Un service national, militaire et volontaire : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse de la ministre Catherine Vautrin et du général Fabien Mandon

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Les relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni pourraient-elles se refroidir ? Alors que le pays a entamé des démarches pour se rapprocher de Bruxelles depuis l'arrivée au pouvoir du travailliste Keir Starmer en 2024, le retour sur le devant de la scène du leader du parti d'extrême droite Reform UK, Nigel Farage, fait craindre un revirement. Au point que les 27 exigent que tout futur gouvernement britannique verse une importante compensation financière s'il devait se retirer de l'accord de "réinitialisation" post-Brexit, visant à alléger les contraintes administratives sur les échanges de produits alimentaires, dont le résultat pourrait être une augmentation des exportations agroalimentaires britanniques vers l'UE de 22 %, selon une étude des universités d'Aston et de Bristol de 2024.
Ce projet de texte, fortement voulu par les organisations professionnelles et industrielles, exige que le Royaume-Uni "s’aligne de manière dynamique et applique simultanément" toutes les législations européennes régissant les produits animaux et végétaux. Pour le sécuriser, la "clause Farage", qui interviendrait dans le cas où celui-ci devient Premier ministre, stipule que la partie qui se retire unilatéralement de l'accord devra verser une indemnisation couvrant les coûts de mise en place "des infrastructures et équipements, du recrutement et de la formation initiaux, nécessaires à l'établissement des contrôles frontaliers", rapporte le Financial Times.
Cette "mesure de sécurité [vise] à assurer la stabilité et à dissuader Farage et ses alliés", précise au journal anglais un diplomate, ajoutant que Bruxelles souhaite signer un accord qui perdurerait au-delà de la législature britannique actuelle, qui s'achève en 2029. "L'UE souhaite un accord à long terme et pas seulement jusqu'en 2029, en cas de changement de majorité lors des prochaines élections", a-t-il indiqué.
Du côté de Reform UK et des conservateurs, une telle clause représente au contraire une atteinte à la souveraineté juridique du Royaume-Uni, et ces derniers ont déjà promis de l'abroger. "Aucun parlement ne peut lier son successeur, nous n'honorerons aucune clause. Si Starmer signe cet accord, ce sera une atteinte à la démocratie", a déclaré Nigel Farage, accusant son rival de "brader [la] souveraineté parlementaire". La cheffe des conservateurs, Kemi Badenoch, rejette elle aussi tout accord "impliquant une influence de la Cour de justice de l’Union européenne". Selon eux, ce rapprochement avec l'UE est une trahison des résultats de 2016 en faveur de la sortie de l'organisation supranationale, bien que l’accord n’envisage nullement un retour du Royaume-Uni dans le marché unique.
"Les clauses de sortie sont un élément fondamental de tout accord commercial international. Prétendre que ces clauses juridiques de routine constituent une atteinte à la démocratie est franchement exaspérant", clarifie un responsable travailliste auprès du Financial Times, expliquant que dans tous les cas, "les négociations détaillées avec Bruxelles sur les modalités précises de l'accord n'avaient pas encore débuté".
Après avoir caracolé en tête des sondages l'année dernière, la dynamique de Nigel Farage semble toutefois s'essouffler. Fin décembre, Reform UK recueillait 25 % des intentions de vote, soit son niveau le plus faible depuis plus de six mois après avoir atteint un pic à 32 % en septembre, selon un sondage réalisé par YouGov, rapporté par The Independent. Les travaillistes et les conservateurs se redressent légèrement (20 % et 19 % des intentions de vote), mais restent en grande difficulté.

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Il s'est dit "prêt à intervenir", et a affirmé que les États-Unis "ouvriraient le feu" si les autorités tiraient sur les manifestants. Alors que des mobilisations secouent l'Iran depuis deux semaines, le président américain Donald Trump envisage de faire pression sur le pays, et étudie plusieurs réponses militaires "très fortes" qui lui seront proposées ce mardi 13 janvier, lors d'une réunion avec de hauts responsables de l'administration.
Selon le Wall Street Journal, différents scénarios sont possibles : le déploiement d'armes cybernétiques secrètes contre des sites militaires et civils iraniens, l'imposition de nouvelles sanctions contre des personnalités du régime ou des secteurs de l'économie iranienne, ou encore des frappes militaires. Une autre option évoquée est la mise en place en Iran de terminaux Starlink, le service Internet par satellite d'Elon Musk, permettant aux manifestants de contourner la récente coupure d'internet dans le pays - Donald Trump devrait bientôt rencontrer Elon Musk pour en discuter, a-t-il fait savoir ce dimanche 11 janvier.
Si le secrétaire d'Etat Marco Rubio et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se sont entretenus samedi des manifestations et d'autres sujets relatifs au Moyen-Orient, comme la guerre à Gaza, certains responsables de l'administration craignent toutefois qu'une riposte américaine n'exacerbe les tensions dans la région, risquant de provoquer une confrontation directe entre les États-Unis, l'Iran et, éventuellement, Israël. L'administration est également consciente qu'une action plus symbolique, nuisant au régime sans pour autant le dégrader, pourrait démoraliser les manifestants qui croient au soutien de Washington.
Dans le cas d'une frappe militaire contre l'Iran, le sénateur démocrate Mark Warner met en garde : "L'histoire a démontré les dangers d'une intervention américaine", a-t-il affirmé sur "Fox News Sunday", précisant que le renversement du gouvernement iranien en 1953, orchestré par les États-Unis, avait déclenché une série d'événements ayant progressivement conduit à l'avènement du régime islamique iranien à la fin des années 1970. Pour lui toujours, une attaque contre l'Iran risquerait d'unir les Iraniens contre les États-Unis "d'une manière que le régime n'a pas su faire jusqu'à présent". "Je ne suis pas certain que bombarder l'Iran produise l'effet escompté. Au lieu de déstabiliser le régime, une attaque militaire contre l'Iran pourrait galvaniser la population contre un ennemi extérieur", a appuyé le sénateur républicain Rand Paul, sur le plateau de "This Week" d'ABC News.
D'après d'autres responsables américains cités par CNN, des frappes pourraient avoir pour conséquence d'inciter l'Iran à riposter par la force militaire. "Si les États-Unis entreprennent une action militaire contre l'Iran ou les territoires occupés, les bases militaires et navales américaines seront considérées comme des cibles légitimes", a d'ailleurs prévenu Mohammad Baqer Qalibaf, le président du Parlement iranien.
En réponse, Donald Trump s'est montré menaçant : "Si l'Iran riposte à une attaque américaine en ciblant les troupes américaines dans la région, nous les frapperons à un niveau jamais atteint auparavant", a-t-il notamment déclaré. Pour l'heure, le Pentagone n'a déployé aucune force en prévision d'éventuelles frappes militaires, mais dans le cas où elles auraient lieu, les États-Unis devront en plus songer à protéger leurs forces dans la région. Le pays a récemment transféré le porte-avions USS Gerald R. Ford et son groupe aéronaval de la Méditerranée vers l'Amérique latine, ne laissant aucun porte-avions au Moyen-Orient ni en Europe.
La semaine dernière, le vice-président J.D. Vance a déclaré que l'Iran pourrait encore se montrer disposé à négocier avec les États-Unis au sujet de son programme nucléaire, signe que Washington privilégie néanmoins une solution diplomatique à la crise actuelle plutôt qu'une solution militaire. "La chose la plus judicieuse qu'ils auraient dû faire, et c'était vrai il y a deux mois, c'est d'entamer de véritables négociations avec les États-Unis sur ce que nous attendons de leur programme nucléaire", a-t-il expliqué aux journalistes lors d'un point presse à la Maison-Blanche. L'Iran, justement, s'est dit "prêt à des négociations", à condition qu'elles soient "équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel", a précisé lundi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Le pays "ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparé pour", a-t-il ajouté.

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