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Six câbles sous-marins endommagés dans la mer Baltique ces derniers jours

12 janvier 2026 à 14:26
Deep internet
Six câbles sous-marins endommagés dans la mer Baltique ces derniers jours

La mer Baltique a de nouveau été le théâtre de plusieurs alertes aux sabotages de câbles sous-marins fin 2025-début 2026. Les câbles concernés relient la Lituanie et la Lettonie, mais aussi l’Estonie à la Finlande, à la Suède et à son île Hiiumaa.

La police criminelle centrale de Finlande a annoncé mercredi 7 janvier avoir saisi le navire Fitburg qu’elle suspecte d’avoir endommagé un câble de télécommunications sous-marin dans la mer Baltique. Ce premier câble endommagé relie l’Estonie à la Finlande. La police finlandaise avait pris le contrôle du bateau le 31 décembre alors qu’il était sur sa route de Saint-Pétersbourg à Haïfa. L’enquête est ouverte pour « dommages criminels aggravés, tentative de dommages criminels aggravés et interférence aggravée avec les télécommunications ».

« Les polices finlandaise et estonienne ont terminé leur travail à bord du navire, et la saisie peut donc être levée. Hier, dimanche 11 janvier, le tribunal de district d’Helsinki a placé en détention provisoire un membre d’équipage du navire Fitburg dans l’attente d’un nouveau procès. Certains membres d’équipage du navire restent soumis à une interdiction de voyager », a déclaré Risto Lohi, le responsable de l’enquête ce lundi 12 janvier dans un communiqué annonçant la levée de l’ordre de saisie du navire.

Au nord de la mer Baltique

Selon Euronews, le câble aurait été endommagé dans la zone économique exclusive de l’Estonie. Un deuxième câble reliant l’Estonie à la Finlande, exploité par la société suédoise Arelion, aurait été aussi sectionné le 31 décembre.

Mais la police lettone a aussi saisi et inspecté dimanche 4 décembre un autre navire dans le port de Liepāja, explique le Financial Times. Cette fois, les autorités suspectent le bateau d’avoir endommagé le 2 janvier le câble BCS East, un câble de 65 km qui relie Sventoji en Lituanie à Liepaja en Lettonie. Mais leurs investigations ne leur ont apporté aucun lien avec l’incident. L’Estonie a signalé des incidents sur deux autres câbles la reliant à la Suède et à son île de Hiiumaa.

Des suspicions sur la Russie mais aucune preuve formelle et peu d’intérêt stratégique

Ces divers incidents sur des câbles dans la mer Baltique relancent les suspicions de sabotage évoquées l’année dernière, alors que le même genre de problèmes avait été constaté dans la région.

Mais pour Andres Vosman, ancien directeur adjoint des services de renseignement extérieur estoniens, les raisons pour lesquelles ces câbles sont abîmés sont sans doute à trouver ailleurs. « Je suis convaincu que la plupart des incidents récents dans la mer Baltique sont en grande partie le résultat d’une conjonction de facteurs : un trafic maritime beaucoup plus intense vers la Russie, des navires en mauvais état avec un équipage peu compétent, davantage d’infrastructures sous-marines que par le passé et une attention accrue du public », expliquait-il au journal estonien Eesti Express (voir la traduction en anglais publiée par l’auteur de l’interview). Pour lui, « chaque incident de ce type suscite de nouveaux appels à des mesures restrictives concernant les flottes fantômes et autres, les missions de l’OTAN, les sanctions. D’un point de vue stratégique, Moscou n’a pas besoin de ce désordre ».

La saisine du Fitburg par les autorités finlandaises émet néanmoins un message de dissuasion envers Moscou. Car l’année 2025 a attiré l’attention sur d’autres signaux faibles : de multiples pays européens ont été survolés et plusieurs aéroports comme ceux d’Oslo, Bruxelles ou Munich ont préféré fermer suite à ce genre de signalements.

☕️ Cloudflare crie à la censure et menace de quitter l’Italie après une amende salée

12 janvier 2026 à 11:59

Le régulateur italien des télécommunications AGCOM vient d’infliger une amende de 14,2 millions d’euros à Cloudflare à payer dans les 30 jours, une somme représentant 1 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise.

L’AGCOM reproche au géant états-unien de ne pas avoir mis en œuvre le blocage par son résolveur DNS 1.1.1.1 de sites pirates qu’elle lui avait demandé en février 2025 en s’appuyant sur la loi anti-piratage italienne votée en 2023.

Celle-ci permet d’imposer le blocage de noms de domaine et d’adresses IP liés au piratage dans un délai de 30 minutes, comme l’explique TorrentFreak. « Il avait été demandé à la société, en tant que fournisseur de services numérique impliqué dans l’accès à des contenus diffusés illégalement, de désactiver la résolution DNS des noms de domaine et le routage du trafic réseau vers les adresses IP signalées par les titulaires des droits via la plateforme Piracy Shield, ou, en tout état de cause, de prendre les mesures technologiques et organisationnelles nécessaires pour rendre les contenus diffusés illégalement inaccessibles aux utilisateurs finaux », explique l’AGCOM dans son communiqué de presse.

Comme l’explique le média Heise, Cloudflare s’est défendu en affirmant que la demande était « disproportionnée et déraisonnable », car cette demande l’obligeait à mettre un filtre sur les 200 milliards de requêtes que reçoit son DNS 1.1.1.1 par jour, ce qui entrainerait une latence importante de son service et son efficacité. L’entreprise a aussi pointé le risque de « surblocage », avec un ciblage trop large.

L’entreprise pourra mettre de nouveau en avant ces arguments devant la Cour d’appel administrative régionale du Lazio auprès de laquelle elle a déjà annoncé qu’elle ferait appel.

Le CEO de Cloudflare, Matthew Prince, a vertement réagi vendredi sur X dans un long message en estimant que cette amende était infligée à son entreprise pour « ne pas s’être conformée à [un] programme de censure d’Internet ».

Il y explique aussi que Cloudflare réfléchit à « 1) mettre fin aux services de cybersécurité pro bono d’une valeur de plusieurs millions de dollars qu’ [elle fournit] aux prochains Jeux olympiques de Milan-Cortina ; 2) mettre fin aux services de cybersécurité gratuits de Cloudflare pour tous les utilisateurs basés en Italie ; 3) retirer tous les serveurs des villes italiennes ; et 4) mettre fin à tous les projets de création d’un bureau Cloudflare en Italie ou d’investissements dans le pays ».

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