilleurs amis « établiront des parcs industriels de classe mondiale afin de renforcer les infrastructures industrielles américaines et positionner les États-Unis comme le centre mondial » de ce secteur.

Des transferts d’argent sont aussi prévus dans l’autre sens, avec « des investissements américains dans les industries taïwanaises des semi-conducteurs, de l’IA, des technologies de défense, des télécommunications et de la biotechnologie ».

À CNBC, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, chiffre ses ambitions : « Notre objectif est d’amener 40 % de la chaîne d’approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux Etats-Unis ». Pour rappel, la nouvelle plateforme Core Intel Series 3 est la première « du processus Intel 18A conçue et fabriquée aux États-Unis ».

Le gouvernement de Donald Trump est monté cet été au capital d’Intel et le président américain a annoncé une entrée au capital d’Apple, sans que l’on sache si c’est une erreur ou une annonce qui n’a pas encore été officialisée. Avec Donald Trump, les deux sont possibles…

Droits de douane réciproques de 15 % maximum

Le Département américain ajoute que cet accord prévoit que les « tarifs réciproque appliqué aux États-Unis aux produits taïwanais ne dépassera pas 15 % », contre 20 % jusqu’à présent. Ces frais sont une arme dont Donald Trump n’hésite pas à se servir à tout bout de champ lors de négociations ou tentatives de passages en force.

Le site Taiwan Info, publié par le ministère des Affaires étrangères de Taïwan, rappelle que ce « taux dit « réciproque » de 15 % est identique à celui appliqué aux produits provenant des principaux partenaires commerciaux des États-Unis, tels que le Japon, la Corée du Sud et l’Union européenne ». De plus, les entreprises taïwanaises qui participeront à cet accord pourront importer davantage de produits dans des conditions avantageuses.

Taiwan Info remarque que « les États-Unis ont également accepté de fournir les ressources nécessaires, telles que des infrastructures, des terrains, des crédits d’impôt, les services publics et une aide aux demandes de visa ». Cette déclaration s’appuie sur des annonces du Yuan exécutif, la branche exécutive du gouvernement de Taïwan, rappelle Wikipédia. La version finale de cet accord doit prochainement être transmise au Parlement (Yuan législatif) pour examen.

La vice-première ministre taïwanaise Cheng Li-chiun (3e à droite) et le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick (3e à gauche)

La Chine fait part de son agacement

Cet accord, qui doit donc encore être validé, est présenté par le premier ministre taïwanais Cho Jung-tai comme un « coup de maître » et « durement gagné », comme le rapporte Les Échos. Du côté de l’opposition pro-chinoise à Taïwan, ce n’est évidemment pas la même chanson. Cheng Li-wun, présidente du parti Kuomintang, affirme que cet accord pourrait « vider » l’économie de l’île, ajoutent nos confrères.

En Chine, qui revendique Taïwan comme une partie de son territoire, cet accord ne passe pas : « La Chine s’est toujours opposée fermement à la négociation et à la signature de tout accord à connotation souveraine et à caractère officiel entre la région chinoise de Taïwan et les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine. Les États-Unis doivent respecter scrupuleusement le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Guo Jiakun.

Depuis cette annonce, le cours de la bourse de TSMC s’est envolé de près de 5 %. Ce n’est pas forcément le seul facteur. Dans le même temps, l’entreprise a en effet publié ses résultats pour le quatrième trimestre 2025, avec une hausse annuelle sur tous ses principaux indicateurs :+ 20 % sur le chiffre d’affaires et + 35 % sur les bénéfices nets. En trois mois, c’est respectivement 5,7 et 11,8 % de mieux.

French response : quand la diplomatie française colle à l’ambiance de X

19 janvier 2026 à 17:12
Tweet clash diplomacy
French response : quand la diplomatie française colle à l’ambiance de X

La diplomatie française a intensifié son utilisation du compte French response pour ne pas laisser passer les attaques étrangères sur le réseau social d’Elon Musk. Ce compte réagit aussi aux attaques politiques du milliardaire états-unien comme du CEO de Telegram Pavel Durov.

« Ne rien céder dans la bataille des récits », c’est ainsi que Jean-Noël Barrot présentait le compte X French Response géré par la diplomatie française le 9 janvier pour les vœux aux ambassadrices et aux ambassadeurs.

Deux jours plus tard, ce compte répondait à Elon Musk sur son propre réseau avec une photo du CEO de X faisant un salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump. Le milliardaire d’extrême droite avait précédemment provoqué son audience en demandant « Pourquoi le gouvernement britannique est-il si fasciste ? ».

En ce début d’année important géostratégiquement parlant, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères met en avant la stratégie lancée début septembre par son ministère pour contrer les discours étrangers critiquant la position de la France.

« Une posture franche, teintée d’humour, de dérision »

Pris via le prisme principal des manipulations de l’information venues de l’étranger, cette nouvelle communication du Quai d’Orsay se voit comme « une posture franche, teintée d’humour, de dérision, parfois d’autodérision, qui conduit à la viralité sur les réseaux sociaux, qui permet d’augmenter l’impact du message que nous voulons porter », a aussi assumé Jean-Noël Barrot devant les ambassadrices et les ambassadeurs du pays.

Car, si ce compte se permet de répondre à Elon Musk ou à Pavel Durov en pointant la prolifération de contenus pédocriminels sur Telegram pour contrer ses critiques contre la politique de l’Union européenne en la matière, il concentre surtout ses réponses vers des comptes russes et états-uniens diffusant la propagande de leurs pays respectifs, souvent avec les codes utilisés sur le réseau social X.

Ainsi, le compte du Quai d’Orsay répondait en octobre à Sputnik Afrika en remettant en question l’éthique de ses journalistes avec un mème. Comme nous l’expliquions à ses débuts, le compte a commencé en réfutant des propos du secrétaire d’État étasunien, Marco Rubio, en proposant un « factchecking » affirmant que « la reconnaissance de l’État palestinien n’a pas entraîné l’échec des négociations sur les otages ».

Plus direct encore depuis le début d’année

Plus récemment, French Response a pris des allures encore plus directement diplomatiques en réinterprétant ironiquement des photos utilisées par le département de la Sécurité intérieure américain pour illustrer la « panique » qui aurait envahi les leaders européens suite aux velléités répétées de Donald Trump de s’emparer du Groenland.

Pour le compte de la diplomatie française, « l’Europe ne panique pas, l’Europe vérifie juste que ses tempes ne se dégarnissent pas ». Ce dimanche, French Response lançait un « Make Dmitry Mannered Again (MDMA) » à un Dmitry Medvedev qui affirmait « Make America Great Again (MAGA)= Make Danmark Small Again (MDSA)= Make Europe Poor Again (MEPA). Avez-vous enfin compris, bande d’imbéciles ? ».

La France est donc entrée pleinement dans le jeu de la petite phrase publiée sur X pour faire rire et sourire les utilisateurs du réseau d’Elon Musk.

« J’étais circonspect, car cela revient à abaisser le débat public à du “tweet clash”, mais French Response a su reprendre tous les codes de la jeunesse, et tape juste », affirme le journaliste et consultant en lutte contre la désinformation Nicolas Hénin au Monde.

Dans son discours aux ambassadrices et ambassadeurs, Jean-Noël Barrot leur a promis : « vous verrez qu’aucune fausse information n’émane de ce compte ». Mais est-ce possible de jouer avec ces règles dans la cour d’un réseau dirigé par une des cibles de French Response et dont l’IA officielle est un superdiffuseur de désinformation et qui génère des messages antisémites et dénude des femmes sur demande ?

On peut se demander quel est réellement le but de ce compte. Toujours aux ambassadrices et ambassadeurs, le ministre explique qu’il a « une vertu, qui est de riposter lorsque des contenus portant atteinte à notre image sont diffusés. Mais « French Response » a aussi une vertu d’inhibition, parce que nos adversaires savent désormais que s’ils portent atteinte à notre image, ils peuvent être ridiculisé par « French Response  » ».

Cette diplomatie numérique se limite par contre pour l’instant au réseau social d’Elon Musk. Le ministère ne revendique pour l’instant pas de compte du même genre sur des réseaux sociaux comme TikTok, Instagram ou BlueSky sur lesquels il devrait sans doute adapter son discours à des environnements plus policés.

☕️ Yann LeCun veut tracer une autre voie pour l’intelligence artificielle

19 janvier 2026 à 17:09

À 65 ans, Yann LeCun lance AMI Labs, pour Advanced Machine Intelligence. La start-up, installée à Paris, s’est lancée en décembre avec l’ex-directeur de Meta France Laurent Solly et le fondateur de la start-up de santé Nabla, Alexandre Lebrun.

D’après Bloomberg, la société a sécurisé le soutien du fonds américain de capital-risque Cathay Innovation et est en discussion avec Greycroft et le fonds britannique Hiro Capital, au conseil d’administration duquel siège Yann LeCun.

L’entreprise devrait clore un premier tour de financement de 350 millions d’euros, mais cherche à en obtenir 150 millions de plus, d’après une présentation de décembre. L’allemand HV Capital et les Français Bpifrance et Daphni pourraient aussi participer à la mise initiale.

Après une première vie de chercheur, qui lui a permis d’obtenir en 2018 le prix Turing, aux côtés de Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, puis une deuxième en recherche fondamentale en intelligence artificielle chez Meta, le nouvel entrepreneur explique au Monde avoir quitté la société de Mark Zuckerberg sur fond de désaccords stratégiques.

Et de regretter le « comportement grégaire » des sociétés spécialisées dans l’IA, qui les pousse à « toutes travailler sur la même chose parce qu’elles ne peuvent pas se permettre d’être en retard ». Avec AMI, lui veut creuser le sillon des « IA qui comprennent le monde réel, le monde physique », pour des applications dans les domaines de l’aviation ou de la robotique. 
Pour l’ingénieur, quand bien même les grands modèles de langage ont donné des résultats « utiles », ils n’en relèvent pas moins d’une forme d’« intelligence étroite » et ne permettront pas d’atteindre une forme d’intelligence générale.

Pour qu’une machine permette réellement de raisonner ou de planifier des décisions, estime-t-il, il lui faut accéder à un « modèle du monde », une représentation abstraite de son environnement qui lui permette de le comprendre. À l’inverse de la lecture d’image pixel par pixel présente dans les modèles génératifs, il s’agirait d’ignorer les détails pour envisager de grands concepts ou des objets dans leur totalité.

Dans un contexte géopolitique tendu, Yann LeCun critique par ailleurs la « dérive autoritaire » du président des États-Unis Donald Trump et ses soutiens dans l’industrie technologique comme Elon Musk – tout en déclarant, au sujet du ralliement de Meta à Trump, que les « grands capitaines d’industrie de la technologie n’ont pas le choix. Ils savent très bien que Trump peut tuer leur boîte par harcèlement réglementaire ».

Ce promoteur historique de l’ouverture des recherches de Meta en IA argumente encore pour une « diversité » dans le domaine, notamment permise par des logiques open source.

« Le citoyen doit avoir accès à une grande diversité d’IA, comme pour les organes de presse », insiste-t-il, alertant contre les risques de voir la population reposer sur les outils d’une poignée de plateformes, essentiellement construites aux États-Unis ou en Chine.

Raspberry Pi AI HAT+ 2 : 40 TOPS* et 8 Go de mémoire pour le Raspberry Pi 5

19 janvier 2026 à 16:20
pas TOPS
Raspberry Pi AI HAT+ 2 : 40 TOPS* et 8 Go de mémoire pour le Raspberry Pi 5

Cela fait maintenant plus d’un an et demi que la fondation Raspberry Pi a lancé son premier module d’intelligence artificielle pour le micro-ordinateur éponyme. Il s’agit dans les faits d’un NPU externe, à brancher au Raspberry Pi 5. Quelques mois plus tard, des modules AI HAT+ débarquaient.

Après les Hailo-8(L), la Hailo-10H

La semaine dernière, le Raspberry Pi HAT+ 2 était annoncé. La puissance de calcul est plus importante avec 40 TOPS sur des entiers de 4 bits (INT4)… mais attention aux effets d’annonce. Selon la fondation, c’est « son premier produit d’IA » pensé pour l’intelligence artificielle générative.

Pas de changement de crémerie pour le Pi HAT+ 2 : c’est encore une puce Hailo qui est aux commandes, la version 10H cette fois-ci (au lieu des Hailo-8 et Hailo-8L précédemment). Elle est disponible au format M.2 ou avec une puce à souder, la fondation a choisi la seconde option.

Le tout premier AI Kit était pour rappel composé d’un M.2 HAT+ avec une carte M.2, mais ce format a été laissé de côté avec les versions AI HAT pour un module unique avec la puce soudée.

2,5 watts et 40 TOPS… en INT4, 20 TOPS en INT8

La fiche technique indique une puissance de 2,5 watts, exactement comme la Hailo-8 (1,5 watts pour la version Light à 13 TOPS). La puissance annoncée par Hailo est évidemment la même : 40 TOPS en INT4 et 20 TOPS en INT8. C’est mieux que les Hailo-8 ? Non, pas sur la puissance de calcul en tout cas.

En effet, les 13 et 26 TOPS des Hailo-8 et 8L sont en INT8, là où le Hailo-10H n’est « qu’à 20 TOPS », il se place donc entre les deux. Il prend par contre en charge une précision moins importante en INT4 avec 40 TOPS, ce qui n’est a priori pas le cas des deux autres.

Nouveauté : 8 Go de mémoire intégré

Mais le principal atout du Hailo-10H se cache ailleurs : il dispose de 8 Go de mémoire intégrées, alors que les précédents AI HAT+ utilisaient exclusivement la mémoire du Raspberry Pi. Selon la fondation, cela permet « d’exécuter des LLM jusqu’à environ 6 milliards de paramètres ». Les VLM (Vision-Language Model) sont aussi supportés.

Au lancement, les modèles suivants sont supportés : DeepSeek-R1-Distill, Llama3.2, Qwen2.5-Coder, Qwen2.5-Instruct et Qwen2, avec 1 à 1,5 milliard de paramètres. D’autres suivront, promet le billet de blog.

Niveau performances, ce n’est pas une révolution comme le reconnait Raspberry Pi : « Les performances de vision par ordinateur de l’AI HAT+ 2 sont globalement équivalentes à celles de son prédécesseur de 26 TOPS, grâce à sa mémoire RAM embarquée ». La fondation ajoute ainsi que « la transition vers AI HAT+ 2 se fait de manière transparente et sans heurt ». Une autre manière de le dire serait presque… « sans intérêt » ?

En France, le kit Pi HAT+ 2 est vendu 138,55 euros chez Reichelt et 145,20 euros chez Kubii. Le tarif officiel est de 130 dollars.

« Ce n’est pas aussi impressionnant que ça en a l’air »

Pour de plus amples détails sur les performances de ce nouveau module, vous pouvez consulter le long test de Jeff Geerling. Il a également publié une vidéo.

Conclusion rapide : « En pratique, ce n’est pas aussi impressionnant que ça en a l’air ». En effet, ces tests mettent en face un module Pi AI HAT+ 2 face au SoC du Raspberry Pi avec 8 Go de mémoire pour une configuration « équivalente ». Le SoC dépasse le NPU, mais au prix d’une consommation bien plus importante.

Pour le youtubeur, le principal intérêt du AI HAT+ 2 « est la capacité de fonctionner en mode « mixte », où il peut traiter de la vision artificielle (images d’une caméra ou d’un flux vidéo), tout en faisant de l’inférence (LLM ou synthèse vocale) ». Problème : des bugs ont été rencontrés, à voir s’ils seront rapidement corrigés.

Terminons par la conclusion version longue : « 8 Go de RAM sont utiles, mais ce n’est pas suffisant pour donner un avantage à ce HAT par rapport au fait de payer simplement pour le plus gros Pi de 16 Go avec plus de RAM, qui sera plus flexible et fera tourner les modèles plus rapidement ». Seule exception : si la consommation électrique est un véritable enjeu pour vous.

☕️ ASUS jette l’éponge sur les smartphones et fait un all-in sur l’IA

19 janvier 2026 à 15:22

L’annonce a été faite par Jonney Shih, le président d’ASUS comme le rapporte VideoCardz : « ASUS n’ajoutera pas de nouveaux modèles de téléphones mobiles à l’avenir ».

L’entreprise propose pour rappel des Zenfone et des ROG Phone pour les amateurs de jeux sur smartphone. Le premier modèle remonte à 2018. ASUS s’engage par contre à maintenir la prise en charge des smartphones, mais sans indiquer pendant combien de temps.

À la place, la société annonce plonger les deux pieds devant dans l’IA « physique », c’est-à-dire les serveurs pour l’intelligence artificielle, les ordinateurs (portables ou fixes) avec IA intégrée, les robots, les lunettes connectées, etc.

Une annonce dans la lignée de son mot d’ordre au CES de Las Vegas :

Meta licencie 1 500 personnes de son Reality Labs et se détourne toujours plus du métavers

19 janvier 2026 à 13:23
Le métavers dans le métavers
Meta licencie 1 500 personnes de son Reality Labs et se détourne toujours plus du métavers

Cinq ans à peine après que le groupe Facebook s’est renommé Meta, l’entreprise licencie 10 % des effectifs de son Reality Labs dans le cadre d’une réorientation vers l’intelligence artificielle et les équipements mobiles.

Et Facebook Inc. devint Meta. En 2021, alors que la pandémie de Covid-19 sévit encore sur la planète et que sa société fait face aux révélations de son ex-employée Frances Haugen, Mark Zuckerberg officialise le nouvel axe stratégique de son entreprise : investir à fond dans le développement du métavers.

Moins d’une demi-décennie plus tard, l’entreprise licencie 1 500 employés de son département Reality Labs, spécialisé dans les produits de réalité virtuelle (VR). Si un tel plan de licenciement ne représente que 10 % des effectifs de Reality Labs, un porte-parole de Meta acte auprès de Bloomberg la réorientation stratégique de l’entreprise vers l’intelligence artificielle et les produits mobiles, à commencer par l’informatique vestimentaire (wearable tech), dont l’un des produits phares sont les lunettes connectées produites avec Ray-Ban.

Plus de 60 milliards d’euros de perte

Initialement, Reality Labs a été construit autour des équipes d’Oculus VR, que Facebook avait racheté en 2014. Mais le succès relatif de ses casques virtuels et surtout l’échec du métavers n’ont jamais permis à l’entreprise de rentrer dans ses frais.

De sa création fin 2020 à la fin de l’année 2024, Reality Labs avait ainsi perdu de l’ordre de 50 milliards de dollars, faute de dégager un chiffre d’affaires notable. Ce montant a depuis augmenté de 10 milliards de dollars par an en moyenne pour atteindre les 70 milliards de dollars (60,2 milliards d’euros) de perte en ce début 2026.

Horizon Workrooms et trois studios fermés

Parmi les entités directement touchées par les licenciements, la plateforme Horizon Workrooms, qui proposait des espaces de travail dans le métavers, sera fermée à partir du 16 février, indique l’entreprise. Cette dernière cessera par ailleurs de proposer ses casques Meta Quest et les logiciels et applications business affiliés – c’est-à-dire de proposer des produits et des services à destination du monde professionnel dans ce domaine.

Trois studios de jeux en VR sont par ailleurs fermés : Armature (qui a adapté Resident Evil 4 en VR), Sanzaru et Twisted Pixel. Horizon Worlds, la plateforme de jeux en VR de Meta, reste ouverte, mais les effectifs qui l’animent sont limités (le groupe maintient cinq autres studios de création de contenu ou de jeux vidéo). Meta prévoit de continuer de travailler sur les questions de VR, mais en reportant son attention sur les smartphones plutôt que sur les casques immersifs — qu’elle ne prévoit pas pour autant d’abandonner.

Fin 2025, l’entreprise annonçait déjà faire évoluer ses investissements du métavers vers les lunettes dopées à l’IA. Dans le cadre de cette réorientation, Meta et EssilorLuxottica SA sont en discussion pour doubler leurs capacités de production de lunettes « intelligentes ». Le partenariat entre ces deux sociétés a permis à Meta de développer ses activités avec des marques de lunettes comme Ray-Ban ou Oakley.

Quand bien même l’essentiel des prises de parole de Mark Zuckerberg a tourné autour du développement de l’IA en 2025, relève le Wall Street Journal, il lui est arrivé d’affirmer que le métavers pouvait toujours fonctionner. Il y a un an, il annonçait par exemple à ses investisseurs que l’année écoulée constituerait un « pivot » pour le domaine.

☕️ HubEE, le hub d’échange de l’État piraté, au moins 160 000 documents volés

19 janvier 2026 à 09:31

La plateforme d’échange de fichiers de l’État, HubEE, a subi une attaque le 9 janvier dernier. Le pirate a pu s’introduire dans le système et a eu accès à au moins 70 000 dossiers contenant au total 160 000 documents.

Ce vendredi 16 janvier, la direction interministérielle du numérique (DINUM) a communiqué sur le sujet, expliquant avoir mis en place le jour de l’attaque des « mesures conservatoires » pour « bloquer l’attaquant » ainsi que des mécanismes d’authentification et de surveillance des flux pour pouvoir ensuite rétablir le service à partir du 12 janvier.

La DINUM explique que certains documents qu’a pu obtenir le pirate contenaient des données personnelles sans donner de précision sur leur nature ni sur le nombre de documents concernés. « À ce jour, les données exfiltrées n’ont pas été publiées et la DINUM a mis en place une veille active », explique-t-elle.

La Direction de l’information légale et administrative avait envoyé, au cours de la semaine dernière, un email à certains utilisateurs expliquant qu’ « un des sous-traitants de http://Service-public.gouv.fr a rencontré un incident de sécurité entre le 4 et le 9 janvier ». Ce message ajoutait que « cet incident de sécurité a occasionné la divulgation d’une partie de vos données personnelles renseignées lors d’une démarche en ligne que vous avez réalisée sur notre site. Il peut s’agir de vos données d’identification et le cas échéant de pièces justificatives produites à l’appui de votre demande ».

Elle précisait ensuite sur X que « Service.public.gouv.fr n’a pas été victime de cyberattaque. Le site est fonctionnel et son intégrité est totalement préservée. Les démarches en ligne opérées via le site (8,2 millions gérées en 2025) transitent par une plateforme technique d’échanges entre administrations. C’est sur cette plateforme que certaines données nécessaires aux démarches en ligne ont été détournées. Des mesures immédiates ont permis de juguler I’intrusion ».

Mais ce sont, selon l’information publiée par la Dinum vendredi, plutôt des données en possession de quatre directions ministérielles qui seraient concernées : la direction de l’information légale et administrative (DILA), la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), la direction générale de la Santé (DGS) et la caisse nationale des allocations familiales (CNAF).

Fournisseur alternatif d’électricité : black-out pour JPME, une « décision exceptionnelle »

19 janvier 2026 à 09:15
Je Paye Maintenant chez EDF
Fournisseur alternatif d’électricité : black-out pour JPME, une « décision exceptionnelle »

Le 22 janvier, le fournisseur alternatif Je produis mon électricité (JPME) n’aura plus d’autorisation « d’achat d’électricité pour revente aux clients finals » ; une « décision exceptionnelle » selon le gouvernement. L’entreprise est accusée de pratiques commerciales trompeuses et d’avoir des capacités économiques insuffisantes. Elle conteste vigoureusement et annonce déposer un référé.

En fin de semaine dernière, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a annoncé « retirer l’autorisation du fournisseur d’électricité Actelios Solutions ». Il propose des offres sous la marque JPME pour Je produis mon électricité. Un arrêté a été publié au Journal Officiel du 13 janvier 2026. Le gouvernement parle d’une « décision exceptionnelle, ferme, qui protège les consommateurs ». Elle prendra effet à compter du 22 janvier 2026.

Situation délicate depuis plus d’un an, des centaines de plaintes en 2025

JPME propose encore aujourd’hui une offre e-fourniture avec des tarifs heures pleines et creuses à respectivement 21,5 et 18,5 centimes par kWh, mais aussi une « e-batterie […], une solution de stockage virtuel qui met de côté vos kWh produits ». Pour profiter de cette offre, « il faut avoir des panneaux solaires, disposer d’un compteur Linky et être en fourniture d’énergie chez JPME », peut-on lire sur le site.

Si vous faites installer des panneaux solaires par un professionnel certifié RGE vous pouvez prétendre à l’offre l’Obligation d’Achat (OA) d’EDF, mais pour des kits d’autoconsommation ou une installation autre, ce n’est pas le cas. Certains fournisseurs comme JPME proposent des offres à ces clients.

En juin dernier, UFC-Que Choisir tirait déjà la sonnette d’alarme contre JPME : « De nombreux consommateurs reprochent à l’opérateur JPME d’avoir rarement honoré sa part du contrat. Résultat : des litiges à la pelle, des procédures judiciaires et même un carton rouge du médiateur de l’énergie ».

Le médiateur de l’énergie rappelle qu’il a alerté les pouvoirs publics dès septembre 2024 et saisi le procureur de la République de Montpellier en août 2025 sur les « mauvaises pratiques de JPME ». Le bilan était lourd : « alors qu’aucune saisine le concernant n’avait été enregistrée en 2023 à ce sujet, le médiateur a enregistré 188 saisines contre JPME en 2024 et 383 depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 ».

Nos confrères expliquaient que JPME proposait « une offre très alléchante sur le papier », malgré des droits d’entrée relativement élevés : « Cela m’a coûté 690 euros mais ce tarif englobait toutes les démarches pour faire passer le consuel et obtenir l’autorisation d’injecter son électricité dans le réseau », expliquait un client.

Joël Mercy, président du Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque (GPPEP), affirmait à nos confrères que JPME faisait état d’un « amateurisme pur ». L’entreprise n’aurait par exemple pas anticipé l’afflux de production d’énergie solaire entrainant une baisse des prix et se serait retrouvée « à acheter très cher le surplus de production de ses clients qui ne valait plus rien sur les marchés ». De plus, « ils n’avaient même pas de logiciel de facturation, les factures étaient faites sur fichier Excel ». Cela fait maintenant des mois que JPME ne prend plus de nouveaux clients pour le rachat d’électricité, ne proposant que son e-batterie.

Dans son communiqué, le gouvernement explique avoir été alerté « par le Médiateur national de l’énergie et par plusieurs clients des agissements et de la situation du fournisseur ». Pêle-mêle, on retrouve des griefs concernant des pratiques commerciales trompeuses, des affichages de tarifs mensongers, des retards de paiement pour les clients producteurs. Le ministre est arrivé à la conclusion que « les capacités économiques et financières de JPME sont insuffisantes au regard des exigences prévues par la Loi », avec comme conséquence le retrait de son autorisation.

Les clients transférés chez EDF pour la fourniture d’électricité

Les clients de JPME pour la fourniture d’électricité seront automatiquement transférés chez EDF, sans aucune coupure, affirme le ministère. Ils peuvent évidemment changer pour le fournisseur de leur choix, toutes les offres des fournisseurs (EDF comme alternatifs) sont pour rappel sans engagement.

Afin d’éviter des difficultés, « le médiateur national de l’énergie conseille d’attendre la bascule effective du contrat avant de souscrire un nouveau contrat de fourniture d’électricité ». Next vous propose pour rappel un outil dédié permettant de comparer votre facture à celles d’autres fournisseurs, en fonction de votre consommation réelle.

Pour les clients justement, le médiateur ajoute que « le rachat de l’injection, y compris pour les clients en batterie virtuelle, continue à être assuré par JPME, tant que les contrats ne sont pas résiliés », que ce soit à l’initiative de JPME ou celle du client.

Le médiateur en profite pour renvoyer vers Enedis, sur le site regroupant les acheteurs d’électricité.

JPME « conteste une décision disproportionnée et dépose un référé »

De son côté, JPME « conteste une décision disproportionnée et dépose un référé ». L’entreprise affirme que, « depuis le 31 décembre 2025, Actélios Solutions a apuré l’intégralité des dettes connues ». Le lendemain, le 16 janvier, nouveau communiqué pour de nouveau contester cette décision « prise sans aucune concertation avec l’entreprise, engendre une crise économique et sociale évitable ». JPME ajoute que l’entreprise « a été recapitalisée à hauteur de 1 million d’euros au 31 décembre 2025 ».

JPME déclare au passage que « 4 760 producteurs d’électricité décentralisée [seront] laissés sans solution : la direction de JPME demande à être reçue en urgence par Bercy ». Elle ajoute que cela « revient à une mise à mort pure et simple d’une entreprise aujourd’hui rentable, employant près de 50 personnes, directement ou indirectement ».

JPME réaffirme dans son deuxième communiqué avoir « soldé 100 % de ses dettes connues au 31 décembre 2025, y compris celles dues aux producteurs particuliers ». Sophie Bressol, dirigeante de JPME, ne cache pas sa colère : « Nous parlons d’une décision annoncée le 15 janvier, applicable le 22. Sept jours pour des milliers de producteurs et des dizaines de salariés. Cette brutalité est incompréhensible. Plus grave encore : nous l’avons apprise par voie de presse, sans échange préalable, alors même que l’entreprise s’était mise en conformité avec les exigences de l’État ».

À l’UFC-Que Choisir, Sophie Bressol (directrice générale depuis décembre 2024) reconnaissait mi-2025 des « erreurs et manquements de l’ancienne direction de l’entreprise révoquée en mai 2023 » et affirmait alors s’employer « à réparer les dégâts », selon nos confrères. JPME était aussi en train de pivoter vers la fourniture d’électricité pour les professionnels, « activité pour laquelle nous sommes rentables » affirmait la directrice générale.

☕️ Microsoft corrige les problèmes provoqués par le patch tuesday de janvier

19 janvier 2026 à 08:55

Microsoft a diffusé samedi 17 janvier une mise à jour out-of-band (OOB) pour Windows 11. Publiée en dehors du cycle habituel, elle intervient en urgence pour résoudre plusieurs dysfonctionnements engendrés par la livraison mensuelle de correctifs de sécurité, le fameux patch tuesday, du 13 janvier dernier.

Deux problèmes principaux ont été identifiés. D’abord, une impossibilité de se connecter à distance via le panneau Windows App sur les machines équipées de l’OS, mais aussi sur Azure Virtual Desktop et Windows 365. Le phénomène a été détecté sur les différentes versions de Windows 11 (dont la 25H2, dernière mouture en date), mais aussi sur Windows 10 et les éditions 2019, 2022 et 2025 de Windows Server.

Le correctif du correctif

Microsoft a ensuite détecté et corrigé un problème susceptible d’empêcher les machines sous Windows 11 version 23H2 avec Secure Launch activé de correctement s’éteindre ou de passer en veille.

« Si vous n’avez pas encore déployé la mise à jour de sécurité Windows de janvier 2026 et que votre environnement informatique comprend les applications et fonctionnalités concernées, nous vous recommandons d’appliquer plutôt cette mise à jour OOB », conseille l’éditeur.

Aux utilisateurs affectés par le bug de connexion n’ayant pas encore pu appliquer la mise à jour corrective, Microsoft préconise de passer soit par le client Remote Desktop, soit d’utiliser la version Web de Windows App (windows.cloud.microsoft).

OpenAI lance ChatGPT Go à 8 euros par mois et confirme l’arrivée de la publicité

16 janvier 2026 à 20:53
Go Go Go !
OpenAI lance ChatGPT Go à 8 euros par mois et confirme l’arrivée de la publicité

OpenAI a annoncé vendredi le lancement d’une formule ChatGPT Go à 8 euros (ou 8 dollars) par mois, qui s’accompagne d’une nouvelle mécanique de monétisation : l’introduction de publicités dans l’interface du modèle. L’entreprise promet que la publicité, d’abord testée aux États-Unis, sera gérée de façon responsable.

C’était le serpent de mer, l’éléphant dans la pièce : quand OpenAI, qui revendique 800 millions d’utilisateurs hebdomadaires, allait donc se décider à franchir le Rubicon de la publicité pour monétiser son audience colossale ? En gestation depuis de longs mois, la réflexion a finalement abouti sur une double décision rendue publique vendredi 16 janvier : l’annonce de l’arrivée prochaine de publicités au sein de ChatGPT et l’introduction d’un nouvel abonnement premier prix… précisément enrichi de publicités.

ChatGPT Go à 8 euros par mois

Jusqu’ici, il fallait choisir (si l’on voulait s’adonner à l’IA générative selon OpenAI) entre la formule gratuite et le premier niveau d’abonnement, ChatGPT Plus, facturé 23 euros par mois. L’entreprise dirigée par Sam Altman introduit un niveau intermédiaire baptisé ChatGPT Go et facturé 8 euros ou 8 dollars par mois.

D’après OpenAI, cette formule d’entrée de gamme confère dix fois plus de capacité que l’utilisation gratuite de ChatGPT, qu’il s’agisse de messages, d’envoi de fichiers ou de création d’images, avec un accès au récent modèle GPT‑5.2 Instant. La fenêtre de contexte et la mémoire de l’agent conversationnel (c’est-à-dire sa capacité à tenir une conversation au long cours, sans en perdre le fil) seraient également augmentées dans des proportions non précisées.

OpenAI prend bien soin de rappeler que ces capacités n’égalent pas celles des abonnements ChatGPT Plus (23 euros par mois) ou ChatGPT Pro (229 euros par mois), et souligne que ces formules resteront dépourvues de publicités, avec en plus l’accès à l’Agent Codex et au générateur de vidéos Sora.

Car c’est bien là le nerf de la guerre pour l’offre Go. « Nous prévoyons de commencer prochainement à tester la publicité dans la version gratuite et sur ChatGPT Go aux États-Unis. La publicité nous permet de maintenir notre engagement à rendre l’IA accessible à tous en nous aidant à proposer ChatGPT gratuitement ou à des prix abordables », révèle ainsi OpenAI.

Si l’utilisateur veut cuisiner, pourquoi ne pas lui vendre des condiments ? – crédit OpenAI

OpenAI promet une pub responsable

Le sujet de la publicité, délicat à bien des égards, fait l’objet d’une annonce dédiée, signée par Fidji Simo, la franco-américaine qui murmure depuis le printemps 2025 à l’oreille de Sam Altman pour les sujets liés à la monétisation.

OpenAI y revendique quelques grands principes, parmi lesquels la stricte indépendance des réponses générées par ChatGPT vis-à-vis des annonceurs ou la confidentialité des conversations menées avec le chatbot. Ce qui ne signifie évidemment pas que la publicité ignorera le contexte desdites conversations. « Vous contrôlez l’utilisation de vos données. Vous pouvez désactiver la personnalisation et supprimer à tout moment les données utilisées pour les publicités. Nous proposerons toujours une option pour ne pas voir de publicités sur ChatGPT, notamment un abonnement payant sans publicité », promet l’entreprise.

Ses engagements portent également sur l’affichage des publicités qui, selon cette annonce et captures d’écran à l’appui, seront explicitement isolées du flux de la conversation entre l’utilisateur et le chatbot, mais sauront se montrer attractives : « Grâce aux capacités de l’IA, nous sommes impatients de développer au fil du temps de nouvelles expériences que les utilisateurs jugeront plus utiles et pertinentes que toutes les autres publicités ».

Relais Colis piraté : accès frauduleux, liste de 10 000 mails envoyée par mail aux clients

16 janvier 2026 à 17:22
Quand le WTF rencontre le JPP
Relais Colis piraté : accès frauduleux, liste de 10 000 mails envoyée par mail aux clients

Que se passe-t-il chez Relais Colis ? La question mérite vraiment d’être posée, vu l’email reçu par certains clients. Il contient pas moins de… 10 000 adresses email d’autres personnes. Pendant ce temps, un pirate mettrait en vente un fichier avec 10 millions de données de Relais Colis.

Emailception : un email de Relais Colis, avec 10 000 adresses emails

VivaSentenza, lecteur de Next a reçu hier un email pour le moins étrange et inquiétant. Il fait en effet partie des destinataires à avoir reçu, dans le corps d’un email, une liste de 10 000 emails d’autres personnes (le contenu représente 10 000 @ et 240 315 caractères).

Le lecteur a ensuite reçu un second courrier quelques heures plus tard l’informant d’un « incident de sécurité informatique ». Il nous a fait suivre les deux emails au complet (exportation au format .eml) pour que nous les analysions.

Contacté, le service presse de Relais Colis nous confirme « avoir été alerté d’un accès frauduleux cette semaine à certaines données clients ».

Voici ce que nous apprennent les informations dans les métadonnées. L’email a été créé le 15 janvier à 12h02 (en UTC) et son sujet est « Information relative à la sécurité de vos données personnelles ». Il passe entre les mains du service de messagerie SimpleLogin (qui appartient à Proton) puis enfin dans la boite email du destinataire (Proton Mail).

Sur les réseaux sociaux, d’autres personnes ont visiblement reçu le même email (SaxX par exemple). Le destinataire n’est pas le même (l’heure diffère aussi un peu), mais la liste des emails dans le contenu du message semble être identique à chaque fois.

DKIM, DMARC et SPF : tout est ok !

Toutes les signatures DKIM, DMARC et SPF sont au vert. Les champs signés sont notamment From, Subject, To et Date.

Arc-Authentication-Results: i=1; mail.protonmail.ch;
dmarc=pass (p=quarantine dis=none) header.from=relaiscolis.com;
spf=pass smtp.mailfrom=eu-central-1.amazonses.com;
dkim=pass (1024-bit key) header.d=amazonses.com header.i=@amazonses.com […];
dkim=pass (1024-bit key) header.d=relaiscolis.com header.i=@relaiscolis.com […];

Nous vérifions au passage les serveurs autorisés à envoyer des emails au nom du domaine relaiscolis.com (via le DNS). Allons directement à la partie importante : « include:amazonses.com ». Amazonses.com est bien autorisé à envoyer des emails pour le compte de Relaiscolis.com. Dans l’email reçu par le lecteur, DKIM confirme que relaiscolis.com a bien signé l’email.

Il est donc légitime, mais nous ne savons pas comment cela a pu se produire. Piratage du compte de gestion des envois d’emails de Relais Colis ? Fausse manip’ du stagiaire ? Bug technique ? Impossible à dire pour le moment.

Relais Colis informe d’un « incident de sécurité »

Quelques heures plus tard, à 20h18, le lecteur reçoit donc un autre email de Relais Colis, intitulé « Information – Incident de sécurité affectant certaines données de contact ». L’email qui reçoit le message est utilisé uniquement pour Le Bon Coin nous précise le lecteur, alors que la communication vient de Relais Colis, mais les deux sont partenaires pour l’expédition des colis.

« Nous souhaitions vous informer qu’un incident de sécurité informatique a récemment été porté à notre connaissance et a affecté l’un de nos prestataires techniques intervenant dans le cadre de nos activités. Bien que cet incident soit désormais contenu et résolu, il a pu entraîner une atteinte limitée à la confidentialité de certaines données à caractère personnel vous concernant ».

Dans le lot, nom, prénom, adresse e-mail et numéro de téléphone. « Aucune donnée bancaire, aucun mot de passe, ni aucune information de paiement ou donnée sensible ne sont concernés par cet incident », ajoute Relais Colis. La CNIL a été notifiée, comme la loi l’y oblige.

Pas un mot par contre sur le précédent email.

Relais Colis nous confirme « un accès frauduleux cette semaine »

Nous avons contacté le transporteur en leur expliquant la situation et notamment les 10 000 emails dans le message et la signature de l’email par relaiscolis.com. Son agence de presse nous répond que, « à l’issue des premières vérifications, Relais Colis confirme avoir été alerté d’un accès frauduleux cette semaine à certaines données clients ».

La suite de la réponse est du même acabit que le second email envoyé aux clients : « Les données concernées sont des données téléphoniques et postales. Aucune donnée bancaire, aucun mot de passe ni aucune information sensible liée à la sécurité n’ont été compromis ».

« Dès l’identification de l’incident, Relais Colis a engagé les actions nécessaires et a entamé les démarches réglementaires en cours, notamment auprès de la CNIL, conformément aux obligations en vigueur. Cet incident est bien entendu regrettable et fait l’objet d’un suivi attentif visant à renforcer les dispositifs de sécurité », ajoute le service presse.

Nous avons redemandé comment un email avec 10 000 adresses emails a été envoyé à des clients, sans réponse pour l’instant.

Une base de données « relaiscolis » en vente sur Breachforum

Cette semaine, un nouveau message sur Breachforum annonçait « la vente de la base de données « relaiscolis » » avec les nom, prénom, nom de l’entreprise, adresse, téléphone et email. Le fichier contiendrait près de 10 millions de données.

Une vingtaine de comptes sont donnés en exemples avec la publication. Nous avons comparé les e-mails aux 10 000 dans l’email envoyé au lecteur : aucun ne correspond, mais cela ne permet pas d’en conclure grand-chose pour le moment.

Wikimedia signe avec les majors de l’IA générative pour son programme Enterprise

16 janvier 2026 à 14:49
À table avec une longue cuillère ?
Wikimedia signe avec les majors de l’IA générative pour son programme Enterprise

Alors que Wikipédia fête ses 25 ans, la fondation Wikimedia en profite pour mettre en avant son programme « Enterprise » et les accords qu’elle vient de signer avec des entreprises majeures de l’IA générative telles qu’Amazon, Meta, Microsoft, Mistral AI ou Perplexity. Des accords qui lui permettent de canaliser le nombre énorme de requêtes effectuées par les bots crawlers d’IA générative sur ses infrastructures.

Hier, Wikipédia fêtait ses 25 ans. « Avec des milliards de visites mensuelles et un nombre toujours croissant d’organisations qui s’appuient sur les connaissances gratuites et vérifiées de Wikipédia, cette plateforme est devenue partie intégrante de l’architecture de l’ensemble de l’Internet », déclarait à cette occasion Maryana Iskander, directrice générale de la Fondation Wikimédia.

Le lendemain de cet anniversaire, cette même fondation annonce avoir conclu des accords avec les entreprises d’IA générative Amazon, Meta, Microsoft, Mistral AI et Perplexity pour son programme « Wikimedia Enterprise ».

Une saturation des infrastructures de Wikimédia qui demande un changement d’utilisation

Depuis le début des modèles de langage, le contenu de Wikipédia est crucial pour leur entrainement. L’encyclopédie participative permet à toutes ces entreprises de s’appuyer sur d’importantes masses de données créées par des humains. Elle est à la fois une source énorme d’exemples d’écriture et d’informations mises à jour régulièrement couvrant un spectre encyclopédique.

L’adoption par Wikipédia de la licence Creative Commons by-sa en 2009 rend les choses encore plus simples pour la réutilisation de ses contenus (la question de la citation des auteurs dans les outils d’IA générative se pose néanmoins). Ainsi, en 2020, GPT-3 d’OpenAI s’appuyait déjà sur trois milliards de tokens venant de la version anglophone de l’encyclopédie.

Mais depuis, les modèles de langage sont sortis des laboratoires et les entreprises en mettent de nouveaux sur le marché toutes les semaines. De plus, l’utilisation généralisée du RAG (ou génération à enrichissement contextuel en français), technique qui permet d’optimiser leur réponse sans relancer un processus d’entrainement, augmente considérablement le nombre de requêtes envoyées aux sites qui peuvent rafraichir les informations contenues dans le modèle. Ces requêtes envoyées par les robots crawlers des entreprises d’IA saturent régulièrement les infrastructures de certains sites. Et Wikipédia en fait évidemment partie.

En avril 2025, la fondation Wikimedia tirait un signal d’alarme : « Notre infrastructure est conçue pour supporter des pics soudains de trafic d’origine humaine lors d’événements très intéressants, mais le volume de trafic généré par les robots scrapeurs est sans précédent et présente des risques et des coûts croissants », expliquait-elle. Surtout que certaines entreprises d’IA générative ne respectent pas les fichiers robots.txt qui sont censés permettre de donner des instructions aux robots crawlers comme leur interdire l’accès.

Plusieurs API et une volonté d’utiliser le programme pour mieux gérer les citations

Le programme Enterprise permet à la fondation de rediriger les entreprises d’IA vers des API qui gèrent mieux leurs accès au contenu. Elle en propose plusieurs : l’API On-demand renvoie la version la plus récente pour une demande d’article spécifique, l’API Snapshot fournit Wikipédia sous forme de fichier téléchargeable pour chaque langue, mis à jour toutes les heures, et l’API Realtime diffuse les mises à jour dès qu’elles se produisent.

En octobre dernier, la fondation expliquait que l’encyclopédie perdait 8 % de pages vues par les humains en un an et mettait ça sur le compte de l’IA. À cette occasion, elle s’émeuvait d’un risque d’une baisse de la participation au projet. Car si les internautes ne savent pas que les contenus générés par IA sont tirés en grande partie de Wikipédia et qu’ils ne la consultent plus, il est possible qu’ils ne voient plus l’intérêt d’y participer. La fondation expliquait à ce moment-là que son programme « Enterprise » devait pousser aussi les entreprises d’IA à attribuer correctement les contenus.

« Wikipédia est un élément essentiel du travail de ces entreprises technologiques, qui doivent trouver comment le soutenir financièrement », explique Lane Becker, président de Wikimedia Enterprise à Reuters. « Il nous a fallu un certain temps pour comprendre quelles étaient les fonctionnalités et les caractéristiques à proposer si nous voulions faire passer ces entreprises de notre plateforme gratuite à une plateforme commerciale… mais tous nos grands partenaires technologiques comprennent vraiment la nécessité de s’engager à soutenir le travail de Wikipédia », ajoute-t-il.

La fondation précise que ce ne sont pas les premiers accords dans ce sens avec d’importantes entreprises du monde de l’IA générative. Ainsi, Google, Ecosia, Nomic, Pleias, ProRata et Reef Media étaient déjà entrées dans son programme Enterprise.

Mais avec les cinq nouveaux accords, la fondation Wikimédia se lie économiquement de plus en plus avec ce milieu. Si leurs montants prennent une place significative dans son budget, des dents pourraient grincer au sein de la communauté Wikipédia. Rappelons que l’IA est un sujet sensible qui s’est un peu enflammé quand la fondation a voulu utiliser l’IA générative pour créer des résumés automatiques d’articles de l’encyclopédie.

☕️ Trois plaidoiries « hallucinées » par IA ont été identifiées en France en décembre

16 janvier 2026 à 14:08

En juillet, lorsque nous l’avions interviewé, Damien Charlotin n’avait identifié que 160 plaidoiries contenant des « hallucinations » générées par IA, majoritairement états-uniennes. En ce début janvier, sa base de données en dénombre 806, dont 548 aux USA, 56 au Canada, 55 en Australie, 38 en Israël, 32 en Grande-Bretagne, 9 au Brésil, 7 en Allemagne, 5 en Argentine, Inde et aux Pays-Bas, et 3 en France, toutes trois identifiées en décembre dernier.

Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’école de droit de Sciences Po, a ainsi constaté que le tribunal administratif de Grenoble avait eu à traiter « une requête et des mémoires générés avec un outil dit d’intelligence artificielle, dont le contenu est tout sauf « juridiquement cadré », contrairement à ce que prétend l’outil utilisé, dans un échange avec le requérant que M. A… n’a même pas pris la peine d’enlever du document adressé au tribunal ».

Fin décembre, il remarquait que le tribunal administratif d’Orléans avait quant à lui été confronté à 15 jurisprudences hallucinées, et qu’ « il y a donc lieu d’inviter le conseil du requérant à vérifier à l’avenir que les références trouvées par quelque moyen que ce soit ne constituent pas une « hallucination » ou une « confabulation » ».

« Chez les magistrats civilistes, on a tous eu dans des écritures au moins une jurisprudence qui n’existe pas », confirme Cyril Jeanningros, juge au tribunal judiciaire de Paris, au journaliste spécialiste des affaires judiciaires Gabriel Thierry, sur Dalloz Actualité. Un problème chronophage : « L’affaire qui nécessitait douze pages il y a 25 ans en comporte désormais trente, mais c’est plus le fait du copier-coller que de l’IA ».

« Avant, on voyait ceux qui copiaient des jurisclasseurs dans leurs écritures, on se moquait mais au moins c’était juste. Avec l’IA générative, nous devons identifier les propos hallucinés, cela nous complique la tâche », déplore Caroline Lantero auprès de Gabriel Thierry. Avocate au barreau de Clermont-Ferrand, elle a récemment reçu « cinq pages d’un argumentaire complètement faux », et dû faire un important travail de vérification à la place de la partie adverse, « un temps que je supporte assez mal de perdre ».

Wi-Fi dans les avions : Lufthansa signe avec Starlink, le patron de Ryanair n’en veut pas

16 janvier 2026 à 12:15
et traite Elon Musk d'idiot
Wi-Fi dans les avions : Lufthansa signe avec Starlink, le patron de Ryanair n’en veut pas

Lufthansa a annoncé cette semaine avoir signé avec Starlink pour équiper les 850 avions de sa flotte d’ici 2029 d’une connectivité sans fil, avec la promesse d’un Wi-Fi gratuit à bord pour ses passagers. Le patron de Ryanair se refuse quant à lui à envisager un tel déploiement en raison du surcoût engendré par l’augmentation de carburant consommé. Et traite au passage Elon Musk d’idiot, après que le patron de SpaceX le déclare mal informé sur le sujet.

À son tour, Lufthansa cède aux sirènes de Starlink, qui s’impose de ce fait comme le premier fournisseur de connectivité à bord auprès des grandes compagnies européennes. Dans son annonce, datée du 13 janvier, le groupe indique qu’il débutera le déploiement de Starlink dans le courant du deuxième semestre 2026, avec l’ambition d’avoir équipé l’intégralité de sa flotte d’ici 2029.

Le projet concerne l’ensemble des compagnies détenues par la compagnie aérienne nationale allemande, à savoir Lufthansa, Swiss, Austrian Airlines et Brussels Airlines, pour un total d’environ 850 avions.

Wi-Fi gratuit à bord sur enregistrement

Lufthansa fait du Wi-Fi haut débit promis par Starlink un produit d’appel pour ses outils de connaissance client. Le groupe indique en effet que l’accès à Internet sera gratuit à bord pour les clients qui disposent soit d’un « statut » (c’est-à-dire une inscription au programme de fidélité Miles and More), soit d’un identifiant Travel ID, le compte Internet unique par lequel ses différentes compagnies proposent de centraliser les interactions avec leurs services en ligne.

Lufthansa rejoint donc ici la logique déjà adoptée par Air France, qui prévoit de boucler le déploiement de Starlink d’ici fin 2026, et mise sur la fourniture d’un service gratuit pour les passagers. Starlink peut de son côté se targuer d’avoir convaincu les plus grandes compagnies aériennes européennes avec ce nouvel accord. Outre Air France et maintenant Lufthansa, le réseau satellitaire de SpaceX a en effet signé (PDF) en novembre 2025 avec IAG, qui réunit Aer Lingus, British Airways, Iberia, LEVEL et Vueling et opère environ 500 avions.

Incompatible avec la grille tarifaire des « low costs » ?

Starlink risque en revanche d’avoir du mal à convaincre Ryanair. Interrogé par Reuters en réaction à l’annonce formulée par Lufthansa, Michael O’Leary, PDG de la compagnie irlandaise, a en effet estimé que la fourniture d’un accès Internet à bord était incompatible avec la logique économique de Ryanair, qui opère principalement des vols courts et moyens courriers. « Nous ne pensons pas que nos passagers soient prêts à payer pour le Wi-Fi pendant un vol d’une heure en moyenne », a-t-il déclaré.

Michael O’Leary a dans le même temps commenté l’impact potentiel de l’intégration de Starlink au niveau de la consommation de carburant : « Il faut installer une antenne sur le fuselage, cela entraîne une surconsommation de carburant de 2 % en raison du poids et de la traînée ».

L’allégation est arrivée aux oreilles d’Elon Musk qui a réagi, le même jour sur X. « Il est mal informé. Je doute même qu’ils puissent mesurer précisément la différence de consommation de carburant, surtout pour un vol d’une heure, où la traînée supplémentaire est quasiment nulle pendant la phase de montée grâce à l’angle d’attaque élevé. Et comparé à la plupart des autres solutions de connectivité, il y aurait en réalité des gains d’efficacité. », a estimé le patron de SpaceX, étayant son propos d’un extrait de texte généré par Grok.

Michael Nicolls, vice-président en charge de SpaceX chez Starlink, a abondé dans son sens, en publiant deux photos illustrant l’antenne Starlink et celle d’un système satellite géostationnaire sur la carlingue d’un avion, pour souligner la faible protubérance occasionnée par le système maison. « Notre analyse montre que l’augmentation de la consommation de carburant pour un 737 - 800 avec notre conception actuelle est d’environ 0,3 % », affirme ce dernier.

La réponse du berger à la bergère

Interrogé vendredi par la radio irlandaise Newstalk, le patron de Ryanair a maintenu son chiffre. « Boeing nous a déjà confirmé la nécessité d’installer une antenne sur le toit de l’appareil ; cela entraînera une augmentation de la consommation de carburant d’environ 2 % », déclare-t-il. L’impact financier se monterait donc selon lui à 200 ou 250 millions de dollars par an, sur la base d’une facture annuelle de carburant de l’ordre de 5 milliards de dollars.

« Autrement dit, cela représente environ un dollar supplémentaire par passager, et nous ne pouvons tout simplement pas supporter ces coûts. Les passagers ne sont pas prêts à payer pour la gratuité d’Internet ; s’il est gratuit, ils l’utiliseront, mais ils ne débourseront pas un euro chacun pour s’y connecter ».

Habitué des sorties sarcastiques (et des négociations musclées allant jusqu’au chantage, notamment avec les aéroports français), Michael O’Leary a profité de l’occasion pour dire tout le bien qu’il pensait d’Elon Musk. « Je n’accorderais aucune attention à Elon Musk. C’est un idiot – très riche, certes, mais un idiot quand même ».

« Le PDG de Ryanair est un imbécile fini. Qu’on le vire ! », a à son tour répondu Musk sur X, peu après la publication de cette actu.

Le « gratuit » chez Ryanair, ça fait longtemps que l’entreprise a tiré un trait dessus.

☕️ L’alpha de GNOME 50 tire (à nouveau) un trait sur X11

16 janvier 2026 à 09:15

L’équipe en charge de GNOME a signalé vendredi la publication de la première alpha (version de test instable) de la future version 50 de son environnement. Cette alpha 1 de GNOME 50 permet de constater, en pratique et à nouveau, les conséquences de l’abandon programmé de X11 au profit de Wayland.

Pourquoi « à nouveau » ? Ce changement avait déjà été mis en oeuvre au niveau de l’alpha 1 de GNOME 49 en juillet dernier, avant que l’équipe ne décide de faire marche arrière avant la sortie de la version finale, en septembre.

« Nous avons trouvé difficile de séparer proprement la capacité de GDM à lancer des sessions X11 modernes (que nous avions l’intention de garder activées dans GNOME 49) du reste de l’intégration X11 de GDM (que nous avions l’intention de désactiver mais de laisser intacte pour GNOME 49) », expliquait alors l’équipe.

Gnome 50 alpha 1

Cette fois sera-t-elle la bonne ? L’alpha 1 de GNOME 50 retente l’aventure. « La prise en charge de X11 a été entièrement supprimée, à l’exception de la possibilité de lancer des sessions X11 d’autres environnements de bureau avec un serveur X par utilisateur. Cela signifie que des fonctionnalités telles que XDCMP et Xserver ont disparu, et que les sessions GDM s’exécuteront toujours sous Wayland », confirment les notes de version, qui signalent par ailleurs l’impossibilité nouvelle de compiler GDM (GNOME Display Manager) sans Wayland.

Outre l’adaptation de nombreux composants à la disparition du backend X11, GNOME 50 alpha introduit de nombreuses petites nouveautés, listées par exemple par Phoronix.

La version finale de GNOME 50 est pour l’instant programmée au le 18 mars prochain.

☕️ La distribution Tails 7.4 permet maintenant de garder les réglages de langues

16 janvier 2026 à 08:57

La distribution Linux Tails, spécialisée dans la sécurité, a été mise à jour jeudi. Arrivant un mois après la 7.3.1, cette nouvelle version contient des évolutions de paquets telles que le passage de Tor Browser à la version 15.0.4, Thunderbird en version 140.6.0 ou le noyau Linux dans sa version 6.12.63.

Une des nouveautés les plus visibles pour l’utilisateur, c’est la possibilité de garder ses réglages de langues, de disposition de clavier et de format d’affichage des dates et heures entre deux utilisations de la distribution live.

En effet, l’équipe de Tails explique avoir mis en place une option pour enregistrer ces options si l’utilisateur l’active. Ainsi, on peut plus facilement saisir le mot de passe de notre stockage persistant, si on le veut. Attention, le billet annonçant la nouvelle version précise que ces options sont stockées de manière non chiffrée.

L’équipe de Tails précise aussi qu’ « avec la transition en cours de BitTorrent v1 vers v2, les fichiers BitTorrent v1 que nous avons fournis jusqu’à présent peuvent devenir un problème de sécurité ». Elle a donc choisi de ne plus utiliser le protocole BitTorrent pour distribuer sa distribution : « Nous ne pensons pas que la mise à jour vers BitTorrent v2 justifie les coûts supplémentaires liés à la migration et à la maintenance ».

☕️ Pour contourner la censure d’Internet, Ougandais et Iraniens utilisent des app’ Bluetooth

15 janvier 2026 à 14:45

Selon le cabinet d’études Apptopia, l’application de communication décentralisée Bitchat s’est hissé en tête des classements des boutiques d’applications Apple et Google en Ouganda après avoir enregistré plus de 28 000 téléchargements cette année, rapporte l’agence Reuters.

Ce 14 janvier, le classement Apptopia des app’ les plus téléchargées montrent que d’autres messageries Bluetooth, ainsi que Orbot (Tor pour Android), sont elles aussi plébiscitées en Ouganda.

Classements des app’ les plus téléchargées en Ouganda

L’Ouganda vient en effet de couper l’accès à Internet, à l’approche d’une élection controversée. Dans un message partagé sur X.com vu plus de 230 000 fois, Bobi Wine, une pop star ougandaise et principal candidat de l’opposition, a exhorté la population du pays à télécharger Bitchat.

Jack Dorsey, le fondateur de Twitter qui avait lancé Bitchat en juillet 2025, la présentait comme « Une application de messagerie sécurisée, décentralisée, en pair à pair, qui fonctionne sur les réseaux maillés Bluetooth. Pas besoin d’Internet, de serveurs ou de numéros de téléphone – juste une communication chiffrée ».

En partant du principe que chaque appareil connecté devient à son tour un relais et participe à étendre la couverture, Dorsey estimait envisageable d’atteindre une portée d’au moins 300 mètres.

En 2024, les organismes de surveillance des droits numériques Access Now et la coalition #KeepItOn ont recensé 296 blocages d’Internet dans 54 pays, relève Reuters. L’agence ne précise pas dans combien d’autres pays des applis telles que Bitchat seraient utilisées, mais souligne que le nombre de téléchargements aurait également plus que triplé en Iran, où l’accès à Internet a également été bloqué.

Les manifestants pro-démocratie à Hong Kong en 2020 s’étaient déjà, eux aussi, tournés vers des applications similaires telles que Bridgefy, qui avait également été téléchargée plus d’un million de fois en Birmanie en 2021 après la prise du pouvoir par l’armée, rappelle Reuters.

Opera One R3 nourrit les groupes d’onglets à l’IA et renforce l’intégration de Google

15 janvier 2026 à 14:19
Par contre il ne dégooglise pas Internet
Opera One R3 nourrit les groupes d’onglets à l’IA et renforce l’intégration de Google

Disponible au téléchargement gratuit, Opera One R3 prolonge les logiques de groupes d’onglets et de vues partagées inaugurée par la précédente version. Cette nouvelle mouture promet également des fonctionnalités IA plus rapide et un accès facilité aux canaux de bêta test. Elle est aussi l’occasion de renforcer l’intégration avec les services de Google.

L’éditeur d’origine norvégienne Opera a publié jeudi la nouvelle version majeure de son navigateur gratuit. Opera One R3 ne révolutionne pas l’expérience, mais elle prolonge les travaux déjà engagés au travers des moutures précédentes de l’édition One, notamment pour tout ce qui touche à la gestion des onglets.

Au niveau de l’interface, Opera One R3 améliore la logique de vues partagées (split screen) déjà à l’oeuvre avec la R2, mais en autorisant cette fois jusqu’à quatre onglets affichés simultanément à l’écran.

Opera One R3 autorise jusqu’à quatre onglets en vue partagée – crédit Opera

« Tab Islands » et réponses IA contextuelles

Inaugurée avec la version R1 sortie au printemps 2023, le regroupement automatique des pages Web ouvertes en « îlots d’onglets » (Tab Islands en anglais) constitue toujours l’un des éléments cœur de la promesse d’Opera. Dans cette version R3, l’outil gagne de nouvelles options de personnalisation. On peut ainsi choisir une couleur et nommer chaque groupe pour faciliter la navigation.

L’autre grande nouveauté sur laquelle Opera met l’accent tient à l’intégration de l’IA au sein de son navigateur. L’éditeur, qui commercialise en parallèle un navigateur agentique baptisé Neon (sur abonnement), indique avoir retravaillé son module pour délivrer des réponses 20 % plus rapides. Cette IA reste accessible sans compte Opera, mais l’enregistrement, chaudement encouragé, est nécessaire pour disposer d’un historique, et d’une prise en compte maximale du contexte.

Les groupes d’onglets sont personnalisables

Désormais accessible au travers d’un bouton IA situé en haut à droite de la page, l’IA d’Opera se veut en effet capable de traiter les requêtes de l’utilisateur en fonction de la page Web active (pour un résumé par exemple), mais le périmètre peut être étendu à un groupe d’onglets :

« L’IA du navigateur Opera peut utiliser le contexte de votre onglet ouvert (ou îlot d’onglets) pour vous fournir des réponses pertinentes. Ainsi, elle ne mélange pas les contextes dans ses réponses. Grâce aux nouvelles options de personnalisation des onglets, vous pouvez tirer pleinement parti de cette fonctionnalité pour organiser vos recherches, votre travail, votre planification, ou même comparer le contenu de différents onglets et îlots d’onglets. »

L’IA peut être activée ou désactivée totalement depuis les paramètres. L’utilisateur peut également choisir de désactiver le raccourci dédié dans l’interface. Enfin, il dispose d’une option permettant d’activer, ou non, la suggestion de requêtes lorsque du texte est sélectionné sur une page Web.

Héritée des travaux liés à Neon, cette IA est pour mémoire motorisée depuis décembre dernier par les modèles Gemini de Google.

Les services Google épinglés dans la barre latérale

En parlant de Google… Opera One R3 inaugure également une intégration renforcée de Google Agenda et de Gmail qui sont désormais proposés sous forme de raccourcis dans la barre latérale du navigateur.

« Après avoir examiné attentivement vos commentaires concernant les services à ajouter à côté de la barre latérale, nous avons décidé d’y intégrer les services Google. En effet, les avoir toujours à portée de main représente un gain de productivité indéniable qui vous évitera de nombreux changements d’onglets. », justifie l’éditeur qui, comme Mozilla par exemple, tire une part significative de ses revenus des accords commerciaux passés avec Google.

Un mode Early Bird pour les fonctionnalités à venir

Opera One R3 propose également un nouveau mode dit Early Bird, inspiré de ce qui a déjà été fait dans Opera GX et consacré à la prise en main des futures nouveautés du navigateur en avant-première. En pratique, il suffit de se rendre dans le menu dédié, de sélectionner les fonctionnalités que l’on souhaite tester et de relancer le navigateur pour les activer. Cette décision, qui vise logiquement à augmenter la population des bêta-testeurs, s’accompagne de la fin annoncée du canal Opera Beta. Le canal Opera Developer reste quant à lui opérationnel. L’éditeur avait précisé sa stratégie mi-décembre dans un billet de blog.

Le canal Beta est remplacé par un mode Early Bird embarqué

L’avertissement que nous formulions en octobre 2024 à l’occasion de la sortie de la version R2 vaut toujours pour cette R3 : l’utilisateur a tout intérêt à ne pas valider trop vite les différents écrans du parcours d’installation s’il tient à protéger sa vie privée. Le programme valide en effet par défaut l’envoi d’un large volume d’informations relatives à la navigation ou à la position géographique de l’utilisateur.

Santé : le ministère met en place une stratégie pour lutter contre la désinformation en ligne

15 janvier 2026 à 12:53
Et la santé surtout !
Santé : le ministère met en place une stratégie pour lutter contre la désinformation en ligne

Alors que la pandémie de Covid-19 a marqué un accroissement de la circulation de fausses informations en santé, notamment via les réseaux sociaux, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, lance une stratégie pour « y répondre de manière concrète, durable et collective ».

Des outils de diffusion d’informations et de riposte contre la désinformation, la constitution d’un « observatoire de la désinformation en santé » et la mise en place d’outils de mesure de la perception des citoyens… La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, semble vouloir agir contre la désinformation en santé dont la circulation s’est fortement accrue depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Elle vient de lancer une « stratégie nationale contre la désinformation en santé » en s’appuyant sur le rapport que lui ont remis lundi 12 janvier Mathieu Molimard, Dominique Costagliolia et Hervé de Maisonneuve.

« La parole publique en santé est trop dispersée, trop lente face à la viralité »

Dans leur texte [PDF], les trois médecins rapporteurs affirment que la plupart des acteurs qu’ils ont interrogés « décrivent une augmentation de la désinformation en santé, alimentée par une littératie scientifique déficiente, un esprit critique insuffisant, la viralité numérique, la perte de repères scientifiques et la diffusion organisée de contenus trompeurs ». Des journalistes scientifiques, des organismes de santé, des politiques ou même des plateformes de réseaux sociaux comme Meta ou YouTube (le rapport note le « seul refus explicite d’entretien » de la part de la plateforme X/Twitter) ont été auditionnés.

Pour les auteurs, « si notre système scientifique, pris dans son ensemble, est solide, la parole publique en santé est trop dispersée, trop lente face à la viralité ». Et la désinformation touche « tous les domaines » de la santé : « vaccination, cancer, alimentation, santé mentale, santé des femmes, pratiques de soins non conventionnelles ou risques environnementaux ».

Les profils des acteurs de la désinformation en santé en France sont « variés » : influenceurs, groupes militants, professionnels de santé ou scientifiques dévoyés… « Les industriels, qu’ils commercialisent des produits de santé ou des produits impactant la santé, peuvent aussi être à l’origine de désinformation en santé », expliquent-ils. Et les trois médecins constatent que « la détection et la réponse à la désinformation restent inorganisées ».

Écoute et riposte prévues par le ministère

C’est à ce problème que veut remédier Stéphanie Rist. Sa stratégie se déploie sur trois axes. De l’écoute et des consultations citoyennes, d’abord, avec l’exploration des perceptions et logiques de croyance et un baromètre national sur la question. Mais aussi l’observation en ligne « dans la durée des attitudes et pratiques des citoyens face à la désinformation en santé » et la volonté de « recueillir leurs réactions en temps réel et tester des hypothèses de communication ». Un « comité » composé de 27 citoyens a aussi été mis en place. Il doit remettre un avis à la fin du mois de janvier ou début février.

La ministre explique travailler à la mise en place d’un « Observatoire de la désinformation en santé » dont elle ne donne pour l’instant pas la composition. Celui-ci doit « être l’acteur essentiel de l’identification et de la compréhension des phénomènes de désinformation en santé ».

Concernant la riposte sur le numérique, un dispositif d’« infovigilance en santé » doit être lancé à partir de fin janvier. En s’appuyant sur de la veille et de la détection de fausses informations en santé, il est censé conduire à la mise en place d’outils de diffusion d’informations et de riposte sur ces sujets adaptés aux plateformes comme TikTok et YouTube Shorts, avec comme « site de référence » l’espace « décryptages » du site sante.fr (et non Santé.fr comme écrit dans le rapport). Espérons qu’un effort de modernisation du site soit prévu avant le lancement de la campagne.

Enfin, pour « bâtir un socle de confiance propice à l’information en santé », le ministère élabore des « kits pédagogiques sur l’information en santé à destination des enseignants et enfants ». Il veut aussi intégrer plus la désinformation en santé au sein des programmes de recherche. Il aurait été d’ailleurs intéressant que, pour le rapport sur lequel il s’appuie, le ministère ne sollicite pas seulement le regard de médecins mais aussi celui de chercheuses et chercheurs en sciences de l’information et en sociologie.

Aux États-Unis, la multiplication de data centers suscite une opposition locale croissante

15 janvier 2026 à 11:17
Nuage toxique
Aux États-Unis, la multiplication de data centers suscite une opposition locale croissante

Courant 2025, les oppositions contre des projets de centres de données se sont multipliées aux États-Unis, au point d’inciter plusieurs géants de la tech à prendre des engagements pour minimiser leurs impacts, notamment sur les factures d’énergie.

25 projets de centres de données ont été abandonnés en 2025 aux États-Unis sous l’effet d’oppositions locales, soit quatre fois plus que l’année précédente. Au moins 99 autres projets sont contestés à travers le pays, sur un total de 770 projets annoncés.

Concrètement, environ 40 % des projets qui rencontrent une opposition ont été remisés aux oubliettes, calcule le média spécialisé dans les questions environnementales Heatmap. En quadruplant en un an, l’indicateur du nombre de projets finalement abandonnés a augmenté plus vite que la plupart des autres éléments habituellement suivis par le marché des centres de données, à commencer par leur consommation globale d’électricité (+ 22 % aux États-Unis en un an).

Une dynamique qui n’étonne pas nécessairement les spécialistes, dans la mesure où la multiplication des projets industriels entraîne aussi celle des risques de ne voir certains d’entre eux arriver à leurs termes. Auprès de Heatmap, l’ancien directeur de la stratégie énergétique de Meta indique s’attendre à ce que seulement 10 % des projets préparés actuellement ne voient finalement le jour. La tendance illustre néanmoins l’attention croissante que les populations portent à ce type de projets, quand bien même leurs représentants politiques peinent à s’emparer du sujet.

La lutte contre les data centers, « grand unificateur » politique

Dans un contexte politique tendu, l’opposition aux data centers est aussi décrite localement comme le « grand unificateur » de la droite et de la gauche états-uniennes. En octobre, des militants a priori irréconciliables du mouvement « Stop the Steal » (initialement engagé pour s’opposer à la perte de l’élection présidentielle par Donald Trump en 2020) et des Socialistes démocrates d’Amérique se sont ainsi réunis en une seule coalition pour s’opposer à un projet de construction de plus d’une dizaine de centres de données dans le Michigan.

Si ces dynamiques sont visibles sur le terrain, elles ne se traduisent en revanche pas nécessairement en parole ou en acte de la part des représentants politiques. De fait, les dépenses politiques des porteurs de projets technologiques ont clairement participé à l’évolution politique récente du pays : en amont des élections de mi-mandat, démocrates comme républicains se disputent de nouveau leurs faveurs financières, explique The Guardian.

Les rares à avoir pris la parole sont plutôt issus de la gauche du Parti démocrate – ainsi de Bernie Sanders –, mais des Républicains comme le gouverneur de Floride Ron DeSantis ont aussi proposé des jeux de mesures pour protéger les résidents de l’arrivée de géants de l’IA et de vastes centres de données.

Pression croissante sur les réseaux énergétiques

Parmi les inquiétudes citées le plus fréquemment par les opposants aux divers projets de centres de données, on trouve celles relatives aux pollutions générées par leurs activités, à leur consommation en eau, à leurs effets sur l’emploi (l’intelligence artificielle étant comprise comme destructrice d’emplois alors que les centres de données, eux, en génèrent peu) ou, surtout, celles concernant la somme d’énergie nécessaire à l’alimentation de ces fermes de serveurs.

La multiplication des centres de données pose ainsi des problèmes croissants aux fournisseurs locaux d’électricité. Dans 13 États qui s’étendent du New Jersey au Kentucky, relève par exemple le Wall Street Journal, 67 millions de personnes obtiennent leur électricité de l’organisation à but non lucratif PJM. À leurs côtés, les multiples usines de données de la « data center alley », en Virginie du Nord, se fournissent aussi auprès de PJM.

Et la croissance de leurs besoins en énergie est telle (envisagée à+ 4,8 % par an pendant la prochaine décennie par PJM, alors que la consommation avait globalement plafonné jusqu’ici) qu’elle met le réseau en danger d’atteindre sa capacité maximum dans les moments de fortes demandes. Dans un tel cas de figure, l’opérateur pourrait se retrouver obligé d’imposer des coupures de courant tournantes pendant les périodes de fortes chaleurs ou de grand froid.

La concurrence des différents types d’usagers participe par ailleurs à faire grimper les factures d’électricité, de 12 à 16 % dans des États comme la Virginie, l’Illinois ou l’Ohio. Le mécontentement des consommateurs est tel que des sociétés comme Amazon commencent à affirmer agir activement pour maintenir les prix locaux à un niveau raisonnable.

Pour autant, certains responsables politiques dont le secrétaire d’État à l’Énergie Chris Wright ont proposé de faire évoluer les règles de gestion des réseaux, voire d’imposer aux sociétés numériques « d’apporter leur propre énergie » pour minimiser l’impact de l’essor de l’IA sur les factures. La suggestion ouvre elle-même de nouveaux débats, notamment sur la propension de la filière à tirer celles des énergies fossiles et du nucléaire.

Ce 13 janvier, Microsoft est donc allée un cran plus loin avec une initiative dite « community-first », dans laquelle l’entreprise s’engage à payer l’intégralité de ses coûts énergétiques, à refuser les allégements fiscaux locaux sur ses terrains, à réapprovisionner en eau au-delà de ce qu’elle consomme, à investir dans l’éducation à l’IA et divers programmes communautaires, et à faire tout cela avec plus de transparence.

S’il est respecté, un tel engagement signifierait une évolution nette de la part du géant, dans la mesure où son nom n’est pas toujours clairement affiché sur les projets de centres de données, et où Microsoft a encore récemment profité d’abattements fiscaux dans l’Ohio ou l’Iowa.

☕️ Un rapport de police britannique invente un match de foot et rejette la faute sur Copilot

15 janvier 2026 à 10:46

Le responsable de la police du comté britannique des Midlands de l’Ouest, Craig Guildford, a reconnu une erreur dans un rapport concernant l’interdiction de stade de supporters du club de foot lors d’un match de Ligue Europa.

En effet, pour le match d’Aston Villa contre le Maccabi Tel-Aviv qui se jouait en octobre dernier, la police locale l’avait classé « à haut risque » et s’était prononcée pour l’interdiction aux supporters visiteurs d’assister au match. Dans son communiqué de presse, pas d’erreur, mais dans son rapport remis aux autorités pour justifier sa position, elle évoquait un match entre West Ham et le Maccabi Tel Aviv qui n’a jamais eu lieu.

Depuis la date du match, les critiques pleuvent sur cette décision, notamment de la part du Premier ministre britannique Keir Starmer et du gouvernement israélien. Lundi dernier, Craig Guildford a envoyé une lettre [PDF] à Karen Bradley, membre du Parlement britannique et responsable du Home Affairs Select Committee de la Chambre des communes.

« Vendredi après-midi, j’ai pris conscience que le résultat erroné concernant le match West Ham contre Maccabi Tel Aviv était dû à l’utilisation de Microsoft Co Pilot », s’y explique-t-il après avoir nié en décembre s’être appuyé sur l’IA pour préparer le rapport, remarque The Verge. Il avait aussi imputé le problème à une erreur dans les résultats du moteur de recherche de Google.

illustration d'une personne manipulée comme une marionnette par une IA

Pour la ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, c’en est trop. Selon l’AFP, celle-ci a affirmé : Craig Guildford « n’a plus ma confiance » devant la Chambre des communes après avoir commandé un rapport indépendant dont les conclusions sont « accablantes », selon elle. L’agence de presse explique qu’elle n’a pas le pouvoir de le démettre de ses fonctions mais qu’elle a annoncé que son gouvernement allait rétablir cette possibilité.

☕️ Zorin OS 18 : 2 millions de téléchargements, les trois quarts « d’utilisateurs sous Windows »

15 janvier 2026 à 10:02

Zorin OS dans sa dernière version, la 18, ne cache pas sa volonté d’être une alternative à Windows. Nous l’avions prise en main lors de la mise en ligne de la bêta. Plus axée vers les joueurs, nous avons également testé une autre distribution Linux, GLF OS.

La distribution reprend d’ailleurs une présentation proche et, selon l’équipe, « les améliorations apportées à Zorin OS 18 rendent la transition depuis Windows plus facile que jamais, offrant une expérience familière et intuitive aux utilisateurs de Windows tout en libérant tout le potentiel de votre ordinateur existant ».

La date de fin du support de Windows 10 était pour rappel le 14 octobre 2025, sauf pour l’Europe qui a droit à une année supplémentaire. Le 14 octobre était aussi le jour de sortie de Zorin OS 18. Et le message semble être passé puisque, sur X, l’équipe en charge du projet annonçait ce 11 janvier pas moins de 2 millions de téléchargements.

Zorin ajoute que « plus des trois quarts de ces téléchargements provenaient d’utilisateurs sous Windows, contribuant ainsi à accroître la base d’utilisateurs Linux ».

☕️ M6+ débarque dans Prime Video, avec les chaines M6, W9, 6ter, Gulli…

15 janvier 2026 à 08:18

L’annonce est tombée hier soir : « L’intégralité des programmes de M6+ sont disponibles dès aujourd’hui sur Prime Video en France ». Amazon promet « 30 000 heures de contenus » avec ce nouveau partenariat.

Prime Video est l’offre de streaming d’Amazon pour ses clients (payants) Prime, concurrent de Netflix, disponible en France depuis près de 10 ans. La plateforme propose depuis longtemps des chaines « TV en direct » en plus des contenus d’autres plateformes et de la SVOD.

Chez Amazon, ce partenariat est présenté comme « une étape importante dans notre objectif de devenir la première destination de divertissement ». De son côté, le Groupe M6 veut « bâtir un écosystème streaming adapté aux nouveaux usages dans un contexte de consommation fragmenté », mais y voit aussi un autre avantage : « Ce partenariat consolide également la couverture de notre offre publicitaire, commercialisée par M6 Unlimited ».

En juillet dernier, un accord du même genre était annoncé avec France TV. Il était question de « l’intégralité de l’offre france.tv […] avec les directs des chaînes (France 2, France 3, France 4, France 5 et France Info), les programmes en preview et en replay ainsi que les contenus exclusifs ».

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