IA et empreinte eau d’ici 2050 : énergie et fabs concentrent 96 % de la hausse
Une nouvelle étude de Xylem, en partenariat avec le Global Water Intelligence, chiffre l’empreinte eau de l’IA à l’horizon 2050. Selon le rapport, l’essor des infrastructures nécessaires à l’IA ferait grimper la demande mondiale annuelle de 30 000 milliards de litres d’eau, soit environ les trois quarts de la capacité du réservoir des Trois-Gorges.
L’énergie et les fabs en première ligne
Le document estime que la consommation de l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA augmenterait de 129 % par rapport à aujourd’hui. La hausse proviendrait majoritairement de la production d’électricité (~54 %) et de la fabrication de semi-conducteurs (~42 %), les data centers ne pesant directement qu’environ 4 % dans l’incrément.
Le signal d’alerte est d’autant plus net que 40 % des centres de données existants sont implantés dans des zones déjà en stress hydrique. La croissance future des capacités est, elle aussi, attendue dans des bassins où l’accès à l’eau est contraint.
Arbitrages industriels et leviers techniques
Xylem plaide pour un recours accru aux technologies d’économie et de réutilisation de l’eau, ainsi qu’à la réduction des fuites sur les réseaux. L’objectif est d’éviter que l’eau ne devienne un plafond de verre pour l’innovation, en particulier dans les régions où se concentrent les fabs de pointe et les parcs de data centers.
Au-delà des data centers, les choix d’approvisionnement électrique et les procédés de fabrication des puces seront déterminants. Refroidissement plus frugal, boucles fermées et traitement sur site côté IT, optimisation des stations d’épuration industrielles et des tours de refroidissement côté énergie et semi, seront les axes les plus impactants.
La trajectoire esquissée pose un enjeu d’implantation et de mix technologique pour l’écosystème IA. Sans bascule vers des sites moins contraints et des procédés sobres en eau, le coût opérationnel et réglementaire pourrait s’envoler, pesant sur les calendriers d’expansion des capacités de calcul et de production de puces.
Source : ITHome
