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Reçu — 29 décembre 2025 1.1 🖥️ Technologie

La fin de support des GPU Maxwell et Pascal crée quelques remous sur Arch Linux

29 décembre 2025 à 13:37
Rogntudju
La fin de support des GPU Maxwell et Pascal crée quelques remous sur Arch Linux

Vous avez peut-être vu passer ces quelques derniers jours des actualités pointant vers la fin du support d’anciens GPU NVIDIA par Arch Linux. Ce n’est pas tout à fait ça, même si le résultat y ressemble.

À l’origine, on trouve la publication des pilotes 590 de NVIDIA. C’est bien cette version, sortie début décembre, qui met fin au support officiel des GPU des générations Maxwell et Pascal, c’est-à-dire les GeForce GTX des séries 900 et 1000.

Cette fin de support, annoncée il y a plusieurs années, signifie que NVIDIA n’ajoute plus d’optimisations spécifiques ni de prises en charge de jeux en particulier. Les GPU continuent de fonctionner avec la version précédente des pilotes (de la branche 580). En outre – et c’est une information importante – le support complet n’est pas coupé : les mises à jour de sécurité continueront d’arriver jusqu’en octobre 2028.

Simple comme une mise à jour

Pourquoi un problème particulier avec Arch Linux dans ce cas ? À cause du fonctionnement en « rolling release », à savoir la diffusion quasi immédiate des dernières nouveautés logicielles. Le pilote 590 de NVIDIA y a été diffusé, avec utilisation par défaut. Ce n’est pas sans conséquence sur des systèmes appliquant toutes les mises à jour quand un pilote supprime un support.

Pour Arch Linux, la situation a été expliquée le 20 décembre par Peter Jung, l’un des mainteneurs du système (et créateur de cachyOS, distribution spécialisée dans le jeu vidéo). Il y indique que la nouvelle série 590 supprime le support des générations Pascal et antérieures, et que des remplacements de paquets sont donc appliqués : nvidia par nvidia-open, nvidia-dkms par nvidia-open-dkms, et nvidia-lts par nvidia-lts-open.

Il avertissait également que la mise à jour des paquets NVIDIA sur des systèmes intégrant ces anciens GPU entraînerait l’échec de chargement du pilote et donc celui de l’environnement graphique. La seule solution est de désinstaller les paquets nvidia, nvidia-lts et nvidia-dkms, puis d’installer le paquet nvidia-580xx-dkms depuis le dépôt AUR.

Les GeForce 16XX hors de danger

Il ajoute que rien ne change pour les GPU datant d’au moins la génération Turing, qui comprend la série 2000 des GeForce, mais également la série 1600. Cette dernière est en effet basée sur Turing, mais débarrassée des capacités de ray tracing. Les GeForce 1660 Ti, notamment, ne sont ainsi pas concernées par l’abandon de support dans le pilote 590.

Reste que la décision d’Arch Linux de procéder ainsi a provoqué de nombreuses réactions, comme on peut le voir dans les commentaires de sites tels que Phoronix et TechPowerUp. Plusieurs personnes manifestent de l’incompréhension face à une méthode jugée un peu trop radicale, indiquant qu’une détection automatique aurait pu être mise en place.

Enfin, précisons que cet arrêt de support n’est pas spécifique à la sphère Linux : Windows est lui aussi concerné. Le problème est cependant différent, car l’application NVIDIA n’installera pas d’elle-même la mise à jour, et Windows Update ne devrait pas non plus la proposer. Si l’on veut télécharger le pilote depuis le site officiel, l’outil intégré permet d’envoyer vers la bonne version. Si vous avez par exemple une GeForce GTX 1060, la version proposée au téléchargement est la 581.80.

☕️ OpenAI veut recruter quelqu’un pour réfléchir aux dérapages de l’IA

29 décembre 2025 à 11:14

L’annonce semble tardive, mais OpenAI cherche activement à recruter une personne dont le rôle sera de s’inquiéter de tous les dangers liés à l’IA. Ce nouveau « chef de la préparation » (head of preparedness) aura pour mission de diriger les efforts de l’entreprise dans l’encadrement de ses modèles.

« Le responsable de la préparation développera, renforcera et guidera ce programme afin que nos normes de sécurité s’adaptent aux capacités des systèmes que nous développons », indique OpenAI dans son annonce. « Vous serez le responsable direct de la construction et de la coordination des évaluations des capacités, des modèles de menace et des mesures d’atténuation qui forment un pipeline de sécurité cohérent, rigoureux et opérationnellement évolutif ».

L’annonce ajoute que ce poste nécessite « un jugement technique approfondi, une communication claire et la capacité de guider des travaux complexes à travers de multiples domaines de risque ». Il implique une collaboration « avec la recherche, l’ingénierie, les équipes produit, les équipes de suivi et d’application des politiques, la gouvernance et des partenaires externes ».

Sam Altman, CEO de l’entreprise, y est allé de sa propre annonce sur X. Il y évoque un poste « crucial à un moment charnière ». Selon lui, les modèles évoluent très vite et sont capables désormais « de prouesses remarquables », mais « commencent » à poser de sérieux défis. Il cite deux exemples « entrevus » en 2025 : l’impact sur la santé mentale et une puissance telle que les LLM révèlent des vulnérabilités critiques.

Altman affirme qu’OpenAI dispose déjà d’outils solides pour mesurer ces « capacités croissantes ». Mais une personne qualifiée permettrait d’aller plus loin, notamment en aidant « le monde à trouver comment doter les défenseurs de la cybersécurité de capacités de pointe tout en veillant à ce que les attaquants ne puissent pas les utiliser à des fins malveillantes ».

Plusieurs personnalités reconnues du monde de l’IA se sont déjà succédé à ce poste chez OpenAI. La casquette a d’abord été portée par Aleksander Mądry, qui a discrètement été affecté à d’autres missions en juillet 2024. Elle est ensuite revenue à un duo composé de Joaquin Quinonero Candela et Lilian Weng, qui ont préféré jeter l’éponge au printemps dernier.

« Ce sera un travail stressant et vous serez plongé directement dans le grand bain », avertit le CEO. L’annonce évoque un salaire annuel de l’ordre de 555 000 dollars, assorti d’une participation.

Reçu — 24 décembre 2025 1.1 🖥️ Technologie

☕️ Firefox se dote d’une vue partagée pour afficher deux sites côte à côte

24 décembre 2025 à 10:32

Une nouvelle fonction a été découverte dans le « about:config » du navigateur, qui permet pour rappel d’activer certaines capacités non finalisées. Firefox va ainsi se doter d’une vue scindée, souvent appelée Split View, comme relevé par OMGUbuntu.

Ce type de fonction, que l’on trouve volontiers dans des navigateurs « avancés » comme Vivaldi, permet d’afficher deux sites côte à côte. La vue scindée est devenue plus courante avec le temps, Microsoft l’ayant ajoutée dans Edge en 2024 et Google dans Chrome le mois dernier.

L’utilisation dans Firefox est simple. Il faut d’abord se rendre dans « about :config » et lancer une recherche sur « split ». Il suffit ensuite de double-cliquer sur la ligne « browser.tabs.splitView.enabled », afin que la valeur « False » passe en « True ». Pas besoin de télécharger une préversion de Firefox, l’option est disponible dans l’actuelle révision stable 146.

Une fois le paramètre activé, il suffit de faire un clic droit sur n’importe quel onglet et de sélectionner « Ajouter une vue scindée ». L’onglet se divise alors en deux sous-onglets plus petits, chacun ayant sa propre adresse. Par défaut, chaque site récupère la moitié de la fenêtre, mais on peut déplacer la barre de séparation. Ce type de fonction est très utile pour comparer deux pages ou pour lire un contenu tout en surveillant un flux de réseau social.

Si la fonction est disponible actuellement, elle ne préfigure pas d’une arrivée officielle dans Firefox 147. Celle-ci s’annonce déjà comme une mouture importante, au moins sous le capot. D’après les notes de version actuelles du canal Beta, Firefox 147 apportera ainsi le support de WebGPU aux Mac équipés puces Apple Silicon, une amélioration des performances pour les vidéos avec les GPU AMD, le support de la spécification XDG Base Directory de Freedesktop.org pour les distributions Linux, ou encore la prise en charge de Safe Browsing V5.

☕️ Le groupe NoName de pirates prorusses revendique l’attaque contre La Poste

24 décembre 2025 à 09:04

À l’heure où nous écrivons ces lignes, plusieurs services du groupe La Poste ne fonctionnent toujours pas, notamment le site de Colissimo, rendant le suivi des paquets impossible. La faute à une cyberattaque contre le groupe qui dure depuis plus de 48 heures, sous la forme d’un vaste déni de service distribué (DDoS).

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a indiqué hier à BFM que l’attaque était toujours en cours, mais qu’elle faiblissait. Il s’était montré rassurant pour les (nombreux) colis attendus en cette période de fêtes de fin d’année : « Si vous avez demandé un colis pour Noël, vous n’avez pas aujourd’hui les moyens d’aller voir sur le site où il en est, mais le colis, lui, est en train d’arriver. La priorité des priorités, c’est de faire en sorte que les colis arrivent à temps pour Noël ».

Hier soir, l’attaque a été revendiquée par le groupe prorusse NoName057(016), a rapporté franceinfo. Nos confrères indiquent que l’information a été confirmée par le parquet de Paris. Les gendarmes de l’UNC (Unité nationale cyber) et la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) ont été saisis de l’enquête « pour des faits d’entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données ».

Comme le rappelle franceinfo, ce n’est pas la première fois que le groupe s’en prend à la France. En mars 2023, le site de l’Assemblée nationale avait ainsi disparu pendant presque une journée. Les pirates avaient expliqué viser la France « où les protestations contre Macron, qui a décidé de ne pas se soucier des Français et continue à servir les néonazis ukrainiens, ne se calment pas ». Le parquet de Paris avait pourtant confirmé en juillet dernier le démantèlement de l’infrastructure principale du groupe et l’arrestation de plusieurs pirates présumés, dont deux en France.

Certains doutent cependant que le groupe soit réellement l’auteur de l’attaque. C’est le cas du chercheur en sécurité Baptiste Robert, pour qui certaines informations ne collent pas. Il nie également que la France soit le pays le plus visé par le groupe NoName : « Depuis 2023, avec DDOSia, le pays le plus ciblé, et de très, très loin (roulement de tambour), est l’Ukraine ».

Reçu — 23 décembre 2025 1.1 🖥️ Technologie

[MàJ] Conversion du code en Rust : Microsoft rétropédale

24 décembre 2025 à 11:13
Modern C
[MàJ] Conversion du code en Rust : Microsoft rétropédale

Galen Hunt, l’un des principaux ingénieurs de Microsoft, a publié une offre d’emploi détonante : l’entreprise recherche un ingénieur pour aider à la transition intégrale du code C/C++ vers Rust, qui doit être achevée en à peine cinq ans. Il a cependant rétropédalé, évoquant des « lectures spéculatives ».

Mise à jour du 24 décembre : Dans une mise à jour, Galen Hunt indique : « Il semble que mon post ait suscité bien plus d’attention que je ne l’avais prévu… Avec beaucoup de lectures spéculatives entre les lignes. Juste pour clarifier… Windows n’est *PAS* en train d’être réécrit dans Rust avec l’IA ». Et d’ajouter qu’il s’agit d’un projet de recherche : le développement de « technologies pour rendre possible la migration d’un langage à un autre ».

Difficile pourtant de parler de « lectures spéculatives », car le texte initial (toujours disponible) était clair, notamment : « Mon objectif est d’éliminer toutes les lignes de C et C++ de Microsoft d’ici 2030 ». Des termes clairs, d’autant plus quand ils sont prononcés par l’un des principaux ingénieurs dans l’entreprise.

Dans un commentaire, Wolfgang Grieskamp, un autre ingénieur de Microsoft, indique que la traduction automatique vers Rust ne donne de toute façon pas de bons résultats. Le code obtenu est « unsafe, au sens de Rust », car il est nécessaire de penser le projet avec le langage dès le départ, modifiant largement la manière dont les données sont gérées.


Article original du 23 décembre :

Microsoft n’a jamais caché son intérêt pour le Rust. Il a été question un temps d’attendre que l’outillage s’adapte et soit plus mature, mais la version 24H2 de Windows 11 a été la première à introduire du code Rust dans son noyau. Signe clair que la situation avait largement évolué. En février 2025, Paul Thurrott rapportait que la consigne avait été donnée en interne de ne commencer aucun nouveau projet en C ou C++, seulement en Rust.

Le langage, créé initialement par Mozilla, est depuis longtemps géré par une fondation indépendante. Microsoft en était d’ailleurs l’un des principaux membres fondateurs. Le Rust est observé de près par de nombreuses entreprises, particulièrement pour tout ce qui touche à la programmation système. On en trouve d’ailleurs dans le noyau Linux, bien que cette intégration ne se soit pas faite sans heurts. Comme nous l’expliquait récemment Sylvestre Ledru de Mozilla, Firefox en intègre également plusieurs millions de lignes de code, tout comme Chrome.

Mais Microsoft vient de donner un sérieux coup d’accélérateur : la firme veut remplacer tout son code C/C++ d’ici 2030.

Un projet titanesque

L’annonce n’a pas fait l’objet d’un billet ou d’un communiqué de presse. Elle est présente dans une offre d’emploi publiée par Galen Hunt, l’un des plus anciens ingénieurs logiciels de l’entreprise. L’offre est pour un ingénieur logiciel principal, en présentiel à Redmond.

Elle est cependant vite évacuée au profit d’une déclaration fracassante : « Mon objectif est d’éliminer toutes les lignes de C et C++ de Microsoft d’ici 2030 ». Galen Hunt indique que la stratégie consiste à mêler IA et algorithmes, et que « l’étoile polaire » est d’atteindre « 1 ingénieur, 1 mois, 1 million de lignes de code ». La tâche est décrite comme « inimaginable jusqu’ici ».

L’infrastructure algorithmique de l’entreprise est utilisée actuellement pour créer « un graphe évolutif sur le code source à grande échelle ». Après quoi, des agents IA, « guidés par des algorithmes », effectuent les modifications, également à grande échelle. Galen Hunt assure que le « cœur de cette infrastructure fonctionne déjà à grande échelle sur des problèmes tels que la compréhension du code ».

Une expérience en programmation système de qualité production est exigée. Galen Hunt enchaine sur d’autres paramètres de l’offre et un descriptif de l’équipe travaillant sur ce projet.

Le Rust, toujours le Rust

Plusieurs personnes sont venues témoigner de leur étonnement dans les commentaires. Sur le choix du Rust par exemple : pourquoi ne pas avoir choisi C#, qui présente lui aussi certaines caractéristiques intéressantes pour la sécurité ?

Galen Hunt a répondu : C# est « memory safe », mais pas « concurrent safe ». Comprendre que si C# permet d’éliminer certaines classes de failles de sécurité, notamment via un typage fort, Rust va plus loin. Il est jugé plus adapté à la programmation concurrente, quand plusieurs threads, processus ou tâches évoluent en parallèle, avec ou sans zone mémoire commune. Autre raison, attendue : les performances. Rust fonctionne sans ramasse-miettes (garbage collector) et permet d’atteindre les performances du C++.

L’ingénieur évalue à un milliard le nombre de lignes de code concernées chez Microsoft. Pourquoi un projet aussi démesuré ? Pourquoi ne pas garder le code C/C++ ? « Pas de sécurité mémoire. Pas de sécurité sur la concurrence. Bien sûr, pour une seule base de code C ou C++, ces qualités peuvent être atteintes par une discipline et un effort extraordinaires – et disparaître en une seule erreur. Avec Rust, cela peut être prouvé par le compilateur », répond Galen Hunt.

L’annonce a été accueillie avec une certaine incrédulité… y compris dans les rangs mêmes de Microsoft. Rupo Zhang, l’un des responsables de l’ingénierie logicielle de l’entreprise, demande en commentaire sur LinkedIn : « Vous êtes sérieux ? ». La question est restée sans réponse.

Relecture critique

Le projet est en effet pharaonique. « Notre mission est de développer des capacités permettant à Microsoft et à nos clients d’éliminer la dette technique à grande échelle », indiquait Galen Hunt dans l’annonce. Ce qui implique non seulement la conversion de centaines de millions de lignes de code, mais également les nombreux tests devant être réalisés pour en vérifier la fiabilité et les performances.

L’annonce laisse d’ailleurs entendre que le projet est double : convertir tout le code en Rust et finaliser l’infrastructure capable d’accomplir cette opération. Cette dernière impliquerait notamment que l’intégralité du code de Windows serait convertie en Rust, tout en maintenant la rétrocompatibilité, qui est l’une des marques de fabrique de la plateforme. Début septembre, on apprenait notamment que Microsoft voulait encourager le développement de pilotes en Rust, mais que seules les premières briques de l’infrastructure étaient proposées.

Quoi qu’il en soit, Microsoft répète continuellement depuis plus de dix ans que 70 % des failles de sécurité corrigées sont liées à une mauvaise gestion de la mémoire. Le Rust, bien qu’il élimine pratiquement tous les types de failles dans ce contexte, n’est pas non plus une protection absolue contre toutes les menaces. Il faut encore que le code ait été bien écrit. Comme nous le disait récemment l’ingénieur Horacio Gonzalez (Clever Cloud), la relecture critique a toutes les chances de devenir une compétence très recherchée.

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