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Vue normale

Venezuela : le chef de la CIA a rencontré la présidente par intérim Delcy Rodriguez à Caracas

16 janvier 2026 à 19:36
Le directeur de la CIA a rencontré jeudi la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, pour lui apporter le soutien de son gouvernement, deux semaines après l'enlèvement du président Nicolas Maduro par les États-Unis. L'opposante Maria Corina Machado a quant à elle affirmé qu'elle serait élue présidente du Venezuela "le moment venu".

Groenland: cet ancien traité accorde déjà des pouvoirs démesurés aux États-Unis sur ce territoire danois

16 janvier 2026 à 18:32
Donald Trump menace de s'accaparer le Groenland par la force pour garantir ses intérêts nationaux alors que la plus grande île du monde est soucieuse de son autonomie. Pourtant, l'armée américaine bénéficie déjà depuis les années 50 d'une base militaire et en a fait un maillon stratégique de son bouclier antimissile.

A Paris, une librairie féministe et lesbienne perquisitionnée pour un livre jeunesse accusé de contester l’existence d’Israël

16 janvier 2026 à 18:17
Si les policiers sont repartis les mains vides, les ouvrages ayant été vendus, la gérante est convoquée au commissariat le 22 janvier dans le cadre d’une enquête préliminaire. Le livre en question est intitulé « From the River to the Sea » (De la rivière à la mer), une formule interprétée par certains comme une volonté d’éradiquer l’Etat hébreu, par d’autres comme un soutien pacifiste à la cause palestinienne.

© ALEX CRETEY-SYSTERMANS / « NYT » / Redux / REA

Pour la presse russe, avec le Groenland, “Trump a franchi son Rubicon arctique”

16 janvier 2026 à 18:17
La presse russe souligne l’impuissance des Européens devant l’opiniâtreté de l’administration Trump à annexer le Groenland, territoire constitutif du Danemark. Vue de Russie, cette crise diplomatique est l’illustration la plus saisissante de la scission de l’Occident. Dans une tentative de ménager le président américain, le Kremlin, lui, se tient en retrait.

© Photo Marko Djurica/REUTERS

Iran : sous les voiles, la colère des femmes

16 janvier 2026 à 18:07
L’Iran est confronté aux manifestations les plus importantes de son histoire. Face à la population en colère, le régime des mollahs réprime avec une sévérité sans précédent. Les femmes, en première ligne des manifestations de 2022 qui avaient suivi la mort de Mahsa Jina Amini, sont là encore mobilisées. Elles savent qu’elles ont beaucoup à perdre, témoignent l’écrivaine et poétesse en exil Mahtab Ghorbani et la journaliste Aïda Ghajar.

En froid avec les États-Unis, le Canada renoue avec la Chine

16 janvier 2026 à 18:04
Huit ans après une hausse des tensions avec Pékin, dans le cadre de l’affaire Huawei, le Canada a conclu un nouveau partenariat stratégique avec la Chine, mettant un terme à la guerre des droits de douane entre les deux pays. Mais la presse canadienne se demande si le pays à la Feuille d’érable ne risque pas de perdre de sa souveraineté.

© PHOTO SEAN KILPATRICK/REUTERS

“Une brutalité extrême” : comment les mollahs ont étouffé la contestation en Iran

16 janvier 2026 à 18:00
Le régime a réussi à reprendre le contrôle de la rue, en matant le mouvement dans le sang et en bloquant tout lien vers l’extérieur. Mais la révolution de 1979 avait duré plus d’un an avant d’atteindre ses objectifs, rappelle le “Financial Times”. La contestation va “inévitablement” reprendre.

© DESSIN DE CHAPPATTE PARU DANS LE TEMPS, GENÈVE.

Face à Donald Trump, l’Europe n’a pas dit son dernier mot

16 janvier 2026 à 17:33
Plutôt que de donner dans le défaitisme ambiant, le correspondant à Bruxelles du site bulgare “Club Z” a choisi de défendre la méthode européenne, qui tisse calmement un réseau mondial de partenaires, face aux agissements de plus en plus bruyants et agressifs de Donald Trump.

© Ukrainian Presidential Press Ser / via REUTERS

Aaron David Miller, ex-conseiller du département d'Etat : "Avec l’Iran, Trump s’est mis dans une situation très délicate"

16 janvier 2026 à 16:00

Après avoir montré les muscles, Donald Trump est-il en train de se déballonner ? Si depuis le début du mouvement de révolte en Iran le 28 décembre dernier, le locataire de la Maison-Blanche n’a cessé d'étriller la République islamique, le président américain a soudainement tempéré ses ardeurs le 14 janvier. "Nous avons été informés par des sources très importantes de l'autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin", a-t-il déclaré de manière surprenante depuis la Maison-Blanche, ajoutant avoir ouï dire que les exécutions prévues de manifestants n'auraient finalement "pas lieu".

Une volte-face qui interroge alors que, quelques jours plus tôt, le président américain affirmait vouloir agir "de manière très forte" et assurait que "l’aide était en route". "S’il ne réagit pas de manière significative, sa propre crédibilité, ainsi que celle des États-Unis, seront sérieusement atteintes", jauge Aaron David Miller, ancien conseiller Moyen-Orient de six secrétaires d'État américains (de George Schultz à Colin Powell), et aujourd’hui chercheur principal au Carnegie Endowment for International Peace, à Washington. Interview.

L’Express : Donald Trump est-il en train de faire marche arrière en Iran ?

Aaron David Miller : Non, je pense qu'il gagne du temps en attendant que les forces armées américaines soient déployées pour lui permettre d'envisager toutes les options. À ce moment-là, une décision cruciale devra être prise. S'agira-t-il d'une frappe ponctuelle, conçue pour tenir sa promesse d'aider les manifestants, ou d'une campagne d'envergure visant à affaiblir le régime iranien ? C’est difficile à dire pour le moment. Je ne suis pas certain qu’il veuille fondamentalement frapper l’Iran, mais je crois que si le régime poursuit sa répression, il n’aura probablement pas le choix. La décision finale dépendra de la situation sur le terrain.

Est-ce à dire qu’une action américaine est imminente ?

La manière dont Donald Trump a parlé de l’Iran ces derniers jours a atteint une virulence jamais vue chez aucun de ses prédécesseurs, républicains ou démocrates. Il s’est montré incendiaire, en affirmant vouloir "frapper très fort", ou en assurant aux manifestants que "l'aide arrive". Il a ainsi encouragé ces derniers à descendre dans les rues, dans un contexte où le bilan des morts ne cesse de s’alourdir et pourrait même dépasser les 10 000 victimes selon certaines sources.

Est-il moralement acceptable d'encourager une population à prendre de tels risques, en faisant croire que des secours arrivent, si finalement rien ne se passe ? Donald Trump s’est mis dans une situation très délicate. S’il ne réagit pas de manière significative, sa propre crédibilité, ainsi que celle des États-Unis, seront sérieusement atteintes. De plus, s’il décide de frapper l’Iran, mais que cela n’a pas l’effet escompté, il sera perçu comme faible.

Des frappes américaines pourraient-elles suffire à faire tomber le régime ?

Je ne le crois pas. Un régime ne change pas par la seule force aérienne, mais lorsque les pouvoirs répressifs s’effondrent ou sont renversés. Dans le cas de l'Irak et de l'Afghanistan, ce sont des forces terrestres qui les ont renversés. Or, les États-Unis ne sont en aucun cas prêts à en déployer en Iran pour faire tomber le pouvoir. Des frappes aériennes pourraient certes l’affaiblir et semer la confusion, mais je doute qu’elles suffisent à faire basculer le rapport de force avec les manifestants. A l'heure actuelle, l’ensemble des forces de sécurité sont dans les rues, et tirent sans discernement dans la foule à l’arme automatique. Rien ne laisse présager que le régime soit en train de fléchir. Dès lors, que pourraient faire les États-Unis pour modifier significativement ce rapport de force ? C'est une question à laquelle il est très difficile de répondre pour l’instant.

Quelles seraient les autres options de Donald Trump ?

Parmi l'éventail des réponses possibles, il y a celle des cyberattaques visant à perturber les communications du régime iranien. Cela permettrait de déstabiliser la coordination des forces de sécurité. Il serait également possible de frapper directement certaines de ces unités, comme les Gardiens de la révolution ou les Bassidj, une milice composée exclusivement de volontaires. Cela représente environ un million de personnes chargées de la sécurité et réparties partout dans le pays.

Sur le plan économique, le ciblage des infrastructures liées à la production de pétrole constitue un autre moyen de pression – comme le terminal d'exportation de l'île de Kharg. Il serait aussi possible d’imposer un blocus maritime pour empêcher l'Iran d'exporter son or noir. Enfin, la dernière option serait d’apporter un soutien aux manifestants. Par exemple en leur fournissant un meilleur accès au réseau Starlink, pour contourner la coupure d’Internet dans le pays et faciliter les communications au sein de la population. Soutenir clandestinement l’opposition permettrait à celle-ci de mieux s’organiser.

En cas de frappes américaines, quelles sont les capacités de riposte de l'Iran ?

Ses options sont plus limitées que jamais. Son soi-disant "axe de la résistance" a été anéanti ces dernières années. Le Hamas est militairement exsangue et incapable de fournir aux Iraniens le moindre moyen de pression. Le Hezbollah a été tellement affaibli par les Israéliens – tant au niveau de sa direction que de son arsenal de missiles – qu'il ne représente plus une menace de frappes contre Israël. Les milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie restent une option, mais elles n’ont pas la capacité de causer de lourds dégâts.

Pour l’Iran, l’option la plus efficace serait une frappe contre le Qatar ou sur les champs pétroliers saoudiens, comme en septembre 2019, lorsqu’ils ont mis hors service environ 5 % de la production mondiale pendant quelques semaines. Des frappes de missiles balistiques contre Israël sont aussi envisageables. En juin, les Iraniens ont lancé 500 drones et missiles balistiques, tuant 25 Israéliens et causant des dégâts matériels. Les bases américaines d'Al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, et d'Al-Udeid, au Qatar, pourraient également être ciblées. Ce sont les seules options, mais elles ne sont pas bonnes et provoqueraient une riposte américaine massive.

À l'instar de l'intervention américaine au Venezuela, une action visant à éliminer le Guide suprême Ali Khamenei serait-elle envisageable ?

J’en doute. Car il y a tout de même une différence entre arrêter Maduro et sa femme, inculpés en 2020, et les ramener aux États-Unis pour les juger, et le fait d’éliminer un dirigeant. Et même en supposant que les États-Unis, ou Israël, se lancent dans une telle opération, cela changera-t-il réellement les choses ? Même en cas d’effondrement du régime, les Gardiens de la révolution et l'appareil sécuritaire conserveront une part importante de leurs ressources et de leur pouvoir.

Nombreux sont les analystes à considérer que s’il devait y avoir une transition, il ne s’agirait probablement pas d’un changement fondamental de la nature du régime. Cela pourrait se limiter à un renforcement du pouvoir du Corps des gardiens de la révolution, ou de l’armée, désormais libérés du pouvoir des religieux. Ce qui ne transformerait pas l’Iran en un État plus docile, et encore moins en un État plus démocratique.

Il n’est donc pas garanti que l’Iran se transforme en démocratie en cas d’effondrement du régime…

Actuellement, personne ne peut prédire avec exactitude la nature de cette transition, ni qui, au final, contrôlera l'Iran. Mais dans un pays de 92 millions d’habitants dominé depuis 47 ans par les mollahs, il est difficile d'imaginer une transition rapide et facile vers un gouvernement stable. A l’inverse, il est plus probable d’assister à une période d'instabilité prolongée. L’une des difficultés est que les manifestants manquent d’un leader. Aucune personnalité n'a su fédérer des soutiens capables de tirer profit de la faiblesse du régime pour créer une alternative. La plupart des précédents présidents iraniens ont ainsi été marginalisés ou réduits au silence. Il y a certes Reza Pahlavi, le fils du chah, âgé de 65 ans, qui, paraît-il, gagne en crédibilité en tant que figure de transition dans le pays. Mais il n'a aucune influence sur le terrain. Il ne contrôle ni les armes, ni le pétrole, ni les médias. C'est pourtant ainsi que se déroulent généralement les transitions. Il est donc très difficile de prédire avec certitude ce qui se passerait si ce régime venait à s'effondrer.

© REUTERS

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