Le président vénézuélien, Nicolás Maduro, enlevé par les forces spéciales américaines lors d’une opération militaire à Caracas, a été présenté pour la première fois à un juge lors d’une audience de procédure, le lundi 5 janvier. Il a annoncé plaider non coupable de toutes les charges retenues contre lui.
La Havane a annoncé que l’opération américaine visant à enlever le président vénézuélien, Nicolás Maduro, avait entraîné la mort de 32 de ses ressortissants, en majorité des militaires. La presse officielle se répand en hommages, tandis que les journaux d’opposition en exil y voient la preuve des ingérences du régime communiste dans la région.
L’euphorie après l’enlèvement de Nicolás Maduro a laissé place à la frustration et à la déception. Dans son éditorial du 5 janvier, le principal quotidien de l’opposition au Venezuela, “El Nacional”, laisse entendre sa crainte de voir Donald Trump laisser le pouvoir aux proches de l’ex-dictateur en échange d’un accès privilégié au pétrole pour les entreprises états-uniennes. Volant de fait au peuple son droit à mener au plus vite une transition vers la démocratie.
Fils d’exilés cubains et farouche détracteur de Nicolás Maduro, le secrétaire d’État de Donald Trump a joué un rôle essentiel dans l’enlèvement du président chaviste à Caracas. Le président compte sur lui pour imposer sa volonté au Venezuela, relate “The Washington Post”, qui le surnomme le “vice-roi” du pays.
Accusée par Donald Trump d’être gouvernée par “un homme malade qui aime faire de la cocaïne et la vendre aux États-Unis”, la Colombie, alliée historique de Washington, craint désormais d’être la prochaine cible de la “pression maximale” du président américain.
Dans les rues de la capitale vénézuélienne, le dimanche 4 janvier, peu de monde pour célébrer la chute du despote, au pouvoir depuis 2013. À la fois par crainte de la répression de l’appareil chaviste, toujours en place, mais aussi parce que cette intervention extérieure ne dit rien qui vaille aux citoyens rencontrés par “The Guardian”.
Le président français a fini, ce lundi 5 janvier, par exprimer une critique de la méthode avec laquelle les États-Unis ont renversé le président vénézuélien, le samedi 3 janvier. Sa première réaction sur X, dénuée de toute critique de l’intervention américaine, lui avait valu l’ire d’une grande partie de la classe politique française, observe la presse étrangère.
La question occupe aussi bien la presse américaine que la presse internationale, toutes soulignant que le droit constitutionnel américain comme le droit international semblent avoir été malmenés par l’administration Trump.
Les entreprises chinoises multiplient, depuis une décennie, les investissements en Amérique latine dans de multiples secteurs, dont des infrastructures stratégiques. Le coup de force du président américain Donald Trump au Venezuela va-t-il porter un coup d’arrêt brutal à cette tendance ?
Un groupe de chamans et de guérisseurs du Pérou tiennent des portraits des dirigeants du monde, dont Donald Trump, Nicolás Maduro et Xi Jinping, dans le cadre d’une cérémonie d’accueil de la nouvelle année, le 29 décembre 2025, à Chorrillos.
Si elle a condamné un “acte d’agression militaire” contre le Venezuela, la diplomatie russe a globalement observé une certaine réserve après la capture de Nicolás Maduro. De son côté, la presse russe constate que, face à ce coup d’éclat de l’administration Trump, Moscou est dans une position “peu avantageuse”, réduit à un rôle d’observateur.
Le dirigeant vénézuélien, Nicolás Maduro, et le président russe, Vladimir Poutine, après une rencontre diplomatique au Kremlin, à Moscou, le 7 mai 2025.
L’éviction du président Maduro est supposée permettre aux industriels américains de retourner dans le pays disposant des plus grandes réserves mondiales de pétrole brut. Un ancien cadre de Chevron explique au “Financial Times” qu’il a déjà “anticipé” les vœux du président Trump.
Après l’affaiblissement du Hezbollah et du Hamas, la chute du régime de Bachar El-Assad en Syrie et la “guerre des douze jours” contre l’Iran, l’enlèvement par Washington de Nicolás Maduro constitue un nouveau revers pour Téhéran et son réseau de milices au Moyen-Orient, qui renforce davantage Israël sur l’échiquier régional, selon les presses israélienne et arabe.
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro (à gauche), et l’ancien président iranien, Ebrahim Raïssi (à droite, mort dans le crash d’un hélicoptère en 2024), saluant la jeunesse vénézuélienne à leur arrivée au théâtre Teresa Carreño de Caracas (Venezuela), le 13 juin 2023.
Dans un article publié le 4 janvier, le journaliste allemand Holger Stark affirme que le service fédéral de renseignements allemand a écouté les conversations de l’ancien président américain durant des années, sans l’accord de la chancelière allemande. Une affaire qui fait écho à la mise sur écoute d’Angela Merkel par l’agence de renseignement américaine, rendue publique en 2013.
Les dirigeants du Vieux Continent se félicitent de la chute du président du Venezuela, mais cherchent dans le même temps à rester fidèles à la défense du droit international, sans jamais cibler Donald Trump. Une tentative de synthèse impossible qui exaspère la presse, de Hambourg à Londres en passant par Madrid.
Si l’Union africaine s’est contentée de rappeler “son attachement indéfectible aux principes fondamentaux du droit international”, sans condamner le coup de force américain au Venezuela, la réaction sud-africaine est plus frontale.
Jadis très proche de Nicolás Maduro, le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, est resté silencieux après l’opération des forces spéciales américaines qui a conduit à la capture du président vénézuélien. En fait, il a plus que jamais besoin du soutien de Donald Trump.
Ce montage photo réalisé le 6 décembre 2025 montre le président vénézuélien, Nicolás Maduro (à gauche), à Caracas, le 14 novembre 2025, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Ankara, le 19 novembre 2025.
Les prétentions territoriales américaines à l’égard du Groenland, réaffirmées par Donald Trump depuis l’opération militaire au Venezuela, alarment de plus en plus au Danemark et dans son ex-colonie. “Parlons-en dans vingt jours”, a déclaré le président américain.
Le retour des habitants déplacés par les combats demeure complexe, après la signature d’un cessez-le-feu entre le Cambodge et la Thaïlande le 27 décembre. Les zones jonchées d’explosifs doivent être nettoyées, et certains villages demeurent inaccessibles.
Un policier inspecte une maison évacuée touchée par l’artillerie cambodgienne, dans un village proche de la frontière thaïlando-cambodgienne, dans la province de Surin (Thaïlande), le 11 décembre 2025.
Menaces militaires, droits de douane punitifs ou plans de sauvetage économique, la Maison-Blanche manie la carotte et le bâton sur tout le continent latino-américain, dans une sorte de remise au goût au jour par Donald Trump de la doctrine Monroe, qui prévalait au XIXᵉ siècle. Un tour d’horizon du “New York Times”, publié avant l’opération du 3 janvier ayant abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro.
Face à la colère des agriculteurs européens, notamment en France et en Italie, la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et quatre pays sud-américains, prévue le 20 décembre, a été reportée une nouvelle fois. Dans un éditorial, “El País” appelle l’Europe, troisième voie face à la Chine et aux États-Unis, à ne pas laisser passer cette occasion unique.