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Au Venezuela, l'Hélicoïde de Caracas : du centre commercial au centre de torture
Relégué dans l'oubli, l'architecte vénézuélien Jorge Romero Gutiérrez (1924-1997) doit se retourner dans sa tombe. Son grand œuvre, l'Hélicoïde de Caracas, conçu dans les années cinquante pour devenir le plus grand centre commercial d'Amérique latine, est devenu, sous Nicolas Maduro, le plus ignoble et célèbre centre de torture du continent latino-américain. Il est spécialement dédié à la persécution des opposants politiques qui étaient encore au nombre de 806 au moment du Nouvel An.
Toutefois, après l'arrestation de l'ex-président et son transfert à New York à la suite du raid de l'armée américaine, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a commencé à en libérer quelques dizaines. Parmi eux : l'avocate, militante des droits humains et spécialiste des questions militaires Rocio San Miguel.
En forme de tour de Babel, l'Hélicoïde raconte la vertigineuse descente aux enfers d'un pays qui figurait parmi les dix les plus riches du monde dans les années 1950 à 1970, avant de sombrer dans la pauvreté extrême en raison du pillage de l'industrie pétrolière et de l'économie tout entière voulue par la klepto-dictature en place depuis un quart de siècle. D'une audace architecturale folle, l'immense bâtiment hélicoïdal conçu sous la dictature de Marcos Pérez Jiménez (1948-1958) est ceinturé par une rampe automobile de spirale longue de 4 kilomètres qui dessert douze étages. Ce chef-d’œuvre d'architecture brutaliste devait à l'origine abriter 130 boutiques, des bureaux, un centre de conférences, un hôtel cinq étoiles, un club privé, un cinéma multiplexe, une piscine, un gymnase, un terrain de bowling, des restaurants, une discothèque, sans oublier un héliport. Une exposition au MoMA de New York avait même été consacrée à ce projet futuriste, contemporain de la construction de Brasilia, au Brésil.
"C'était l'époque où les Colombiens, nos voisins, regardaient le Venezuela comme une Californie", raconte Ben Ami Fihman, ancien directeur de journal et figure de Caracas qui a dû fuir son pays sous Hugo Chavez en 2007. Pour les architectes, le pays en plein boom pétrolier est alors un eldorado. "Les bâtisseurs tournent le dos à l'architecture coloniale pour célébrer le modernisme, poursuit Ben Ami Fishman. Partout, l'école vénézuélienne d'architecture bâtit en béton armé. Sortent de terre des autoroutes, des viaducs, des tunnels à travers les montagnes, des tours jumelles à Caracas, des hôtels de luxe (le Tamanaco), une splendide université classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et, bien sûr, l'Hélicoïde, censé devenir notre pyramide d'Égypte." Au lieu de cela, l'édifice devient bientôt un "éléphant blanc". Car d'inauguration, il n'y aura jamais…

Un an avant la fin du chantier, les travaux sont en effet interrompus en raison de problèmes financiers. Abandonné en 1961, utilisé comme hangar, puis comme camp de réfugiés où s'entassent pendant trois ans 10 000 déplacés après un glissement de terrain dans les environs de Caracas en 1979, l'Hélicoïde est ensuite récupéré par le ministère de l'Intérieur en 1985, qui y installe les services de renseignement. Sous Hugo Chavez et Nicolas Maduro, ceux-ci se transforment en véritable police politique sous le nom de Service bolivarien d'Intelligence, ou SEBIN. "Chargée de la persécution des civils considérés par le régime comme une menace, cette police secrète est placée directement sous la responsabilité de la vice-présidence, c'est-à-dire sous Delcy Rodriguez, qui vient de succéder à Nicolás Maduro et connaissait parfaitement l'existence et le fonctionnement de ces ténèbres", explique l'avocat Alfredo Romero, à la tête de l'ONG Foro Penal, qui a défendu 19 000 détenus politiques depuis une décennie.
Malgré les apparences, la prison de l'Hélicoïde est assez petite. Elle n'occupe en réalité qu'une partie du rez-de-chaussée et du sous-sol où des pièces conçues pour abriter des bureaux servent de cellules collectives (une vingtaine de prisonniers dans des espaces de cinq mètres par trois), de chambre de torture ou de "mitard" pour l'isolement. Dans le reste du bâtiment se trouvent les locaux de la redoutable SEBIN, une école de formation de policiers, un stand de tir, une armurerie, des garages pour les blindés anti-émeutes et des espaces vacants. Le centre de détention lui-même n'abrite qu'une centaine de prisonniers, mais ce sont les plus importants aux yeux de la dictature. Il y a là des activistes, des journalistes, des dirigeants syndicaux, des leaders communaux, des élus, des collaborateurs de l'opposante Maria Corina Machado, etc. Tous ces prisonniers de conscience ont été victimes de traitements inhumains.

Alors que la torture a officiellement disparu d'Amérique latine depuis la fin des dictatures des généraux Jorge Rafael Videla en Argentine (1976-1982) et Augusto Pinochet au Chili (1973-1990), elle a été remise au goût du jour et encouragée par Hugo Chavez et Nicolas Maduro au Venezuela. "Toutes les méthodes employées en Argentine et au Chili ont cours dans notre pays, de la même manière ou en pire", reprend l'avocat Alfredo Romero avant d'énumérer les différents supplices : tabassage avec coups de pied dans les côtes et de poings dans la figure ; asphyxie à l'aide de sacs en plastique ; "waterboarding" (tête plongée dans l'eau) ; arrachage des ongles à l'aide de pinces à épiler ; arrachage des cheveux ; viols sur les hommes et sur les femmes ; simulation d'exécution ; suspension à des potences par les poignets avec les talons décollés du sol pendant des heures ou des jours ; électrochocs, y compris sur les testicules ; découpage de la plante des pieds avec des lames de rasoir, simulation d'exécution, etc, selon l'avocat.
Le régime chaviste pratique la "torture blanche"
Ainsi, l'Hélicoïde de Caracas est l'équivalent des tristement célèbres Écoles mécaniques de la Marine (ESMA) de Buenos Aires et de la Villa Grimaldi de Santiago du Chili dans les années 1970-1980. Mais il n'est pas l'unique centre de torture vénézuélien. "On supplicie aussi au pénitencier El Rodeo, en banlieue de la capitale, à la prison militaire de Ramo Verde, également en banlieue, et dans divers lieux clandestins, surtout dans des villas privées [NDLR : comme c'était le cas, sous la junte argentine, par exemple à l'intérieur du terrible garage Olimpo de Buenos Aires]", ajoute l'avocat de l'ONG Foro Penal. Encore faut-il ajouter à cette liste non exhaustive – car on torture dans toutes les prisons – la tristement célèbre "Tumba" (la tombe), un "goulag" de 17 cellules enterré à cinq mètres sous terre à la verticale de la place Venezuela, en centre-ville de la capitale : les détenus y sont "enterrés vivants" et exposés à la lumière blanche perpétuelle sans ventilation naturelle.
"Il existe toutefois une différence entre le Venezuela et l'Argentine ou le Chili, c'est que les tortionnaires vénézuéliens ont été formés par les Cubains, qui ont eux-mêmes été entraînés par la Stasi est-allemande et le KGB soviétique", précise Elizabeth Burgos, historienne et experte du populisme latino-américain. "Ils pratiquent donc couramment la torture blanche, qui est plus scientifique et ne laisse pas de trace apparente. À l'instar de la 'Tumba', on place les prisonniers dans des cellules aux murs blancs avec la lumière allumée 24 heures sur 24. On les expose aussi au grand froid puis à des périodes de grande chaleur. Il s'agit de casser psychologiquement les individus et de les désorienter, comme cela se pratique toujours à la Villa Marista, le centre d'interrogatoire de La Havane. Cela provoque chez les victimes des hallucinations, de l'anxiété extrême, des dépressions, des attaques de panique et des suicides", ajoute-t-elle.
"Certains gardiens étaient des Cubains, reconnaissables à leur accent"
Emprisonné pendant deux ans dans l'Hélicoïde de 2014 à 2016, le député Rosmit Mantilla, élu du parti d'opposition Voluntad Popular (centre gauche), a été épargné par les tabassages grâce à la médiatisation de son cas par Amnesty International, l'ONU, etc. Cependant, les tortures psychologiques auxquelles il a été soumis sont, selon lui, tout aussi "cruelles". Il raconte : "La spécialité d'un des gardiens, un certain Richard Centeno surnommé 'commissaire Pachuco' et qui avait une bonne tête, consistait à me lire des passages de l'Apocalypse de la Bible d'un ton doucereux et d'interrompre la lecture pour me montrer des photos de mes proches, par exemple de ma sœur enceinte, et de m'annoncer qu'ils allaient la tuer à cause de moi et mes activités politiques. Comme je suis ouvertement homosexuel, mes gardiens me disaient aussi qu'ils allaient me violer avant de m'exécuter. Autre exemple : chaque matin, nous étions réveillés par des coups de marteaux frappés contre la porte métallique de nos cellules en nous annonçant que, si les 'yankees' attaquaient le régime, nous serions attaqués à notre tour, à titre de représailles."

Aujourd'hui réfugié politique en France, Rosmit Mantilla se souvient aussi que chaque nouvel arrivant à l'Hélicoïde subit un traitement de choc pendant deux semaines. "En guise de bienvenue, chaque nouveau détenu était passé à tabac et placé à l'isolement dans une cellule allumée jour et nuit. Très vite, il perdait la notion du temps et ne savait plus s'il était une heure de l'après-midi ou du matin." Les autres détenus, eux, entendent les insupportables cris de douleur du martyr, au point qu'ils décident parfois d'augmenter le volume de leur radio ou de leur télévision, s'ils en possèdent une.
La torture, une politique d'Etat systématique
Après quinze jours de traitements atroces, le nouveau venu, dans un état déplorable, rejoint les autres détenus dans une cellule collective. Là, les conditions sont à peine meilleures. Un exemple, cité par l'ex-député : une fois par jour, les prisonniers sont emmenés dans les douches et aux W.-C. pour se laver et se soulager. "Il n'y a pas assez de temps pour faire les deux, témoigne encore Rosmit Mantilla. Il faut choisir. Et si vous êtes en train de faire vos besoins au-delà du temps imparti, les gardiens vous interrompent à coups de barre de fer pendant que vous êtes assis sur les toilettes..."
Ancien journaliste, Rosmit Mantilla a profité de sa détention pour mener l'enquête auprès des détenus et des gardiens. Il est arrivé à la conclusion que la pratique de la torture correspond à une politique d'État systématique, répondant toujours à la même procédure et aux mêmes déroulés. Il a aussi découvert que nombre des bourreaux étaient analphabètes et que certains étaient des Cubains, facilement reconnaissables à leur accent caractéristique. Voilà à quoi a abouti un quart de siècle de "socialisme du XXIe siècle", selon la formule chaviste, sous l'égide notamment de l'actuelle dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez. À l'adresse de la gauche européenne que Rosmit Mantilla juge complaisante vis-à-vis de la dictature de Caracas (toujours en place), l'ex-prisonnier dit ceci : "Les Européens de gauche ont une vision romantisée de la soi-disant révolution bolivarienne. Eux ont appris le marxisme dans les amphis de la Sorbonne. Moi, j'ai appris ce qu'était une révolution derrière les murs de l'Hélicoïde..."

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Après la capture de Maduro au Venezuela, les cubains craignent le pire
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Marco Rubio prochain dirigeant de Cuba ? Donald Trump fait pression pour un accord avec La Havane "avant qu'il ne soit trop tard"
Donald Trump a relancé, ce week-end, la pression américaine sur Cuba. Dimanche, le président des Etats-Unis a "vivement recommandé" à Cuba de parvenir à un accord avec les Etats-Unis "avant qu'il ne soit trop tard". "Il n'y aura plus d'argent ou de pétrole vers Cuba. Zéro !", a-t-il publié sur sa plateforme Truth Social. Le président américain a justifié cette menace par la fin du soutien vénézuélien à l'île après la capture, début janvier, du président Nicolas Maduro lors d'une opération nocturne à Caracas.
Depuis cette intervention spectaculaire, Washington fait pression sur la nouvelle présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, pour mettre un terme aux livraisons de pétrole vers Cuba. Le Venezuela était jusqu'alors le principal fournisseur énergétique de l'île. Entre janvier et novembre de l'an dernier, Caracas a livré en moyenne 27 000 barils de pétrole par jour, couvrant environ la moitié de ses besoins, selon des données d'expédition maritime et des documents de la compagnie pétrolière nationale PDVSA cités par Reuters. Désormais, le pétrole vénézuélien est vendu aux Etats-Unis.
Une économie fragilisée
Dans ce contexte de tension, Donald Trump a également partagé dimanche un message suggérant que son secrétaire d'Etat, Marco Rubio, né de parents immigrés cubains, pourrait devenir un jour président de Cuba. Le président américain a republié sur Truth Social un message de l'utilisateur Cliff Smith affirmant : "Marco Rubio sera président de Cuba", accompagné d'un émoji rieur, ajoutant en commentaire : "Cela me paraît très bien !", rapporte l'AFP.
Les services de renseignement américains dressent un tableau préoccupant de la situation économique et politique cubaine. Selon des informations rapportées par Reuters, les évaluations confidentielles évoquent une économie fragilisée par les sanctions commerciales, les coupures d'électricité et les difficultés dans les secteurs clés comme l'agriculture et le tourisme. Elles ne confirment toutefois pas clairement l'affirmation de Donald Trump selon laquelle l'île serait "prête à tomber".
Cuba, cible prioritaire de Washington
Cette nouvelle escalade verbale s’inscrit dans une longue histoire d’ingérences américaines en Amérique latine. Après le Venezuela, Cuba apparaît désormais comme une nouvelle cible prioritaire sur les radars de l’administration Trump, alors que l’île reste fortement dépendante de ses approvisionnements énergétiques extérieurs. A La Havane, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a rejeté les accusations américaines. Il a affirmé que Cuba n'avait reçu "aucune compensation" pour les services de sécurité fournis à un autre pays et rappelé que l'île avait le droit d'importer du carburant "de tout pays disposé à l'exporter", selon un message publié sur X. Il a également accusé les Etats-Unis d'agir de manière "criminelle" et de menacer la paix mondiale.

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© Kevin Lamarque / REUTERS
L'opération de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien met l'Opep sous pression
L'opération américaine au Venezuela n'a pas fini de bouleverser l'ordre mondial, géopolitique et commercial. Après avoir enlevé et emprisonné le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, Donald Trump a répété ces derniers jours sa volonté de vouloir s'emparer du pétrole du pays, qui détient les plus importantes réserves stratégiques du monde (18 %).
Vendredi, le locataire de la Maison-Blanche promettait ainsi sur son réseau Truth social l'investissement de 100 milliards de dollars de la part des grandes compagnies pétrolière, qu'il s'apprêtait à rencontrer quelques heures plus tard dans le bureau Ovale. De quoi bouleverser le marché mondial du pétrole, au premier rang desquels l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont le Venezuela est l'un des membres fondateurs.
Déséquilibre de l'offre et baisse des prix
Selon les plus récentes analyses de l'Opep, Caracas disposerait des plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, avec près de 300 milliards de barils, devant l'Arabie saoudite (267 milliards de barils) et l'Iran (208 milliards de barils pour l'Iran). Toutefois, faute d'investissements massifs et dans un contexte de crise économique, la production de l'or noir par le pays reste jusqu'à présent relativement faible. A peine un million de barils par jour, quand 105 millions sont quotidiennement produits par le reste des pays exportateurs. Ce qui explique la relative stabilité du marché depuis l'attaque du 3 janvier.
Mais vu le potentiel du pays en matière de ressources pétrolières, Donald Trump a annoncé dès la capture de Nicolas Maduro que les entreprises pétrolières américaines allaient "dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées et commencer à générer des revenus pour le pays".
Derrière cette OPA, Donald Trump voudrait mettre en marche son plan, de longue date, pour établir un prix du baril fixé autour de 50 dollars (alors qu'il oscille actuellement autour des 60 dollars), raconte le journal économique The Wall Street Journal, auprès de qui plusieurs sources proches du dossier ont rapporté "l'initiative radicale" du président pour réhabiliter et commercialiser le brut vénézuélien. Or, si le projet de Donald Trump devait aller au bout, les États-Unis et leur force de frappe industrielle se retrouveraient bel et bien aux manettes de la production de la manne pétrolière la plus importante de la planète. Selon plusieurs analystes, interrogés par le Wall Street Journal, la relance de l'industrie vénézuélienne et l'augmentation de la production de barils, même modeste, pourraient bien déséquilibrer l'offre, déjà excédentaire depuis plusieurs années. Et de fait, faire baisser les prix et la rentabilité pour les pays membres de l'Opep.
Des entreprises moins enthousiastes
Déjà mardi, le président américain avait annoncé un accord avec Caracas visant à raffiner et à vendre près de 50 millions de barils de pétrole vénézuélien jusqu'à présent bloqués en raison du blocus américain. D'après certains observateurs cités dans la presse américaine, dont The New York Times et le Wall Street Journal, l'accord entre Caracas et Washington pourrait conduire à la production de 2 millions de barils supplémentaires par jour.
Quant à l'engagement des grandes holdings américaines au Venezuela pour moderniser et relancer les forages de l'or noir sur place, il semble que la retenue soit de mise. Après la rencontre vendredi des dirigeants des grandes compagnies pétrolières occidentales avec le président américain, ce dernier a une nouvelle fois répété qu'il souhaite que les majors du secteur investissent au moins 100 milliards de dollars "pour reconstruire les infrastructures nécessaires". Et de prévenir : "nous allons décider quelles compagnies pétrolières seront autorisées à intervenir, lesquelles nous laisserons entrer ".
Mais face à la détermination du président américain, plusieurs géants du secteur, dont certains ont déjà été établis au Venezuela avant d'être chassés par le régime de Nicolas Maduro, demanderaient des garanties à Washington. C'est ce qu'a laissé entendre le PDG d'ExxonMobil, Darren Woods. "Nos actifs ont été saisis à deux reprises dans ce pays, vous pouvez donc imaginer que pour y revenir une troisième fois, des changements assez importants seraient nécessaires", a-t-il suggéré lors d'une conférence de presse faisant suite à la rencontre, estimant qu'il était "impossible d'y investir" en l'état. De quoi laisser le marché souffler encore quelques mois.

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“Nous n’avons jamais rien vu de pareil” : en Iran, la crainte d’un “massacre”

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Comment les deepfakes de Maduro “se sont répandus à une vitesse sidérante”

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La Suède renforce sa défense aérienne à hauteur de 1,4 milliard d’euros

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Nouvelles frappes israéliennes dans le sud du Liban après un appel à évacuer

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