Royaume-Uni: sans renier le Brexit et pour le commerce, Londres se rapproche à petit pas de l'UE

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Tout juste quelques heures après la capture et l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro par une unité militaire américaine, Donald Trump a déclaré samedi 3 janvier vouloir "gérer" le pays en attendant une transition "sûre et judicieuse". Mais en pratique, "la façon dont Washington administrera ce pays dans les semaines et les mois à venir semble incertaine et obstinément complexe", souligne The Washington Post. Le président et son administration ne semblant pas tout à fait en phase sur leurs déclarations, ni sur la marche à suivre.
Dimanche, Marco Rubio a ainsi semblé s’éloigner de l’affirmation du président Trump la veille selon laquelle les États-Unis "dirigeraient" le Venezuela, note en effet The New York Times. Interrogé par des journalistes sur le plan d’occupation des États-Unis, le secrétaire d’État a préféré parler "de contraindre" le gouvernement vénézuélien en fonction des attentes de l’administration américaine. "Les forces américaines continueront d’empêcher les pétroliers qui figurent sur la liste de sanctions américaines d’entrer et de sortir du pays jusqu’à ce que le gouvernement ouvre l’industrie pétrolière contrôlée par l’État aux investissements étrangers - en donnant vraisemblablement la priorité aux entreprises américaines - et apporte d’autres changements", a-t-il déclaré sur la chaîne CBS News. Il a en outre nié une présence militaire américaine sur le territoire vénézuélien, évoquant tout juste quelques dizaines d’hommes sur place lors de l’opération spéciale.
Mais fidèle à sa volatilité, la posture de Donald Trump demeure mouvante. Dans une interview téléphonique au magazine The Atlantic, le locataire de la Maison-Blanche a prévenu que si l’actuelle dirigeante par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, vice-présidente sous Nicolas Maduro, "ne fait pas ce qui est juste, elle va payer un très gros prix, probablement plus élevé que Maduro", menaçant d’une nouvelle opération militaire dans le pays.
Tentant de jouer la conciliation dans une déclaration sur les réseaux sociaux, Delcy Rodriguez a appelé les États-Unis à participer à l’élaboration d’un programme de coopération entre les deux pays. Dans ce texte au ton conciliant, elle souligne que le Venezuela "aspire à vivre sans menaces extérieures" et dit souhaiter donner la priorité à l’établissement de relations équilibrées et respectueuses avec les États-Unis. Delcy Rodriguez, également ministre du Pétrole, est depuis longtemps considérée comme la membre la plus pragmatique du cercle restreint de Nicolas Maduro. Donald Trump avait estimé qu’elle était disposée à collaborer avec les États-Unis. Elle a malgré tout publiquement qualifié l’arrestation de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores d’enlèvement, et a déclaré que le président vénézuélien restait le dirigeant légitime du pays.
Globalement, au Venezuela, la ligne officielle du gouvernement reste une résistance farouche aux États-Unis. Vladimir Padrino Lopez, le ministre de la Défense, a prononcé un discours exigeant le retour de Nicolas Maduro et de sa femme, qui ont été transportés par avion dans un centre de détention de Brooklyn samedi. "Notre souveraineté a été violée et violée", a-t-il déclaré, soutenu par des soldats en uniforme.
Bien au-delà de sa prétendue guerre contre le narcotrafic, Donald Trump a également justifié l’arrestation de Nicolas Maduro par l’afflux d’immigrants vénézuéliens aux États-Unis et par la décision du pays de nationaliser les intérêts pétroliers américains il y a plusieurs décennies. Pour les jours et semaines à venir, la mainmise des États-Unis sur le pétrole vénézuélien semble inéluctable. "Nous récupérons ce qu’ils ont volé", a déclaré le républicain à bord d’Air Force One alors qu’il rentrait dimanche à Washington depuis la Floride. "Nous sommes aux commandes", a-t-il ajouté, expliquant également que les compagnies pétrolières américaines retourneraient au Venezuela pour reconstruire l’industrie pétrolière du pays. "Elles vont dépenser des milliards de dollars et elles vont extraire le pétrole du sol", a-t-il déclaré.
Il n’empêche, la destitution de Nicolas Maduro, successeur d’Hugo Chavez, pourrait conduire à encore plus de déstabilisation dans cette nation de 28 millions d’habitants, déjà en proie à la faim. Dans un édito, le Washington Post met en garde : "À l'instar de George W. Bush après l'invasion de l'Irak, Trump a savouré son moment de triomphe samedi. Mais s'il y a une leçon à tirer de ces vingt-cinq dernières années, c'est qu'il est bien plus aisé de renverser des tyrans que de bâtir ensuite des sociétés stables et sûres".

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