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Reçu aujourd’hui — 19 janvier 2026 7.4 📜 Résumé - Infos

Menaces de Donald Trump: "Il faut être intraitable là où notre souveraineté est menacée", estime le porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères

19 janvier 2026 à 19:46
Donald Trump menace d'imposer de nouveaux droits de douane à plusieurs États membres de l'UE, dont la France, si les États-Unis ne sont pas autorisés à acquérir le Groenland. Cette décision a stupéfié les industriels européens, qui s'adaptait à peine aux surtaxes déjà imposées. Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères, était en direct sur BFMTV.

Kosovo : la commission électorale ordonne le recomptage complet des bulletins des élections législatives

19 janvier 2026 à 19:24
Selon les résultats préliminaires, ces élections ont été gagnées par Vetëvendosje! (VV), formation du premier ministre sortant, Albin Kurti, qui a remporté plus de 51 % des voix. Mais la commission électorale a relevé un « degré élevé d’inexactitudes » lors du recomptage.

© Florion Goga / REUTERS

Venezuela : des habitants témoignent du climat de peur et d'incertitude après la chute de Maduro

19 janvier 2026 à 18:47
Après l'enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse par les forces américaines, les Vénézuéliens vivant à l'intérieur du pays n'ont pas osé manifester leur joie – pour ceux qui le souhaitaient. En cause : la peur de la répression, alimentée par les patrouilles de "colectivos" et l'état d'urgence qui interdit tout soutien à l'attaque américaine.

Incendies au Chili : les feux restent hors de contrôle malgré une accalmie

Par :AFP
19 janvier 2026 à 18:39
Les incendies dans le sud du Chili, qui ont fait au moins 19 morts, restaient hors de contrôle lundi malgré une relative accalmie, après avoir ravagé des quartiers entiers aux rues désormais jonchées de voitures calcinées et de maisons en cendres. "Les incendies les plus importants ne sont pas maîtrisés", a déclaré depuis Santiago la directrice du Service national de prévention et de réponse aux catastrophes (Senapred), Alicia Cebrián. Les feux ont démarré samedi, en plein été austral attisés par de fortes températures et des vents puissants de plus de 70 km/h, dans les régions de Ñuble et du Biobio, à environ 500 km au sud de la capitale.

ICE, la machine à cash de Donald Trump : enquête sur une police qui se "wagnérise"

19 janvier 2026 à 18:30

Le magot tenait dans un sac en papier jaune vif, aux couleurs de la chaîne de fast-food méditerranéenne américaine Cava. A l’intérieur, pas plus de salade grecque que de "Falafel Crunch", mais un casse-croûte bien plus alléchant : 50 000 dollars en liquide. La scène se déroule au Texas, en septembre 2024, à deux mois de la présidentielle aux Etats-Unis. Des agents du FBI grimés en hommes d’affaires ont rendez-vous avec Tom Homan, qui a dirigé le Service de l’immigration et des douanes (ICE) en 2018, sous le premier mandat de Donald Trump. L’homme dirige désormais un cabinet de conseil, Homeland Strategic Consulting LLC. Le FBI a appris qu’il faisait miroiter à ses clients de juteux contrats fédéraux en cas de retour de Trump à la Maison-Blanche… moyennant commission. Pour en avoir le cœur net, la police monte une opération sous couverture. Homan tombe dans le piège, promet monts et merveilles à ces faux contractuels en sécurité privée, et repart avec le sac jaune bourré de billets remis par ses interlocuteurs. La séquence, explosive et enregistrée, est décrite dans des documents confidentiels de l’enquête pour corruption ouverte contre Homan, révélés par plusieurs médias américains un an après les faits, en septembre dernier.

Entre-temps, Donald Trump est revenu au bureau Ovale. La suite ? Un classique du trumpisme : dossier enterré et promotion éclair pour le camarade Homan, érigé en "tsar des frontières" à la Maison-Blanche pour mener une guerre sans merci aux migrants. Ses anciens clients peuvent se réjouir, car l’appareil répressif destiné aux arrestations massives promises par le chantre de "l’America First" est une mine d’or. De l’identification des migrants à leur traque, de leur interpellation à leur transport jusqu’à leur détention : le marché est colossal et promis à un avenir radieux grâce à la loi phare du président en matière de politique intérieure, la "One Big Beautiful Bill Act" promulguée le 4 juillet 2025. Elle fait du service de l’immigration ICE la première force fédérale américaine en triplant son budget pour atteindre 27,7 milliards de dollars annuels, soit plus que le budget militaire de la Turquie ou de l’Espagne. Une police ultra-politisée, aux règles d’engagement floues et aux méthodes choquantes, visant les étrangers comme les citoyens américains.

La mort de Renee Good, mère de famille américaine de 37 ans abattue le 7 janvier à Minneapolis alors qu’elle ne semblait pas présenter de danger imminent, a provoqué des manifestations dans plusieurs villes du pays. Et un soutien sans ambiguïté de l’Etat à ses troupes, par la voix du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, Stephen Miller : "Vous bénéficiez de l'immunité pour accomplir vos fonctions, et personne - aucun élu municipal, aucun élu d'État, aucun immigré clandestin, aucun agitateur de gauche ou insurgé intérieur - ne peut vous empêcher de remplir vos obligations et devoirs légaux." Donald Trump a promis à ses électeurs de renvoyer les 11 millions de personnes en situation irrégulière sur le sol américain, quoi qu’il en coûte.

Le business des déportations

Pour faire tourner sa machine à expulser, le gouvernement compte largement sur le secteur privé. Au point d’être pieds et poings liés à cette industrie, estiment Nancy Hiemstra et Deirdre Conlon dans Immigration Detention Inc. The Big Business of Locking up Migrants (Pluto Press, juin 2025, non trad.) : « D’innombrables entreprises, gouvernements d’Etat et de comté […] profitent de diverses manières de la décision du gouvernement fédéral de criminaliser la migration, d’incarcérer les migrants et de le faire en recourant massivement à des entreprises privées et à des services sous-traités », décrivent les chercheuses américaines.

Démocrates et républicains ont promu ce modèle, en dépit de ses limites, nombreuses et documentées. "L'un des problèmes de l'externalisation de la force, c’est que le secteur privé prend des raccourcis pour faire des profits. Avec des résultats parfois néfastes : manque de qualité, de contrôle et de transparence", résume Sean McFate, ancien militaire et paramilitaire, enseignant aujourd'hui à l’université de Georgetown.

Donald Trump n’en a cure, lui qui estime que son pouvoir de commandant en chef n’est limité que par sa "propre moralité". "Le One Big Beautiful Bill Act s’ajoute à la déclaration d'urgence nationale sur la gestion des frontières qui permet à l'exécutif de contourner toutes les règles, y compris en matière de passation de marchés, souligne Andrew Free, journaliste et ancien avocat spécialisé dans les droits humains. Bref, des fonds quasi illimités couplés à la possibilité illimitée de les distribuer." Un alignement d’étoiles rêvé pour les géants du secteur de la surveillance et de la sécurité… qui, heureuse coïncidence, sont aussi des proches du clan Trump.

Premier maillon de la chaîne, les sociétés de traitement de données, mandatées pour repérer les cibles de l’administration. La multinationale Palantir, cofondée par le milliardaire et ami du président Peter Thiel, collabore depuis une quinzaine d’années avec les services de l’immigration et a décroché au printemps un contrat à 30 millions de dollars pour mettre sur pied la plateforme "ImmigrationOS" permettant de traquer presque en temps réel les migrants. La société GeoGroup a vu son action bondir en Bourse fin décembre, après l’obtention d’une mission de détective privé à grande échelle payée 121 millions de dollars. Le groupe, connu des services de l’immigration pour son activité principale de gestionnaire de prison, a ses entrées dans l’administration Trump. Au moins trois personnages clés de l’Etat sont des anciens collaborateurs de l’entreprise : le "tsar des frontières" Tom Homan, l’un de ses bras droits David Venturella et la procureure générale des Etats-Unis, Pam Bondi.

"Too big to fail"

Des membres de la police anti-immigration américaine ICE, à Minneapolis, le 8 janvier 2026.
Des membres de la police anti-immigration américaine ICE, à Minneapolis, le 8 janvier 2026.

GeoGroup se partage l’essentiel de la gestion des prisons pour migrants avec la société CoreCivic. L’un et l’autre ont contribué au financement de la campagne de Donald Trump. Le retour sur investissement n’a pas tardé. "Jamais en 42 ans d'existence, notre entreprise n'a connu une telle activité et une telle demande pour nos services", déclarait le 8 dernier le PDG de CoreCivic, Damon Hininger. En novembre, le groupe enregistrait un chiffre d'affaires de 580,5 millions de dollars au troisième trimestre, en hausse de 18,1 %, par rapport à l'année précédente. CoreCivic, comme son principal concurrent, est connu pour son passif en matière de respect des droits humains. "Ces prestataires présentent des défaillances répétées, mais ils continuent leur activité en toute impunité pour une raison simple : l’appareil de sous-traitance privée de la détention dans notre pays est trop important pour qu’on le laisse tomber, explique Andrew Free. Quelle que soit la gravité des mauvais traitements, l’Etat américain se trouve dans une situation où, s’il sanctionnait sérieusement un prestataire - en résiliant des contrats, par exemple –, il ne pourrait pas mener à bien sa mission de détention et de déportation." En 2025, 31 détenus sont morts dans des centres sous la responsabilité d’ICE, d’après les données officielles. Du jamais vu depuis 2004.

En intervention, les bavures des troupes anti-immigrés, souvent non identifiées et cagoulées, se multiplient. Les quotas fixés par la Maison-Blanche n’y sont peut-être pas pour rien : les agents fédéraux sont tenus d’arrêter 3 000 personnes par jour. Or, les services de l’immigration et des douanes manquent de bras. À grand renfort de spots publicitaires à la télévision, sur X, YouTube et Spotify, ICE appâte les candidats depuis le printemps dernier, promet un bonus de 50 000 dollars… La force aurait augmenté ses effectifs de 120 % mais pour tenir la cadence, il faut accélérer le recrutement. Le gouvernement a donc revu ses exigences à la baisse. Les critères d’âge (entre 21 et 40 ans) ont sauté. ICE peut désormais enrôler des jeunes de 18 ans et a récemment embauché un "vétéran" de 59 ans bien connu des Américains : l’acteur Dean Cain, visage de Superman dans la série télévisée Lois et Clark : Les Aventures de Superman. La durée d’entraînement est passée de cinq mois à huit semaines. Quant à l’examen des antécédents du personnel, il laisse à désirer, d’après plusieurs témoignages. "Le service de l'immigration et des douanes (ICE) a placé de nouvelles recrues dans son programme de formation avant même qu'elles n'aient terminé le processus de vérification de l'agence", rapportait en octobre dernier NBC News. "Les responsables ont découvert plus tard que certaines recrues avaient échoué aux tests de dépistage de drogues, avaient un passif criminel disqualifiant ou ne répondaient pas aux exigences physiques ou scolaires pour servir", selon la chaîne américaine.

Policiers ou mercenaires ?

Des hommes masqués, formés à la va-vite quand ils ne sont pas criminels, agissant impunément sous la responsabilité d’un président autoritaire… Le profil rappelle étrangement celui des mercenaires de Wagner en Russie, si ce n’est que les agents ICE n'opèrent pas sur un théâtre étranger, mais dans leur propre pays. Formellement, ICE n’est pas une société militaire privée. Mais elle en emploie plusieurs. Parmi elles, Constellis Holdings a d’ores et déjà reçu 1,5 million de dollars et pourrait en gagner 113 millions de plus d'ici à la fin du contrat, en 2027, d’après les informations du média américain The Incercept. "Constellis est née en 2014 de la fusion d'Academi (anciennement Blackwater) et de Triple Canopy, une entreprise de mercenaires concurrente", rappelle le site. Aucun document officiel n’indique, à ce stade, que ces firmes ont pour mandat d’appréhender directement les cibles. Les lobbyistes du secteur ne seraient sans doute pas contre. Ils bénéficient, là encore, de sérieux relais dans l’administration, à commencer par le secrétaire adjoint à la Défense Stephen Feinberg, ancien propriétaire de DynCorp, l’une des plus grosses sociétés militaires privées au monde.

"Le recours à ces firmes privées permet à l'Etat de se détacher de ces opérations pour, si nécessaire, diluer leur responsabilité", souligne Jelena Aparac, ex-présidente du groupe de travail des Nations unies sur l’utilisation des mercenaires. Scott Gilmore connaît bien les dérives de ce type de compagnies. Il est l’un des avocats des parties civiles dans l’action collective - toujours en cours - intentée contre MVM, le prestataire chargé de transporter des enfants détenus par les services de l'immigration à la frontière américano-mexicaine, sous l'administration Trump 1. "Quelque trois mille enfants ont été séparés de leurs parents, pour beaucoup escortés par MVM vers des destinations éloignées dans des conditions trompeuses et inhumaines, indique Gilmore. Nous craignons que cette culture d'impunité devienne la norme au sein de ICE."

Les troupes de la toute-puissante police, chauffées à blanc par leur hiérarchie, semblent effectivement intouchables. Dimanche 18 janvier, le procureur général adjoint des Etats-Unis Todd Blanche a confirmé que le ministère «n’enquête pas » sur le meutre de Renee Good, enregistré par au moins cinq téléphones, dont celui du tireur.

© REUTERS

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