Les Pays-Bas ne font pas assez pour protéger du changement climatique les habitants de l’île de Bonaire, décide un tribunal néerlandais

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Des pirates informatiques soutenus par l'Etat chinois ont-ils espionné les conversations de hauts responsables britanniques pendant des années ? A en croire le journal anglais The Telegraph, ce scénario est tout sauf fictif. La Chine aurait procédé à des piratages de téléphones à partir de 2021. De quoi inquiéter sérieusement le gouvernement britannique, dont plusieurs membres éminents auraient été compromis. Parmi eux se trouvent certains des plus proches conseillers de Boris Johnson, Liz Truss ou encore Rishi Sunak. On ignore pour le moment si le piratage a inclus les téléphones portables des Premiers ministres eux-mêmes, mais une source au fait de la faille a déclaré qu’il s’agissait d’une intrusion allant "jusqu’au cœur même de Downing Street".
Cette attaque implique la possibilité que des espions chinois aient pu lire des SMS ou écouter des appels impliquant des membres de haut rang du gouvernement. Même s’ils n’ont pas pu écouter les appels, les pirates pourraient avoir accédé aux métadonnées, révélant avec qui les responsables étaient en contact et à quelle fréquence, ainsi qu’à des données de géolocalisation indiquant leur position approximative. Selon Dakota Cary, chercheur au sein de l'Atlantic Council, un think tank américain spécialisé dans la menace chinoise, la Chine s’intéresse de près "au renseignement concernant les députés et les processus décisionnels de la politique britannique".
Des sources du renseignement américain ont fait savoir au Telegraph que l’opération d’espionnage chinoise, connue sous le nom de Salt Typhoon, serait toujours en cours. Cela signifie que Keir Starmer et ses principaux collaborateurs sont donc eux aussi susceptibles d'avoir été espionnés. Ces révélations interviennent alors que Keir Starmer vient d'arriver en Chine ce mercredi — la première visite d’un Premier ministre britannique depuis celle de Theresa May en 2018 — afin de renforcer les liens commerciaux et d’investissement avec Pékin, et que le gouvernement britannique vient d’approuver l'ouverture d’une méga-ambassade chinoise à Londres. Selon The Telegraph, celle-ci sera située à proximité de certains des câbles de communication les plus sensibles de la City.
Le Parti travailliste essuie de vives critiques de la part de l'opposition, qui l'accuse de laxisme vis-à-vis de la Chine, dans le but de conclure des accords commerciaux. Alicia Kearns, députée conservatrice et cible présumée d'une précédente affaire d’espionnage chinois à Westminster, a notamment haussé le ton : "De combien de preuves supplémentaires ce gouvernement a-t-il besoin avant de mettre fin à sa complaisance envers Xi Jinping et de se tenir droit, en tant que grand pays que nous sommes, pour nous défendre ? Le Parti travailliste récompense des actes hostiles contre notre État", a-t-elle martelé.
Si on ignore encore précisément quelles informations les pirates chinois ont obtenues à partir des téléphones du personnel de Downing Street, un haut responsable américain a confié au Telegraph que cette faille mondiale était "l’une des campagnes d’espionnage les plus réussies de l’histoire". Outre le Royaume-Uni, de nombreux pays, dont les quatre autres membres de l'alliance de renseignement "Five Eyes" - États-Unis, Australie, Canada et Nouvelle-Zélande - ont eux aussi fait les frais de ce piratage chinois.
Mais les différents gouvernements ciblés n'ont pas tous réagi de la même manière. Les autorités britanniques ont pour l'heure préféré rester vagues, reconnaissant simplement qu'un "ensemble d’activités" avait bel et bien eu lieu sur le territoire. À l’inverse, les responsables américains ont été beaucoup plus explicites sur l’ampleur de la faille, expliquant que des pirates chinois avaient ciblé Donald Trump, J.D. Vance ou encore Kamala Harris à l’approche de l’élection présidentielle de 2024. Des accusations démenties par les autorités chinoises, qui maintiennent qu'elles sont "dénuées de preuves".

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