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Vue normale

Groenland : pourquoi les menaces de droits de douane brandies par Donald Trump «sont de moins en moins crédibles»

17 janvier 2026 à 12:18
ENTRETIEN - Alors que plusieurs pays européens - la France en tête - opposent timidement leur désaccord à Donald Trump dans son projet de mettre la main sur le Groenland, le président américain a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays qui «ne jouent pas le jeu». Des menaces qui commencent à s’émousser, selon l’économiste Antoine Bouët.

© Kevin Lamarque / REUTERS

Iran : pourquoi la contestation actuelle est différente des précédentes

17 janvier 2026 à 12:08
Outre la forte détérioration économique depuis le dernier soulèvement en 2022, l’Iran a connu une série de revers géopolitiques depuis la guerre à Gaza, voyant son influence largement reculer au Moyen-Orient. Le mouvement actuel s’inscrit, en outre, dans un contexte de retour de la suprématie américaine, souligne la presse internationale.

© Photo ANGELA WEISS/AFP

Donald Trump brandit la menace douanière contre les pays opposés à son acquisition du Groenland

17 janvier 2026 à 11:58
Toujours déterminé à se saisir de l’île arctique sous souveraineté danoise, le président américain a, vendredi 16 janvier, menacé les pays qui se mettraient sur son chemin de taxes douanières supplémentaires. Dans le même temps, une délégation bipartisane américaine s’est rendue à Copenhague pour apporter son soutien au Danemark.

© Photo Marko Djurica/REUTERS

Élections en Ouganda : l'armée dément avoir emmené de force le candidat de l'opposition Bobi Wine

17 janvier 2026 à 08:17
Le parti du principal opposant ougandais Bobi Wine a dénoncé un raid des forces de sécurité au domicile de son chef, qui serait coupé de toute communication, juste avant l'annonce, prévue samedi, des résultats de la présidentielle. Le porte-parole de l'armée a cependant réfuté les allégations selon lesquelles le candidat a été emmené à bord d'un hélicoptère. 

La terreur, ultime moteur du régime iranien

17 janvier 2026 à 11:00
Privée du moteur idéologique de ses débuts et de la légitimité électorale, la République islamique tourne à vide, comme le démontre la brutalité sans précédent de l’écrasement du soulèvement populaire déclenché fin décembre 2025.

© ATTA KENARE / AFP

"Une zone de guerre": en Iran, le récit d’un mouvement de protestation écrasé dans le sang par le régime

17 janvier 2026 à 10:43
Dix jours après son déclenchement, le mouvement de contestation en Iran s’est intensifié le 8 janvier. Des foules d’Iraniens sont descendues dans la rue pour dénoncer la République islamique, avant d’être férocement réprimées par les autorités. Par le sang, le régime est parvenu à étouffer la vague de protestation.

La Californie défie Donald Trump et offre l'entrée gratuite à plus de 200 parcs pour la journée Martin Luther King

17 janvier 2026 à 10:41
Gavin Newsom, gouverneur de Californie, a annoncé que l'entrée à 200 parcs nationaux de son État serait gratuite ce lundi 19 janvier, à l'occasion du centenaire de Martin Luther King. L'annonce intervient alors que l'administration Trump a remplacé la gratuité des parcs nationaux le jour de Martin Luther King par le jour de l'anniversaire du président américain.

Syrie : Al-Charaa scelle un compromis avec les Kurdes pour reprendre Deir Hafer

17 janvier 2026 à 10:20
A la suite de négociations orchestrées par les Etats-Unis, les FDS se sont retirées des territoires à l’ouest de l’Euphrate dont elles s’étaient emparées il y a plus d’un an, à la chute de Bachar Al-Assad. En contrepartie, le président syrien a signé un décret reconnaissant les droits nationaux des Kurdes.

© PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

"Face aux massacres en Iran, il faut agir" : l’appel d'intellectuels à Emmanuel Macron

17 janvier 2026 à 08:30

Monsieur le président de la République,

Au moment où nous écrivons ces mots, se déroule en Iran un massacre à huis clos. Depuis quinze jours, des millions d’Iraniens manifestent partout dans le pays pour demander une chose simple : la fin totale de la République islamique. Ce régime corrompu, barbare et terroriste leur répond en les plongeant dans le noir et en les mitraillant à l’arme automatique. Les cadavres s’empilent devant les morgues qui ne peuvent plus les contenir. Les camions mortuaires quittent les prisons à l’aube car ordre a été donné d’exécuter les prisonniers pour faire de la place.

La politique de normalisation et d’apaisement avec l’une des pires barbaries de notre temps a conduit à la situation actuelle. La France et l’Union européenne ont le pouvoir de faire cesser ce bain de sang. La politique étrangère de la France ne saurait être une simple gestion d’intérêts ; elle doit être l’expression de nos valeurs. S’abriter derrière la complexité des équilibres régionaux pour justifier l’immobilisme est une faute morale et un contresens juridique. La France et l’Union européenne ont les moyens d’isoler ce régime. Par le droit international, elles en ont le pouvoir. Et elles en ont le devoir par leur propre histoire.

L’heure n’est plus aux condamnations de principe, mais à la mise en œuvre de la panoplie juridique et diplomatique dont la France et l’Union européenne disposent depuis longtemps et qu’elles ont systématiquement refusé de mettre en œuvre malgré les supplications des Iraniens de la diaspora et des parlementaires européens et français qui les ont soutenus.

Nous appelons donc solennellement le gouvernement français et l’Union européenne à engager, sans délai, trois actions décisives :

1. La qualification terroriste du Corps des gardiens de la révolution

Il est impératif que la France porte, au sein du Conseil de l’Union européenne, l’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes (conformément àla position commune 2001/931/PESC). Cette qualification n’est pas une simple étiquette politique ; elle est la reconnaissance juridique d’une structure dont les méthodes – assassinats, tortures et répression de masse - répondent point par point aux critères de la criminalité de masse organisée, qualifiable en crime contre l’humanité, et non en simple violence d’Etat". Maintenir cette entité hors du champ terroriste est une fiction juridique que nous ne pouvons plus entretenir.

2. La rupture de la bienveillance diplomatique

La Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques offre aux Etats souverains les moyens d’exprimer leur réprobation face à l’indignité. La France doit procéder à la fermeture immédiate de l’ambassade de la République islamique d’Iran à Paris ainsi que de l’ensemble de ses représentations consulaires. En déclarant les agents de ce régime persona non grata et en expulsant leurs représentants, la France signifierait qu’elle ne reconnaît plus la légitimité d’un pouvoir qui assassine sa jeunesse.

3. L’asphyxie financière des responsables du massacre

Le droit financier offre des leviers de sanction d’une efficacité chirurgicale. Nous demandons le gel immédiat et exhaustif des avoirs détenus sur le territoire français par les membres du CGRI et les hauts dignitaires du régime. L’Etat français doit traquer chaque actif, chaque investissement, chaque compte bancaire qui, directement ou indirectement, alimente la machine de répression. Que le patrimoine des oppresseurs soit mis sous séquestre au nom de la justice que les victimes ne peuvent pas obtenir chez elles.

Monsieur le président,

L’inaction est un choix. Ce que la France fait aujourd’hui sera inscrit dans l’Histoire et jugé pendant des générations.

Ce n’est pas un simple événement auquel nous assistons, mais à un tournant historique. Et il ne s’agit pas uniquement de l’Iran. Il s’agit de la crédibilité du système international des droits de l’Homme et de ceux qui prétendent le défendre.

L’Histoire posera une question simple : qu’avons-nous fait pour empêcher l’un des plus grands massacres de civils du XXIe siècle ?

* Les signataires (par ordre alphabétique) :

  1. Saeid ABEDI
  2. Sina ABEDI
  3. Farzaneh ADIBNAZARI
  4. Engareh ALIREZAI
  5. Paul AMAR
  6. Shahab AMOPOUR
  7. Ariana ASKARI
  8. Aurélie ASSOULINE
  9. Banafsheh AZAR
  10. Bita AZIMI
  11. Philippe AZOUAOU
  12. Carmen BADER
  13. Banafsheh BAHRAMIAN
  14. Marc BARANI
  15. Firouzeh BAYANI
  16. Touradj BAYANI
  17. Hamidreza BAZYAR
  18. Marie-Yvonne BENJAMIN
  19. Sandrine BERESSI
  20. Aude BOISART
  21. Yves BOMATI
  22. Hélène BORNSTEIN
  23. Ali BOROUMAND
  24. Martina BOUCHE
  25. David-Hervé BOUTIN
  26. Antoine BRASSENS
  27. Natacha BRITSCH
  28. Pascal BRUCKNER
  29. Laure CAILLE
  30. Joel CARON
  31. Victor CIOCAN
  32. Philip COHEN
  33. Marie-Hélène COHEN-GUILLEMINET
  34. Didier DALIN
  35. Pascale DAVID
  36. Michèle DAYAN
  37. André DE BUSSY
  38. Hirbod DEHGHANI
  39. Hilda DEHGHANI-SCHMIT
  40. Ladan DIRICKX
  41. Julien ELBAZ
  42. Mozhgan ERFANI
  43. Alain EZAMI
  44. Jila EZAMI
  45. Cyrus FARAHMAND
  46. Lara FATIMI
  47. Michel FAYAD
  48. Jan-Marc FERLY
  49. Aurelie FILIPETTI
  50. Behnaz FOROOMADI
  51. Cécile FRICKER-LEHANNEUR
  52. Diane GALLIOT
  53. Farokh GAMARI
  54. Marcel GAUCHET
  55. Nader GHADIN
  56. Faissnet GHAMANY
  57. Mathias GOLSHANI
  58. François GRUSON
  59. Jean-Christophe GUERRINI
  60. Thierry GUILLEMINET
  61. Hélène HAFEZI
  62. Leila HARANDI
  63. Romain HARANG
  64. Maryam HASHEMI
  65. Alexis HELLOT
  66. Patrick HENRIET
  67. Mandana ILLAMI
  68. Jenia JIANPOUR
  69. Déborah JOURNO
  70. Sophie JUGE
  71. Rachel KAHN
  72. Asma KASSI LAHLOU
  73. Zohreh KHOOGAR
  74. Sara KIANPOUR
  75. Mélodie LABRO
  76. Alain LAHANA
  77. Chervin LAPORTE
  78. Marie-Pierre LAZARD
  79. Viktor LAZLO
  80. Martin LEGROS
  81. Valeh MAGNIN
  82. Parsa MAHMOODIFAR
  83. Marc MAIDENBERG
  84. Sophie MAKARIOU
  85. Julie MAMOU-MANI
  86. Ehsan MANOOCHEHRI
  87. Gabriel MARTINEZ-GROS
  88. Maxime MEGRET-MERGER
  89. Radu MIHAILEANU
  90. Mehnoush MODONPOUR
  91. Marzieh MOHEBBI
  92. Yosra MOJTAHEDI
  93. Mahyar MONSHIPOUR KERMANI
  94. Jean Aria MOUY
  95. Matthias MOUY
  96. Mojgan MOUY
  97. Richard MOUY
  98. Valérie MOVALLALI
  99. Elodie MULON
  100. Anousha NAZARI
  101. David NITLICH
  102. Fatemeh NOEPARAST
  103. Lilas PAKZAD
  104. Reza PARVIZI
  105. Maxime PEREZ
  106. Alexandra PERQUIN
  107. Delphine PESTRE
  108. Marie-Aimée PEYRON
  109. Aurélie PIRILLO
  110. Gilles PLATRET
  111. Abdollah RAFIIAN
  112. Raphael CHANTOISEAU
  113. Faraj Alexandre RIFAI
  114. Simone RODAN-BENZAQUEN
  115. Gérard SABATER
  116. Sahand SABER
  117. Shaparak SALEH
  118. Kian SERESHGI
  119. Navid SERESHGI
  120. Armand SHAHBAZI
  121. Mahnoush SHAHBAZI
  122. Shirine SOHEILI
  123. Annie SUGIER
  124. Pierre TERDJMAN
  125. Azadeh THIRIEZ-ARJANGI
  126. Michèle TISSEYRE
  127. Yasmine VALIPOUR
  128. Michèle VIANES
  129. Patrick VUITTENEZ
  130. Marie-Christine WASSILIEFF
  131. David-Xavier WEISS
  132. Caroline YADAN
  133. Sonya ZADIG
  134. Zohreh ZAHRAI
  135. Suzanne ZIAI
  136. Arlette ZILBERG
  137. Nathalie ZYSERMAN

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© via REUTERS

Immigration : la sulfureuse directive "retour" qui divise le Parlement européen

17 janvier 2026 à 07:45

Que Bruno Retailleau se rassure : il n’est pas le seul à tweeter sur un coup de tête. Il y a trois mois, Marine Le Pen lâchait également une petite bombe. Mercredi 1er octobre, les rapporteurs de chaque groupe du Parlement européen sont réunis pour discuter du règlement retour, qui prévoit de durcir les règles en matière d’éloignement des étrangers en situation irrégulière, lorsqu’ils reçoivent, à 10h59, une notification sur leurs téléphones. "La Commission européenne prépare un nouveau coup d’État juridique, vitupère sur X la cheffe de file nationaliste. Le Rassemblement national s’opposera sans faiblir à ce projet mortifère."

Dans la salle, la Néerlandaise Marieke Ehlers, rapporteure pour le groupe Patriots for Europe (PfE) - présidé par Jordan Bardella - accuse le coup. "Son visage s’est décomposé", raconte un participant. Et pour cause. Voilà des mois que l’eurodéputée négocie avec ses collègues français du RN, dont l'ex-patron de Frontex, Fabrice Leggeri, qui saluait encore dans la presse, le 23 septembre, "un pas dans la bonne direction". Le parti à la flamme, qui prétend "changer l’Europe de l’intérieur", semble, sur un sujet constitutif de son identité, y renoncer. "Il y a deux lignes au RN. Une partie des eurodéputés de PfE veulent participer à la discussion tandis qu’une autre ne veut, d’entrée de jeu, pas en entendre parler, relève un élu au cœur des discussions. Manifestement, la position prise par Paris n’avait pas été concertée."

L’enjeu du texte présenté en mars 2025 par la Commission européenne est clair : il s’agit de fixer des règles européennes communes en matière d’éloignement des étrangers en situation irrégulière. "Ce texte peut changer totalement la donne sur la question politique majeure de la lutte contre l’immigration illégale, en sortant de l’impuissance sur le sujet des OQTF", résume François-Xavier Bellamy, eurodéputé LR et rapporteur pour le groupe PPE, soulignant au passage la différence majeure entre une "directive", qui doit être transposée par États, et un règlement, qui s’applique à tous les États membres dès son adoption. Bruno Retailleau l’a bien compris, s’en saisissant dès son entrée au gouvernement. "On m’avait dit que je n’arriverai pas à faire bouger les choses. Or, c’est l’une des choses les plus importantes que j’ai faites à Beauvau", revendique-t-il aujourd’hui auprès de L’Express. Rien n’est encore fait, pourtant. Si le texte a été adopté à l’automne par le Conseil de l'Union européenne sous la présidence danoise, il faut encore trouver une majorité au Parlement européen, où l’on espère un vote à la fin du mois de février.

"On entre dans le dur"

Il y a au moins trois points chauds. "La directive retour protégeait plutôt les droits des migrants. L’accent était mis sur les retours volontaires, très rares, plutôt que sur l’éloignement forcé. Le texte présenté par la Commission permet de renverser l’ordre de priorité", explique François-Xavier Bellamy. De fait, en 2024, selon la Cour des comptes, moins d’1,5 % des personnes sous le coup d’une OQTF quittaient volontairement le territoire. Ensuite, pour faire face au problème de renvoi des étrangers en situation irrégulière - le taux moyen d’éloignement ne dépasse pas 20 % au niveau européen - le texte rédigé par le commissaire autrichien Magnus Brunner (PPE) ouvre la voie à la création de "centres de retour". Dans l’attente de leur rapatriement, les migrants seraient envoyés dans des pays tiers dits "sûrs" - des discussions sont en cours avec la Tunisie, par exemple. Enfin, la droite européenne entend limiter le nombre de recours possibles pour une personne visée par une mesure d’éloignement.

Autant de mesures qui crispent la gauche. "On entre dans le dur", glisse-t-on dans l’entourage de la négociatrice pour les écologistes, Mélissa Camara. "Les négociations seront très difficiles parce que les écologistes ne sont pas sur la même ligne que les socialistes français, qui ne sont eux-mêmes pas sur la ligne des sociaux-démocrates danois, souligne un bon connaisseur du Parlement européen. Et au RN, à la fin, lorsqu’il faudra appuyer sur le bouton, Marine Le Pen tranchera, comme toujours." N’a-t-elle pas déjà tranché ?

© REUTERS

« L’arbitrage international a un rôle à jouer dans la nouvelle géopolitique qui privilégie la force sur le droit »

17 janvier 2026 à 10:00
Réagissant aux arguments de Donald Trump justifiant l’intervention américaine au Venezuela, Thomas Clay, professeur de droit, rappelle dans une tribune au « Monde » l’existence d’un mode de résolution pacifique des litiges commerciaux, destinés justement à éviter les conflits armés pour des raisons économiques.

© BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

EN DIRECT, Groenland | Des milliers de manifestants à Copenhague : « J’ai tellement peur que Trump crée un fossé entre l’Europe et les Etats-Unis »

17 janvier 2026 à 10:00
D’importantes manifestations sont prévues samedi dans plusieurs villes du Danemark et à Nuuk, la capitale groenlandaise, afin de protester contre les convoitises du président américain, qui continue d’afficher son intention de s’emparer du Groenland.

© ANDERS HOLST POUR « LE MONDE »

L’armée syrienne annonce contrôler la ville de Deir Hafer, à l’est d’Alep, après le retrait des Kurdes

17 janvier 2026 à 09:09
Les Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes, qui devaient quitter la zone samedi matin, « ont violé l’accord » et visé une patrouille près de la ville de Maskana, « tuant deux soldats », selon un communiqué de l’armée.

© PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

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